‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 59 sur 256 · APPAREILS A BANDELETTES · texte numérisé non relu

APPAREILS A BANDELETTES

§ 1 . — Appareil de Scultet.

L'appareil de Scullel est celui qui est le plus souvent utilisé dans le traitement des fractures ; il sert pour toutes les fractures du membre inférieur, à l'exception des fractures de la rotule, et peut être employé pour toutes celles du membre supérieur lorsqu'elles sont compliquées de plaie.

Il se compose : \° d'un drap fanon ou porte-attelle; 2° de bandelettes séparées assez longues pour faire une fois et demie le tour du membre, larges de deux ou trois travers de doigt ; 3° de coussins et d'attelles aussi longues que le membre fracturé ; 4° de lacs pour serrer l'appareil et le maintenir ; 5" de compresses longuettes quelquefois appliquées au niveau de la fracture ; le nombre, la longueur et la disposition de ces compresses varient avec la nature de la fracture; 6" d'une semelle destinée à empécber le renversement du pied, dans les fractures de la jambo; 7° enfin, dans les fractures du membre inférieur, on assujettira le membre par un lacs Hxé de chaque côté aux traverses latérales du lit.

Préparation de l'appareil. — ^llr es avoir choisi un drap fanon

APPAREIL DE SCULTET.

qui puisse faire deux fois le tour de tout le membre, et qui soit aussi long que lui, après avoir pris un nombre de bandelettes séparées assez grand pour que le membre puisse être enveloppé dans toute sa longueur, on procède à la confection de l'appareil. On place :

V Les lacs à une distance de 8 à 1 0 centimètres les uns des autres, trois pour les fractures de la jambe, cinq pour celles de la cuisse.

2° Par dessus les lacs on pose le drap fanon, auquel on donne exactement la longueur du membre : s'il était trop long, il faudrait le replier. Comme l'appareil doit toujours être appliqué de la partie inférieure vers la partie supérieure, et qu'il est construit de telle sorte qu'il est impossible de le changer de bout, nous avons l'habitude, afin de ne pas avoir besoin de déranger l'appareil pour en distinguer les deux extrémités, de faire toujours le pli à la partie inférieure. Il est d'ailleurs préférable que ce pli soit plutôt en bas qu'en haut; car, dansles fractures de la cuisse, l'appareil doit remonter jusqu'à la racine du membre, par conséquent, plus haut en dehors qu'en dedans; on est donc obligé, si l'on ne veut pas avoir de bourrelets qui gêneraient considérablement le malade, de faire un pli oblique de dehors en dedans. On conçoit très-bien que ce pli ne pourrait pas être fait convenablement s'il existait déjà un autre pli à la partie supérieure du drap fanon.

D'après ce que nous venons de dire sur l'obliquité du drap fanon, il est facile de voir qu'un appareil de fracture de cuisse préparé pour le côté droit ne pourra pas servir pour le côté gauche, et réciproquement. Pour les fractures de la jambe, toute espèce de pli supérieur est inutile.

3° Sur le drap fanon on applique les bandelettes séparées. On fera attention au volume du membre. En eiïet, la cuisse est beaucoup plus volumineuse que le genou, et le mollet offre des dimensions plus considérables que celles de la partie inférieure de la jambe : aussi aura-t-on soin d'avoir sous la main des bandelettes de diverses longueurs, afin qu'on puisse les placer dans le point où elles deviennent nécessaires. La bandelette supérieure doit être appliquée la première, la seconde, appliquée ensuite, doit a recouvrir d'un tiers environ, et ainsi de suite jusqu'à ce que 1 on en ait placé un nombre suffisant pour couvrir tout le membre

4° Au mveau de la fracture on applique ordinairement des compresses longuettes, larges de quatre travers de doi'^t. Ces compresses sont généralement au nombre de trois , la movennc repondant au niveau de la fracture. Il est inutile de dire qu'elles

APPAREILS DE FRACTURES

doivent ôtre placées comme les bandelettes, la supérieure en haut et posée la première, la moyenne ensuite, recouvrant le tiers inférieur de la première, etc. Ces compresses étant pliées en deux suivant la largeur, on trouve d'un côté un pli, de l'autre les deux bords de la compresse; le pli doit toujours être dirigé vers la partie libre, pour la compresse supérieure en haut, pour l'inférieure en bas; quant à la moyenne, sa disposition est indifférente.

Ainsi arrangé, on place les deux attelles qui doivent être appliquées sur les parties latérales du membre de chaque côté de l'appareil, sur les bords longitudinaux du drap fanon, et sur les extrémités des bandelettes et des compresses longuettes ; puis oa enroule toutes les parties qui constituent l'appareil, les lacs, le drap fanon, les bandelettes, les compresses autour des attelles en les dirigeant vers le centre.

L'appareil peut être ainsi transporté sans qu'il se dérange; quant aux trois coussins et à l'attelle antérieure, on peut ou les placer au centre entre les deux attelles latérales, ou bien ils peuvent être mis en dehors; on fixe le tout avec un lien. Il est bon d'avoir dans un hôpital quelques-uns de ces appareils préparés à l'avance, car ils sont assez longs à arranger, et il faut quelquefois beaucoup de temps pour en rassembler les diverses pièces.

Application de Vappareil. — Le bandage de Scultet sera placé sur le coussin qui doit supporter le membre, et on l'étalé en déroulant les attelles de chaque côté; de cette manière toutes les pièces de linge sont dans une position convenable. Rien n'est si facile que de dérouler cet appareil, lorsque le malade n'est pas encore couché; mais si le malade était dans son lit, soit que l'appareil n'ait pas été préparé assez tôt, soit qu'il faille le changer il est un peu plus difficile de le mettre convenablement. Le mei'Ueur moyen consiste à soulever tout d'une pièce le membre fracturé, en ayant soin de faire pendant cette manœuvre l'exlension et la contre-extension, et de glisser entre le membre et le lit l'appareil suffisamment entr'ouvert pour que l'intervalle qui se trouve entre les deux attelles soit assez grand pour recevoir la racine du membre. Il ne faudrait pas trop ouvrir 1 appareil, car les bandelettes auront d'aulant plus de chance de se déranger que l'intervalle sera plus considérable. On n'oubliera pas que. toujours le membre doit croiser perpendiculairement les ban-

deletles. ,. . -j r r^v.

