II. — Appareils ouatés de Burggraeve
Sous le nom à'appareils oualés, W. Burggraeve décrit des appareils inamovibles, de véritables moules formés d'ouate, de carton et de bandes roulées ; l'interposition du coton entre le membre et les pièces de pansement prévient toute possibilité de constriction ou d'étranglement, tout en assurant aux parties le degré de solidité et d'immobilité convenables. En effet, la ouate permet d'exercer une compression égale, mais par son élasticité elle rend cette compression permanente ; elle cède lorsque le ronflement s'empare delà partie contenue dans l'appareil, et le suit lorsque la diminution de volume augmente l'espace qui existe entre les tissus et la coque inextensible ; de sorte que, quel que soit le ffonflemenl primitif ou l'amaigrissement, il ne se forme jamais de vide qui oblige d'inciser la coque, soit pour élargir l'appareil, soit pour le rétrécir,
« Le mode d'application, dit M. Burggraeve, est on ne peut plus simple. Ainsi, s'agit-il des membres inférieurs, on entoure ce dernier d'une couche d'ouate, puis d attelles de carton que l'on fixe préalablement par deux doloires en spirale ; de cette manière on n'a besoin d'autres aides que de ceux charges de maintenir le membre en position. On procède ensuite a 1 apphcation de la bande compressive, dont on égalise les doloires avec une mince couche de pâte d'amidon.
La ouate doit être pure et finement cardee ; elle ne peut ô . e gommée, parce que, dans cet état, elle est dépourvue d élasticité ^ «Le caîton ne doit pas être friable comme l'est celui prépare au chlore, il faut qu'ilsoit tenace et se déchire facilement. Ap.ts l'avoir façonné en attelle, onlemouille, afin qu'd prenne e^^^^^ temcnt la forme des parties. Un médecin militaire belge, M. De-
change, a imaginé des attelles modelées, propres surtout aux hôpitaux et aux armées. Pour les rendre imperméables, il les enduit d'une couche de couleur à l'huile. Comme ces attelles sont modelées sur le vivant, elles s'adaptent aux membres de mêmes dimensions, il faut donc avoir des attelles de différents numéros. Souvent, à la campagne, nous nous servons d'écorces fraîches do peuplier ou de saule : ces attelles ont l'avantage d'unir l'élasticité à la solidité. La bande roulée doit être de forte toile, afin de pouvoir exercer une compression égale ; il n'est pas nécessaire de l'encoller, la coque ne devant jamais être incisée.
» On peut avoir des coques toutes faites, de manière qu'il n'y ait-qu'à les mettre en place ou à les fermer au moyen de quelques lie ns ou d'une bande roulée. Ces coques conviennent surtout sur les champs de bataille (1). »
Dans les fractures obliques, dans celles qui sont accompagnées d'un déplacement considérable, M. Burggraeve ajoute une machine destinée à produire l'extension permanente (fig. 219). Dans les cas de ce genre, l'appareil ouaté s'applique comme ordinairement, puis on place la machine avant que le bandage ne soit sec (2).