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DE LA CONSERVATION

pour organiser une officine ou un magasin , le pharmacien n'éprouve pas de perte. Il peut donner, sans craindre les reproches, des plantes, des graines aromatiques, etc. , récoltées depuis plusieurs années. Lorsque le pharmacien reçoit des substances médicinales qu'il ne peut récolter, il doit mettre à l'étuve ou placer sur un four, celles qui ne sont pas assez sèches, et les renfermer dans des bouteilles, dans des vases de fer-blanc ou dans des estagnons. En opérant ainsi, il n'est pas exposé k donner des feuilles, des fleurs décolorées, des semences piquées ou peu odorantes.

Les feuilles d'oranger, les fleurs de violettes, etc., qui se décolorent si facilement ; le bouillon blanc, dont la couleur s'altère si promptement, se conservent très bien, quand elles sont renfermées, lorsqu'elles sont complètement sèches, dans des bouteilles ou dans des estagnons, et si, dans l'officine, on a remplacé les bocaux de verre par des bocaux de fer-blanc recouverts de papier noir et bouchés avec un bon liège.

Les poudres doivent également être renfermées dans des vases bien secs et bien bouchés , afin qu'elles ne puissent pas attirer l'humidité de l'air et s'altérer. La poudre de seigle ergoté agit aussi efficacement deux ou trois ans après sa préparation que la première année, si on a le soin de la préparer avec du seigle ergoté nouveau, de la conserver dans des flacons a étroites ouvertures, bouchés avec de très bons lièges, et de reboucher promptement le flacon chaque fois qu'on emploie cette poudre. Les cantharides, qui ont été pulvérisées après une parfaite dessiccation, et qui ont été renfermées immédiatement après leur pulvérisation, se conservent indéfiniment.

Les principes que nous venons d'exposer ne s'appliquent pas seulement aux substances qui sont signalées dans cet article; car ils sont également applicables à beaucoup de

produits pharmaceutiques. Nous dirons, contradictoirement à ce qui a été avancé par beaucoup d'auteurs, que les extraits peuvent être employés très longtemps après leur préparation, s'ils sont convenablement préparés, desséchés et conservés; que le cyanure de potassium bien préparé et renfermé dans des flacons bouchés avec du verre, peut être conservé indéfiniment, comme tous les composés altérables qui peuvent être renfermés dans ces flacons, si on a le soin de graisser le bouchon, et de ne jamais laisser entre le bouchon et le goulot du flacon une parcelle de ces corps , etc.

Art. ÏIÎ. — Be la pulvérisation.

La pulvérisation est une opération à l'aide de laquelle on réduit les substances médicamenteuses en poudres plus ou moins fines. Toutes ces substances ne devant pas être pulvérisées de la même manière, les pharmaciens divisèrent la pulvérisation en plusieurs opérations qui reçurent des noms qui rappellent les instruments qu'il faut employer pour diviser ces substances; la manière dont il faut faire agir le pilon sur les matières à pulvériser, etc., etc. Les expressions qui servent à désigner ces diverses opérations sont la rasion, la mouture, U contusion on U concassation, l^puivérisation proprement dite, la tamisation, pulvérisation par frottement, U trituration , \d. pulvérisation par intermède, la porphyrisation, la dilution, etc.

Avant de décrire les différentes opérations qui peuvent être exécutées par les pharmaciens, pour pulvériser les substances médicinales, nous allons reproduire un article que nous avons publié en 1852, dans la Bévue scientifique, pour éclaircir une question relative à la pulvérisation qui avait été posée par un savant pharmacien, ce M. Dorvault a soulevé, en rendant compte des poudres

DE LÀ PULVÉRISATION

pharmaceutiques qui ont été admises à l'exposition de Londres, une question capitale , une question de la plus haute importance pour la thérapeutique, puisque, si l'on prenait la pensée de M. Dorvault à la lettre, il faudrait admettre que les poudres pharmaceutiques sont de mauvaises préparations, et d'autant plus mauvaises qu elles sont plus impalpables. Heureusement que M. Dorvault commence en disant qu'il entre dans le domaine des hypothèses.

