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DES PRÉPARATIONS ALCOOLIQUES

les officines des pharmaciens, on serait tenté d'admettre que les préparations alcooliques sont extrêmement utiles et qu'on ne peut s'en passer; mais on reconnaît promptement, lorsqu'on veut se rendre compte de leur importance, qu'elles sont plutôt nombreuses parce qu'elles se conservent très bien, que parce qu'elles sont nécessaires et souvent prescrites.

L'aicool est un liquide incolore très volatil; son odeur est caractéristique et très agréable; sa saveur est chaude et brûlante quand il est concentré. 11 entre en ébuilition à 78 degrés ; il a une densité égale à 797, quand il est pur, et sa composition est exprimée par CWO^. 11 est soluble dans Teau en toute proportion, et sa conservation est illimitée lorsqu'il n'a pas le contact de l'air, lorsqu'il n'est pas très étendu d'eau, et lorsqu'il ne tient pas en dissolution des substances albuminoïdes qui peuvent, par leur modification, favoriser son érémacausie.

L'alcool que l'on destine à l'usage de la pharmacie n'a pas besoin d'être parfaitement pur ; pourvu qu'il ait été rectifié au bain-marie avec un peu de carbonate de potasse et qu'il contienne 90 pour 100 d'alcool absolu, il peut servir à préparer tous les médicaments alcoolisés en pharmacie. On l'emploie tel qu'il est, ou bien on le mélange avec de l'eau, pour obtenir les autres liquides alcoolisés nécessaires aux pharmaciens (1).

(1) Pour préparer Talcool absolu on suit le procédé suivant qui a été proposé par M. Soubeiran: On met 5 litres d'alcool à 86° centésimaux en contact avec 500 grammes de carbonate de potasse calciné , on laisse macérer dans un endroit chaud pendant plusieurs jours, et Ton distille. On obtient ainsi de l'aicool à 94 degrés centésimaux. Oo prend alors cet alcool, 00 le verse sur delà thaux vive (500 grammesde chaux par litre d'alcool), on laisse niacérerpendant deux ou trois jours à Fétuve et Ton distille lentement. L'alcool qui a été rectifié sur du carbonate de potasse n'acquiert pas d'odeur désagréable lorsqu'on le rectifie sur de îa chaux.

La rectification de l'alcool a pour but de le priver des principes fixes et colorés qu'il tient en dissolution, et l'addition du carbonate de potasse est nécessaire pour retenir les acides volatils qu'il contient ordinairement. Ces acides se forment souvent pendant la fermentation du vin et quelquefois par l'action comburante de l'oxygène de l'air.

On prépare l'alcool en distillant du vin, du marc de raisin et tous les liquides sucrés qui ont éprouvé la fermentation alcoolique.

L'alcool que l'on obtient en distillant ces liquides a la même composition, mais il n'a ni la même saveur ni la même odeur. Le plus suave, le plus estimé de ces alcools, celui qui doit être employé en pharmacie, est obtenu en distillant les vins : il porte dans le commerce le nom d'alcool bon goût ou à'alcool de Montpellier. Les différences qui existent entre les propriétés organoleptiques de ces alcools tiennent essentiellement à la nature des liquides qui sont soumis à la fermentation, ou bien à la présence d'un principe particulier qui se forme pendant la fermentation, ou pendant la distillation des liquides, etc., qui contiennent de l'alcool (1).

Les anciens pharmacologistes avaient divisé les préparations alcooliques, en teintures , baumes spiritueux , quintessences, eaux-de-vie, élixirs et ratafias ; alcools, esprits

(1) Le principe odorant de Teau-de-vie de marc est certainement le plus curieux de ces principes, car il n'existe pas tout formé dans le marc de raisin. Les éléments qui doivent se grouper pour le constituer s'accumulent pendant la végétation, dans la pellicule du fruit, se modifient pendant la fermentation et se combinentpendant la distillation.

