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TROISIÈME PARTIE

ART. IiXXVÎÏ. ~ De la composition des formules .

Nous connaissons maintenant les diverses préparations pharmaceutiques, et nous ne pouvons point les confondre. Nous avons appris à les doser convenablement, ce qui était indispensable pour bien formuler. Nous savons ou nous pouvons savoir ce qu'un poids déterminé d'une préparation pharmaceutique simple ou composée représente de substances médicamenteuses. Nous pouvons faire entrer ces préparations dans des médicaments plus composés, de manière que nous sachions également ce qu'un poids donné de ces nouveaux médicaments représente de substances médicamenteuses. Il nous est facile de trouver le poids des substances médicamenteuses qu'il est utile de prescrire en un jour. Nous avons découvert pourquoi quelques substances médicamenteuses deviennent moins énergiques lorsqu'elles ont été soumises à certaines opérations pharmaceutiques, et pourquoi ces préparations doivent être administrées à plus fortes doses que les substances naturelles. Nous comprenons bien ce que Ton entend par substances incompatibles ; nous pouvons donner des noms convenables aux préparations pharmaceutiques que nous aurons à formuler, et nous allons essayer de composer quelques formules.

Les préparations pharmaceutiques ont été divisées en préparations simples ou monoïamiques, et préparations composées ou polyamiques. On les divise encore en préparations officinales ou chronisoïqoes, et préparations magistrales ou achronisoïques.

DE LA COMPOSITION DES FORMULES. ^09

Les préparations officinales sont celles qui doivent se trouver dans les officines des pharmaciens; les préparations magistrales ne sont préparées que sur la demande des médecins : on leur donne tantôt le nom de formule , tantôt celui à' ordonnance, ou bien celui de prescription. Une formule se compose de plusieurs parties distinctes :

1" Du titre;

2' Du nom des substances médicamenteuses qui doivent être employées ; 3" Des poids de ces substances ;

/i« Des renseignements pour exécuter la formule , si cela est nécessaire ;

5° Des recommandations adressées aux personnes chargées de soigner les malades, pour qu elles puissent administrer convenablement le médicament.

6° De la signature du médecin;

Nous n avons point parlé des signes ¥ R. Pr. que beaucoup de médecins placent au commencement de la première ligne d'une formule, parce qu ils sont peu utiles; ils veulent dire : recipe, prenez.

Nous avons déjà dit que les anciens pharmacologistes avaient l'habitude d'employer, pour composer leurs formules, des substances auxquelles ils donnaient les noms de bases, ^adjuvants ou A' auxiliaires de coi^rectifs, A' excipients et à' intermèdes. Beaucoup de pharmacologistes modernes imitent encore les anciens, avec cette différence que toutes leurs formules ne contiennent pas des bases, des auxiliaires et des correctifs, tandis que les formules anciennes en contenaient toujours.

Titre des formules. ■ — Le titre de la formule doit toujours être inscrit; car il est nécessaire que le pharmacien connaisse la destination de la préparation. Si le médecin oublie de l inscrire, et si le pharmacien n'a pas quelques rensei-

gnements;, le pharmacien ne peut pas tonjoiirs reconnaître une erreur dans une prescription.

Base des formules. — La base d'une formule est la substance médicamenteuse qui forme la médication principale; c'est sur elle que Ton compte le plus, c'est elle qui est la plus active, ou c'est elle qui est représentée par le poids le plus fort. Lorsque deux ou plus de deux substances ont à peu près la même énergie, et qu'elles entrent dans une formule à la même dose, la base est dite composée.

Adjuvants. — L'adjuvant ou l'auxiliaire peut avoir des propriétés analogues à celles de la base, ou bien il peut, sans avoir des propriétés analogues , être utile pour favoriser l'action de la base, en augmentant sa solubilité, ou en empêchant son altération ou sa décomposition. Autrefois on employait souvent, comme auxiliaire, des substances peu énergiques, et on les faisait entrer dans les formules à des doses très faibles comparativement à celles qu'on prescrivait lorsqu'on les administrait seules.

Correctifs. — Les correctifs sont très variés; ce sont des sirops, des aromates, des substances mucilagineuses et gommeuses, etc., etc. Avec des purgatifs, on emploie des substances aromatiques ; à des substances toniques on mêle quelquefois des substances légèrement laxatives, pour tempérer leur tonicité.

Intermède. — L'intermède est variable dans sa nature; il sert à favoriser la dissémination d'une substance insoluble dans un véhicule quelconque. Quelquefois la substance est solubledans l'intermède, et l'intermède est soluble dans le véhicule. D'autres fois la substance est insoluble dans l'intermède, et l'intermède, qui est toujours soluble, donne au véhicule une consistance qui permet à la substance insoluble de rester en suspension dans le liquide. D'autres fois encore l'intermède est composé; on emploie un intermède qui

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dissout la substance, et un qui donne au véhicule une consistance convenable. Parmi les intermèdes qui sont souvent employés, on peut citer, pour le premier cas, le jaune d'œuf ; pour le second , la gomme arabique, et pour le troisième l'alcool et la gomme arabique, etc.

Excipient. — L'excipient est quelquefois désigné par les mots véhicule elrnensfrue; c'est lui qui donne la consistance nécessaire à la préparation, et c'est lui qui sert de dissolvant. Sa nature est variable; elle doit toujours être appropriée à la nature des substances. On emploie de l'eau, des infusés, des macérés, des sirops, des électuaires, des vins» du vinaigre, de l'alcool, de Taxonge, des huiles, etc.

Noms des substances. — Les noms des substances médicamenteuses doivent toujours être lisiblement écrits, et, le plus rarement possible, en abrégé. Lorsqu'on ne veut pas se donner la peine d'écrire un mot tout entier, il faut tracer assez de lettres pour qu'on ne puisse pas confondre une substance avec une autre. Chaque substance doit être écrite sur une seule ligne, et tous les noms doivent être superposés afin qu'ils soient faciles a distinguer.

Poids des substances. — Plusieurs manières peuvent être suivies pour écrire les poids des substances médicamenteuses. On peut les écrire en toutes lettres ou les représenter par des chiffres. Ces deux méthodes sont aussi bonnes l'une que l'autre; mais il n'y en a pas une meilleure que l'autre. Celui qui sait se servir des chiffres fait bien de les employer; mais celui qui ne sait pas les manier a raison d'écrire les poids en toutes lettres. Si nous ne préférons pas l'une ou l'autre de ces deux manières, c'est parce que nous avons constaté autant d'erreurs avec les poids écrits en toutes lettres qu'avec les chiflres.

Lorsqu'on prescrit des substances médicamenteuses à des doses élevées, il est nécessaire de souligner le nom et les

poids de ces substances, afin de faire comprendre au pharmacien que c'est avec intention qu'on a dépassé les doses ordinaires. Beaucoup de personnes emploient dans la même formule des kilogrammes, des hectogrammes, des décagrammes, des grammes, desdécigrammes, des centigrammes et des milligrammes : c'est vouloir prouver qu'elles connaissent parfaitement les poids métriques, mais c'est vouloir aussi être ridicules, caries poids pharmaceutiques sont, si l'on ne veut pas s'exposer ou exposer les autres à commettre des erreurs, le kilogramme, les grammes, les centigrammes et les milligrammes; ils sufiisent parfaitement pour toutes les prescriptions.

Renseignements. — Les renseignements que les médecins doivent donner aux pharmaciens pour exécuter leurs formules peuvent être très détaillés, s'ils ont étudié convenablement ces formules eu les exécutant; mais ils feront bien, en général, de s'en abstenir et de se contenter d'écrire : Faites selon Vart. F. S. A.