« Jusqu'à présent, dit M. Dorvault, les pharmacologistes ); ont considéré la pulvérisation comme un simple change- » ment de forme des corps. Selon eux, par cette opération, » les solides n'éprouvent d'autres changements que ceux » qui résultent de la séparation de leurs molécules inté- » grantes , et chaque particule du corps divisé peut être » considérée comme un diminutif de la masse entière. Telle » n'est pas notre opinion. Si jusqu'à présent les idées que » nous venons d'exposer ont seules été émises, cela tient à » ce que les faits qui nous empêchent de les adopter dans leur » entier sont fort difficiles à apprécier. ))I1 admet cependant que dans nombre de cas la pulvérisation ne fait subir aucun changement à la constitution, aux propriétés intimes des corps, mais il a la conviction qu'un nombre de substances, plus grand qu'on ne peut le supposer, sont modifiées dans leurs compositions et dans leurs propriétés médicinales. Pour appuyer son opinion, il cite trois exemples qu'il qualifie de saillants, de décisifs.

» Essayons , après avoir esquissé la pensée de M. Dorvault, de faire comprendre la nôtre.

» Les substances médicinales que la pharmacie a a sa disposition sont extrêmement nombreuses; toutes peuvent être placées, d'après leurs propriétés physiques, dans les classes qui ont été établies par les chimistes distingués qui dirigent les progrès de la chimie moderne.

2k ART DE FORMULER.

» Les substances ou les corps qui sont du domaine de la chimie et de la pharmacie ont été divisées en corps organisés, corps organiques et corps inorganiques. Ces corps sont ou gazeux, ou liquides, ou solides. Les corps gazeux et les corps liquides ne peuvent point être étudiés dans ce travail, nous les laissons de côté, pour nous occuper exclusivement des corps solides, des corps susceptibles d'être pulvérisés. Ces corps sont ou organisés, ou amorphes, ou cristallisés, ou vitreux.

)) Les corps organisés et les corps amorphes, qui ont été exposés à l'air ou qui sont préparés depuis longtemps, n'éprouvent certainement pendant leur pulvérisation qu'une réduction de la masse en parties ténues, représentant toutes les propriétés de la masse primitive, avec cette différence que les parties ténues permettent aux agents chimiques, aux dissolvants , de les dissoudre plus promptement, d'extraire très facilement tous les principes solubles et actifs contenus dans les substances organisées.

» Les corps organisés et amorphes étant encore éliminés, il ne reste plus à étudier que les corps cristallisés et les corps vitreux.

» Les corps cristallisés et les corps vitreux jouissent de propriétés spéciales qui offrent à celui qui peut les étudier beaucoup de plaisir et beaucoup de jouissance, car la nature a caché dans ces corps une foule de secrets que les physiciens et les chimistes recherchent avec activité. C'est en étudiant ces corps que les lois de Tisomorphisme, du polymorphisme, de l'isomérie, de la polymérie, ont été découvertes. C'est en étudiant ces corps qu'on a reconnu que quelques substances cristallisées éprouvent, lorsqu'elles sont placées dans certaines circonstances, des modifications moléculaires très remarquables ; que, lorsqu'un corps volatil peut se condenser à plusieurs températures, le dépôt qui se