Lorsqu'ou distille des bourses de raisins qui n'ont point été soumises à la fermentation , l'eau distillée qu'on obtient a une odeur qui se rapproche beaucoup de l'eau distillée de tilleul. Les bourses des raisins qui ont été soumises à la fermentation donnent, au contraire, dans les mêmes circonstances, une eau qui a l'odeur de l'eau-de-vie de marc. La rafle, les pépins et le vin ne produisent rien de semblable.

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et eaux spiritueuses; mais les pharmacologistes modernes pensèrent , après avoir reconnu qu'il n'y avait pas plus de différence entre les eaux-de-vie, les baumes spiritueux et les quintessences, qu'il n'y en avait entre les eaux spiritueuses, les esprits et les alcools, pensèrent, disons-nous, qu'il était possible de réunir les premières préparations sous le nom de teintures ou d'alcoolés^ et les secondes sous le nom d'alcoolats ; de conserver le mot elixw pour les teintures et les alcoolats médicamenteux sucrés et le mot ratafia , pour les teintures et les alcoolats très agréables à boire.

§ 1. — Des teintures ou des alcoolés.

On a donné le nom de teinture ou à'alcoolé h toutes les solutions de substances médicamenteuses dans l'alcool. Les substances qui peuvent être employées sont extrême-ment variées.

On divise les teintures, en teintures simples ou monoïamiques, et en teintures composées ou polyamiques.

Les pharmaciens ne sont point encore d'accord sur la manière de doser les teintures. Les uns blâment les auteurs du Codex de n'avoir employé que h parties d'alcool pour 1 partie de substance médicamenteuse ; les autres les approuvent, mais désireraient que toutes les teintures fussent préparées en employant la même quantité d'alcool ; d'autres demandent pourquoi les auteurs du Codex n'ont point fait d'exceptions pour les substances médicamenteuses qui sont entièrement solubles dans l'alcool , etc., etc. Nous avions reconnu, en faisant quelques expériences avec la digitale et le quinquina, qu'il était préférable d'employer, pour préparer les teintures simples , 5 parties d'alcool pour 1 partie de substance médicamenteuse organisée, et 4 parties d'alcool pour les substances entière-

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ment solubles dans l'alcool. Nous pensions encore que les teintures composées doivent être dosées par gramme , lorsque M. Personne a prouvé, par de nombreuses expériences, que les meilleures proportions étaient 5 parties d'alcool pour 1 partie de substance médicinale. M. Dubauchey , de son côté, est arrivé aux mêmes conclusions.

Le degré de l'alcool qu'il faut employer varie suivant la nature du principe a extraire : il est ordinairement de 56-82 ou 88 degrés centésimaux. Ces degrés correspondent aux 21 1/4, 31 3/4, et 35^^ degrés de l'aréomètre de Cartier.

La préparation des alcoolés est très simple: elle consiste k mettre la substance à dissoudre dans un mortier, à y ajouter de l'alcool, etc. ; ou bien à introduire dans un flacon les substances médicamenteuses grossièrement pulvérisées, a peser l'alcool, à boucher le flacon, à laisser macérer les substances pendant dix jours, à agiter le flacon de temps en temps, à exprimer et à filtrer.

Nous fixons à dix jours le terme de la macération , parce que ce temps nous paraît suffisant. D'ailleurs , il arrive souvent , lorsqu'on prolonge une macération , que !a fibre organique, qui a perdu sa couleur , se colore en reprenant probablement, par une certaine affinité , à la liqueur qui surnage, un peu des principes qui avaient été dissous.

Quelques pharmaciens pensent que les teintures doivent être préparées par les méthodes du déplacement et des macérations fractionnées. Nous avons exposé , à l'article Lixiviation, page 42, nos idées sur ces opérations, et nous n'y reviendrons pas. Nous dirons seulement que la meilleure méthode est la macération simple.

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