Lorsque tout sera convenablement dispose, un aide tera i ex tension, un autre la conlie-extension. Ainsi qu'd sera dit plu»:

APPAREIL DE SCULTET. 281

loin, celte manœuvre devra être continuée pendant toute la durée de l'application de l'appareil. Un troisième aide sera placé vis-à-vis du chirurgien, lequel se tiendra du côté de la fracture.

Les compresses longuettes, les bandelettes, seront mouillées avec une liqueur résolutive, par exemple de l'eau-de-vie camphrée étendue d'eau. Autant que possible, on évitera d'employer le sous-acétate de plomb, extrait de Saturne, car celui-ci, en se déposant sur les compresses, forme une espèce de vernis qui les empêche de s'imbiber de liquide, quand on veut mouiller les linges une seconde fois. Le liquide résolutif ne paraît pas avoir de propriétés bien grandes, de l'eau fraîche me semble suffisante ; dans tous les cas, il faut mouiller les pièces de linge pour faciliter leur application.

. On se sert souvent, pour humecter l'appareil, de compresses que l'on étend ensuite sur le membre au niveau de la fracture.

On procède alors à l'application de l'appareil. Les compresses longuettes seront placées autour de la fracture, puis on arrive aux bandelettes.

Il est inutile de dire qu'elles doivent être posées des extrémités du membre vers sa racine ; car les règles que nous exposerons, en parlant de la compression, doivent être observées tout aussi bien pour les appareils à bandes séparées que pour les bandages spiraux ; d'ailleurs l'appareil étant construit, ainsi que nous l'avons dit, l'application des bandelettes par la partie supérieure est impossible.

Le chirurgien saisit la bandelette inférieure du côté où il se trouve, l'enroule obliquement autour du membre, afin qu'elle ne fasse pas de godets ; il exerce en môme temps une traction assez forte pour que la compression soit suffisante. Arrivé au côté opposé, il la glisse, avec ses deux mains, aussi loin que possible, sous le côté du membre tourné vers l'aide, en ayant soin toutefois de ne pas imprimer de mouvements brusques au membre blessé. Mais, pendant cette manœuvre, l'aide ne doit pas rester inactif, car les tractions que fait le chirurgien pour tendre la bande pour-^ raient l'entraîner : aussi l'aide doit-il, afin d'éviter cet inconvénient, tirer, en sens contraire, l'extrémité qui est de son côté 11 arriverait encore, si les pièces de l'appareil n'étaient pas convenablement soutenues, qu'elles seraient entraînées par les do.gts du chirurgien lorsqu'il veut engager la bandelette sous le membre. Aussi l'aide doit-il avoir la précaution de maintenir dans un état de tension convenable toutes les pièces sur lesquelles les doigts du chirurgien pourraient exercer un certain mouve-

APPAREILS DE FlUCTUHES.

ment de refoulement. L'extrémité tournée vers l'aide doit être appliquée de la môme manière ; elle croisera obliquement sur la partie antérieure du membre celle qui a été posée précédemment ; elle sera soulevée par l'aide et confiée au chirurgien qui l'appliquera lui-même.

Ce procédé a l'avantage de permettre de tendre également les deux extrémités; mais il est plus difficile d'engager la bandelette au-dessous du membre : aussi, lorsque l'aide sera assez exercé, le chirurgien pourra lui confier l'application complète de toutes les extrémités tournées de son côté. Les bouts de bande qui resteront de chaque côté seront relevés proprement, afin qu'ils puissent être enveloppés par les bandelettes successives, et qu'en môme temps ils ne fassent pas de plis qui blesseraient le malade. La seconde, la troisième bandelette, etc., seront mises exactement de la même manière^ jusqu'à ce que toutes les ban-: delettes soient épuisées. Je ferai seulement remarquer que quelquefois l'inégalité du membre est trop grande pour que l'on puisse éviter les godets ; il est alors nécessaire de faire des renversés.

Je dois signaler les quelques modifications que peut présenter cet appareil : ainsi les bandelettes sont appliquées au-dessus d'attelles immédiates disposées autour des membres, afin d'assurer la coapialion dans les fractures où l'obliquité des fragments et où

FiG. 169. — Appareil de Scultet (les banJelcUes du pied et de la jambe sont appliquées).

la puissance musculaire s'opposent au contact immédiat des extrémités osseuses ; dans ce cas, les bandelettes seront posées jusqu'au niveau de la fracture. Arrivé là, on s assurera de la po-

APPAREIL DE SCULTET. 283

sition des fragments ; l'extension, la contre- extension seront faites comme précédemment, et, lorsque le chirurgien jugera les os aussi bien en rapport que possible, il appliquera ses compresses et ses petites attelles ; et, par dessus celles-ci, maintenues par un ou plusieurs aides, il apposera ses bandelettes, séparées. Si des compresses longuettes avaient été posées sur l'appareil, celles-ci pourraient soutenir les petites attelles, et les bandelettes seraient mises, comme il a été dit plus haut, de l'extrémité vers la racine du membre, sans interruption.

Nous avons dit que les bandelettes devaient être appliquées obliquement de l'extrémité des membres vers leur racine ; cependant au membre inférieur, les premières bandelettes, après avoir été croisées sur le cou-de-pied, seront conduites autour de la plante, de manière à embrasser le pied tout entier en formant un huit de chiffre (tig. 169).

Lorsque l'appareil est ainsi disposé, on procède à l'application des attelles et des coussins, on enroule chaque attelle, la plus longue en dehors, dans le drap fanon, jusqu'à deux travers de doigt environ du membre; on placera ensuite entre l'attelle elle membre le coussin que l'on a rendu plus épais au niveau des dépressions, plus mince au niveau des saillies, en faisant glisser la balle d'avoine qui est renfermée dans le sac de toile. Le troisième coussin est posé sur la partie du membre opposée à celle qm repose sur le lit, et par-dessus se met la plus petite attelle Ce coussm s'étend, dans les fractures du fémur, tantôt sur toute la longueur du membre, tantôt sur la cuisse seulement.