Manière d'administrer. • — Il est utile que le médecin n'oublie pas d'écrire la manière de faire prendre, d'administrer ou d'employer la préparation qu'il prescrit, afin que le pharmacien puisse la transcrire sur son étiquette et indiquer si la préparation est destinée ou non à l'usage externe. Si le médecin n'indique pas comment il faut faire usage de la préparation qu'il prescrit, le pharmacien doit toujours, si elle est de nature à être employée pour l'usage interne et pour l'usage externe, coller sur le flacon, etc., une étiquette à l'usage externe; il peut, en agissant ainsi, prévenir une erreur.

Signature des foî^mules. — Le médecin doit toujours signer sa prescription très lisiblement, afin que le pharmacien puisse lui écrire, s'il a une erreur à lui signaler.

Oindre des substances. — Les auteurs ne sont point d'ac-

DE LA COMPOSITION DES FORMULES. UVà

cord sur Tordre d'après lequel on doit ranger les substances médicamenteuses dans une formule. Les uns recommandent d'inscrire la base, Tadjuvant, l'excipient, l'intermède et le correctif; d'autres la base, l'adjuvant, le correctif, l'intermède et l'excipient; d'autres veulent que l'on commence par la substance qui est représentée par le poids le plus petit, et d'autres croient qu'il est nécessaire de commencer par écrire le nom de la substance qui doit être pesée la première, et terminer par celle qui doit être ajoutée la dernière à la préparation. Nous, nous pensons qu'on doit être libre d'écrire une formule comme on le veut, pourvu toutefois qu'elle soit bien composée, convenablement dosée, et que le modus faciendi soit bien décrit. Nous pensons encore qu'il est complètement inutile de diviser les substances qui composent une formule en bases, en auxiliaires et en correctifs; car toutes les substances qui sont employées doivent agir à leur manière, doivent être choisies dans un but spécial , et non pour se conformer à un ancien usage. Un intermède doit être prescrit parce qu'il est nécessaire, et un correctif toutes les fois que cela est utile, mais sans ajouter à leur emploi l'idée qu'on y attachait autrefois.

Nom des opérations. — Le médecin ne doit pas confondre les infusés avec les macérés, les macérés avec les décoctés; il ne doit pas se servir du mot eau pour désigner un infusé; aussi ne peut- il prescrire une infusion de gaïac et une décoction de tilleul , de l'eau de mélilot pour un infusé de mélilot.

Décoction, — La décoction est une opération assez rarement employée maintenant, parce qu'on a reconnu que les infusés étaient plus actifs que les décoctés, et que, pendant la décoction, il se dissolvait de l'amidon qui masquait la saveur des substances actives, ou qui contractait avec elles des combinaisons insolubles ; mais il est bon de faire remar-

ARÏ DK FORMULEH.

quer que s'il est nécessaire d'admeiire en principe que l'infusé est préférable au décocté, il est des circonstances où le décocté doit être préféré : ces cas sont rares, mais ils se présentent surtout lorsque le malade est affaibli par une longue maladie. Ainsi, lorsqu'on veut administrer la racine de Colombo, on tient compte de l'état du malade, et l'on prescrit le décocté dans la dyssenterie, parce que les malades supportent mieux le décocté que l'infusé. Le décocté est moins amer et moins tonique que l'infusé et le macéré, parce que l'amidon, qui devient solubîe, masque l'amertume de la matière jaune amère du colombo.

Nous avons divisé l'art de formuler, comme on l'entend ordinairement, en art de prescrire et art de formuler, parce que cette division nous a paru nécessaire, ei nous allons essayer de la justifier. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit pages et 5 ; mais nous spécifierons plus exactement, si cela est possible, ce que nous entendons par prescrire et formuler.

On prescrit, toutes les fois qu'on ordonne à un malade une substance médicamenteuse qui se trouve toute préparée dans l'officine d'un pharmacien, toutes les fois qu'on copie une formule dans un ouvrage, et toutes les fois qu'on ne réunit pas, d'après certaines règles, dans le même composé, plusieurs substances médicamenteuses. On prescrit, lorsque l'on conseille d'ajouter à un extrait une quantité suffisante de poudre ou à une poudre simple, une suffisante quantité d'électuaire, etc., pour obtenir une masse pilulaire; lorsque Ton conseille de prendre de l'huile dans du bouillon ou dans une tisane, quand bien même on ajouterait encore à cette huile des vins, des sirops médicamenteux, une essence quelconque, des sels, etc., etc. On prescrit encore, toutes les fois qu'on fait mélanger plusieurs agents thérapeutiques simples ou composés, d'origine organique ou d'origine inor-

DE LA COMPOSITION DKS FORMULES. /il 5

ganique, sans chercher à les doser, et sans s'inquiéter de l'action qu'ils peuvent exercer les uns sur les autres, etc.

Quelques praticiens très distingués prétendent ([ue les prescriptions faites sans méthode sont les meilleures manières de prescrire et de formuler. Nous ne chercherons pas à combattre leurs idées, mais nous les comparerons à ce que nous disait un jour un pharmacien : « Je ne fais jamais » mieux une potion, etc., et je ne suis jamais aussi sûr de » son action que lorsque je la prépare, sans peser les pré- )) parations pharmaceutiques que j'emploie. »

On formule, au contraire, toutes les fois qu'en réunissant des substances médicamenteuses pour former un médicament composé, on tient compte de leurs propriétés thérapeutiques, de leurs propriétés physiques et de l'action qu'elles exercent les unes sur les autres, toutes les fois qu'on en emploie assez pour produire une action thérapeutique notable, et pour que toutes les doses qui composent la masse totale de la préparation qu'on veut faire faire, contiennent des poids entiers de toutes les substances employées, et non des poids suivis d'un nombre fractionnaire à série indéfinie, etc., etc.

Lorsqu'on veut composer une formule, on commence par lui donner un nom et par fixer les propriétés qu'elle doit avoir. On cherche ensuite dans les différentes parties de l'ouvrage les caractères distinctifs de cette préparation. On choisit, dans la table des agents thérapeutiques, les substances qu'on désire employer, et l'on transcrit les doses auxquelles on les administre. On cherche encore dans la table des substances incompatibles, si les substances choisies peuvent être simultanément mélangées. On fixe le poids des substances qui doivent entrer dans une dose de cette préparation, en s'aidant des tables que nous avons dressées, et en prenant en considération les raisons que

nous avons exposées à chaque genre de médicament. On détermine aussi le poids de toutes les substances qui doivent être employées pour composer la dose de ces médicaments. On multiplie par un nombre quelconque tous les principes constituants de cette dose, et Ton obtient, en opérant ainsi, une formule dont toutes les parties sont bien coordonnées.