DE LA PULVÉRISATION

forme à une température élevée n'a pas toujours les mêmes propriétés physiques que le dépôt qui se fait à une température plus basse, parce qu'il retient, à l'état latent, plus de calorique que le second , et que beaucoup de corps non volatils peuvent aussi se combiner à une grande quantité de chaleur, affecter un état particulier, conserver cet état pendant longtemps ou en changer spontanément ou instantanément, lorsqu'une cause quelconque fait vibrer les molécules constituantes de ces corps. C'est encore en étudiant ces corps qu'on a découvert que l'iodure mercurique jaune n'est qu'une modification de l'iodure mercurique rouge ; que le temps, que le contact d'un corps étranger, d'un agent chimique, que l'élévation de la température, ou la pression, ou la percussion, suffisent pour modifier l'état de ces corps et leurs propriétés physiques, mais non leurs propriétés chimiques. C'est en consacrant ses instants à l'étude de ces corps què Berzelius a été conduit à reconnaître que lescorps simples présentent souvent des cas d'isomérie, et à désigner l'isomérie de ces corps par le mot allotropie pour distinguer cette isomérie de l'isomérie des corps composés ; que beaucoup de corps simples ont souvent plusieurs états allotropiques ; que ces corps peuvent conserver leur état allotropique dans les composés chimiques qu'ils forment. C'est en poursuivant ces travaux que M. Franchenheim a remarqué, le premier, que le soufre a trois états allotropiques désignés par lui , en ajoutant des lettres grecques au symbole chimique du soufre : Sa, Sy. C'est en continuant ces recherches qu'on a reconnu que le carbone et le phosphore ont également trois états allotropiques ; que le silicium, le titane, l'arsenic, le chrome, etc., en ont deux; que l'arragonite diffère du carbonate calcique ordinaire, parce que les molécules du carbone de l'acide de l'arragonite ne sont pas au même état allotropique que la molécule

du carbone qui est contenue dans l'acide carbonique du carbonate ordinaire; c'est encore en reprenant l'étude de ces corps que M. Bussy a découvert les propriétés des acides arsénieux; que M. Edm. Robiquet a expliqué la solubilité et le peu de solubilité du tartrate borico-potassique; que M. Pasteur a fait ses belles découvertes, etc., etc. •

» Après avoir exposé rapidement quelques faits préliminaires, utiles k cette discussion, étudions maintenant les objections de notre confrère, M. Dorvault, et recherchons si les faits signalés par lui peuvent prouver que la pulvérisation est une opération qui modifie les propriétés chimiques et médicinales des poudres pharmaceutiques.

» M. Dorvault dit que la pulvérisation diminue la solubilité de l'acide arsénieux, a ce point que 1 kilogramme d'eau peut dissoudre 40 grammes d'acide arsénieux vitreux, tandis que la même quantité d'eau n'en dissout plus que 13 grammes lorsqu'il est pulvérisé. Cette expérience parfaitement exacte, est extraite du remarquable mémoire de M. Bussy sur les acides arsénieux, mais elle n'est pas concluante parce que l'arsenic a deux états allotropiques; parce que l'acide arsénieux vitreux contient l'arsenic |3, et est une modification isomérique de l'acide opaque; parce que la propriété qu'a l'arsenic p de se transformer en arsenic a ne peut être invoquée pour prouver que la pulvérisation modifie la composition chimique des corps et leurs propriétés médicinales; parce que la modification de l'acide arsénieux vitreux, par la pulvérisation, est un fait de physique expérimentale parfaitement connu ; parce que si la pulvérisation modifie la solubilité de l'acide vitreux, elle ne modifie pas la solubilité de l'acide opaque, et ne modifie ni la composition chimique, ni les propriétés de ces deux acides.

M. Dorvault cherche encore a étayer sa doctrine avec le sucre et la gomme, en disant que'Je sucre en poudre a perdu

DE LA PULVÉRISATION

de sa propriété édulcorante et de sa solubilité; et que la poudre de gomme n'a ni la même saveur ni la même solubilité que la gomme entière.

» Le choix de ces deux exemples ne nous paraît pas plus heureux que le premier, parce que les propriétés organoleptiques des corps qui sont souvent d'un grand secours pour l'étude de la chimie , ne suffisent pas pour trancher une question aussi importante que celle de la préparation des poudres pharmaceutiques, et surtout pour prouver que la pulvérisation modifie profondément ces corps pulvérisables.