11 arrive quelquefois que les coussins remontent plus haut que les bandelettes, surtout dans les fractures de cuisse où il est besom d'employer une très-longue attelle externe ; on' enveloppera alors l'extrémité du coussin d'une compresse épaisse afin que la balle d'avoine, en passant à travers la toile, ne cause pas de démangeaisons au malade. La même précaution sera prise Jealr" °" '^o^ssin sera immédiatement en contact avec la

Lorsque tout est disposé de celte manière, on procède à la igature des rubans qui doivent tout soutenir. Les extrémités des lens sont relevées decliaque côté, et serrées autour du membre

tifZv"'! ^'"^ '^'""^ ''''' de la moyenne;

SOI de externe. Mais comme, en faisant la boucle, le lien pourrait se desserrer, un aide appliquera le doigt sur le nœud simulp pendant que le chirurgien léra la boucle. ^

corrësoond'î!t7'[''""'"' commencer par la ligature qui correspond a la fracture ; ce précepte ne présente aucun incon.

APPAREILS DE FRACTURES

vénienl; mais, en général, on noue le lien du milieu, puis ceux des exlrémilés, enfin on termine par les liens intermédiaires lorsqu'il en existe. Quoi qu'il en soit, le lien noué le premier est rarement assez serré , aussi est-il presque toujours nécessaire de le réappliquer.

Dans les fractures de la jambe, le pied doit être soutenu; car la plupart du temps il retomberait, et ferait saillir en avant l'extrémité supérieure du fragment inférieur. On se servira donc, pour prévenir cet accident, de la semelle, à travers les deux mortaises de laquelle on passera une bande qui, l'embrassant en bas, viendra se nouer par ses deux extrémités sur l'appareil. Mais

FiG. 170. — Appareil de Scullet appliqué à la jambe.

le plus souven on fait usage de la bande plantaire : le plein de la bande est appliqué sur la plante du pied, et les deux chefs, venant se croiser en avant de l'articulaiion tibio-tarsienne, sont fixés avec des épingles sur le drap fanon, au niveau des attelles latérales, jamais sur les coussins (lig. 170).

L'appareil de Scultet présente l'avantage de pouvoir être serre à volonté au moyen des liens qui soutiennent les parties constituantes, mais surtout de pouvoir être levé et réappliqué sans qu il soit besoin de faire éprouver au membre fracturé des mouvements toujours nuisibles au travail de consolidalion. Enfin, au moyen de cet appareil, il est assez facile de changer partiellement les bandelettes souillées par le pus, lorsque les fractures sont compliquées de plaies. Il suffit pour cela d'attacher une bandelette à l'extrémité de celle que l'on veut enlever et de tirer celte dernière : elle entraîne la première, qui vient ainsi occuper sa place.

Ces différents avantages rendent l'appareil de Scultet d u» . emploi très-fréquent ; aussi est-ce celui qu'on doit préférer dans la plupart des fractures du membre inférieur.

APPAREIL DE SCULTET.

Les diverses parties qui constituent le bandage de Scultet, en quelque sorte classique, ont été quelque peu modifiées, soit dans leur nature, soit dans leur mode d'arrangement. Tout d'abord, les liens ou lacs en ruban de fil ont été remplacés par des courroies élastiques ou non élastiques, munies de boucles à l'une de leurs exirémités.

Dans les fractures du fémur, l'attelle et le coussin externe devant remonter Irès-haut, on a dû les maintenir souvent par un

Fio. m. — Drap fanon et ceinture élastique de M. A. Richard (pour le côté droit).

bandage de corps ; or celui-ci a pu être fixé d'avance au drap fanon à l'aide d'une couture.

M. A. Richard conseille de remplacer le bandage de corps par une ceinture d'étoffe élastique de 20 cent, de largeur environ et de 120 à 130 cent, de longueur. Le milieu du bord supérieur du drap fanon est cousu au bord inférieur de la ceinture; quant à celle-ci, elle est bifoliée dans le tiers de sa longueur,' du côté correspondant à la fracture (fig. 171). La valve interne de la

ceinture doit avoir une longueur égale à celle do la partie corres-

FiG. 172. — Appareil de Scullet, modifié pai- M. A. Richard.

pondante et libre du bord supérieur du drap fanon, de façon à pouvoir s'enrouler comme lui, non autour de l'attelle externe,

APPAREIL DE SCULTET.

mais bien autour du coussin correspondant. C'est qu'en effet, d'après les conseils de M. le professeurs. Laugier, les coussins latéraux peuvent être enroulés et tassés dans le drap fanon lui-même, et les attelles latérales sont ensuite appliquées à nu, comme on

l'^io. 173. — Appareil do Scullet, modifié par M. A, Richard.

le fait pour les attelles antérieures. Elles sont maintenues par des courroies à boucle.

La ngure 172 représente l'appareil de fracture de cuisse mis en place, la figure 173 l'appareil de fracture de jambe.

Enfm, au lieu d'employer une bandelette pour soutenir le pied, on peut, à l'exemple de Mirault (d'Angers), coudre ensem^

APPAREILS DE FRACTURES

ble les exlrémiiés des coussins latéraux, ce qui préviendrait par failementla rotation du pied en dehors (fig. 174).

e.VAlrCiH

Fig, 17i. — Mode de contention du pied.

Lorsqu'on fait usage d'un bandage de corps ou d'une ceinture élastique, il est bon d'interposer entre elle et les parties saillantes du squelette, une couche d'ouate assez épaisse.

§ «. — Attpai'CiU ù dix-huit chefs et do l'Hôtel-Dieu.

Ce bandage se compose, comme pour le précédent, de lacs, d'un drap fanon, et par-dessus celui-ci de l'appareil à dix-huit chefs. Ce dernier est constitué par trois pièces de linge aussi larges que le membre fracturé, assez longues pour faire une fois et demie le tour du membre, offrant cependant des longueurs différentes : la plus longue, répondant à la racine du membre, doit être placée la première, la moyenne ensuite, enfin la plus petite sera la plus superficielle. Ces trois larges compresses seront réunies à la partie moyenne par une couture qui s'étendra sur toute leur longueur, puis elles seront fendues à leur extrémité chacune en trois cheis, jusqu'à une certaine distance de leur partie moyenne, où on laisse un plein traversé par la couture. 11 en résulte donc des deux côtés trois chefs pour chaque compresse, c'est-à-dire dix-huit chefs pour tout le bandage.

