DES SAVONS
solvant des savons , et comme capable de faire connaître si un savon a été préparé avec de la graisse ou du suif, ou bien s'il a été préparé avec de l'huile d'olive , etc. Dans le premier cas, la solution se prend en gelée en refroidissant, dans le second elle reste liquide.
Les savons insolubles sont ceux qui ont pour base les autres oxydes, etc., ils sont bien moins employés que les savons soîubîes. Nous ne nous occuperons que du savon de plomb en traitant des emplâtres.
Les savons sont bien plus importants sous le point de vue chimique que sous le point de vue pharmaceutique et industriel. Les pharmaciens et les industriels ne se sont occupés que des savons qu'ils devaient employer , tandis que les chimistes ont étudié les propriétés et la'^composition de tous les savons. Cette étude leur a permis de réunir, sous le titre de savons, toutes les combinaisons des acides gras avec les bases inorganiques et organiques, de rapprocher les savons des éthers et des sels , et de tirer de leurs observations des principes extrêmement importants pour la théorie générale des sels.
Les savons les plus employés en pharmacie sont le savon amygdalin, le savon animal, le savon de potasse et le savon
plomb. Le premier sert souvent d'excipient aux préparations destinées à l'usage interne ; le second est employé pour préparer le baume opodeldoch et quelques médicaments semblables ; le troisième est exclusivement réservé pour l'usage externe ; et le quatrième entre dans tous les emplâtres.
Les préparations qui sont composées de savons solubles et de substances médicamenteuses portent le nom de saponés. Elles se divisent en saponés pour l'usage interne, et saponés pour l'usage externe.
29a ART DE FORMULEH.
Nous ne nous occuperons pas de la préparation des savons.
Saponés pour usage interne.
Saponés de scammonée.
Résine de scammonée 6 gr.
Savon araygdalin
Dissolvez le tout dans de l'alcool k 8^ degrés centésimaux, pour obtenir 20 grammes de saponé.
1 gramme représente 30 centigrammes de résine de scammonée.
Saponés pour l'usage externe.
Les saponés pour l'usage externe peuvent être préparés avec de la teinture de savon (alcoolé de savon) (1), ou bien avec du savon mou. On emploie aussi l'alcool et le savon animal.
Si la substance médicamenteuse est insoluble, il faut la mêler avec du savon mou ; si elle est soluble dans l'eau, on peut employer le savon mou ou la teinture de savon. Si elle est soluble dans l'alcool ou si c'est une teinture, on emploie la teinture de savon si l'on veut obtenir un saponé liquide, et de l'alcool et du savon animal , si l'on désire que le saponé ait la consistance d'une gelée.
Saponé de soufre.
Soufre lavé
Savon mou. •
Mêlez. 1 gramme représente 20 centigrammes de soufre.
Alcoolé de savon.
Savon ne colorant pas le calomel ou savon amyg ... 1 partie. 250 g.
Alcool à 59" centésimaux 2 p. 1/2 6^5
Chauffez au bain-marie, laissez refroidir et mirez.
DES EMFLATUKS. 295
Saponé de sulfure de sodium crîslalHsé.
Sulfure de sodium cristallisé. 2 gr.
Eau distillée ^
Savon mou • 1^
Dissolvez le sulfure et mêlez. 1 gramme représente 10 centigrammes de sulfure.
Saponé d'iodure de potassium,
lodure de potassium 4 gr.
Eau 4
Alcoolé de savon. • . • 32
Dissolvez l'iodure et mêlez. 1 gramme représente 10 centigrammes d'iodure.
Ce saponé peut remplacer la pommade d'iodure de potassium dans le traitement du goitre.
Art. lt¥î. — J^es emplâtres.
On a donné le nom emplâtre ou de masse emplastique , à des matières grasses îipyliques, transformées plus ou moins complètement en savon plombique, et a des mélanges de ce savon et de différents corps gras , auxquels on ajoute des principes médicamenteux.
Les emplâtres ont une consistance beaucoup plus ferme que la consistance des pommades. Ils sont solides à la température ordinaire , mais ils doivent être préparés de telle manière que la chaleur des parties sur lesquelles on les applique, puisse les ramollir pour leur faire contracter, avec ces parties, une certaine adhérence , et ne puisse pas les liquéfier assez pour leur permettre de couler. Leur couleur et leur odeur dépendent de la couleur et de l'odeur des principes médicamenteux qui entrent dans leur composition. Leur couleur dépend encore de l'altératiou qu'éprouvent un
ART m FORMULE a.