» Pour appuyer un principe sur une différence dans la solubilité d'un corps, il faut nécessairement déterminer, par quelques expériences, le poids de la partie devenue insoluble ou peu soluble. Le sucre appartient à la classe des composés chimiques qui ont plusieurs états isomériques, et la différence qui existe entre la saveur de l'eau sucrée avec du sucre pulvérisé et la saveur de l'eau sucrée préparée avec du sucre en cristaux confus, peut être expliquée en supposant que, pendant la pulvérisation, il s'est opéré un mouvement moléculaire inconnu jusqu'à ce jour, mais dont la saccharimétrie optique rendra probablement compte. D'ailleurs, le sirop qui est préparé avec du sucre en poudre, marque, au pèsesirop, le même degré que le sirop ordinaire, et il est difficile de trouver une différence dans la saveur de l'eau sucrée préparée avec ce sirop et l'eau sucrée préparée avec du sirop obtenu en faisant fondre du sucre en morceaux dans de l'eau. Si une partie de la propriété édulcorante du sucre lui est enlevée pendant la pulvérisation, elle lui est rendue pendant sa transformation en sirop. La gomme a aussi toutes les propriétés qui caractérisent les corps vitreux ; comme eux elle éprouve des modifications moléculaires analogues à celles qui se manifestent dans ces corps ; et comme eux elle se dévitrifie lorsqu on élève sa température (la gomme du

Sénégal). La dévilrification de la gomme s'effectue quelquefois à la température ordinaire (la gomme arabique), et il ne faut pour dévitrifier une espèce de gomme du Sénégal, que la laver avec de Teau et la laisser sécher sur un tamis. Le lendemain la dévitrification commence et s'achève plus ou moins rapidement.

» M. Dorvault dit encore : « Est-ce à un changement d'état électrique du sucre , que semble en effet indiquer cette phosphorescence qui se développe lors de la pulvérisation dans l'obscurité , qu'il faut attribuer la modification subie par cette substance? Nous ne saurions opter, etc., etc. »

» Il ne nous paraît pas probable que l'électricité joue un rôle important dans la pulvérisation, car on peut affirmer que l'électricité qui se développe a la surface des corps, par le frottement, ne modifie nullement leur composition; que les étincelles électriques qui s'aperçoivent, dans quelques circonstances, indiquent plutôt un changement d'état qu'une altération des corps ; et que beaucoup de substances cristallisées et amorphes s'électrisent par trituration, mais ne se décomposent point.

)) Nous pensons pouvoir conclure en toute sécurité , au moins à notre point de vue, des faits qui viennent d'être exposés :

» Que la théorie admise par les pharmacologistes pour expliquer la pulvérisation est parfaitement vraie;

» Que les faits cités par notre honorable confrère , pour prouver la nécessité de modifier cette théorie, ne prouvent nullement l'urgence de cette modification, puisqu'ils s'ex-pliquent naturellement en tenant compte des propriétés des corps qui appartiennent a la chimie et à la physique ;

» Que pour appuyer cette théorie, il aurait fallu choisir des exemples parmi les corps qui ne sont pas susceptibles d'éprouver spontanément des modifications moléculaires.

DE LA PULVÉRISATION

» Et que les poudres médicinales jouissent réellement des mêmes propriétés que les corps entiers d'où elles proviennent, y)

§ 1. — De la rasion.

La rasion est une opération que l'on exécute en faisant agir des râpes plus ou moins fines sur quelques substances médicinales fixées entre les mâchoires d'un étau,

§ 2. — De la mouture.

La mouture est une opération que Ton fait avec un moulin plus ou moins semblable aux moulins h café,

§ 3. — De la concassation et de la contusion.