Après avoir réduit la fracture, pansé la plaie, s'il y a heu, on

APPAREILS A EXTENSION. 289

procède à Tapplicalioa de l'appareil. Gomme le bandage de Scultef, le bandage à dix-huit chefs est placé sous le membre ; les chefs qiu le composent sont repliés en avant; les moyens les premiers les inférieurs ensuite, les supérieurs les derniers les

deSièt ''''' l'appareil

Le bandage à dix-huit chefs aurait sur celui de ScuKet l'avnnlagedenepas se déranger "aussi facilement; mais il a deux inconvénients : le premier, qui est d'offrir des bandelettes beaucoup trop larges, et par conséquent d'exercer sur le membre une conslncl,onpc.b' régulière; le second de ne. pas pernTet re T changer les parties salies par la' suppuration et d'exiger une reapphcalion complète. " txi^er une

Les chirurgiens ont cherché à remédier au premier inconvé n.en en faisant dans" toute la longueur de l'apparei do SeXt et sur les bandeledes, une coulure nui les mainiipnt IV^ ' en rapport. Le mode d'application de' t^T^^^^^^^^ le même que celui de l'appareil de Sculter- h diff^-lnT consiste que dans la couture. Ce bandagrksiané sts u d appareU de VHôlel-Dieu, est, ainsi que le précédent mp . tombé dans roubli. ^ piccecient, presque

ARTICLE V

APPAREILS A EXTENSION

courcissement \' ''''

utilisés pour les fractures du Zm'i ! r ^ ' spécialement

prend facilement 1 ^on se ^ ^« com-

chôment des fragments dan. 1??"^ requencc du chevau-

cation qui résu te nre aue fnt^.^^^ ' "r' ^'«"cli-

peu matqué! ^ ^ ' ^''"'^'"'"^ ^' '■accourcissement un

les procédés employés pour obtenir iVvinnosont ou très-simples au coLa^^ e ron , i P'^'^-'^ncnle «lors des appareils s .écia nu n n'ut Z^"'"' "^^^^^^il«"t 1" les appareils extcLifs auèlîo. nn '^'"-^ «^'^sses :

e-^tensif^^à attelles^^anlliuel! ^"'^''"''^ ^" «PP^reils

JAMAIN. — petilo chir, 5o ddil,

Parmi les procédés simples d'extension continue , nous pouvons citer • 1° celui de Veipeau, qui pratiquait l'extension et la contre -extension à l'aide d'alèzes pliées en double et fixées aux deux extrémités du lit.

20 Le procédé de Jobert (1); le malade étendu bien horizontalement, un paillasson allongé est disposé en gouttière sous le membre fracturé ; une pantouûe embrassant le talon est lacée Tur le cou-de-pied, et présente du côté de sa semelle trois courroies qu'on attache au pied du lit La ^';0°tre-extension est faite avec une alèze embrassant l'aine du côté sam et fixée a a tête du Ht; une autre alèze, disposée en cravate passe sur le membre malade et est attachée à la barre latérale du ht.

3^ ï est évident que l'appareil à extension deja décrit de Gariel (p. 252) est de beaucoup préférable a celui que nous

^TL'a;;::;ltSsely, préconisé par Veipeau (2). ne «-e

:rd|so—

1 es. l" i^io'se ?ait à l'aide d'une guêtre de peau Înée au pied et reliée à une tige métallique clouée au pied du ht

incontesUbles, comme le fait remarquer M. Gaujot (3), et cepen

-^^^s:ffii:^"p-com^

§ t. - Appareils cstensîfs h attelles perforées.

(2) Arch. gén. de med., 1832, i. aaia, i

(3) Loc, cit., P- 224.

APPAREILS EXTENSIFS. 291

Les attelles sont également au nombre de trois; l'externe est la plus longue : elle s'étend depuis la crête de l'os des iles jusqu au delà de la plante du pied ; elle offre à ses deux extrémités une échancrure assez profonde, et à 4 ou 5 centimètres de cliaque échancrure, une mortaise dans laquelle viennent s'engager les hens extensifs et contre-extensifs (%. 176 A) Toutefois, l'attelle que conseille Desault pour son appareil' à extension continue ne présente pas de mortaise à son exirémité supérieure. ^

L'attelle interne est plus courte : elle s'étend depuis le pli de ame jusqu au delà de la plante du pied, et arrive au niveau de 1 attelle externe. Son extrémité supérieure est la même que celle des autres attelles; l'inférieure, au contraire, est échancrée et percée d une mortaise semblable à la précédente. La troisième attelle est arrondie à ses deux extrémités et n'a

^utllT V ^'^"^ contre-extensif, est

plu long plus epais que l'extensif ; il est formé par une bande de toile épaisse et forte; mais, cette bande ayant l'inconvénient d excorier la peau, il est préférable de coudre les deux bo s d ne compresse longuette et d'en remplir la cavité avec du co n On fixe ensuite aux deux extrémités de cette espèce de sac î ès.: allonge, deux cordons de toile assez solides pour qu'ils ne e bnsent pas pendant les efforts qui sont nécessaires p r mett les fragments en rapport. ^ "jeuie

Le lacs extensif peut être fait de la même manière par un

ÊSsc;l^r^ p-

Application de l'appareil. ~ Quand toutes les parties oui doivent constituer ce bandage sont convenablement^d s osé2s c est-a-d.re que l'appareil à bandes séparées est mis sous le

épaisse de coton, maintenue fixée par quelques

A1'1>AUEILS DK FRACTURES.

tours de bande, protège les parties molles contre le lien extenspur Celui-ci est placé de la manière suivante : sa partie niOY^nne porte sur le tendon d'Achille; les deux chefs sont ramenés en avant, croisés sur l'articulation du pied et portes a a partie inférieure sur l'extrémité des attelles , en passant suies parties latérales du pied (fig. 173). On procède ensuite a

Fie.

jijS^ Lacs extenseur.

l'application des l-^^elettes des attelles dç. co^^^

lacs, ainsi que nous l'avons dit plus haut, <.t ■ o

liens extenseurs et contrc-exlensours. supérieur et in;

Des aides tirent en même f "P^. 'J^^^^ son m'^"^!^'-'^ "«^^ férieur, jusqu'à ce que le -l^^^^^^^ks t^solUlement. sensation de distension, après q"») ^. , paitelle exlcrne

Le lacs supérieur est noue c^^iem^^^^^^ l'échancrure, un des chefs passant dans la mortaise, 1 autre

APPAREILS EXTENSIFS. 093

Le lacs inférieur est fixé sur les écliancrnres des attelles, chacun des chefs passant dans la mortaise de l'attelle correspondante, et étant ramené sur lechancrure du même côté; les deux liens doivent être noués ensemble.