OU plusieurs de leurs principes constituants sous l'influence de la chaleur, etc.
Lorsqu'on étudie les formules des emplâtres, on reconnaît que les idées pharmacologiques anciennes présidaient aussi souvent à leur composition qu'à celle des électuaires; car, comme certains électuaires, quelques emplâtres contiennent presque toutes les substances médicamenteuses. On reconnaît encore que ces préparations jouaient autrefois dans l'art de guérir un rôle très important, et Ton se demande si les emplâtres opéraient réellement la giiérison des maladies pour lesquelles ils étaient formulés. On comprend bien que des pharmacologistes aient pu rassembler dans unéiectuaire une foule de substances médicamenteuses , quoiqu'ils sussent positivement que l'énergie d'un électuaire n'est jamais en raison directe des substances employées pour le préparer, si cet électuaire n'est pas convenablement dosé, et si l'auteur ne tient pas compte, quand il fixe la dose qui doit être administrée en une fois, du poids de l'excipient, etc.; mais on ne comprend pas comment ils ont pu formuler de semblables emplâtres, avec la persuasion qu'ils seraient des médicaments héroïques.
On divisait autrefois les emplâtres en emplâtres savonneux et emplâtres non savonneux; mais plusieurs pharmacologistes ont donné le nom de stéarates aux emplâtres qui sont représentés par un savon, et le nom de faux emplâtres aux emplâtres non savonneux. Ces emplâtres se rapprochent des rétinolés par leur composition.
Emplâtre ^Ample.
Litharge. . . .
Huile d'olive
Axonge
Eau
1500 gr.
Mettez le tout dans une grande bassine non étamée ,
DES EMPLATRES- 297
îhauffez en agitant continuellement , jusqu'à ce que Tem- )lâlre soit bien blanc, et jusqu'à ce qu'après avoir éloigné a bassine du feu et avoir laissé la masse emplastique un nstant en repos, il ne se dépose plus de litharge, laissez •efroidir et malaxez avant que Templâtre soit complètenent froid.
La quantité d'eau prescrite suffit pour préparer l'emplâtre, n l'on ne voulait pas opérer avec toute cette eau, on )ourrait en mettre moins, mais il faudrait en ajouter de emps en temps.
L'addition de l'eau froide à l'emplâtre, défendue par )eaucoup de pharmacologistes, est cependant très facile, à a condition cependant que l'addition se fera avant que 'eau primitivement ajoutée soit entièrement évaporée. S'il le restait plus d'eau dans l'emplâtre, la masse emplasique se tuméfierait instantanément par la production subite l'une grande quantité de vapeur d'eau , se répandrait de ous les côtés et s'enflammerait avant que l'opérateur eût e temps d'enlever la bassine de dessus le feu.
Il faut, avant de préparer l'emplâtre simple et tous les emplâtres dans lesquels il entre de la litarge, essayer cet )xyde de plomb, car il contient souvent du minium, qui ne le réduit que très lentement et à une température à laquelle 'emplâtre s'altère. Pour faire cet essai , on traite une petite [uantité de cet oxyde avec de l'eau et de l'acétate de plomb, lu avec de l'acide acétique, ou bien avec de l'acide azoti- [ue : on- opère dans un verre à expérience. Dans les deux )remiers essais il reste du minium , dans le troisième on •btient de l'oxyde pur de plomb, acide plombique.
La préparation des emplâtres composés est assez variée.
1" Lorsqu'on doit faire entrer dans un emplâtre des corps 5ras solides ou liquides, des résines solides, etc., qui foulent lorsqu'on les chauffe, on fait fondre ces corps, on ajoute
AUT DE FORMULËK,
de l'emplâtre simple, on chauffe avec précaution, jusqu'à ce que l'emplâtre soit liquéfié, on retire la bassine de dessus le feu, on passe à travers un linge, si cela est nécessaire , on remue continuellement et on le malaxe dès que cela est possible.