Le poids de l'excipient est souvent difficile à déterminer lorsqu'on veut donner une consistance convéiiable à une préparation. Beaucoup d'auteurs prescrivent un certain poids d'excipient sans savoir si ce poids est convenable ou non, s'ils en prescrivent trop ou trop peu ; ils feraient bien mieux d'accorder une entière confiance aux pharmaciens, et d'imiter ceux qui se tirent d'affaire en inscrivant le nom de l'excipient, suivi des mots sacramentaux suffisante quantité; car c'est certainement la meilleure manière de procéder lorsqu'il n'est pas possible de savoir ce qui convient réellement. Si les mots suffisante quantité permettent de tourner une difficulté, lorsqu'on formule une préparation qui doit être divisée par le pharmacien, il ne faut pas, en formulant un médicament qui ne sera pas divisé par lui, inscrire au bas de la formule, après s'être contenté de prescrire d employer une suffisante quantité d'un excipient, pour donner une consistance convenable a une préparation ; inscrire, disons-nous, le malade en prendra 1 ou 2 grammes, ou bien gros comme un pois ou comme une noisette ; car cela serait prouver qu'on a évité un mauvais pas pour retomber dans un autre, puisqu'on ne peut pas savoir ce que ces doses peuvent représenter de substances médicamenteuses. On doit, dans ce cas, prescrire de prendre cette préparation en parties égales au nombre qui a servi à multiplier les difierents poids indiqués pour composer une dose. Ces observations ne peuvent s'appliquer qu'aux prépara-

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lions magistrales, car les formules des préparations officinales doivent avoir été exécutées plusieurs fois avant de les considérer comme convenablement composées.

§ 1. — Des électuaires.

Formulons quelques préparations en suivant les principes que nous venons de poser; commençons par les électuaires, parce qu'ils sont généralement assez mal formulés.

Le nom de la préparation est donc un électuaire ; ses propriétés seront toniques. Nous lisons, page 81 : a Les » électuaires sont composés avec des poudres et du miel, » ou du sirop, etc. Le miel est l'excipient le plus conve- » nable pour préparer un électuaire, parce qu'il perd moins » par l'évaporation que les autres excipients. »

Nous choisissons le quinquina jaune , le quassia amara, le calamus aromaticus, les girofles et le miel. Nous voyons, dans la table des agents thérapeutiques, que ces substances s'administrent, la première et la seconde de 50 centigrammes à 1 gramme, la troisième de 1 à 4 grammes, et la quatrième de 25 centigrammes à 1 gramme. Nous consultons la table des incompatibilités, nous ne trouvons rien qui s'oppose à l'emploi de ces substances, et nous passons a la fixation des poids des substances qui doivent composer la dose de l'électuaire.

Nous pouvons comparer le maximum et le minimum des doses, et dire : Le poids du calamus sera quatre fois plus fort que celui des autres substances, ou le poids du calamus sera deux fois plus fort que celui du quinquina et du quassia, et quatre fois plus fort que celui des girofles. On peut encore composer la dose avec les poids ou la moitié des poids trouvés dans la table des agents thérapeutiques, en commençant nécessairement par le minimum. Nous suivrons

ÂKT DE FOiiMULKK.

cette méthode, et ladosede notre électuairesecomposera de*

25 centigrammes de quinquina.

25 id. de quassia.

50 id. de calamus.

10 id. de girofles au lieu de '12 tentigr. 1/2.

On pourrait encore opérer d'une manière arbitraire et composer une bonne formule.

La dose étant composée comme nous venons de le dire, nous multiplions tous les membres de cette formule par un nombre quelconque, 20 par exemple, et nous obtenons la formule suivante :

Quinquina jaune pulvérisé 5 gr.

Quassia amara 5

Calamus aromaticus — 10

Girofles — 2

Il nous manque le miel ou l'excipient. Si nous avons la facilité de préparer l'électuaire, nous mettons, d'après le premier procédé, toutes les poudres dans un mortier, et nous ajoutons du .miel. Nous trouvons que 58 grammes (1) de miel suffisent pour une préparation magistrale; car si nous voulions formuler un électuaire officinal, il faudrait employer 98 grammes de miel , parce que les poudres absorbent, à la longue, une certaine quantité d'excipient, et l'électuaire acquiert trop de consistance. Nous complétons notre formule en écrivant au-dessous des autres substances :

Miel blanc 58 gr. ou 98 gr.

pour faire un électuaire. Le malade en prendra U grammes le matin et le soir, ou 6 grammes, si nous avons employé 98 grammes de miel.

(1) Le poids du miel peut varier, parce que tous les miels n'ont pas la même consistance.

DE LA COMPOSITION DES FORMULES. U\9

Si nous n'avions pas pu préparer cet électiiaire, ou si nous n'avions pas pu employer assez de miel pour que le poids total de l'électuaire soit divisible par le multiplicateur des substances médicamenteuses, nous nous serions contenté d'écrire : miel blanc, quantité suffisante, pour un électuaire, laissant aux pharmaciens le soin de déterminer le poids du miel. Ensuite nous aurions ajouté au bas de la formule : à prendre en vingt fois, une ou deux prises par jour.

Pour faciliter l'administration de ces préparations, etc., le pharmacien doit en donner une dose à part, pour que le malade puisse avoir un point de comparaison.

Les marmelades peuvent être formulées de la même manière.

§ 2. — Des espèces.

Les observations qui ont été faites en traitant des espèces nous dispensent d'y revenir.

§ 3. — Des tisanes.

Nous ne nous occuperons pas des tisanes simples, parce qu'elles se prescrivent et ne se formulent pas. Nous allons formuler un bouillon comme exemple d'une tisane composée :

• § 4.— BouiUon pectoral.

Nous voulons employer les poumons de veau, les datles, les jujubes et l'ipécacuanha, pour préparer une bouteille ou cinq verres de bouillon.

Nous opérons comme nous avons opéré pour composer la formule de Télectuaire. Nous trouvons qu'on peut prescrire de 100 à 150 grammes de poumons de veau, de 25 à 50 grammes de dattes et de jujubes, et de 1 à 5 centi-

grammes d'ipécacuanha , et nous composons ainsi notre verre de tisane :

Nous multiplions les poids de ces substances par 5 pour avoir notre formule, et nous obtenons :

Nous savons qu'il faut saler Teau dans laquelle on doit faire cuire des substances animales, parce que ce sel a la propriété de développer la saveur de ces substances, et que la quantité du sel marin qui doit être employée est égale à 50 centigrammes par verre de bouillon. Nous pouvons, d'après cela, compléter notre formule en ajoutant :

Sel marin 2 gr. 50 centigr.

Eau , quantité suffisante pour cinq verres de bouiUon.

Ce bouillon peut être sucré. On peut employer du sucre, du sirop simple, etc. Si l'on veut prescrire un sirop médicamenteux, du sirop de pavot, par exemple, on consulte la table des sirops, etc. On voit qu'une cuillerée de sirop ou 20 grammes représente 20 centigrammes d'extrait, et que l'on peut prescrire d'ajouter a chaque verre de bouillon 10 grammes de sirop de pavot, puisqu'on peut administrer 20 à 50 centigrammes d'extrait de pavot.

Dattes

Jujubes

Ipécacuanha

Poumons de veau.

6 centigr.

20 gr.

5 gr.

Dattes

Jujubes. . ......

Ipécacuanha . . . .

Poumons de veau

25 gr.

25 centigr.

100 gr.

§5. — Purgatif au citrate de magnésie.

Nous allons nous occuper de formuler un purgatif ou une limonade au citrate de magnésie. Pour la formuler conve-

DE LA COMPOSITION DES ORMULES. ^21

nablement, il faut se rappeler que le citrate est moins purgatif que le sulfate; ne pas oublier que lorsqu'on veut prescrire un purgatif capable de remplacer l'eau de Sedlilz, c'est l'équivalent du sulfate qu'il faut prescrire, et non un poids de citrate égal au poids du sulfate qui se trouve dans l'eau de Sedlitz, savoir que le citrate de magnésie doit contenir 1 gramme 80 centigrammes de magnésie de plus que le sulfate que l'on prescrirait si l'on employait ce sel; calculer la quantité de carbonate de magnésie ou de magnésie calcinée qui doit être employée pour préparer des purgatifs de plusieurs degrés, et se souvenir que, pour une partie de carbonate de magnésie, il faut employer une partie et demie d'acide citrique.