L'extension ne doit pas être faite d'une manière brusque, car souvent, en procédant ainsi, on causerait au malade une douleur vive, et dans la plupart des cas on n'obtiendrait pas un résultat satisfaisant : elle doit donc être graduelle; il serait même imprudent de chercher à ramener brusquement, et dés les premiers jours, le membre à sa longueur primitive, surtout s'il existait une irritabilité trop grande.

II est facile de comprendre le mécanisme de cet appareil. On sait que la contraction musculaire tend à faire chevaucher les Iragments des os, et par conséquent à raccourcir le membre. Si ce résultat avait de la tendance à se produire lorsque l'appareil a extension est appliqué, il ne pourrait arriver sans déplacer les attelles; mais celles-ci ne peuvent être portées en haut, vu la présence du lien contre-extenseur fixé sur le bassin , et du reste elles ne peuvent être portées en bas sans entraîner le pied

Afin de maintenir solidement les diverses parties de l'appareil et pour prévenir l'écartement de l'extrémité supérieure de l'attelle externe, on place autour du bassin un bandage de corps maintenu par des sous-cuisses. A la partie inférieure, déjà soutenue par

Zri'Z r f^'T' °" P'"' '"^^^ deux petites

mortaises dans lesquelles s'engage un tenon fixé sur les côtés enevnes des attelles par des chevilles. Les lacs extenseurs peu?

Pf ™ P"'"' d'^PP"' sur cette barre tiansversale, qui offre encore l'avantage de ne pas permettre le r pprochement des attelles, et de pr^-enir ainsi la'cons r c ion un pied, qui en résulterait.

Quand il n'emploie pas la barre transversale, Gerdy conseille

cle passer l'un des chefs du lacs extensif dan^ l'une^es m !

taises, I autre dans celle de l'attelle du côté opposé, puiT de » les ramener dans les échancrures de chaque attelle ^dè les ') nouer ensemble sur celle de l'attelle externe. De cet'; façon

a traction est plus directement exercée dans l'axe du meiXe' '> et on perd le moins de force possible « "'emure,

r.^^'T'''' i-eprésente l'appareil à extension de Desault

S eu^^a^VS^"'^^ '''' '^^ -t"' exienseuis que 1 on peut supprimer par la pensée ppiip fimn-M

représente parfaitement l'appareil de Scultet ' ^

la narul^'r ' '^'''"\f "««"hreuses modifications de

la paît des chirurgiens. Nous avons déjà vu que Gerdy employaU

APPAREILS Dlî l'liACrURES.

une attelle interne présentant une mortaise et une écliancrure terminale (fig. 175). Jossc (d'Amiens) (1) ajoutait deux traverses à l'extrémité de l'attelle externe. L'une de ces traverses , la supérieure , dirigée en dehors, se fixait sur un fond sanglé sup-

FiG. 4 70. — Appareil à extension de Desault.

oorlé par quatre montants ajoutés aux angles du lit; l'autre Cvers^ inférieure, dirigée en dedans, mam tenait les lacs

^Lelrofesseur Laugier (2) --eille de prendre son attac^^^

d'extension sur toute la longueur de J^"^l^^' f/J^^'S ruban de fil disposé en étrier et maintenu par une bande rou ee les cîiefs de ce^uban, ramenés vers le pied, servent de lac

de l'attelle interne dans un second gous.et forme pai arap 'Tal^aigne (3) réduisit l'appareil aux attelles, aux coussins et aux lacs extensifs et IVtelle de De-

sa't^'so"; rnT' l^n^rt;!:' en y creusant des échaïKrures ^0 'ndes destinées l mieux assujettir les acs exten^^^^^ ^ Nous pourrions encore décrire les appareils d Bi^tch^^^^^ Hodge, d'Herichsen, de Sldplon ; mais cela nous entraînerait

(1) Arch. gôn. de méd., 1828 t. m, P- 297.

(2) Bull, dethérap., 1833, t. IV p. 30a.

(3) Traité des fractures, etc., t. I, P-

(4) Gaujot, loc, ctf.,p. 221.

APPAREILS EXTENSIFS.

trop loin, et nous préférons renvoyer le lecteur à l'excellent ouvrage de M. Gaujot (-1),

§ s. — Apiiarcils cxtcnsifs » attelles mécaniques.

Un grand nombre d'appareils mécaniques ont été inventés afin de rendre aux membres fracturés leur longueur normale. L'un des plus simples et des premiers employés est l'appareil à extension de Boyer.

Je ne puis donner une meilleure description de l'appareil de Boyer qu'en transcrivant celle qu'il expose dans son Traité des maladies chirurgicales (2). Cet appareil se compose,outre les pièces communes aux appareils ordinaires de fracture :

r D'une longue attelle externe, fendue dans le tiers inférieur de sa longueur; dans cette fente se trouve engagée une vis sans fin; d'un écrou que traverse la vis et qui est attaché à l'attellede deux supports fixés à la semelle ; enfin, à la partie supérieure' d'un crochet sur lequel se trouve placé le sous-cuisse ou lacs contre-extenseur (fig. -177, A). Cette figure représente l'attelle vue par sa face interne ; la face externe se voit sur l'appareil applique représenlé sur la même ligure.

2° D'une semelle de fer battu, garnie d'une couche épaisse de cnn, renfermée dans une peau de daim ou de chamois, et offrant deux courroies qui fixent la semelle sur le pied et sur le bas de la jamne 177, L).

, ?\D'un sous-cuisse qui s'applique sur le bassin et qui est fixé d I extrémité supérieure de l'attelle externe (fig 177 B)

Au moyen de la vis, on exécute facilement l'extension et la contre-extension ; en tournant la vis de droite à gauche on ait remonter l'écrou de manière à fixer la semell!; pu s' en tournant en sens inverse, l'écrou descend, entraîne avec luna

lT:l\V:Zf{ P^"'"^^- ''"^'^^'^^ donnée rra,:

I^s appareils de Boyer et de Desault ont élé combinés l'un â vue ae 1 extension. D un autre côté , ils ont été modifiées très-

fJ! '^^■> P- 221, 222 et 223.