2° S'il entre dans la composition des emplâtres, des substances médicamenteuses insolubles dans les corps gras, on pulvérise ces substances, on les porphyrise avec l'huile s'il Cil entre dans la formule, ou bien on fait fondre une petite quantité d'emplâtre, on ajoute les poudres, on les mêle exactement, etc. On opère de la même manière lorsqu'on doit employer du savon, avec cette différence qu'on râpe avec soin le savon si l'on n'emploie pas du savon animal pulvérisé. S'il y a du vert-de-gris dans la formule, on opère encore de même, mais on attend, pour ajouter les poudres, que l'emplâtre soit un peu refroidi , on mêle lestement les poudres, on accélère le refroidissement de l'emplâtre en plongeant la bassine dans l'eau froide, etc., lorsqu'on ne veut pas réduire l'oxyde de cuivre; mais lorsqu'on veut, au contraire, avoir une réduction de l'oxyde de cuivre, et par conséquent obtenir un emplâtre rouge au lieu d'un emplâtre vert, il faut ajouter un peu d'eau et chauffer jusqu à ce que l'emplâtre soit devenu rouge. 11 est préférable, dans ce cas, de préparer l'emplâtre simple exprès et d'ajouter le vert-degris avec la litharge.
3° Lorsqu'on doit ajouter des gommes-résines à un emplâtre, on peut remplacer ces gommes-résines par les teintures de ces gommes-résines. On emploie alors, quatre ou cinq fois autant de teintures que de gommes-résines, si les teintures sont préparées avec quatre ou cinq parties d'alcool pour une dégommes-résines. On verse les teintures lorsque la masse emplastique est liquéfiée, on chauffe pour chasser l'alcool, on laisse refroidir en partie, on malaxe, on roule
DES EMPLATRES.
h magdaléoiis , et l'on enveloppe les magdaléons avec dé etain laminé.
Si l'on ne veut pas employer les teintures, on fait bouillir 5S gommes-résines avec de l'eau ou avec de l'alcool à 56 derés centésimaux, on passe, on ajoute un peu d'emplâtre t l'on fait évaporer l'émulsion avec soin, jusqu'à ce qu'il 'y ait presque plus d'humidité ; on ajoute le reste de l'emlâlre après l'avoir fait fondre , on mêle, etc. L'emplâtre ue nous conseillons d'ajouter pour faire évaporer le décocté e gomme-résine a pour but d'empêcher l'émulsion de se ouvrir d'une pellicule de gomme-résine, qui se mêlerait ifficilement à la masse emplastique.
k° Si l'on fait entrer du mercure dans un emplâtre et qu'il
ait dans la formule des résines liquides, des huiles volales, de l'huile fixe et des poudres , on triture le mercure vec les résines et les huiles volatiles, jusqu'à ce qu'il soit arfaitement divisé, on broie les substances pulvérulentes vec l'huile, on les mêle au mercure, on fait fondre lesprinipes fusibles à une douce température, on mélange le tout, n laisse refroidir, on malaxe, etc,
5^ Pour préparer les emplâtres qu'on désigne sous les noms 'emplâtres brûlés, on commence par faire chauffer les corps ras jusqu'à ce qu'ils se décomposent par la chaleur. La écomposition est indiquée par des vapeurs noirâtres qui se égagent de la bassine. On ajoute alors la litharge par pares, en ayant le soin de remuer continuellement. Lorsque emplâtre est d'un brun foncé, on ajoute de la poix noire, n passe à travers un linge, on laisse refroidir l'emplâtre n l'agitant continuellement. Dès qu'il est près de se soliifier, on le coule dans des capsules en papier et on le ivise en tablettes, dès qu'il est assez froid pour que les arties divisées ne puissent pas se réunir,
6" Lorsqu'il entre des extraits dans un emplâtre , il faut
les délayer avec de l'eau ou de l'eau alcoolisée, ajouter le soluté à l'emplâtre fondu, mêler exactement et faire éva-. porer la plus grande partie de l'eau ; on incorpore ensuite les poudres, les huiles volatiles et le camphre, qu'on fait dissoudre dans un peu d'alcool.
On prépare les emplâtres non savonneux de la même manière que les emplâtres savonneux. Lorsqu'on emploie des plantes fraîches pour communiquer aux emplâtres non savonneux des vertus thérapeutiques, on chauffe les plantes pilées avec des corps gras, jusqu'à ce que l'eau de végétation soit évaporée ; on passe ^ on presse, entre des plaques chauffées avec de Teau bouillante, et l'on ajoute les autres substances en suivant les procédés qui ont été décrits pour la préparation des emplâtres savonneux.
Emplâtre diachylon gommé.
Emplâtre simple 1 000 gr.
