DES EXTRAITS
substances extractives , et parce que les extraits préparés avec l'éther ne sont que très rarement actifs, puisqu'ils sont plutôt composés de chlorophylle et de matières grasses que d'agents médicamenteux: on vante, cependant, l'extrait de fougère préparé avec l'éther. On tend à supprimer, avec raison , les extraits préparés avec le suc non dépuré des plantes, parce qu'on ne peut pas considérer l'albumine végétale et la chlorophylle comme capables d'augmenter les propriétés des extraits.
La préparation des extraits se divise en deux parties parfaitement distinctes : l'extraction des sucs ou la dissolution des principes médicamenteux , et l'évaporation du dissolvant (voyez, pour l'extraction des sucs, page 62). Pour dissoudre les principes solubles des agents thérapeutiques, on peut faire macérer, infuser ou bouillir les plantes sèches avec de l'eau, ou bien les traiter par la lixiviation avec de l'eau froide ou chaude (voyez pour ces opérations, pages kl , ^2, Li5 et ^6). Lorsque l'on emploie de l'alcool, on contuse les plantes fraîches, on pulvérise les plantes sèches et on les laisse macérer avec de l'alcool, etc. Pour évaporer les dissolutions , on les chauffe au bain-marie, ou bien à la vapeur, à une température inférieure k 100 degrés, (voyez, pour l'évaporation, page ^8), jusqu'à consistance convenable. On opère de même pour les solutés alcooliques, mais après avoir recueilli par distillation la plus grande partie de l'alcool.
M. Grandval a proposé de préparer les extraits dans le vide, et a présenté à l'Académie de médecine un appareil pour préparer ces extraits. Les extraits qu'on obtient avec cet appareil sont très beaux ; ils ne ressemblent nullement aux extraits des pharmacies et n'ont pas toujours des caractères distinctifs bien tranchés. D'ailleurs, il n'est pas encore prouvé que ces extraits soient plus actifs que les extraits
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ordinaires convenablement préparés. Quelques expériences de MM. Soubeiran et Gobley permettent même aux pharmaciens de conserver l'espoir de pouvoir préparer leurs extraits sans être obligés de faire l'acquisition de œt appareil, et dissipent la crainte qu'ils avaient de s'adresser au commerce pour avoir des extraits préparés dans le vide.
On admet généralement que les extraits doivent être mous ou secs, ou a l'état pilulaire; mais on peut dire qu'en général les extraits sont trop mous, non parce que beaucoup d'entre eux attirent l'humidité de l'air, mais parce qu'ils n'ont pas été suffisamment concentrés. Nous, nous pensons qu'ils devraient tous être, ou a l'état pilulaire, ou mieux k l'état sec , parce qu'on sait ce qu'on emploie en prescrivant des extraits secs, tandis qu'on ne sait jamais ce qu'on administre en employant des extraits mous; parce que les extraits secs sont faciles a peser , et parce que si tous les pharmaciens préparaient ainsi leurs extraits , ou au moins les extraits énergiques , on ne remarquerait pas de différence dans l'action d'un même extrait provenant de la même pharmacie.
En disant que nous voudrions qu'on ne préparât que des extraits secs, nous ne voulons pas dire des extraits en paillettes, mais des extraits en petites masses, car ils sont aussi bons que ceux qui sont en paillettes.
On reconnaît qu'un extrait qui doit avoir la consistance pilulaire est assez cuit , lorsqu'on peut le frapper avec la main sans qu'il y adhère, ou mieux lorsqu'on peut le rouler en pilules après lavoir laissé refroidir. Les extraits secs sont terminés lorsqu'il est possible de briser une petite masse d'extrait avant qu'elle soit entièrement refroidie.
La conservation des extraits ne présente aucune difficulté. Il suffit de renfermer ceux qui ont la consistance pilulaire dans des pots susceptibles d'être bouchés, et d'in-
BKS EXTRAITS.
troduire les extraits secs dans des flacons qui peuvent être bouchés avec des bouchons de verre usés a l'émeri et graissés. Il est inutile d'ajouter, qu'il est essentiel de placer les extraits dans un endroit sec; que les pharmaciens doivent avoir le soin de bien boucher les pots et les flacons lorsqu'ils prennent de l'extrait, et de ne jamais laisser une parcelle d'extrait sec entre le bouchon et le col du flacon.
Ne pouvant pas nous occuper de la préparation des extraits, puisque ce n'est pas un traité de pharmacie que nous écrivons, nous terminerons en disant:
Les extraits sont des médicaments spéciaux qui ont besoin d'être étudiés avant d'être administrés aux malades, parce qu'on ne peut pas toujours déduire, de l'énergie des plantes qui servent à les préparer, l'action qu'ils doivent exercer sur nos organes. Nous voulons parler des extraits qui constituent une médication sérieuse, ceux qui sont irritants, stupéfiants, etc., etc., car l'emploi des autres est toujours facile et sans inconvénient ; leur administration ne pouvant jamais être suivie d'aucun accident fâcheux. On peut bien , lorsque les extraits sont préparés avec les plantes sèches, lorsqu'on sait ce que ces plantes produisent d'extraits, savoir à peu près ce qu'il faut employer pour produire une médication, ou remplacer un poids quelconque de la poudre d'une plante, quoique le poids de l'extrait qu'il faut prescrire ne soit jamais proportionnel au poids de la poudre de la plante qui a produit l'extrait; mais il n'en n'est plus de même, lorsque les extraits sont préparés avec les plantes fraîches, parce qu'on ne connaît pas toujours exactement le poids d'une plante fraîche qui peut remplacer un poids d'une plante sèche, parce que les plantes fraîches contiennent, suivant les localités où elles sont récoltées, même lorsque ces localités sont très rapprochées, des sucs qui sont plus ou moins aqueux, et parce qu'il n'est pas fa-
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cile de calculer le rapport qui doit exister entre l'action des extraits préparés avec le suc des plantes et l'action des plantes sèches, ou celle des extraits qu'on obtient avec les plantes desséchées, etc.
