DE LA SOLUTION ET DE LA DISSOLUTION
priété qu'ont le tannin et ralcool de précipiter l'albumine.
Pour opérer une clarification, on ajoute de l'albumine aux liquides qui n'en contiennent pas, on les porte à l'ébullition, ou bien, on les chauffe au bain-marie, et lorsque le coagulum qui se forme a diminué de volume, on laisse déposer, on décante, ou bien on filtre, etc.
Art. VI. — ï>e la solution et de la dissolution.
On donne le nom de solution à une opération qui a pour but ;la dissolution d'une corps solide, liquide ou gazeux, dans un liquide dont les propriétés ont une certaine analogie avec le corps à dissoudre. Le produit de cette opération a reçu le nom de soluté. Les solutés se divisent en solutés hydroliques, solutés alcooliques, solutés éthériques, etc.
La manière d'opérer une solution est bien simple, car il suffit de mettre le corps à dissoudre et le dissolvant dans un vase, d'agiter de temps en temps, ou bien de réduire le corps en poudre et d'ajouter, en triturant, le dissolvant. Quelquefois cependant il est nécessaire d'élever la tempéra» ture et d'opérer dans des flacons ou des ballons, lorsque le liquide est volatil.
La solution diffère des macérations, des infusions, etc., parce que la solution est une dissolution totale des corps, tandis que les macérations, infusions, etc., n'ont pour but que la séparation des parties solubles des substances médicamenteuses.
On donne le nom de dissolution à une opération qui a pour but de dissoudre un corps quelconque dans un liquide dont les propriétés chimiques sont opposées aux propriétés du corps à dissoudre. La manière de préparer une dissolution consiste à introduire le corps à dissoudre et le dissolvant dans le même vase, à les abandonner ou à les agiter conti-
ftO ART DE FORMULER.
nuellement, k élever plus ou moins la température, à opérer en vase ouvert ou à l'abri du contact de Tair, ou bien à projeter, par parties, le corps solide dans le liquide, ou bien encore, à verser, par fractions et avec précaution, le corps liquide sur le corps solide.
La définition de ces opérations, les expressions qu'il faut employer pour les définir, et certaines réactions, tendent à réunir la solution et la dissolution, mais ces opérations peuvent être séparées très aisément.
La dissolution doit être considérée comme une réaction compliquée, purement chimique, qui entraîne la modification du corps à dissoudre, la décomposition d'une partie du dissolvant, et la combinaison du solide avec le liquide non altéré, etc.; ou bien la modification du dissolvant et la combinaison du solide avec le corps modifié, etc. Cette réaction qui dépend entièrement de l'affinité, force qui régit les combinaisons des corps dont les propriétés chimiques sont différentes, ne s'effectue jamais sans que les corps n'éprouvent de grandes modifications. Ainsi, il est impossible, après la réaction, de séparer par l'évaporation, etc., le dissolvant et le corps dissous, car ils sont tellement unis que le produit que l'on obtient a des propriétés physiques très différentes des propriétés physiques du corps employé, et des propriétés chimiques qui sont communes aux deux corps.
La solution, au contraire, n'est qu'une dissémination des molécules du corps solide entre les molécules du corps liquide, sous l'influence d'une force à laquelle on a donné le nom de force dissolvante, force qui régit les réactions qui peuvent s'opérer entre un corps solide, etc., et un corps liquide qui ont entre eux une certaine analogie, comme les sels et l'eau, les résines et l'alcool, les graisses et les huiles, quelques métaux et le mercure, etc. La solution ne modifie pas les corps sur lesquels elle s'exerce , puisque les pro-