Cire jaune 60
Poix de Bourgogne (1) 125
Térébenthine suisse 60
Alcoolé de gomme ammoniaque au 5™^ 100
— de galbanum id 100
— de sagapénum id 100
— debdellium id 100
Troisième procédé.
(1) En faisant entrer de la poix de Bourgogne dans cette formule, nous n'entendons pas prescrire de la poix de Bourgogne du commerce, mais nous recommandons d'employer la poix de Bourgogne dont nous donnons la formule. La poix de Bourgogne du commerce, ou la poix de Bourgogne véritable, ne doit pas être employée, malgré l'avis des pharmacologistos qui la prescrivent, pour préparer des masses emplasliques. Cette poix se divise en une partie soluble et une partie insoluble qui se sépare sous forme de grumeaux. La poix de Bourgogne que nous proposons peut remplacer la poix de Bourgogne du commerce dans tous ses usages : elle n'a pas une odeur aussi désagréable.
DES EMPLATRES. 301
Emplâtre de Canet.
Emplâtre simple 100 gr.
Diachylon gommé 100
Cire jaune 100
Huile d'olive 100
Oxyde rouge de fer 100
Deuxième pi'océdé.
Emplâtre de safran (pouvant remplacer l'emplâtre oxîcroceum).
Diachylon gommé 300 gr.
Térébenthine suisse 30
Galipot 20
Alcoolé de safran 90
On suit le troisième procédé pour préparer cet emplâtre.
Emplâtre non savonneux.
Poix de Bourgogne.
Galipot 1000 gr.
Huile d'olive 95
Faites liquéfier, passez dans une boîte de bois et ajoutez :
Eau. 140 gr.
Mêlez et remuez jusqu'à refroidissement.
En hiver on peut ajouter 120 grammes d'huile au lieu de 95 grammes.
Cette poix de Bourgogne peut remplacer la poix de Bourgogne, qui a une odeur désagréable.
Emplâtre vésicatoire.
En hiver. En été.
Colophane 40 gr 40 gr.
Cire jaune 40 50
Axonge 40 30
Caniharides pulvérisées. . . 40 40
Detixième procédé,
Art. X»TÏÏ, — I>es sparadraps.
On a donné le nom de sparadraps a des préparations pharmaceutiques de la nature des cérats, des onguents, des emplâtres, etc., étendues sur de la toile ou sur du calicot , sur du taffetas ou sur du papier. Ces préparations sont destinées à être employées dans le pansement des plaies , ou bien à remplacer certains écussons irritants, etc.
Les sparadraps se divisent en sparadraps dont la substance médicamenteuse est étendue d'un seul côté de 1 étoffe et en sparadraps dont la matière médicamenteuse est étendue des deux côtés. On peut encore les diviser en sparadraps formés de matières grasses , et en sparadraps composés avec des matières gélatineuses.
La préparation des sparadraps est fort simple. Lorsqu'il s'agit de recouvrir la toile des deux côtés, on la plonge dans la composition liquéfiée et l'on fait passer la bande entre deux cylindres de bois , écartés l'un de l'autre de manière à laisser a la matière grasse une épaisseur convenable.
Lorsque la toile ne doit être enduite que d'un seul côté, on emploie, selon la nature de la substance, un pinceau, un couteau de fer, ou bien un instrument auquel on a donné le nom de sparadrapier.
Le sparadrapier le- plus simple est, selon nous, le meilleur. Il est composé d'une tablette de bois, dans laquelle est incrustée une plaque de fer. A l'extrémité de la plaque, a quelques centimètres du bord, s'élèvent de chaque côtédeux montants de fer. Ces montants laissent entre eux un espace suffisant pour introduire sur champ une règle plate de fer taillée en biseau.
Pour opérer, on fait liquéfier la matière emplastique, on fait chauffer la règle du sparadrapier, on pose la toile sur le sparadrapier, on met la règle en place, en ayant soin,
DES SPABADUAPS. âOâ
pour donner une certaine épaisseur à la couche eniplastique, de mettre dessous chaque extrémité de la règle une pièce de vingt centimes; il faut aussi que le biseau de la règle soit tourné du côté opposé à l'opérateur. Les pièces étant ainsi disposées, l'opérateur saisit la toile avec la main gauche, le plus près possible de la règle, verse avec la
Sparadrapier.
main droite la matière emplastique , près de la règle , de manière à couvrir la largeur de la toile, tire la toile en élevant la main de manière à décrire un angle de 30 degrés et continue de verser de temps en temps un peu d'emplâtre : avec un peu d'habitude, cette opération est très facile à exécuter.
