‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 73 sur 256 · I. — Appareils de Seutin · texte numérisé non relu

I. — Appareils de Seutin

M. Seutin a modifié d'une manière très-heureuse l'appareil inamovible de Larrey. Son bandage se compose des mômes pièces que celles qui sont ordinairement employées dans le traitement des fractures ; il n'en diflère que par les attelles, qui sont de carton, et par le liquide dont il couvre les pièces de linge ; ce liquide est la colle d'amidon fraîchement préparée.

Dans les cas de fracture de la jambe, M. Seutin applique son appareil de la manière suivante : la réduction étant opérée, il place UQ premier plan de bandelettes de Scultet, met sur les

Al'l'ARElLS DE FRACTIRES.

côtés du tendon d'Achille, au-dessus du lalon, un petit coussin allongé; ce prciiiier bandage est enduit d'une couclie d'amidon. Un second plan de bandelettes de Scultet est ensuite appliqué et enduit d'amidon comme le précédent. Deux longues plaques de carton épais et mouillé sont placées en arrière et de chaque côté de la jambe suivant toute sa longueur ; elles sont taillées de façon que leur extrémité inférieure représente pour chacune une demisemelle, de telle sorte qu'étant recourbées au-dessous du pied, elles en tapissent toute la plante. Un troisième plan de bandelettes est ensuite appliqué par dessus et largement enduit d'amidon.

Plus tard, M. Seutin a modifié son appareil. Ainsi il l'a simplifié : en effet, dans des cas exceptionnels il substitue à l'appareil de Scultet une bande roulée ; rnais la modification la plus importanle consiste dans des solutions de continuité qu'il fait' à son moule, soit pour examiner les plaies qui peuvent accompagner les fractures, soit pour rendre l'appareil plus lâche, lorsque le gonflement lui fait craindre des accidents de compression, soil au contraire pour le serrer quand il est trop lâche. Ces dernières modifications constituent l'appareil dit amovo-inamovible.

L'appareil amovo-inamovible de M. Seutin présente un premier avantage sur l'appareil de Larrey, c'est de n'avoir pas besoin, pour être solide, que toutes les pièces qui le composent soient imbibées de liquide agglutinatif. En effet, après avoir placé les bandes ou les bandelettes autour du membre, il suffit de les recouvrir d'une couche d'amidon pour que l'appareil possède, après la dessiccation, une dureté convenable : aussi les téguments ne sont-ils pas en conlact avec la face durcie des pièces de linge, inconvénient que l'on peut reprocher à l'appareil de Larrey.

BI. Seutin applique son bandage pour toute espèce de fractures, même pour les fractures avec plaie, seulement il laisse la plaie 'à découvert. Plusieurs moyens peuvent lui donner ce résultat : 10 Arrivé au niveau de la plaie, s'il se sert d'un bandage roulé, il élargit les tours de spire, de manière à laisser un vide au niveau de la solution de continuité ; s'il applique un appar, il à bandes séparées, il replie les bandelettes en haut ou en bas, et les fixe avec un peu d'amidon.

2° Comme Larrey, il recouvre tout le membre avec son appareil, mais le foyer de la plaie est mis à découvert en faisant avec des ciseaux une incision circulaire suffisamment grande ; le point où siège la plaie peut être facilement reconnu par la tache (lue le sang ou le pus imprime sur le linge. , , i. ,

3« Enfin il taille sur une partie plus ou mpins grande ne i ap-

APPAREIL DE M. SEUTIN.

pareil une languelte égale en largeur à la plaie ; celte langiielle est mobile à une de ses extrémités, et forme une espèce de soupape que l'on peut réappliquer quand il est nécessaire ; par ce moyen, la plaie peut être couverte et découverte à volonté. Si une attelle se trouvait sur le point que l'on veut mettre à découvert, elle serait également coupée.

L'appareil met de trente à quarante heures à sécher. Aussi M. Seutin ajoute-t-il un bandage provisoire, afin de prévenir la déformation de son appareil ; à cet effet, il emploie de préférence un ancien moule de fracture guérie.

Afin de prévenir les accidents de compression que le gonflement pourrait déterminer, M. Seulin coupe l'appareil dans toute sa longueur avec des ciseaux : s'il est serré convenablement, il fixe les deux parties au moyen d'une bande amidonnée ; s'il serre trop le membre, il laisse entre les deux parties de l'appareil un intervalle proportionné au gonflement ; enfin, lorsque le membre a diminué de volume, il enlève une bande plus ou moins large swr toute la longueur de l'appareil, et rapproche les deux côtés de manière à diminuer l'intervalle que la solution de continuité a laissé.

MM. King et Christophen ont proposé de rapprocher les valves de l'appareil amovo-inamovible avec des bandelettes de caoutchouc munies de boucles et que l'on serre au degré convenable. De cette manière, disent-ils, l'appareil est converti en un moule assez élastique pour suivre les changements de volume du membre, et assez solide pour présenter encore une résistance suffisante.

Si l'appareil est pénible à supporler, et si la douleur est causée par les plis des bandes ou la saillie des attelles, M Seutin ramollit avec de l'eau tiède le point qui presse sur la peau et fait disparaître les saillies nuisibles.

Pour couper l'appareil suivant la longueur , ce que fait

FiG. 218. — Cisaille coudée de Liston.

M. Seutin aussitôt que le bandage est sec, on se sert de cisailles launquces exclusivement pour cet objet. D'ailleurs les diverses

APPAUEILS DE FRACTURES.

pinces incisives de nos fabricants d'instruments, et surtout la cisaille coudée de Liston (fig. 218), remplissent parfaitement le même but. , '

Lorsque les fractures sont obliques, et qu'il est besoin de faire l'extension et la conlre-extension, M. Seutin place sur les parties latérales de la jambe une longue bande de toile solide qu'il fixe au moyen d.'un bandage spiral amidonné. Nous avons déjà parlé de ces liens extensifs en décrivant l'appareil de Baudens. Un poids attaché à l'extrémité des lacs contre-extenseurs et un drap passant sur la branche des pubis et sur la lubérosité de l'ischion, sont les puissances exlensives et contre-exlensives.

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