(2) Tome III, p. 2/iO, et planches I et III,

notablement, soit par l'addition d'une attelle interne, soit par la réunion des deux attelles par des tiges transversales, soit cnlin que les deux attelles, reportées parfois tout à fait en arrière du membre fracturé, aient été remplacées par une si'"? « ^^'^^^"^ postérieure, une sorte de boîte, un véritable bamac. Examinons ([uelques-uns de ces appareils :

Eilo Glossocomedc Dauvergnc-Y.r^ 1847, Dauvergne fit con-

FiG. Appareil h extension de Boyer.

struire un appareil assez con^iq^é ;^*^^ deux cadres, l'un fémoral l u re a^^^^^^

du creux du jarret et P^'^Yp^^de tinées à maintenir le membre cadres soutiennent des sangles f,^ f ^^^^^^^^Ue mue par une

APPAREILS EXTENSIFS.

maintenue par une courroie portant sur le pubis et l'épine iliaque (1).

2° Appareil de Bevan. — Il se compose d'une large allelle postérieure prenant en haut un point d'appui direct sur l'ischion, et présentant deux branches métalliques répondant à la branche du pubis en dedans et à la crête iliaque en dehors. A sa partie inférieure, l'attelle offre une branche verticale à travers laquelle passe une vis destinée à faire l'extension (2).

3° Appareil de Crosby. — Il est surtout applicable aux fractures de jambe et agit par distension . Le point d'appui est pris autour du genou à l'aide de lacs et d'un bandage; les lacs viennent se fixer à deux tiges solides maintenues sur une planchette postérieure munie d'une semelle. Une autre planchette glisse sur celle-ci et porte une seconde semelle où l'on fixe le pied. L'extension est produite par une vis qui rapproche les deux semelles des planchettes (3).

i" Appareil deM. Laiigier. — \\ estassez.analogue auprécédent, et se compose d'une planchette inférieure (fig. 178) brisée au niveau du jarret, et formant ainsi un plan incliné destiné à mamtemr la jambe fracturée dans un léger degré de flexion sur la cuisse. L'extrémité plantaire est creusée d'une mortaise dans laquelle glisse à frottement et à l'aide d'une vis, une planchette plus petite, supportant une semelle percée de trous pour fixer les lacs extenseurs.

Sur les parties latérales de la planchette jambière sont attachées deux attelles ordinaires fixées par une large bande de toile, et qui s'appliquent sur les parties latérales du membre.

La contre-extension s'exerce à l'aide d'une genouillère de coutil donnant attache à deux liens qui viennent aboutir à des crochets placés sur les parties latérales de la planchette fémorale

L extension se fait grâce à l'intermédiaire d'une bottine de caoutchouc à deux valves, ou bien en employant un bandage mamovible, et les lacs sont assujettis au-dessous de la semelle.

11 est évident que des coussins doivent être interposés entre le membre et les attelles latérales et postérieure; on peut même

(1) Bull, de thérap,, 48/17, t. XXXII, p. 31.

(2) Gazelle médicale, 1854, p. 390.

(3) Gazelle hebdomadaire, 1854, p. 464.

APPAREILS DE FRACTURES

ajouter un compresseur analogue au tourniquet de J. L. Petit, s'il y a tendance au déplacement d'un fragment en avant (1).

FiG. 118. — Appareil de M. le professeur Laugier. 50 Appareils de Burggrave. - Us peuvent s'appliquer à la "'ïaVpareilTcuiL consiste en deux attelles latérales d'acier,

(1) GazQdQ dçs hôpitaux, 1855, p. 230.

APPAREILS EXTENSIFS.

composées chacune de deux parties glissant l'une sur l'autre à l'aide d'une double crémaillère à clef. En haut, l'attelle externe se fixe autour du bassin à l'aide d'une courroie; l'attelle interne prend son point d'appui sous la branche ischio-pubienne à l'aide d'un sous-cuisse. En bas, les deux attelles sont assujetties autour de la jambe et s'articulent avec une semelle ou sandale sur laquelle le pied est maintenu à l'aide de courroies croisées Cette machine s'appHque sur un appareil ouaté (voy.' Appareils de Burgcjrave), et doit être placée avant la dessiccation du baudaoe L'appareil des fractures de jambe prend son point d'appui autour du genou, et est construit d'ailleurs d'après les mêmes principes.

FiG. 179. — Appareil de Hogdeii.

6° Appareil de Hocjden.~\\ est très-simple et très-facile à appliquer. Il se compose d'un cadre de bois (%. 179) formé

FiG. 180. — Appareil de Hogden appliqué.

de quatre barres et d'une semelle de bois. Les deux barres in

T'^'' ' cieurbai;::sup

Heures donnent attache a une série de bandelettes qui par leur

ensemble constituent un véritable hamac pour le membre fr&cturé

La semelle, fixée aux barres de bois par des vis, repose sur une traverse du milieu de laquelle s'élève obliquement, en haut et en avant, une tige portant une poulie.

Le pied est maintenu contre la semelle par deux larges bandes de diachylon dont les chefs inférieurs sont collés autour de la planchette, tandis que les supérieurs sont assujettis de chaque côté de la jambe à l'aide d'une bande roulée. Une corde passe dans l'anse des bandelettes agglutinatives sous la semel e , et, supportant un poids quelconque, se réfléchit sur la poulie. La cSre-extension est faite par un lacs qui, passant sur le pennée et le pubis, est fixé au chevet du ht. . Cet appareil a été très-employé dans les hôpitaux militaires

d'Amérique (1).

7° Appareil amérkain.-Cei appareil, présenté au professeur Nélaton vers 1 858, a été quelque peu modifié par Charriere sous rinspîration de MM. Nélaton et Demarquay. Il est util.se pour le traitement des fractures de cuisse.

A L'appareil de M. Demarquay consiste en une longue attelle échancrée'à sa partie supérieure, et présentant a - ripure un plan métallique perpendiculaire a sa d rec ion. i.e Xn horiLtal quand l'appareil est appliqué, est sohdeme. l

le membre fracture.

