‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 95 sur 256 · AÎ>PAREILS DE M. LAMBRON · texte numérisé non relu

AÎ>PAREILS DE M. LAMBRON

se rapprochant, refoulent plus ou moins la ouate sous-jacente et la font proéminer entre leurs bords ; on aura soin de la déprimer légèrement avec les doigts et de la repousser sous les attelles : il est même bon, après l'application de celle-ci, de glisser dans l'intervalle qui les sépare en avant une bandelette d'ouate de deux ou trois travers de doigt de largeur, pour garantir plus efficacement la crête du tibia.

» On termine l'opération en fixant les attelles dans leur position à l'aide d'une bande roulée convenablement serrée ou bien au moyen de quelques rubans ou courroies, comme on peut le voir sur la figure 233.

» Si, au lieu d'attelles modelées, on voulait faire usage des coques ouatées et modelées, l'application serait beaucoup plus prompte et plus simple; car elle se bornerait à écarter les valves de la coque et à y déposer le membre, après avoir régularisé la compression, enfin à fixer l'appareil au moyen de quelques tours de bande (1). » La figure 234 (2) représente un appareil ouaté à coque pour les fractures de la cuisse. On voit d'ailleurs que ces appareils difl"èrent fort peu de ceux de M. Burggraeve que nous avons déjà étudiés.

Après avoir exposé les principes généraux d'après lesquels ses appareils de fractures doivent être appliqués, M. l\lercliie décrit avec détails les diiïérenls appareils destinés à maintenir réduites les fractures du membre tlioracique, du membre abdominal et du tronc, puis il termine par l'application des appareils destmés aux fractures compliquées. Nous ne le suivrons pas dans ces descriptions, il nous suffira de renvoyer le lecteur à son ouvrage.

§ *• = Appareils en cuii* de M. LiUiibi'ou.

Employé depuis longtemps pour faire des attelles, le cuir a été de nouveau préconisé par M. Lambron, pour confectionner des appareils inamovibles plastiques du membre inférieur (3)

L'appareil consiste en une sorte de botte, moulée d'après les proportions du membre sain et fendue dans toute sa longueur depuis le pied jusqu'au pli de l'aine, sur la face supérieure du

(1) Merchie, îoc. cit., p. /»19, 420.

(3) B»li. de la Sec. à, Mrwgie, 1854, l, IV, p. m, m elsulvi

APPAREILS DE FlUCTURliS.

membre. Celte botte peut être plus ou moins bien fermée, à l'aide de courroies et de boucles placées de chaque côté de la fente longitudinale et dans toute la hauteur de l'appareil.

La confection de cet appareil est difficile, en ce sens qu'elle nécessite un moule en bois bien exact sur lequel on fait cambrer une pièce de baudrier mouillée. Le cuir sec, on a une véritable botte fendue, à laquelle on coud les courroies et les boucles, et dont la partie externe remonte jusque vers la cr.ôte iliaque, tandis que la partie interne échancrée répond à la branche ischiopubienne, sans toutefois la comprimer.

L'appareil garni d'ouate, on y place le membre, et, pour cela, il suffit d'écarter les deux valves ; puis on les rapproche à l'aide de courroies, et les fragments sont ainsi immobilisés.

Toutefois, M. Lambron ajoute à son appareil une extension à l'aide de liens fixant le pied, et une contre-extension au niveau de la partie de la botte qui répond à la crête iliaque : il y a là deux boutonnières destinées à laisser passer des lacs contre-extensifs.

La difficulté de construire ces appareils, ainsi que leur prix élevé, les ont fait abandonner des praticiens el leur ont fait préférer les appareils en carton ou en gutta -percha.

§ ». — Appareils en gutta^ percha.

Comme on le sait, la guUa-percha commence à se ramollir lorsqu'elle est soumise à une température de 50 degrés; a 65 ou 70 degrés, elle devient très-malléable. Grâce à cette propriété on peut donc lui donner toutes les formes possibles qu elle Conserve intactes, car en se refroidissant elle redevient dure et résistante. Les chirurgiens ont confectionné des attelles, des demigouttières, des gouttières entières avec cette substance, et les premiers essais furent faits à Londres, en 1 846, par Smee,et en 1847, par M. Lorinser.

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