On exécute une concassation toutes les fois que l'on frappe à petits coups, avec un pilon, les substances sèches qui sont placées dans un mortier, de manière à les réduire en petits fragments. Le mot contusion est particulièrement réservé pour exprimer la préparation que l'on fait subir aux plantes lorsqu'il n'est pas nécessaire de les réduire en poudre ou de les piler de manière à pouvoir en extraire le suc,

§ 4. — De la pulvérisation ordinaire.

Pour exécuter cette opération, on met dans un mortier de fer une certaine quantité de la substance à pulvériser, on pose le pilon, on couvre le mortier avec une peau blanche qui a la forme d'un cône tronqué , ayant a sa base un diamètre un peu plus grand que l'ouverture du mortier, et k son sommet une ouverture assez large pour que le pilon puisse passer dans cette ouverture. On attache la peau sur le pilon et sur le mortier en ayant soin de mettre en dedans la partie lisse de cette peau ; on soulève le pilon et on le laisse tomber en accélérant sa course pour augmenter son poids.

ART Dl FORMULEE,

Lorsqu'on a ainsi frappé pendant un peu de temps la substance médicinale, on fait agir le pilon pendant un instant comme si l'on opérait une trituration , etc., et Ton procède à la tamisation.

On doit avant de pulvériser les substances médicinales , les dessécher parfaitement, choisir convenablement le mortier, afin que les poudres n'agissent pas sur ses parois ; ne pas oublier que les sels doivent être pulvérisés dans un mortier de pierre, de marbre ou bien de porcelaine, et que les acides exigent l'emploi d'un mortier de porcelaine ; savoir que quelques substances doivent être entièrement pulvérisées, tandis que d'autres ne doivent pas être entièrement réduites en poudre, parce qu'elles contiennent des fibres ligneuses peu actives ; avoir le soin de séparer les premières parties de la pulvérisation , lorsque les substances sont recouvertes de poussière, de lichen, etc. On peut, dans quelques cas, se contenter de remuer doucement le tambour du tamis qui contient la poudre : les matières étrangères se rassemblent à la surface et il est très facile de les enlever avec une carte.

§ 5. — De la tamisatioo.

La tamisation est une opération qui complète la pulvérisation ; elle a pour but de séparer les parties les plus ténues des plus grosses, en laissant passer les premières à travers des toiles d'un tissu plus ou moins serré et proportionné aux poudres que l'on veut obtenir. Beaucoup de substances ont besoin d'être très finement pulvérisées , d'autres n'ont pas besoin d'être aussi fines, parce qu'elles se dissolvent facilement,'ou parce qu elles cèdent aisément leurs principes solubles aux dissolvants, ou bien parce qu'elles abandonnent une matière huileuse qui empêche la pulvérisation et la tamisation.

DE LA T AMISATION.

Les tamis se (Uvisent en tamis et en cribles. Les tamis sont simples ou composés ; les simples sont formés d'une circonférence de cercle variable en hauteur et en diamètre, sur lequel on fixe une toile de fil de fer, de fil de cuivre, de fil, de crin, ou de soie. Les tamis composés ont un fond pour recevoir les poudres qui passent à travers les toiles et un couvercle qui sert à empêcher les poudres de se répandre dans Faimosphère ; le fond porte le nom de tambour.

Lorsqu'on veut tamiser une poudre, on dépose sur la toile du tamis la substance qui a été soumise pendant un certain temps à l'action du pilon et l'on agite le tamis, après l'avoir couvert, si cela est nécessaire , de manière à ne pas faire sauter la poudre à tamiser, parce que la masse comprimerait, en retombant sur la toile , une partie de la poudre et forcerait les parties de la poudre, qui ont un volume un peu plus gros que les ouvertures du tamis, à passer dans le tambour.

Les cribles se font avec du parchemin percé de trous plus ou moins gros ou bien avec du fil de fer, etc.

La grosseur des ouvertures des toiles des tamis peut être facilement déterminée en fixant le nombre des ouvertures qui se trouvent dans un centimètre carré.

La toile du tamis de soie n'' 00 contient 2112 ouvertures.