Nous ajouterons encore les phrases suivantes, parce qu'elles nous paraissent importantes. Nous sommes étonné de voir les pharmacologistes recommander de préparer les mêmes extraits tantôt avec le suc des plantes, et tantôt avec les plantes sèches; car de deux choses l'une : ou il faut admettre en principe que les extraits sont aussi bons lorsqu'ils sont préparés avec les plantes sèches qu'avec les plantes fraîches; ou bien il faut choisir entre ces deux modes de préparation, et ne pas conseiller d'employer les plantes sèches après avoir recommandé les plantes fraîches. Mais, comme il est très difficile, dans certains cas, de reconnaître une différence dans l'action d'un extrait préparé avec le suc ou dans celle d'un extrait préparé avec les plantes desséchées, nous pensons qu'en général les extraits doivent être préparés avec les plantes sèches, et que la préparation des extraits avec les plantes fraîches, ne peut être considérée que comme une exception réservée pour les extraits d'aconit, de rhus toxicodendron, de rhus radicans et de ciguë. Ces exceptions pourront augmenter k mesure qu'on en reconnaîtra l'urgence; mais on peut affirmer, dès ce moment, qu'il est sans importance de substituer les planches sèches aux plantes fraîches pour préparer les extraits de bourrache, de chicorée, etc., etc.
Art. XXXVÏÎI. — ©es sirops.
Les sirops ou les saccharolés liquides sont des préparations pharmaceutiques composées avec du sucre et des véhicules qui tiennent en dissolution les principes solubles des substances médicamenteuses. La quantité de sucre
DES SIROPS
qu'il faut employer pour faire un sirop varie pour chaque espèce de sirop ; elle doit toujours être capable de donner à ces préparations l'apparence onctueuse, oléagineuse, qui les caractérise.
Pour préparer convenablement les sirops, il faut pouvoir :
Les doser convenablement ; Préparer le véhicule ;
Choisir la qualité du sucre et en reconnaître la pureté ; Calculer le poids du sucre qu'il faut ajouter à un véhicule donné ;
Apprécier s'il faut opérer en vase clos ou en vase ouvert ;
Se servir de vases qui ne soient pas de nature à communiquer aux sirops des propriétés vénéneuses ;
Préparer les sirops sans que les agents médicamenteux éprouvent d'altération et les cuire convenablement;
Savoir les conserver ;
Découvrir leur altération et y remédier lorsque cela est possible ; etc.
§ 1. — Du dosage des sirops.
A l'époque oii la loi ne nous faisait pas un devoir d'employer les grammes et où nous avions l'habitude de nous servir des poids anciens , les pharmaciens qui tenaient à préparer des médicaments exactement dosés avaient admis que la composition d'un sirop serait convenablement établie, lorsque toutes les onces de ce sirop représenteraient un poids déterminé de substance médicamenteuse. Quoique Fonce ne fiit pas en rapport avec le mode de prescrire les sirops , il n'était pas possible de changer le dosage de ces préparations, et personne ne fit de tentative pour le modifier. A l'époque où les grammes furent imposés, quelques pharmaciens proposèrent d'adopter 30 ou 32 grammes pour la base
du dosage des sirops, et nous proposâmes , quelque temps après, de les doser par 20 grammes. Les raisons que nous faisions valoir en faveur de ce dosage étaient les suivantes : 20 grammes représentent exactement le poids d'une cuillerée de sirop, et c'est par cuillerées que Ton prescrit ordinairement les sirops aux malades ; ce nombre fait partie du système décimal et peut faire oublier les anciens poids qui nuisent singulièrement a l'adoption des grammes; le calcul des formules des sirops se trouve simplifié, et l'avantage de ce dosage est trop facile k comprendre, pour qu'il ne soit pas adopté, puisque sa base repose sur le poids d'une quantité de sirop représentée par un volume a peu près constant, i ou qu'on peut rendre constant en employant de petits verres ) gradués.
Depuis notre proposition, beaucoup de pharmaciens ont compris l'utilité d'adopter ce dosage , mais beaucoup persistent encore à préférer l'ancienne méthode : il arrivera certainement une époque où ce mode de dosage l'emportera, car il est trop simple et trop commode.
Pour faciliter le calcul du dosage des sirops nous avons dressé les tables suivantes. Ces tables indiquent, lorsqu'on a déterminé le poids de la substance médicamenteuse qui doit être représenté par une cuillerée de sirop , le poids de l'eau, etc., qu'il faut employer pour faire la macéra-tion , etc.
DES SIROPS
TABLE
PÔUR CALCULER LES QUANTITÉS DE SUBSTANCES MÉDICAMENTEUSES
et pour connaître le poids de l'eau qu'il faut employer pour préparer les véhicules des sirops hydroliques, les proportions de véhicule et de sucre étant : : 530 : 1000.
CUILLERÉES
EAU
CUILLERÉES
EAU
229 { ou 229,50