Les calculs qui peuvent faire connaître les poids de carbonate qui doivent être employés sont faciles à faire ; ils donnent les résultats suivants :

12 grammes de carbonate de magnésie représentent 5 grammes ^0 centigrammes de magnésie, près de 5 grammes 37 centigrammes que contiennent 30 grammes de sulfate.

15 grammes de carbonate de magnésie renferment 6 grammes 71 centigrammes de magnésie, près de 6 grammes 2l\ centigrammes que contiennent 38 grammes de sulfate.

16 grammes de carbonate de magnésie renferment 7 grammes 16 centigrammes de magnésie, près de 7 grammes 20 centigrammes que contiennent kO grammes de sulfate.

20 grammes de carbonate de magnésie renferment 8 grammes 95 centigrammes de magnésie, près de 9 grammes que contiennent 50 grammes de sulfate.

Et grammes de carbonate de magnésie contiennent sensiblement 1 gramme 80 centigrammes de magnésie, ou la magnésie contenue dans 10 grammes de sulfate de magnésie.

AÎIT DE FORMULER.

Ceci posé, il sera toujours facile de formuler un purgatif au citrate de magnésie. Essayons d'en formuler un de 30 grammes. Nous trouvons, dans les résultats de nos calculs, que 12 grammes de carbonate de magnésie représentent la magnésie de 30 grammes de sulfate; nous inscrivons 12 grammes. Nous voyons qu'il faut employer 1 gramme 80 centigrammes de magnésie de plus, ou son équivalent, h grammes de carbonate; nous inscrivons encore ces h g7'ammes. Nous additionnons ces nombres, et nous obtenons 16 grammes pour le poids du carbonate de magnésie à prescrire. Nous avons dit qu'il fallait une partie et demie d'acide citrique pour une de carbonate; ce sera donc 2k grammes d'acide citrique qu'il faudra prescrire. Quant au sirop, nous prendrons celui que nous voudrons, le sirop de vanille et le sirop simple, par exemple, 50 grammes du premier et 50 grammes du second. Nous pouvons écrire maintenant notre formule :

Carbonate de magnésie , 16 gr.

Acide citrique 24

Siro[3 de vaniUe 50

Sirop simple 50

Eau, quanîité suffisante pour une bouteille.

On fait dissoudre le carbonate et l'acide dans un peii d'eau; on filtre, on lave le filtre, etc.

Cette limonade n'est pas gazeuse; mais nous pouvons la rendre gazeuse en ajoutant 3 ou 4 grammes de bicarbonate de soude, et en augmentant le poids de l'acide citrique de 3 ou II grammes, etc.

§ 6. — Des potions.

Nous avons déjà indiqué la manière de faire et de doser les potions, et nous allons apprendre à les formuler. Nous avons posé en principe qu'il fallait les formuîerparcuillerée. Nous avons choisi dix cuillerées ou 150 grammes pour les potions

m LA COMPOSITION DES FORMULES. ^23

entières, et nous avons dit pourquoi nous Hxions a 150 grammes le poids des potions. Si le volume de cette potion paraissait trop considérable, il faudrait en prescrire une de 90 grammes ou de six cuillerées. Nous rappellerons que nous avons dit qu^il fallait, en général, fixer le poids dos substances médicamenteuses qui peuvent être emplovées pour préparer Tinfosé ou le véhicule des potions entières à k ou 5 grammes. Nul doute qu'on ne puisse modifier à volonté ces proportions, si Ton veut les faire accorder avec le dosage des potions. îl est inutile de dire que les potions qui doivent être prises en une ou deux fois n ont pas besoin d'être dosées par cuillerée.

Potion stibiée comme contro-stimulant.

Nous ne sommes pas embarrassés pour trouver la base de la potion. Nous trouvons , dans la table des agents thérapeutiques, qu'on emploie lemétique comme contro-stimulant, a la dose de 25 centigrammes à 1 gramme. Nous avons de la latitude, et nous commençons par 30 centigrammes, parce que chaque cuillerée de la potion contiendra 3 centigrammes d'émétique. Nous prenons, pour les autres parties de cette potion, l'eau de ileur d'oranger comme aromate, le sirop de gomme comme éduîcorant, et l'eau ordinaire pour véhicule. Nous cherchons dans la table des incompatibilités si rien ne s'oppose à noire choix ; nous voyons que rien ne s'oppose a remploi de l'eau de fleur d'oranger; mais nous lisons : « Les eaux calcaires, le sirop de gomme sont incompatibles avec l'émétique àcausede la chaux qu'ils contiennent. » Nous sommes forcés d^employer le sirop simple et l'eau distillée, parce que presque toutes les eaux ordinaires sont calcaires.

Nous composons donc notre potion de la manière suivante :

Emétique 30 centig.

Eau de fleurs d'oraoger 10 gr.

Sirop simple 30

Eau distillée. . . no

Une cuillerée contient 3 centigr. d'émétique, 1 gramme d'eau de fleur d'oranger, et 3 grammes de sirop. On pourrait employer plus d'eau de fleur d'oranger; mais 10 grammes suffisent pour l'aromatiser convenablement : elle est assez sucrée avec 30 grammes de sirop; on pourrait cependant en employer 40 grammes.

Pour terminer notre formule, nous recommanderons d'en prendre une cuillerée toutes les demi-heures ou toutes les heures, si elle est tolérée.

On l'emploie dans la pneumonie aiguë , le rhumatisme aigu.

Potion emménagogue.

Nous avons beaucoup à choisir, mais nous prenons l'absinthe, riodure de fer, et le sirop de safran. Nous consultons la table des incompatibilités et nous voyons que l'absinthe et les sels de fer sont incompatibles. Nous abandonnons l'iodure de fer et nous lui substituons l'iode, mais nous remarquons que 1 iode ne doit être employé qu'avec de l'iodure de potassium. Notre choix étant fait, nous composons notre formule de manière que la cuillerée représente

Iode 5 milligr.

lodure de potassium 1 centigr.

Sirop de safran i gr., ou

L'infusé de 10 centigr. de safran.

L'infusé de .50 centigr. d'absinthe.

En multipliant tous ces nombres par 10, nous aurons notre formule.

Iode

lodure de potassium

5 centigr.

DK LA COMPOSITION DliS FORMULES

Sirop hydrolique ou œnolique de safran iO g!

Une cuillerée toutes les heures.

Nous prolitons de cette formule pour faire remarquer que, toutes les fois qu'on fait entrer clans les préparations pharmaceutiques magistrales des agents comme Fiode, qui peuvent agir sur les substances de nature organique et sur les corps inorganiques qui sont contenus dans les véhicules, etc., de ces préparations, il est de toute nécessité de ne prescrire que ce qui doit être employé dans la journée. . Les potions sont si nombreuses, que nous croyons qu'il est utile d'essayer d'en formuler encore une.

Nous désirons administrer des préparations ferrugineuses à des malades qui ne peuvent pas avaler les pilules. Nous partageons les idées actuelles, et nous croyons que de lous les ferrugineux, le carbonate hydraté est celui qui a le plus d'action, et nous le choisissons. Nous savons qu'il n'a qu'une existence éphémère, lorsqu'il est en contact avec l'air atmosphérique, nous sommes embarrassés un instant, mais nous tournons la difficulté en opérant comme Rivierre a opéré pour formuler sa potion.