Quelques personnes emploient par économie les toiles de Venise qui sont de crin. Le n^ 1 de ces toiles correspond au n^ 3 des toiles de soie. Le n" k des toiles de soie correspond au 40 des toiles métalliques. Le n'^ 25 des toiles métalli-

ques convient pour la farine de lin, et le n« 30 pour la farine de moutarde. Les numéros des toiles métalliques ont été fixés d'après le nombre de fils qui existent dans 1 pouce carré : ainsi le n^ 25 représente 25 fils.

Les numéros des cribles de parchemin se déterminent d'après le nombre de millimètres qui composent le diamètre des ouvertures.

§ 6. — De la pulvérisation par frottement.

On pulvérise, en les frottant sur un tarais, tous les corps qui, comme la craie et le carbonate de magnésie, ne peuvent pas passer par les ouvertures des tarais. On est obligé d'opérer ainsi, parce que les molécules de ces corps jouissent de la propriété de se tasser et de se réunir, lorsqu'on veut les tamiser, en une couche plus ou moins épaisse qui bouche toutes les ouvertures du tamis.

§ 7. — De la trituration.

On pulvérise par trituration toutes les fois que l'on pose le pilon sur une matière placée dans un mortier et qu'on le remue de manière à lui faire parcourir, sans le soulever, toutes les parties du mortier,

§ 8. De la pulvérisation par intermède.

Cette pulvérisation peut être exécutée, ou comme la pulvérisation proprement dite, ou comme la trituration, etc. Les substances médicinales qui doivent être ainsi pulvérisées sont celles qui ont beaucoup d'élasticité ; celles qui sont molles ; celles qui contiennent un principe aromatique qu'une parfaite dessiccation dissiperait; celles qui contiennent une grande quantité de matière huileuse ; les métaux qui jouissent d'une grande malléabilité et d'une grande ductilité,

Ï)E LA PORPHYRiSATlON.

On laisse quelquefois le corps employé pour faciliter la pulvérisation avec le corps que l'on a pulvérisé, ou bien on sépare le corps qui a été employé en profitant de sa solubilité, ou de ce que sa densité est moindre que celle du corps que l'on voulait pulvériser.

On pulvérise la vanille avec du sucre ; le camphre avec de Falcool ou de l'eau , et la poudre reste composée de vanille et de sucre, de camphre et d'un peu d'alcool ou d'un peu d'eau, etc. On pulvérise l'or, l'étain, etc. , avec du sucre ou du chlorure de sodium, et on lave la poudre avec de l'eau. On peut encore pulvériser l'étain de la manière sui- '^ante : on le fait fondre, on le verse dans une boîte qui est garnie de pointes et qui contient de la craie, on agite la boîte jusqu'à ce que l'étain soit refroidi, on tamise la poudre et on la lave en mettant à profit la pulvérisation par dilution.

On peut profiter, pour pulvériser certains corps, d'une action chimique. Ainsi pour obtenir l'or en poudre, on verse dans un flacon une dissolution^de chlorure aurique; on le remplit, avec une dissolution de sulfate ferreux pur, de manière que le sulfate soit en excès ; on agite, on laisse déposer, on décante, on lave et on fait sécher la poudre,

§ 9. — De la porphyrîsation.

On a donné le nom porphyrîsation à une opération qui a pour but de réduire en poudre extrêmement ténue les substances médicinales, etc., en les broyant avec une molette sur une pierre plutonienne parfaitement polie, à pâte très dure et très compacte, à laquelle on a donné le nom de/)orphyre. On emploie quelquefois, pour remplacer les tables et les molettes de porphyre , des glaces dépolies, du marbre, etc., et des molettes de diverses natures. Il faut toujours tenir compte, lorsqu'on doitporphyriser une substance

médicamenteuse, de la dureté de cette substance, car il ne faut pas qu elle soit plus dure que la plaque et la molette employées pour la porphyriser, parce que les instruments seraient usés, et parce que la poudre contiendrait les parties enlevées à ces instruments.