Sparadrap préparé des deux côlés de i'étoffe. Toile de mai.
Cire blanche , 1 50 gr.
Graisse populiflée , 50
Huile d'amande , . 50
Faites liquéfier et opérez comme il a été indiqué.
Sparadrap préparé d'un seul côté de Pétoffe. Sparadrap de diachylon gommé. Emplâtre diachylon gommé. . . , , . 375 er
Faites fondre a une faible chaleur le galipot dans l'huile et la térébenthine. Ajoutez le diachylon, faites fondre et passez à travers un linge.
En hiver, quand il fait très froid, il faut ajouter 12 grammes d'huile ; mais , quand il fait moins froid , 8 grammes suffisent.
Opérez comme il a été indiqué.
On peut étendre cette préparation sur de la toile, sur du calicot ou sur du papier.
Cette formule produit un très bon sparadrap qui se conserve très longtemps.
Le sparadrapier pour préparer le papier à cautères diflere un peu du sparadrapier ordinaire. La tablette et les montants sont de bois ; la règle est plus longue et plus lourde que celle du sparadrapier. La tablette doit avoir de chaque côté du papier une ouverture assez grande pour que l'excès de la matière médicamenteuse puisse s^écouler dans un ou deux vases placés au-dessous de l'appareil. Quand on veut
Fig. 17.
Sparadrapier pour papier à cautères, opérer, on tait liquéfier les matières prescrites et chauffer la règle, on pose sur la tablette à peu près 50 feuilles de papier taillées de manière a avoir le moins de perte possi-
DES ÉGUSSONS. 305
ble, et Ton met la règle eu place : elle doit glisser très librement entre les montants. Trois personnes sont nécessaires pour préparer le papier à cautères : la première verse la matière fondue , la deuxième soutient les feuilles de papier, et la troisième tire lestement les feuilles, en décrivant un angle de 20 à 30 degrés. Lorsque le papier est achevé, on le coupe. Pour cela on se sert d'une large règle qui détermine la largeur de la feuille, d'une planchette qui en fixe la longueur, et d'une lame aiguisée comme celle qui est employée par les relieurs, pour ébarber les livres.
Papier à cautère.
^j'iPot • 9 parties.
Kesine g
Cire blanche *] 9
On fait fondre, on passe, etc. Cette formule est de M. Béral : c'est la meilleure formule qui ait été publiée.
Art. XiVIII. — l>es écusjtons.
On a donné le nom à'écussons à des préparations pharmaceutiques de diverses natures étendues, en couche mince, sur de la peau, sur de la toile, etc., de manière à présenter des formes très variées. Les écussons ont la forme de disques, d'ovales, de carrés, etc., plus ou moins réguliers. Ils sont destinés k être placés sur diverses parties du corps pour y séjourner plus ou moins longtemps , suivant l'activité de leurs principes constituants.
Les écussons peuvent être préparés avec des emplâtres, des extraits, des matières résineuses, des électuaires, etc., apprêtés de manière que la chaleur du corps ne puisse pas les liquéfier assez pour leur permettre de couler.
Quand on prescrit un écusson, on ne doit pas tenir compte du bord de la peau, puisque la grandeur de ce bord
306 AKT DE FORMULEB.
dépend entièrement du goût de l'opérateur; mais on doit en fixer exactement la forme ou les diamètres.
Lorsque la forme d'un écusson ou ses diamètres ont été déterminés, il est nécessaire, pour avoir des écussons bien faits , de découper, dans une feuille de papier, un moule dont l'intérieur représente exactement la forme de Vécusson demandé , ou bien d'avoir à sa disposition , comme je lai proposé, il y a très longtemps, des moules de fer-blanc: ces moules ont l'avantage de déterminer l'épaisseur de récusson.
La confection des écussons peut être exécutée à la température ordinaire ou à une température plus élevée. Pour atteindre ce but, on pose ou bien on colle le moule de l'écusson sur un morceau de peau, etc. On L met au milieu de l'espace a remplir, une quantité 1 suffisante d'emplâtre. On fait chauffer un fer à écus- I son (fig. 18), on ramollit l'emplâtre avec précaution I avec le fer, on mélange les parties extérieures et les parties intérieures de l'emplâtre, afin d'avoir une teinte uniforme: on peut même, si l'emplâtre est un peu sec, ajouter quelques gouttes d'huile pour le rendre plus adhésif.