Nous choisissons le sulfate de fer et le carbonate ou le bicarbonate de soude , et nous cherchons combien il faut employer de sulfate de fer et de carbonate ou de bicarbonate de soude. Les calculs étant faits, nous trouvons que 10 grammes de sulfate de fer exigent 10 grammes 29 centigrammes de carbonate de soude cristallisé à 10 équivalents d'eau, ou 6 grammes k centigrammes de bicarbonate; que 20 centigrammes de sulfate contiennent 517 dix milligrammes d'oxyde de fer; que 20 centigrammes de sulfate de fer produisent 83 milligrammes de carbonate de fer, c'est-à-dire que, 20 centigrammes de sulfate de fer représentent à peu

près l'oxyde de fer qui est contenu dans 10 centigrammes de carbonate hydraté. Notre calcul étant terminé, nous reconnaissons qu'il y a de Tavantage à nous servir de sulfate de fer et de bicarbonate de soude.

Si nous savons maintenant qu'on peut retarder la modification du sulfate de fer au minimum d'oxydation en acidulant sa solution; si nous n'avons pas oublié qu'il est nécessaire d'employer un excès de bicarbonate de soude, parce qu'il empêche la précipitation immédiate du carbonate de fer, en le transformant en bicarbonate, et si nous avons cherché dans la table des agents thérapeutiques, empruntés k la chimie, etc., la dose à laquelle on administre le carbonate de fer, nous formulerons nos potions de manière que la cuillerée de l'une représente 20 centigrammes de sulfate de fer, et la cuillerée de l'autre contienne LiO centigrammes de bicarbonate de soude, puisque ces doses représentent sensiblement 10 centigrammes de carbonate de fer, plus du bicarbonate de soude.

Potion n** 1.

Sulfate de fer pur au minimum d'oxydation 2 gr.

Sirop de sucre 30

Eau distiUée 118

Acide sulfurique deux gouttes.

Potion n° 2,

Bicarbonate de soude 4 gr.

Sirop de sucre 30

Eau distiUée 116

Nous inscrirons au bas de ces formules : mêlez une cuillerée de la potion n ' 1, et une cuillerée de la potion n^ 2, et buvez le mélange immédiatement.

Le malade en prendra deux ou trois fois par jour.

DE LA COMPOSITION DES FOlUlULES.

§ 7. — Des loochs.

Les loochs médicamenteux sont très faciles a formuler : il suffit de retrancher du poids de Fémulsion, le poids de la substance médicamenteuse qu'on désire prescrire, si son poids dépasse 1 gramme. îi est bien certain que le looch agirait aussi bien si l'on oubliait de retrancher du poids de Fémulsion le poids de la substance médicamenteuse; mais nous ferons observer que c'est justement parce qu'on a trop souvent dit en parlant d'une préparation pharmaceutique : elle agira toujours, que beaucoup de praticiens sont arrivés, les uns à formuler assez mal, les autres à préparer à peu près bien.

Nous ne formulerons pas de looch, mais nous recommanderons d'éviter avec beaucoup de soin d'employer des substances incompatibles avec l'émulsion. Une très petite quantité d'acide sufht pour la coaguler. Par acide nous n'entendons pas les acides connus, isolés, mais les acides contenus dans les infusés, les sucs des végétaux qui ne sont pas rangés parmi les sucs acides.

§ 8. —Des mixtures.

Les mixtures ne sont pas faciles à doser et à formuler régulièrement , parce que les substances qui peuvent les composer ont des propriétés physiques trop différentes. On peut prescrire des poids égaux de substances médicamenteuses, ou bien une partie de l'une et deux parties de 1 autre, etc.; mais on ne peut pas poser de principes particuliers à cet égard.

§ 9. — Des gelées et des pâtes.

Les gelées et les pâtes sont plutôt simples que composées. Lorsqu'elles sont composées, on les formule de manière

qu'un poids donné représente des poids entiers de substances médicamenteuses. Dans tous les cas, on ne doit jamais composer une gelée ou une pâte avec des substances qui peuvent se volatiliser pendant la préparation, ou qui peuvent s'altérer par la chaleur.

Si l'on voulait formuler une gelée avec une substance médicamenteuse qui ne forme pas gelée par elle-même, il faudrait prescrire une gelée simple à la grénétine ou k l'ichthyocolle, et y faire ajouter un poids déterminé de la substance qu'on désire administrer.

§ 10.— -Des tablettes.

La formule que nous avons employée pour prouver que les tablettes étaient faciles à doser, devient extrêmement utile lorsqu'on veut les formuler. Essayons d'en faire l'application.

Nous allons formuler des tablettes incisives expectorantes avec la scille, l'ipécacuanha, le polygala et l'extrait d'opium ou de belladone. Nous cherchons dans la table des agents thérapeutiques et nous lisons : on emploie l'ipécacuanha de 1 à 5 centigrammes , l'extrait d opium de 2 à 20 centigrammes. La scille de 5 à 50 centigrammes, le polygala de 25 centigrammes k 1 gramme. Nous pouvons donc composer nos tablettes de manière qu'elles contiennent chacune

Ipécacuaaha 1 centig.

Extrait d'opium 2

Scille 5

Polygala 25

Nous additionnons les poids de ces substances et nous reconnaissons que les tablettes ne seraient pas agréables, parce qu'elles contiendraient trop de substances médicamenteuses. Alors nous pensons qu'il serait plus convenable

DE LÀ COMPOSlTlOiN DtS FOHMULES.

le diviser ces substances en plusieurs tablettes. Nous con- ;ervons 1 centigramme d'ipécacuanha ; nous ne prenons :)lusque 1 centigramme d'extrait d'opium; nous réduisons a scille à 2 centigrammes, et le polygala k 1 0 centigrammes, Sotre tablette se compose de :

Ipécacuanha pulv * centsg.

Extrait d'opium ^

Scille pulv 2

Polygala 1^

Nous savons qu'une tablette de 1 gramme est représentée par

Gomme adragante ^ millig.

-— arabique 16

Sucre 9'^

Nous additionnons les poids des substances que nous avons choisies ; nous obtenons le nombre 1^ ; nous retranchons ces \k centigrammes de 976 milligrammes, poids du sucre ,

et nous apprenons qu'il ne faut plus employer que 836 milligrammes de sucre, au lieu de 976.

La formule d'une tablette est donc de :

Ipécacuanha 1 centig.

Extrait d'opium 1

Scille 2

Polygala 1^

Gomme adragante 8 miUig.

Gomme arabique ^6

Sucre

Nous multiplions les poids de ces substances par un nombre quelconque, 100 par exemple, et nous obtenons la formule suivante :

ART DE FOUMULEU.

1 gr.

Gornrn6 Adrogontc

80 centigr.

1 gr.

60 centigr.

83 gr.

60 centigr.

quantité suffisante

pour avoir 100 tablettes de

1 gramme.

Il ne nous reste plus, notre formule étant connue, qu'à rechercher le nombre de tablettes que nous ferons prendre à nos malades. Cette recherche est facile, puisque nous connaissons la composition d'une tablette, et puisque nous n'avons plus qu'à suivre les indications de la table des agents thérapeutiques. Nous prescrirons deux tablettes, puis trois tablettes par jour.

On peut remplacer l'extrait d'opium par de l'extrait de belladone sans rien changer à la formule.

§11. — Des pastilles.

Les pastilles ne peuvent pas être considérées comme des médicaments spéciaux. Ce ne sont que des bonl)ons qui permettent d'administrer des substances médicamenteuses à des malades difficiles.