On porphyrise quelquefois les substances médicinales sans intermède, mais on les mouille le plus ordinairement avec de l'eau, de l'alcool, de l'huile, etc., pour faciliter l'opération et empêcher la dispersion de la poudre,

§ 10. — De la dilution.

On donne le nom'^de dilution à une opération qui a pour but de séparer les parties fines d'une poudre, en mettant à profit la propriété qu'ont les poudres ténues de rester plus longtemps en suspension dans l'eau que les grosses. Pour opérer, on délaie les poudres, etc., avec de l'eau, etc., on agite , on laisse déposer les parties les plus grosses, on décante , on laisse éclaircir le liquide , on verse l'eau et l'on recueille la poudre sur un filtre, on la laisse égoutter, on la divise par petites parties et on la fait sécher.

On donne encore le nom de dilution à une opération qui a pour but d'ajouter un liquide à un autre, pour en diminuer l'activité, comme, par exemple, de l'eau aux acides, à l'alcool, etc., etc., et l'on dit; Ce sont des acides de l'alcool dilués,

§ 11. — De répistation,

L'épistation n'est pas une manière de faire agir le pilon pour réduire les substances médicinales en poudre, mais on exécute une épistation] toutes les fois qu'on place la paume de la main sur la partie supérieure d'un pilon ; qu'on pose le pilon sur une matière quelconque placée dans un mortier et qu'on appuie fortement sur le pilon, en le faisant glisser

DE LA DÉCANTATION. 35

d'une des parois du mortier à l'autre. Cette opération est ordinairement réservée pour la préparation des pilules.

Art. ÏV, — Be la dépurâtiou.

On a donné le nom de dépuration à ime opération qui a pour but de séparer les matières qui troublent la transparence d'un liquide. Les opérations que l'on peut exécuter pour atteindre ce but sont : la décantation, la fîltration et la clarification.

§ 1. — De la décantation.

La décantation a pour but de séparer un liquide qui repose sur un précipité ou sur un liquide dont la densité est plus grande que celle du liquide qu'il faut décanter. Cette opération, qui est très simple, demande souvent beaucoup de soin, car il est quelquefois très essentiel de ne perdre aucune partie du liquide à décanter, ni aucune partie de ce qui reste après la décantation.

La manière d'opérer est très variée : on peut laisser déposer la matière qui trouble la transparence du liquide et pencher le vase de manière que le liquide puisse s'écouler sans que son courant entraîne de la matière pulvérulente. On peut, si Ton opère dans un vase à précipités, placer une baguette de verre sur le bord du vase et pencher le vase de manière que la baguette se trouve au milieu du courant; il est toujours avantageux de graisser le bec ou le bord du vase avec un peu de suif. On peut enlever le liquide à décanter avec une pipette ou employer un siphon, une mèche de coton, ou une bande de papier buvard, en ayant le soin d'imiter un siphon. Ces deux derniers moyens appartiennent aussi bien à la fîltration qu'à la décantation.

ART DË FORMULER.

§ 2. — De la filtration.

La filtration est une opération que l'on exécute en faisant passer les liquides à travers des corps poreux capables de laisser écouler le liquide et de retenir les matières que l'on désire séparer.

Les filtres sont très variés, car on peut employer à cet usage les pierres poreuses, le sable, le charbon, le verre cassé, l'amiante, le coton, la laine, les étoffes de laine, les éponges, le papier non collé, etc.

On a donné plus parliculièrement le nom de filtre a une feuille de papier pliée de manière qu'elle ait la forme d'un entonnoir. Les filtres sont à plis ou sans plis. Pour faire les filtres a plis, on prend une feuille de papier non collé, on la plie de manière à faire un carré, on enlève l'excédant du papier et Von obtient une figure triangulaire.

On fait un pli au milieu de ce triangle de manière a avoir deux triangles , dont un des côtés est commun aux deux triangles.

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