‹ Manuel de pharmacie et art de formuler ... [electronic resource]Chapitre 15 sur 84 · DE LA MACÉRATION · texte numérisé non relu

DE LA MACÉRATION

priétés des parties employées n'éprouvent pas de modifications, qu'elles ne perdent pas leur saveur, etc., etc., et puisqu'il est possible de séparer par l'évaporation, etc., le corps dissous du dissolvant, sans qu'il soit possible de reconnaître, après leur séparation, la moindre différence dans leurs propriétés.

Cependant , comme la solution d'un corps s'effectue tantôt avec élévation, tantôt avec abaissement de température , et tantôt sans qu'on puisse remarquer aucune variation dans la température , il faut admettre, dans le premier cas, qu'il y a combinaison et qu'il y a production de froid par la dissémination du corps solide , mais que la chaleur produite par la combinaison remporte sur l'abaissement de température ; dans le second cas, qu'il n'y a pas de combinaison , parce que le corps contient toute l'eau avec laquelle il peut se combiner et que c'est une réelle solution, ou bien, qu'il y a combinaison, mais que la production de froid l'emporte sur la chaleur produite par la combinaison; dans le troisième cas, qu'il y a combinaison, mais que la chaleur produite est égale au froid que devrait produire le changement d'état du corps solide ; et que la combinaison entre le corps à dissoudre et le dissolvant est réelle , mais qu'elle n'entraîne pas cependant la modification du corps a dissoudre, quoique le corps dissous, quand il peut cristalliser, retienne quelquefois plus d'eau, etc., qu'il n'en contenait avant sa solution.

Art. VU. — I>e la macération.

La macération est une opération pharmaceutique que l'on exécute en soumettant une substance médicinale sèche, contusée et pulvérisée, pendant un temps plus ou moins long, à l'action d'un véhicule dont la température est celle

ÀUf m FORMULER.

de l'air ambiantv Lorsque la macération est terminée, on passe le liquide, on exprime le résidu, ou bien on le presse ; on filtre le produit, etc.

Le produit de cette opération a reçu le nom de ■inacéré. Les macérés se divisent en macérés liydroliques ou hydrolés ; macérés alcooliques ou alcoolés , ou teintures alcooliques ; macérés éthériques ou éthérolés , ou teintures éiliérées ; macérés acétiques, ou acétolés, ou vinaigres, etc.

Art, Wlll, ■ ' l^e la ïixivsation..

La lixiviation est une opération qui a pour but de dissoudre les principes solubles des substances médicinales, en faisant passer à travers la poudre plus ou moins fine de ces substances, de l'eau froide ou de l'eau chaude ou un liquide quelconque. Le produit de cette opération porte le nom de lixivié ou de déplacé , si l'on adopte pour cette opération , le nom de méthode de déplacement proposé par MM. Boullay.

Les lixiviés se divisent en lixiviés liydroliques , lixiviés alcooliques, lixiviés éthériques, etc.

Pour préparer les lixiviés , on commence par délayer la poudre avec un peu d'eau, etc., de manière que l'air qui adhère à la poudre puisse être entièrement expulsé. On prend une allonge de verre, on met dedans un peu de coton cardé , on aspire , pour fixer le coton , par la partie effilée de l'allonge, on pose l'allonge sur un flacon, on verse avec précaution la poudre délayée , en ayant soin de ne poiut interposer d'air entre ses diverses parties; on verse l'eau, etc. avec précaution, etc. On peut encore introduire la poudre dans l'allonge, Tagiter avec précaution pour tasser légèrement la poudre et chasser beaucoup d'air interposé, et verser le liquide, etc.

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La description de cette opération est très facile a comprendre, mais son exécution présente souvent des difficultés qui ne peuvent être prévues, et qui ne peuvent être résolues qu'après plusieurs essais, car il y a des substances qui demandent à être pressées pour être convenablement épuisées ; d'autres qui n'ont pas besoin d'être autant pressées, parce qu'elles se tassent: d'autres qui ne doivent pas du tout être pressées , parce qu'elles se gonflent beaucoup ; d'autres qui ne peuvent être soumises à cette méthode, parce qu'elles contiennent trop de matières mucilagineuses, etc., etc.

La difficulté d'appliquer convenablement la méthode du déplacement à toutes les plantes ; l'impossibilité de déplacer exactement un liquide par un autre; la lenteur avec laquelle s'effectue souvent l'écoulement du liquide et l'épuisement de la poudre, et par conséquent la crainte de voir ies produits s'altérer en été , rendent l'application de la méthode du déplacement , à la préparation des médicaments, moins générale qu'on ne le pense.