Nous nous contenterons donc de faire remarquer que les pastilles à la goutte, ou les pastilles au sucre granulé ne peuvent pas être dosées convenablement, et que î on doit toujours donner la préférence aux pastilles de chocolat, lorsqu'on tient à connaître le poids des substances médicamenteuses qu'on administre à ses malades.

§ 12. — Des saccharures.

Ce que nous avons dit des saccharures suffit pour que nous puissions en composer de nouveaux. Ils sont toujours simples et doivent être dosés par grammes. On peut pré-

DE LA COMPOSITION DES FORMULES. t\?)\

)arer des saccharurcs composés eu mélangeant des leiU'ures et en versant le mélange sur du sucre, etc., ou bien m mêlant des saccharurcs simples.

On ne doit pas considérer comme des saccharurcs les }oudres qui se préparent avec du sucre et des substances nédicamenteuses pulvérisées; ce sont des poudres com- 30sées.

§ 13. — Des poudres.

Les poudres composées sont trop faciles à formuler pour [{uenous nous en occupions. Nous répéterons seulement, et ceci est très important, quil ne faut jamais faire diviser une poudre qui a été formulée d'après le système décimal par un diviseur du système duodécimal. Nous recommanderons encore de ne pas faire entrer dans une poudre des substances qui attirent l'humidité de Tair, ou qui se modifient au contact de l'air, et de toujours ajouter de hi poudre de réglisse ou de guimauve à une poudre qui contient des extraits, parce que beaucoup d'extraits attirent rhumidité de l'air.

§ l i. — Des pilules.

Lorsqu'on connaît la facilité avec laquelle il est possible de formuler et de doser les pilules, on a beaucoup de peine à comprendre pourquoi les auteurs anciens et modernes ont négligé et négligent le dosage de ces préparations.

Si les observations que nous avons faites en indiquant la manière de préparer les pilules ont été bien comprises, nous n'éprouverons pas de peine à formuler quelques pilules. Nous avons dit : Le mcdeciii peut se contenter de déterminer le poids des substances médicamenteuses qui doivent composer les pilules, de fixer le nombre des pilules -qu i! faut préparer, et d'indi(pier le nom de l'excipient qu'il

désire qu'on emploie^ Il peut encore formuler une pilule, fixer le nombre des pilules qu'il désire faire faire, et laisser aux pharmaciens le soin de choisir l'excipient et d'en déterminer le poids. Dans aucun cas il ne doit fixer le poids de l'excipient qu'il faut employer ; car il est impossible qu'il sache ce qui convient réellement, s'il n'a pas préparé luimême, plusieurs fois, la masse pilulaire. D'ailleurs, il n'a pas besoin de s'occuper du poids de l'excipient qui peut entrer dans une masse pilulaire, puisqu'en opérant comme nous l'indiquons, le poids de l'excipient ne peut pas faire varier le dosage des pilules. Si le pharmacien emploie un peu trop d'excipient, les pilules sont un peu plus molles ou un peu plus volumineuses, mais elles contiennent toujours exactement les substances médicamenteuses prescrites.

Comme beaucoup de médecins peuvent désirer savoir si les pilules qu'ils prescrivent ne seront pas trop grosses, nous ajouterons que leurs pilules ne dépasseront jamais le volume ordinaire, si les poids des substances médicamen- • teuses qu'ils font entrer dans leurs pilules ne dépassent pas 20 ou 25 centigrammes.

Nous allons formuler des pilules stomachiques. Nous choisissons la myrrhe, le sous-nitrate de bismuth et l'extrait de quinquina, et nous fixons le nombre de pilules à 25. Nous trouvons dans la table des agents thérapeutiques qu'on peut prescrire la myrrhe de 25 centigrammes à 2 grammes, le sous-nitrate de bismuth de 50 centigrammes à 5 grammes, et l'extrait de quinquina de 50 centigrammes à 5 grammes. Nous voyons, en comparant les doses les plus faibles, que nous pouvons employer pour une pilule

Myrrhe 1 partie ou 5 cenîig.

Sous nitrate de bismuth. 2 — ou 10 Extrait de quinquir-a. . . 2 — ou 10

DE LA COMPOSITION DRS FORMULES

Nous multiplions les poids des substances à euiployer par le nombre des pilules que nous voulons faire préparer, et nous formulons ainsi ces pilules :

Sirop, quantité suffisante.

Pour faire 25 pilules.

Pour savoir combien il faut administrer de pilules dans la journée, nous pouvons opérer de la manière suivante : Nous additionnons les doses les plus faibles, trouvées dans la table des substances médicamenteuses; nous voyons que si nous prescrivions séparément ces substances, les malades prendraient en sommie, 1 gramme 25 centigrammes des substances choisies, et nous reconnaissons en même temps que, pour arriver au même résultat, il faut leur conseiller de prendre 5 pilules par jour.

Nous ferons observer qu'on peut opérer de toute autre manière, et qu'on peut choisir arbitrairement le poids des substances médicamenteuses; car lorsqu'on dit qu'une substance médicamenteuse s'emploie de telle dose à telle dose, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas possible d'en prescrire moins ou d'en prescrire plus; cela signifie seulement qu'il n'y a pas de danger de commencer à prescrire les doses les plus faibles pour augmenter progressivement jusqu'à ce qu'on ait atteint les doses les plus fortes; et qu'il est nécessaire, dans beaucoup de cas, de surveiller l'emploi d'une quantité plus forte que celle qui est prescrite dans la table.

On a proposé dans ces derniers temps des formules de pilules pour administrer Fiode et i'iodure de soufre; nous allons essayer, quoique nous soyons persuadé que l'iode et Tiodure de soufre ne doivent pas être administrés en pilules, nous allons, disons-nous, essayer de composer une

Myrrhe.

Sous-nitrate de bismuth. . .

Extrait de quinquina jaune

1 gr. 25 centigr,

formule de pilules avec ces corps, en suivani les principes que nous avons posés.

Nous avons rinlention d'employer Viodure de soufre, mais nous lisons dans la table des agents thérapeutiques : (cL'iodurede soufre a les mêmes propriétés que l'iode; l'iode et le soufre n'ont aucune aftlnité l'un pour l'autre ; la réunion du soufre et de l'iode a lieu sous l'influence de la force dissolvante; l'iode servant de dissolvant. Lorsqu'on veut prescrire de l'iodure de soufre, il est préférable de prescrire de l'iode et du soufre. « Alors nous choisissons l'iode. Nous savons qu'on l'administre h la dose de 5 à 30 centigrammes par jour, et nous commençons, le malade n'ayant point été sous rinfiuence de cet agent , par composer nos pilules de manière qu'elles contiennent chacune 1 centigramme, puis 2 centigrammes, puis 5 centigrammes d'iode. La table des incompatibilités nous fait connaître que l'iode est incompatible avec les corps amilacés, les corps gras, les carbonates de chaux et de magnésie, la gomme adragantc, les substances organiques, et que ces pilules ne peuvent pas être argentées. Nous pouvons employer le sucre, ou le sucre de lait et la gomme arabique, h la condition cependant, de ne faire faire qu'un petit nombre de pilules et de recommander de les recouvrir de gélatine et de les renfermer dans un flacon bouché avec du verre.

Nous disons que nous voulons employer de l'iode, du sucre et de la gomme; nous avons déjà fixé le poids de Tiode à 1, 2 et 5 centigrammes, et nous pouvons employer 5 centigrammes de sucre, et 2 centigrammes de gomme arabique p^r pilule. D'après cela, nos pilules seront composées chacune de :

[ode 1 ceniigr. — 2 cenUgr. — 5 cenligr.

