‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 6 sur 256 · DES LINGES · texte numérisé non relu

DES LINGES

Modes D'EMPLOI de la charpie. ~ On emploie la charpie sous les formes les plus variées : '

A Plumasseaux. — On donne ce nom à des gâteaux de charpie de configuration et de grandeur en rapport avec la forme et étendue de la plaie formés par des brins parallèles el disposés longitudinalement. Ils doivent toujours dépasser la plaie sur toute sa circonférence.

Pour faire un plumasseau, on prend de la charpie brute de la main droite, et avec le pouce et l'indicateur de la main gauche on saisit tous les brins qui dépassent, et ainsi de suite jusqu'à ce que I on ait fait un plumasseau d'une grandeur et d'une épaisseur convenables ; la partie moyenne doit être plus épaisse que les bords. On obtient ainsi une masse molle, souple, aérée, pouvant absorber les liquides. Les fils qui dépassent les bords des plumasseaux doivent être ébarbés avec des ciseaux, ou mieux, repliés sur la face du plumasseau, qui ne doit pas être en contact avec la plaie. Il faut encore faire attention à ce qu'il n'y ait pas de nœuds, surtout sur les bords et sur la face interne.

Le plumasseau peut être appliqué à nu sur une plaie : dans ce cas, il absorbe assez bien le pus sécrété ; ou bien on l'enduit de cérat ou d'autres substances médicamenteuses, alors il n'absorbe presque pas.

Le gâteau de charpie n'est antre ch&se qu'un grand plumas- Feau. Comme il est beaucoup trop grand pour être tenu dans la main, on le prépare de la manière suivante :

On prend de la main droite une poignée de charpie brute, on approche la charpie d'une table ou d'une planchette à pansement, et avec la face palmaire des doigts de la main gauche on arrête les brins qui dépassent la poignée de charpie; on retire la main droite et on laisse sur la planchette les brins de charpie dont l'accumulation successive constilue le gâteau.

B. Boulettes, rouleaux. — Pour faire des boulettes ou des rouleaux de charpie, on rouie de la charpie dans la paume de la main, de manière à obtenir une masse allongée dans le rouleau, arrondie dans la boulette. Si l'on veut absorber les liquides sécrétés, la charpie doit être très-peu serrée ; si, au contraire, on veut établir un certain degré de compression, il faut la serrer davantage. Les boulettes comme les rouleaux peuvent être employés pour écarter les bords d'une solution de continuité.

G. Bourdonnels. — Les bourdonnets ne sont autre chose que des boulettes ou des rouleaux plus serrés, que l'on met dans les plaies dont on veut empêcher la réunion, ou bien dans quelques

CHARPIR.

cavités naturelles. On les introduit à l'aide d'un porte-mèche ou d'une pince à anneaux, après les avoir enduits d'un corps gras. Lorsqu'ils doivent pénétrer profondément, on attache à leur partie moyenne un ou plusieurs fils, afin de pouvoir les retirer facilement; ce fil doit être souvent fixé au dehors, afin que le bourdonnet ne disparaisse pas. Lorsque plusieurs bourdonnets sont fixés de distance en distance sur un même fil, on fait ce qu'on appelle une queue de cerf-volant.

Le bourdonnet, peu employé dans le pansement des plaies, parce qu'il s'oppose à l'écoulement du pus, est plus souvent mis en usage dans les cas d'hémorrhagie. Il prend alors le nom de tampon.

D, Tente. — LsL tente n'est qu'un bourdonnet arrondi, et dont le fil est attaché à l'extrémité, Elle est peu employée aujourd'hui.

E. Mèche. — La mèche est un amas de longs fils parallèles que l'on introduit entre les lèvres des solutions de continuité pour en empêcher la réunion , ou pour faciliter la marche de la cicatrisation des parties profondes vers les parties superficielles. Les longs brins de charjiie qui composent la mèche sont arrêtés à leur partie moyenne par un fil circulaire.

Pour introduire une mèche dans un trajet fisluleux , placez-la sur le porte-mèche de manière que le fil circulaire soit compris entre les branches de la fourche de l'instrument. Faites attention, en l'appliquant sur la fourche, à ce que les deux bouts de celle-ci ne traversent pas la mèche. Ramenez les deux extrémités de la mèche contre la tige de l'instrument; tenez-les parfaitement tendues à l'aide du doigt indicateur et du doigt médius de la main droite , le bouton du porte-mèche étant placé sur la face palmaire de la seconde phalange du pouce. Plongez l'extrémité du porte-mèche ainsi garni dans un pot rempli d'un corps gras; étendez le topique sur les deux faces de la mèche à l'aide du doigt indicateur de la main gauche; présentez-la alors à l'orifice du trajet listuleux, et introduisez-la doucement en suivant la direction du trajet.

Dans les plaies qui résultent de l'opération de la fistule à l'anus, le doigt indicateur de la main gauche est préalablement introduit dans l'anus et sert d'abord de conducteur; de plus, il fait connaître l'étendue de la plaie et indique jusqu'à quelle hauteur on doit faire pénétrer la mèche; enfin il garantit les surfaces saignantes de tout frottement. Lorsque la mèche est suffisamment enfoncée, on retire le doigt, on place la mèche

DES LliNGliS.

dans loute la longueur de la plaie, et l'on relire doucement 1 instrument en appuyant sur la mèche dans le sens de la solution de continuité.

F. Pelote. — La pelote est un amas de charpie que l'on amoncelle dans un linge dont on noue les bords de manière à en former une espèce de sac. La pelote se prépare quelquefois à 1 avance, mais souvent aussi on place préalablement le linge on inlrodmt la charpie brin à brin, et lorsqu'il y en a une quantité suffisante, on noue les bords du linge comme il a été dit plus haut.

Quand on veut retirer la pelote, on procède d'une manière inverse, c'est-à-dire on retire brin à brin toute la charpie, puis on enlève le linge. Par ce moyen, on peut facilement exercer une compression dans une cavité à orifice étroit et retirer la pelote sans faire souffrir le malade, et sans causer des ébranlements qui pourraient rappeler une hémorrhagie.

On se sert encore de pelote pour exercer une compression sur le trajet des vaisseaux, quand on n'a pas à sa disposition de meilleur moyen.

§ s. — Pièces de linge.

Les linges de toile sont préférables aux autres; ils doivent être assez fins et demi-usés. Si la toile était trop grosse ou trop neuve, elle serait dure, s'appliquerait mal sur les parties que l'on veut recouvrir et irrilerait les plaies. Les linges blancs de lessive sont les meilleurs : nettoyés par l'action des sels que l'on a employés pour les laver, ils absorbent plus facilement les liquides. Les linges de coton peuvent être également mis en usage, surtout quand ils doivent servir de bandes ou d'enveloppes aux pièces de pansement, en un mot quand ils ne sont pas appliqués immédiatement sur les plaies.

Les linges qu'on emploie dans les pansements sont des compresses, des linges pleins et fenêlrés, des bandeletles découpées, effilées et à sélon.

1" Compresses,

Les compresses sont des pièces de linge destinées à recouvrir les plaies et surtout à maintenir les premières pièces d'appareil, les plumasseaux par exemple. Dans ce cas, elles doivent être mises en place sans être traînées, sous peine de voir déranger tout le pansement. On les applique encore à nu pour empêcher le frottement entre deux surfaces dont on craint l'excoriation.

Elles sont de plusieurs espèces : les unes sont constituées par

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