R T 'appareil américain, tel qu'il a été présente au Professeur

selle et de-end -nj^lu bas q b .^^^ ^ ^^^^.^

' (1) American med. Times, may 1863.

APPAREILS EXTENSIFS. 301 chetle présente une vis de rappel qui se termine en crochet, La

FiG. iSi, — Appareil américain.

ÎI" HnTh"'"'' '''"'^'^ '^'^''"^ fi^é^ sur la paroi latérale du thorax par une ceinture spéciale offrant une sorte de

302 APPAREILS DE FRACTURES

petit sac dans lequel se loge l'extrémité de l'attelle. Un lacs conlre-extenseur, en cuir doux rembourré de crin , entoure la racine du membre fracturé, et s'attache par ses deux extrémités sur rallelle externe, vers l'aisselle. Quant à l'extension, on applique sur la peau une large bandelette de diachylon , dont la partie moyenne reste libre en formant une sorte d'étrier audessous de la plante du pied, tandis que les chefs appliqués sur les côtés de la jambe arrivent jusqu'au niveau de la fracture. Cette bande est maintenue par un bandage roulé, ce qui l'empêche de céder à la traction exercée sur sa partie moyenne par la vis de rappel adaptée à la planchette transversale (1).

Au lieu d'employer deux attelles, on peut n'en utiliser qu'une, comme dans l'appareil représenté figure 4 84 . U est bien entendu que c'est l'attelle externe que l'on conserve.

C M le professeur Nélaton a fait usage d'un appareil tout à fait analogue; seulement l'attelle externe, munie d'un treuU, et l'attelle interne, sont de métal, disposées en gouttières et garnies de cou'^sins A la partie supérieure de l'attelle externe s'adapte une ceinture et se fixent des lacs contre-extenseurs. Le mécanisme est, en somme, le même que précédemment.

Parmi les appareils à extension continue, tout récemment préconisés pour le traitement des fractures de cuisse et de la coxalgie, nous croyons devoir décrire ceux de BIM. L. Leiori et Hennequin.

8" Vappareil de M. L. Leforl se compose d'une ceinture de cuir renforcée par un arc métallique et formée de deux valves séparâmes en avant et en arrière , qui par conséquent peuvent s'adapter au volume du tronc des individus. Ces deux valves dissent sur une tige horizontale servant en même temps de point de sustentation. Celle ceinture est doublée d un coussin matelassé qui, s'appliquant sur les saillies et les dépressions du basÏÏn domié un premier point d'appui à la contre-extension

point d'appui principal se prend sur l'ischion au moyen d'un arc métallique disposé de manière a s'appliquer sur la tubérosilé ischiatique par une face et non par l^o»' • ^"^'^ piL B, fixée au côté interne de la gouttière fémorale s mobile à l'aide d'une double arliculalion, et peut suivie tous les

(1) Nélalon, mn^nls dç pallu chirurgicale, t. H, P. ''l^, 1868.

APPAREILS EXTENSIFS.

mouvements imprimés au membre sans abandonner l'ischion. La pression exercée sur cette lubérosité peut être augmentée ou diminuée , grâce à la crémaillère que porte sa tige de support.

Dans quelques cas, le point d'appui axillaire est pris à l'aidé de deux béquillons mobiles dont on augmente la longueur selon le besoin.

FiG, 182. ^ Appareil de M. L. Lefort,

r.u! f '"^'^"•'l"^ C, sur laquelle repose le membre se attache a la cemture par une articulation à n'oix A, ce qrperme

L extension peut être faite de diverses manières.

le cas ou 1 on prend un point d'appui sur le mollet, la

30/, APPAREILS DE EHACTURES.

jambe étant (léchie sur la cuisse, il suffit d'agir au moyen d'une clef sur la crémaillère dont sont munis les bords de la gouttière pour allonger la partie crurale de l'appareil.

Si le point d'appui est pris sur la jambe et le pied , on laisse le membre droit et l'on allonge soit la partie crurale, comme précédemment, soit la partie jambière, à l'aide d une vis b placée sous l'appareil. On peut prendre son point d apF'Sur le fémur seul; il suffit alors de supprimer toute la partie inferieu.e de l'appareil en dévissant les deux écrous situes au niveau du

^'l'application des lien, extenseurs se fait à l'aide de bandelettes de diachylon. On coupe des bandelettes de diachy on ayan environ deux fois la longueur de la cuisse du malade. Prenan successivement chacune des bandelettes, on en applique une de extrémités sur la face antérieure de la cuisse vers la J"^ membre, au niveau, par exemple, de 'epine iliaque ; on amené obliquement en bas, en suivant le trajet du couturier, jusqu a ce u'o'n soit arrivé au niveau de la tubérosité interne u em . La, 2n la replie sur elle-même et on la ^am^"^ .^'^ ^a^, "r 'a postérieure de la cuisse, jusque vers l'ischion A côte de c bandelette, on en applique une autre

arriver en bas au même point que la précédente. Eu opei au a ns des deux côtés et en entourant la cuisse de quelques bandelettes circulaires non serrées, on a au niveau du genou deux S laté;îales solides, dans lesquelles on F- -i^^deTa fixe aux anneaux qui terminent en bas les tiges latérales ae

'T'f rpp'ar'f étlLment très-compliqué, remplirait, d'après M L f n toules les indications que nécessite le traitement de

divers appareils de Gross, liimeri, nuuj,e, utilisés surtout en Amérique.

90 Amareil de M. Hcnncquin.-W peut servir dans le traiteincliné.

(1) Gazette des UôpUau., 1869, n» 9, p. 35. (Société de chirurgie, séance du 23 décembre 1868.)

APPAREILS EXTENSIFS.

Voici la description qu'en donne l'auteur :

« Pour plus de clarté, dit-il (1), je diviserai la description en trois parties :

» La première comprendra la gouttière;

» La deuxième, les pièces destinées à faire l'extension;

» La troisième, les pièces destinées à faire la contre-extension.

» 1° La gouttière (iig. 183) se conopose de deux armatures articulées au niveau du genou et complètement indépendantes. L'une embrasse la cuisse^ et l'autre la jambe.

» La première (A) est formée de deux bandelettes longitudinales B, B', de beaucoup plus longues que le fémur, réunies entre elles par deux autres bandelettes demi-circulaires. L'espace quadrangulaire compris entre les bandelettes longitudinales et demi-circulaires est occupé par un tissu en fil de fer qui le transforme en gouttière conique.