Sucre • ^''> — ^ "

Gomme arabique... 2 —2 — ^

DE L4 GOiMFOSrnON DES FORMULES. ^35

Si nous voulons faire préjiarer 20 pilules, nous multiplions par 20 les nombres des formules précédentes et nous apprenons qu'il faut écrire notre formule de la manière suivante :

Iode 20 centigr. — 40 ceiitigr — 1 gramme.

Sucre 1 gr. — 1 gr. — 1 gr.

Gomme arabique. iO centigr. — 40 centigr.— 40 centigr. Sirop, quantité suffisante pour 20 pilules, etc.

Nous ne serons point embarrassés pour connaître le nombre de pilules qu'il faut faire prendre en un jour, puisque nous savons que l'iode s'emploie de 5 à 30 centigrammes par jour.

Si Ton voulait faire faire des pilules avec un agent thérapeutique facilement altérable par l'oxygène de l'air, il faudrait tenir compte de toutes les propriétés de cet agent et le mélanger avec des substances capables de s'opposer à son altération; il ne faudrait pas oublier qu'il est quelquefois possible, lorsque cet agent peut prendre naissance sous l'influence des lois qui régissent les doubles décompositions, de réunir, pour former une niasse pilulaire, les composés chimiques qui peuvent lui donner naissance ; mais il ne faudrait pas croire qu'on pourrait atteindre le même but en mêlant des corps qui n'exercent les uns sur les autres, à la température ordinaire, aucune action chimique visible, lorsqu'on les dissout dans l'eau.

En admettant que l'excipient puisse être employé en quantité convenable pour dissoudre les sels et faciliter la préparation du composé qui peut devenir insoluble dans cette circonstance, il n'en est pas moins vrai que, lorsqu'on mettra les pilules dans une petite quantité d'eau, le sel qui est devenu insoluble, s'il y en a un qui soit devenu insoluble, se redissoudra, et personne ne pourra plus dire alors si le composé qu'on a voulu former existe dans la solution.

^36 AKT DU FOKMULEK.

Nous ne voulons pas dire qu'un semblable mélange serait dénué de propriétés ; car on pourrait peut-être obtenir avec lui tous les effets qu'on obtient avec le composé qu'on veut imiter, mais nous affirmons qu'il serait irrationnel de donner à cette masse pilulaire le nom du composé défini qu'on veut administrer.

§ 15. — Des saccharolés, des méliolés, des vins, des vinaigres, des teintures, etc.

Ces préparations sont trop faciles a formuler, après ce que nous avons dit en exposant les principes qui peuvent être suivis pour les préparer, pour que nous puissions y revenir.

Il en est de même des vins et des vinaigres, des teintures et des alcoolatures ; mais nous essaierons de formuler un élixir avec un alcoolat, parce que c'est une opération qui paraît un peu compliquée.

Nous pouvons essayer de formuler un élixir de Garus.

§ 16. — Des élixirs.

Nous avons vu , en étudiant les élixirs, qu'il fallait savoir pour les doser convenablement, combien on devait ajouter d'eau k l'alcool qu'on employait, pour avoir de l'alcool à 28 degrés centésimaux. Nous pesons 100 grammes d'alcool à un degré déterminé, 85 degrés et 1/2 par exemple dans un flacon, nous ajoutons de l'eau, nous agitons, nous en versons une partie dans une éprouvette, nous plongeons un thermomètre dans la liqueur et nous notons la température. Nous remplaçons le thermomètre par l'alcoomètre, nous lisons le degré et nous cherchons dans la table de la force réelle des liquides spiritueux , de l'instruction pour l'usage de ralcoomèlre centésimal de Gay-Lussac, le véritable degré. Si nous n'avons pas obtenu du premier coup de l'ai-

DE LA COMPOSITION DES FORMULES

cool à 28 degrés, nous ajoutons encore de Teau et nous opérons de la mèpie manière, etc. Cette opération nous fait connaître qu'il faut 238 grammes d'eau. Si nous n'avions pas l'instruction pour l'usage de l'alcoomètre, nous serions obligés d'attendre pour chercher le degré alcoométrique de la liqueur, que sa température fût descendue à 15 degrés. Nons venons de reconnaître que 100 grammes d'alcool à 85 degrés et 1/2 donnent 338 grammes d'alcool à 28 degrés centésimaux, à la température de 15 degrés centigrades. Nous savons que ces 338 grammes doivent produire avec le sucre 507 grammes d'élixir, et nous pouvons calculer la composition de tous les élixirs qui peuvent être préparés par distillation.

Voici comment on opère. On choisit les substances qu'on veut employer, on détermine les poids des substances qui doivent être contenues dans 30 grammes d'élixir, et l'on cherche combien il faut en employer pour 507 grammes d'élixir. Nous choisissons la myrrhe, l'aloès, les girofles, la muscade, le safran et la cannelle. Nous voulons que 30 grammes d'élixir représentent le principe aromatique de 1 centigramme de myrrhe et d'aloès , de 2 centigrammes de girofle et de muscade, de 5 centigrammes de safran et de cannelle, et nous établissons les proportions suivantes :

30 grammes d'élixir : 1 centigramme de myrrhe :: 507 d'élixir : x. ^ =: 169 milligrammes. Nous opérons de la même manière pour les autres substances, et nous trouvons qu'il faut :

Myrrhe . 169 milligr.

Aloès 169

Girofle 338

Muscade 338

Safran 845

GanueUe 845

Alcool 100 gr.

Nous multiplions tous ces produits par un nombre quelconque, 50 par exemple, et nous obtenons la formule suivante :

Myrrhe 8 gr. 45 centigr.

Aloès 8 45

Girofle ^ ^6 90

Muscade ^6 90

Safran ^2 25

CanneUe ^2 25

Alcool..... 5000

Nous écrivons la manière de préparer Vélixir : Laissez macérer, distillez , réduisez au degré convenable, ajoutez le sucre, faites-le dissoudre en agitant de temps en temps, et filtrez.

Si nous pesons le produit de la distillation , nous reconnaissons que nous en avons perdu une certaine quantité. Si nous déterminons sa force réelle, nous trouvons que la liqueur contient plus d'alcool absolu après l'opération qu avant. Mais si nous pesons de nouveau la liqueur après l'avoir étendue d'eau, nous acquérons la preuve que la perte n'est pas apparente, mais qu'elle est réelle, puisque nous n'avons pas le poids de la liqueur alcoolique que nous devions avoir. Nous pouvons admettre alors que le dosage de l'élixir est resté le même, parce que l'alcool perdu a entraîné avec lui une partie des principes aromatiques, ou bien que la perte ne porte que sur l'alcool , puisqu'il est le principe le plus volatil. Dans ce cas, nous pouvons ajouter au produit de la distillation de l'alcool à 28 degrés centésimaux, pour compléter le poids de l'élixir que nous devions obtenir. Il est possible d'agir ainsi lorsqu'on remarque que la première partie du produit de la distillation n'est pas aromatique.

Celte opération peut paraître un peu compliquée, mais elle est en réalité très simple.

DE LA COMPOSITION DES FORMULES. ^39 § 17. — Des linimeiits.

Les liniments sont extrêmement faciles a formuler en suivant les principes que nous avons posés en les étudiant.

