CHARPIE
tissu est à nu et filamenteux; quelquefois les deux faces sont villeuses. Ce tissu est disposé en longues pièces roulées qu on taille selon le besoin. 11 absorbe le pus encore plus difficilement que la charpie.
B. Coton. — Comme le coton est à très-bas prix, et qu'il est très-répandu, on s'est demandé s'il ne pouvait pas remplacer la charpie^ et plusieurs fois les praticiens ont fait des tentatives pour le faire entrer complètement dans la pratique usuelle.
Depuis longtemps le docteur Andersen l'a employé à l'hôpital de Glascow pour le pansement des brûlures un peu étendues; Larrey l'a également utilisé dans quelques autres pansements; mais personne plus que Blayor n'a insisté sur les avantages que cette matière a sur la charpie. Je ne m'arrêterai pas à reproduire les arguments de Mayor (1) en faveur du coton, ni ceux de Gerdy (2) , tendant à démontrer que Mayor en a un peu exagéré les avantages; je dirai seulement que le coton peut souvent remplacer la charpie, surtout comme moyen de remplissage ; qu'il peut être employé avec avantage dans le pansement des ulcères atoniques ; que dans les brûlures superficielles et étendues, il doit être préféré à la charpie ; mais que dans les plaies, il ne doit être uiilisé qu'avec beaucoup de circonspection, car il peut les irriter, y déterminer de la chaleur, des picotements parfois intolérables; quelquefois même ces douleurs sont assez fortes pour que le malade demande avec instance le changement du mode de pansement. Toutefois M. A. Gnérin préconise ce mode de pansement dans les plaies consécutives aux amputations (3). En somme nous croyons que le colon peut être utile dans certaines circonstances, mais qu'il est loin de pouvoir remplacer la charpie dans tous les cas.
C. Filasse. ■ — La filasse, brute ou blanchie au chlore, a été employée encore au lieu de charpie, mais elle a été bientôt abandonnée; elle ne saurait être utilisée tout au plus que comme remplissage.
D. Typha, — Le typha a été conseillé dans le pansement des brûlures, mais il est d'un emploi difficile à cause de la légèreté dos aigrettes, de plus il se colle sur la plaie et il est souvent très-difiicile de l'enlever.
(1) Bandages et appareils à pansements, 2° édit., 1838, 2 vol. in-8 et allas in-4 de 16 planches, p. 71.
(2) Traité des bandages, 2^ édit., t. II, p. 18.
(3) Nous reviendrons plus loin sur ce mode de pansenietit.