Si les lois qui régissent les solutions des corps n'étaient pas connues; s'il n'était pas prouvé que lorsqu'un dissolvant est saturé de certains principes , il peut dissoudre des corps qui ne se dissoudraient pas s'il était pur ; s'il Q'était pas établi qu'une semblable dissolution abandonne, lorsqu'on diminue sa concentration , en ajoutant une certaine quantité du même dissolvant, immédiatement, ou quelque temps après , les corps qui ont été dissous à la faveur de la solution concentrée ; et s'il n'était pas possible Je reconnaître la vérité des faits que nous avançons , en constatant que beaucoup de médicaments préparés par déplacement, laissent déposer beaucoup plus de principes tenus primitivement en dissolution que les médicaments préparés par les méthodes d'extraction les plus ancienne-

UU ART DE FORMULER

ment connues , nous serions très partisans de la lixiviation. Mais , il nous paraît très rationnel de préférer les autres opérations d'extraction à la lixiviation , parce que les produits représentent aussi régulièrement que possible les principes solubles des poids déterminés des substances médicamenteuses ; et parce que, si l'opérateur perd par accident une partie du produit, ce qui resîe est toujours exactement dosé , tandis qu'il n'en est pas de même pour les médicaments préparés par lixiviation ou par un procédé composé de plusieurs macérations, décantations, etc.

Malgré les inconvénients que nous venons de signaler, la lixiviation peut être utilisée avec avantage à la préparation de certains produits chimiques et pharmaceutiques et surtout à la préparation de certains extraits.

Art. IX. — De la digestion.

On a donné le nom de digestion à une opération qui a pour but d'extraire des substances médicamenteuses solides, les principes solubles qu'elles peuvent contenir, à l'aide d'un véhicule dont la température est maintenue à une température supérieure à la température de l'air ambiant et inférieure au degré de l'ébullition du véhicule.

Le produit de cette opération a reçu le nom de digéré. La préparation des digérés ne présente aucune difficulté; seulement, en raison de la température constante à laquelle cette opération doit être exécutée , il est nécessaire de ne faire digérer les substances, pendant un temps très long, qu'avec des véhicules dont la nature s'oppose à l'altération des principes que l'on veut extraire.

Les digérés se divisent en digérés hydroliques^ alcoolir ques, éthériques, oléiques, etc., etc.

DE l'infusion.

Art. X. — Be l'infusion.

L'infusion est une opération qui a pour but d'extraire les principes solubles des substances médicinales à l'aide de l'eau dont la température a été portée à iOO\ Le produit de cette opération a reçu le nom à'infusé.

Pour préparer les infusés on met les substances médicinales coupées , contusées ou pulvérisées dans un vase, on verse dessus de l'eau bouillante et lorsque l'eau est refroidie, on passe avec expression , ou bien, on presse, on filtre, etc. On peut encore opérer d'une manière inverse, c'est-à-dire placer la substance avec laquelle on doit préparer l'infusé, dans de l'eau froide , élever peu à peu la température de l'eau jusqu'à l'ébullition , passer, etc. Si la substance médicamenteuse contient un principe volatil , il faut opérer dans un vase susceptible d'être fermé.

Les infusés sont employés pour préparer beaucoup de médicaments officinaux et beaucoup de médicaments magistraux , parce que la température à laquelle on opère facilite la dissolution des principes solubles des substances médicamenteuses.

On emploie très souvent, mais très arbitrairement, comme synonyme du mot infusion ou infusé , le mot thé en disant : «prenez du thé de mélisse, du thé de tilleul, du thé de feuilles d'oranger, du thé de bœuf , etc. , » sans penser qu'on commet une faute extrêmement grave , et qu'on ne peut se servir du nom générique d'une plante pour désigner une opération ou le produit d'une opération. Les personnes qui commettent cette faute se garderaient bien de dire : prenez du thé de thé , et cependant elles emploient souvent avec affectation cette mauvaise locution.

ART DE fORMULER.

Art. Xî. — I>e la décoction.

La décoction est une opération qui a pour but d'extraire les principes solubles des substances médicinales à l'aide de véhicules dont la température est portée à l'ébullition.

Le produit de cette opération a reçu le nom de décodé. Les décoctés se divisent en décoctés hydroliques, décoctés alcooliques, etc.

Pour préparer une décoction hydrolique, il suffit de mettre la substance à épuiser dans une bassine, ou dans une capsule, etc., d'ajouter de l'eau , de faire bouillir l'eau pendant plus ou moins de temps, de passer , d'exprimer ou de presser le résidu , etc. Lorsque la substance est difficile à épuiser , il est nécessaire de faire plusieurs décoctions et d'opérer lorsqu'on le peut de manière que le poids de tous les décoctés soit égal au poids du décodé dont on a besoin.

Quelquefois on soumet la substance avec laquelle on doit faire une décoction, à une macération préalable afin de rendre plus facile l'extraction des principes solubles.

Lorsque l'on doit ajouter à un décocté des substances médicales solubles, il faut, lorsque la décoction est achevée, ajouter les substances solubles et passer lorsqu'elles sont dissoutes.

Si au nombre des principes constituants d'un décocté il entre des plantes aromatiques, il faut ajouter ces plantes lorsque la décoction est achevée et les laisser infuser jusqu'à ce que le décocté soit refroidi.

S'il faut ajouter à un décocté des substances solubles et des substances aromatiques, on doit exécuter les opérations qui viennent d'être décrites, ou bien se contenter d'ajouter, lorsque la substance qui doit bouillir est restée assez long-

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