Lorsque la teinte de l'emplâtre est uniforme, on prend un peu d'emplâtre avec le fer, on pose le fer sur les bords du moule et l'on étend l'emplâtre en le dirigeant de la circonférence au centre. Cette manœuvre est nécessaire pour empêcher la masse emplastique de passer dessous le moule et de salir le bord delà peau. Lorsque l'écusson est achevé, c' est-a-dire lorsque la masse emplastique est uniformément étendue, on le lisse, en passant légèrement le fer chaud sur la surface de l'écusson; on retire le moule et Ion taille le bord de la peau, etc.
Lorsqu'on n'a pas à sa disposition de fer à écusson , on peut ramollir l'emplâtre avec les doigts, poser la masse
DES ÉCUSSOJNS.
emplaslique sur la peau, etc., et l'étendre avec le pouce que l'on mouille de temps^ en temps. Pour avoir, par ce procédé, un écusson bien fait, il est nécessaire de tracer sur la peau la forme de l'écusson et d'éleodre î'emplâtrtî du centre à la circonférence, en conservant, devant le pouce, un bourrelet emplastique. Si le pouce glissait sur la masse emplastique et faisait disparaître le bourrelet, il serait plus difficile d'obtenir un écusson régulier. Lorsque la masse emplastique est étendue, il est utile, pour avoir un bord uniforme, de repousser, avec l'ongle de l'index, la masse emplastique qui a dépassé le diamètre de l'écusson, etc.
Pour préparer des écussons avec des électuaires ou avec des masses empl astiques très molles , on étend la composition avec une spatule et on lisse l'écusson avec une spatule mouillée avec de l'eau, s'il est préparé avec un électuaire, ou bien on le passe au-dessus de la flamme d'une lampe à alcool s'il est de nature emplastique.
Quelquefois il est nécessaire de recouvrir la surface des écussons avec des poudres, des teintures, etc. Les poudres peuvent être étendues sur tous les écussons, mais les teintures ne peuvent être appliquées que sur les écussons qui peuvent être mouillés par ces teintures. Pour étendre des poudres sur les écussons préparés avec des emplâtres , on chauffe la surface de 1 écusson, ou bien on la mouille avec un peu d'alcool. Lorsqu'on veut camptirer un vésicatoire, on emploie un soluté de camphre dans le chloroforme : deux parties de cam])hre et une de chloroforme . Ce soluté s'applique avec un pinceau.
On conseille quelquefois de maintenir les écussons avec des bandelettes de sparadrap, ou bien on prescrit de mettre, pour atteindre le même but, autour de l'écusson une bordure de diachylon gommé. Le mieux est d employer du sparadrap et de couper les bords comme si l'écusson était
carré. On peut aussi étendre de la térébenthine autour des écussons qui sont préparés sur de la peau.
Art. IiIX. — Bes collyres.
On est convenu de donner le nom de collyres aux médicaments qui sont destinés à opérer la guérison des maladies des yeux.
Les collyres peuvent être divisés en collyres simples et collyres composés, et les collyres simples et composés en collyres secs, mous, liquides, et collyres sous forme de vapeurs.
Le mot collyre n'est pas un nom qui caractérise un genre particulier de médicaments. C'est un nom qui indique seulement la destination d'une substance médicamenteuse. Aussi donne-t-on souvent le nom de collyre h des préparations qui appartiennent a des genres de médicaments parfaitement définis.
Quand on étudie les formules des collyres qui sont prescrits de temps en temps, on est très étonné de trouver, k notre époque pharmaceutique, au nombre des principes constituants de ces formules, des composés aussi incompatibles que ceux qui y figurent quelquefois. L'oubli de l'art de formuler est si grand , que les collyres ne représentent souvent que de l'eau et une quantité impondérable de substance médicamenteuse. Nous avons eu plusieurs fois à préparer des collyres avec du mucilage de coing et du sous-acétate de plomb. Le mucilage et le sous-acélate étaient employés dans de telles proportions qu'il ne restait après le mélange que de Teau et un peu d'acétate de plomb.
Les médecins prescrivent souvent des collyres dans lesquels figure un certain poids de mucilage de semences, etc. Nous croyons qu'ils feraient mieux de prescrire un certain