■i) La seconde pièce, destinée à la jambe, se compose de deux bandelettes latérales M, M', réunies à leurs extrémités inférieures par une pédale I, encadrée 0,0'. Leurs extrémités supérieures sont courbées en croissant et taillées en râpe pour empêcher le glissement. Des Irous percés de distance en distance reçoivent des boulons à écrou N, N', qui traversent des rainures pratiquées dans les bandes longitudinales de la gouttière crurale, et fixent l'armature inférieure à la supérieure dans n'importe quelle position. La pédale peut s'incliner à droite ou à gauche : le cadre protège le pied contre les agents extérieurs; il porle des galets R, R', servant de poulies de réflexion aux élastiques, le membre étant dans la position rectiligne.

» 2° Les pièces destinées h l'extension sont au nombre de deux : une molletière à rigole et une sorte do bracelet qui s'applique au-dessus du genou. La molletière e, é, de forme demi-cylindrique, est en cuir moulé; sa concavité est rembourrée dans une partie de son étendue seulement; une rigole longitudinale /"correspond aux vaisseaux et nerfs poplités; sa face convexe porte une paire de muscles artificiels terminés par des lanières que l'on fixe à des boulons disposés dans ce but sur la face interne des bandes longitudinales de la gouttière crurale. La molletière se place sur les gaslro-cnémiens aussi haut que possible...

» La seconde pièce est une sorte de bracelet formé de deux demi-cylindres a, a' réunis en dessous par un lacet, en dessus par des bandes armées de boucles. Ainsi disposé, ce bracelet

(i) Arch. génér. de médecine, 1868 et 1869.

306 APPAREILS DE l'lUCTURES.

peut s'adapler à tous les membres. Il est en cuir moulé, Irês-

FiG. 183. — Appareil do M. Hcnnequin.

fortement rembourré au niveau des condyles du fémur b, b'. Chacun des demi-cylindres porte un bouton destmé a recevoir

APPAREILS EXTENSIFS. 307

un muscle artificiel qui va se fixer à la bandelette longitudinale et concourt à faire l'extension.

» 3" Les pièces qui servent à faire la contre-extension sont au nombre de trois : l'une pour la fosse iliaque externe, l'autre pour la branche horizontale du pubis , la troisième pour la tubérosité ischiatique,

» La première est une pelote ovalaire, G, G', portée par une tige coudée à angle droit, F; la seconde est un petit coussin, H, en forme de boudin, traversé selon son axe par un canal dans lequel s'engage l'extrémité d'une autre tige coudée , semblable à la première; la troisième a la forme d'un croissant I, à concavité supérieure, qu'elle devance d'environ 3 centimètres.

» Ici se place la description de la partie la plus compliquée de l'appareil. Les deux tiges coudées à angle droit, F, F', dont l'une supporte la pelote iliaque G, et l'autre le coussin pubien H , traversent une sphère en bois coupée en deux parties selon un de ses grands cercles. Sur la surface de section est creusée une rainure qui est transformée en canal par la juxtaposition des hémisphères. La largeur du canal étant plus petite que l'épaisseur des deux tiges réunies, les hémisphères ne peuvent arriver au contact qu'en les pressant fortement l'un contre l'autre.

»La sphère de bois est reçue dans une coquille à ' deux valves E fortement échancrée. C'est, si l'on veut, une sphère creuse a laquelle on aurait enlevé deux larges calotes sphériques a ses pôles. f ^

» Les deux valves sont réunies à une de leurs extrémités par une charnière , à l'autre par une vis de pression. Le sphéroïde qui les a engendrées est plus petit que la sphère qu'elles reçoivent dans leur écarlement. Leurs surfaces concaves sont hérissées de dents qui mordent dans la sphère de bois arrêtent ses mouvements et la fixent dans une position quelconque. L'une des valves est articulée à une tige d'acier D, coudée à anffle droit, traversant des coussinets rivés aux bandelettes longitudinales de la gouttière crurale. Les coussinets arrêtent tout à la lois sou mouvement de rotation et de va-ef-vient.

» L'ensemble de ce mécanisme forme (qu'on me passe l'expression) une sorte de collier qui embrasse la racine du membre inférieur en s appuyant sur les saillies de l'os des iles, comme e colher embrasse le cou du cheval et prend ses points fixes sur le squelette des épaules pendant la traction

)) Les pièces mobiles peuvent être arrêtées dans une position donnée, et permettent de soulager un des points d'appu en reportant sur les autres toute la contre-extensL. »

Al l'AHKlLS DE l'HACTUUKS.

Cet appareil, assez compliqué, et par cela même difficile à se procurer, a été employé avec succès par MM. Désormeaux et Gosselin dans le traitement des fractures de cuisse (1 ).

Dans le chapitre suivant, nous verrons encore que les divers systèmes préconisés par Baudens , Jules Roux, Gaillard (de Poitiers), etc., peuvent être parfaitement utilisés pour faire 1 extension continue , surtout dans les fractures du membre mférieur.

Empressons-nous d'ajouter que l'extension continue a ete aussi préconisée dans le traitement de quelques fractures de 1 humerus, et qu'un certain nombre d'appareils sont dus a bonnet, Gély, Jobert, Pétrequin, etc. (2).

ARTICLE VI

APPAREILS BTPONARTnÉClQUES.

Ces appareils ont pour caractère de laisser a découvert au moins la moitié antérieure du membre fracturé et même quelquefois le membre tout entier, à l'exception de la partie qui reoose sur le plan de sustentation. '

Parmi les appareils byponarlhéciques , nous décrirons es gouZes, les Wnes, les co«s«ms, les doub.s pla.s md,^^^^^^^ appamis à su^vension, l'appar./l de M Gaillard (de Poitiers), Xamreii polydaclyle de M. J. Roux (de Toulon).

g f , — Gouttières.

Les gouUières ont été longtemps employées P°"T -t"" ues' Inl

son! de bois, de fer, do fer-blanc de cuivre e^.. Les gouttières de bois, de fer-blanc, de cuivie, [>i

(1) Voy. Gazelle des hôpitaux, 1869, p. 330, et 1870, p. 2/.7. ^'^r;rtS,voyezGaujot,ioc.cU.,p.234à 239.

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