APPAREILS DE STUC
Voici, du reste, comment il convient de procéder à la préparation du bandage. La solution gélatineuse étant maintenue à une douce température de 20 à 25 degrés centigrades environ, on la mélange avec un égal volume de plâtre fin à mouler, préalablement tamisé, c'est-à-dire qu'on met une cuillerée de plâtre pour une cuillerée de solution. On obtient ainsi une bouillie de consistance assez épaisse qu'on rend parfaitement homogène en la pétrissant pendant une minute au plus avec les mains ou plus simplement en la remuant avec une cuiller ; la pâte de stuc est alors suffisamment préparée pour être employée. Mais cette pâte est un peu dense, et il est difficile', en l'étendant sur du linge à mailles serrées, de la faire pénétrer dans les interstices du tissu de manière qu'elle s'y fixe et fasse corps avec lui. Aussi M. Richet préfère-t-il aux bandes ordinaires des bandes en tarlatane, sorte de gaze grossière dont on se sert pour recouvrir les cataplasmes. A son défaut, la grosse mousseline remplit parfaitement le but. Au fur et à mesure qu'on étend la bouillie sur le tissu, on l'enroule sur un axe de bois ou un bouchon. Sitôt la bande imprégnée, on l'applique sans retard sur le membre préalablement recouvert d'une bande de toile sèche qu'on a bien soin de laisser dépasser d'un travers de doigt aux deux extrémités, afin que la peau ne soit pas exposée à être froissée par les bords durcis de l'appareil. On a également la précaution de protéger avec de la ouate les saillies osseuses, comme on le fait pour les bandages dextrinés.
Un point d'une grande importance dans l'application de la pâte de stuc, s'est d'agir sans retard, puisqu^on sait qu'avec la solution à 2 grammes de gélatine, la dessiccation se fait en vingt à yingt-cmq minutes. 11 importe, par conséquent, de tout préparer a l'avance ; de pratiquer la réduction, d'assujettir le membre et de l'envelopper d'une bande sèche, de manière qu'on n'ait plus qu à appliquer la préparation. M. Richel indique, toutefois un moyen de retarder la dessiccation s'il est nécessaire, et voici comment : il s'agit seulement de passer la main sur les circulaires déjà faits pour ramollir et étendre la préparation qui tend à se figer, et si cela ne suffit pas, on trempe légèrement les doigts soit dans de l'eau tiède, soit dans le vase où se trouve encore de la bouillie liquide, et on liquéfie ainsi celle qui imprègne la bande qu on applique. La propriété dont jouit cette préparation de se redissoudre ainsi complètement pendant les quinze ou vinet minutes qui suivent l'application de l'appareil, permet de ne procéder qu avec méthode et régularité, d'exercer une surveillance efficace, et de remédier aux déviations que la fatigue des
APPAREILS DE FRACTURES
aides ou l'indocilité des malades pourraient avoir occasionnées dans la réduction primitive.
Dès qu'on a recouvert toute la longueur du membre qui doit être enfermée dans le bandage, on prend à pleines mains de la pâte de sluc et l'on en étend une couche légère sur la surface du bandage, couche h laquelle on donne le poli avec une spatule ou la lame d'un couteau.
Si, au lieu d'employer une bande roulée, on croit plus convenable de se servir d'un appareil de Scultet, on prépare deux plans de bandelettes : un premier plan composé de bandelettes de toile ordinaire, et un second plan constitué par des bandelettes de tarlatane. Le premier plan de bandelettes sèches ou protectrices étant appliqué, on imprègne le second plan, soit avec un large pinceau, soit simplement avec les mains ; on les imbrique ensuite selon les principes ordinaires.
Ainsi appliqués, les appareils de sluc acquièrent au bout de vingt-quatre heures l'apparence du marbre poli, et joignent la légèreté à la solidité. Ils résistent assez bien au contact des liquides. Par celte méthode on peut confectionner des bandages fenètrés qui permettent de surveiller les plaies et de les panser sans que ces bandages en soient altérés. On peut les laisser en place pendant tout le temps nécessaire à la consolidation ; mais, soit qu'on les renouvelle, soit qu'on les enlève définitivement, il est inutile de plonger le malade dans un bain pour débarrasser le membre de son enveloppe ; car le stuc se coupe assez facilement à l'aide d'un couteau.