Si nous voulons composer le liniment volatil, camphré et laudanisé, nous cherchons dans les tables des agents thérapeutiques, et nous voyons que nous pouvons employer 10 centigrammes de laudanum, 10 centigrammes de camphre, et 10 centigrammes d'ammoniaque pour 1 gramme de liniment. Nous savons aussi que nous pouvons modifier ces proportions et composer notre liniment de manière que le gramme ne contienne que 5 centigrammes de laudanum , 5 centigrammes de camphre, 10 centigrammes d'ammoniaque et 80 centigrammes d'huile. C'est celte formule que nous adoptons pour l'instant. Nous multiplions tous ces nombres par /jO, et nous avons :

Camphre 2 gr.

Laudanum 2

Ammoniaque 4

Huile d'olive 32

Si nous n'avons pas oublié que l'huile camphrée qui se trouve dans toutes les pharmacies doit être composée de 2 grammes de camphre et de 18 grammes d'huile, nous écrivons notre formule de la manière suivante :

Huile camphrée 20 gr.

Huile d'olive 14

Laudanum 2

Ammoniaque 4

§ 18. — Des célinés et des cérats.

Nous allons essayer de formuler un cérat dans le genre du cérat de Galien, en employant des liquides émollients. Nous avons beaucoup à choisir; car nous pouvons employer

/l/iO ART DE FOllMULEU.

le SUC da concombre, le suc de la joubarbe, les décoctés de lin, de guimauve, de semences de coing, de psyllium, etc. Nous nous contenterons du suc de joubarbe.

Si nous savons maintenant qu'on peut préparer du cérat de Galien avec du cérat simple, de l'huile et de l'eau, et qu'on peut employer 105 grammes de cérat simple, 25 grammes d'huile et 75 grammes d'eau, nous pourrons facilement formuler un cérat contenant du suc de joubarbe, puisque nous n'aurons qu'à écrire ces nombres, à remplacer l'eau par le suc, et à prendre la cinquième partie des nombres ci-dessus, si nous ne voulons pas faire préparer le tout ; exemple :

Gérât simple 21 gr.

Huile d'amande 5

Suc de joubarbe 15

11 est inutile de dire que l'on pourrait prescrire au lieu de cérat simple, de la cire, de l'huile, etc., et employer les proportions qui sont indiquées dans la formule du cérat de Galien. On opère de la même manière pour les cétinés.

§ 19. — Des pommades.

Les pommades que nous allons formuler serviront d'exemples aux cétinés et aux cérats composés, puisque ces dernières préparations doivent être formulées de la même manière que les pommades.

Nous ne pouvons pas opérer pour formuler les prépara tions destinées a l'usage externe, comme nous avons opère pour formuler les préparations internes, parce que les sub stances médicamenteuses n'agissent pas avec la même in tensité lorsqu'elles sont appliquées sur la surface de la peau que lorsqu'elles sont introduites dans l'estoniac, e parce que les observateurs n'ont pas encore pu poser, à ce égard, des principes assez rigoureux.

DE LA COMPOSITION DKS FORMULES. l\M

Dans tous les cas nous ne serons pas embarrassés pour formuler un certain nombre de pommades, puisque nous pouvons trouver dans les tables des agents thérapeutiques, les quantités de substances médicamenteuses qui peuvent être employées pour préparer 1 gramme de pommade simple ; et puisque nous ne craignons pas de compromettre la vie des malades.

Si nous n'apercevons pas immédiatement de sérieuses difficultés pour réunir dans une formule destinée à l'usage externe plusieurs substances médicamenteuses, nous ne devons pas nous figurer qu'une formule de pommade soit toujours facile à composer; car nous serions promptement désabusés.

Les difficultés ne sont assez grandes, que lorsque nous ne trouvons pas dans les tables des substances incompatibles, des renseignements suffisants pour nous guider. Si les réactions que les corps exercent les uns sur les autres ne variaient pas avec la nature des dissolvants, nous ne serions jamais embarrassés, puisque nous pourrions prévoir une foule de réactions inattendues ; mais comme cela n'est pas, et comme les lois chimiques qui régissent les combinaisons au sein de l'eau ne peuvent pas. être appliquées sans modifications aux autres dissolvants, nous devons nous contenter de ce que nous avons, et signaler les phénomènes dont nous serons témoins, afin d'augmenter les faits déjà connus.

Nous allons formuler plusieurs pommades.

Pommade àntiherpétique.

Nous choisissons le sous-sulfate de mercure, l'oxyde de zinc desséché et le soufre lavé. Nous voyons dans les tables des agents thérapeutiques que les pommades au soussulfate de mercure, à l'oxyde de zinc et au soufre con-

hlx2 ART DE FORMULER.

tiennent la première et la seconde 10 centigrammes de

sous-sulfate et d'oxyde, et la troisième 20 centigrammes

de soufre pour 1 gramme de pommade. Si nous voulions

essayer de réunir toutes ces substances pour composer 1

gramme de pommade, nous reconnaîtrions qu il y a trop de

substances médicamenteuses, et qu'il faut nécessairement

diminuer ces doses. Nous pourrions prendre la moitié de ces

substances et écrire cette formule ainsi :

Sous- sulfate de mercure S centigr.

Oxyde de zinc desséché 5

Soufre lavé 10

Graisse benzinée 80

Ou bien comptant plus sur l'action du sous-sulfate que sur l'action des autres substances, la formuler de cette manière :

Sous-sulfate de mercure 10 centig.

Oxyde de zinc ^

Soufre ^

Graisse

Nous pourrions encore faire varier ces proportions de plusieurs manières, mais nous adoptons la première composition; nous multiplions le poids de chaque substance par le nombre kO, et nous obtenons la formule qui suit :

Sous-sulfate de mercure (turbith minéral).. . 2 gr.

Oxyde de zinc desséché et non calciné 2

Soufre bien lavé ^

Graisse benzinée 32

Nous avons le désir de composer une pommade destinée au traitement des maladies scrofuleuses, avec l'iodure de mercure au minimum d'ioduration , l'extrait de ciguë, l'extrait dejusquiame et le camphre. Nous voyons dans les tables que les pommades simples se préparent avec 2 centigrammes d'iodure de mercure, 10 centigrammes d'extrait de ciguë, 10 centigrammes d'extrait dejusquiame, et 10

DE LA COMPOSITION DES FORMULES

centigrammes de camphre. Nous pouvons employer ces proportions ou nous pouvons les changer comme nous l'avons fait pour la pommade précédente, mais nous ne modifions, puisque nous sommes libres d'agir comme nous l'entendons, que le poids du camphre. Nous prenons alors :

Todure mercureux 2 cenlig.

Extrait de ciguë 10

Extrait de jusquiame 10

Camphre 5

Nous savons qu'il est utile de délayer les extraits avec un peu d'eau et d'ajouter aux pommades qui sont ainsi composées, un poids d'huile égal au poids de Teau employée, et nous complétons notre formule avec ;

Eau 10 centig.

Huile d'amande 10

Graisse benzinée. 53

Nous multiplions tous les poids des substances par le iombre 50, et nous avons la formule suivante :

lodure mercureux. .. é i gr.

Extrait de ciguë 5

Extrait de jusquiame 5

Camphre 2 gr. 50 centigr.

Nous inscrivons encore la manière de préparer cette )ommade :

Pesez Fhuile et l'axonge dans une capsule, ajoutez le camphre, chauffez à une douce chaleur pour dissoudre le ;amphre et laissez refroidir cette solution, en l'agitant de emps en temps. Délayez les extraits avec l'eau, mettez l'iolure dans un mortier, ajoutez un peu de graisse camphrée, riturez et mêlez successivement le soluté des extraits, etc.

Eau

Huile d'amande.

Graisse benzinée

5 gr.

26 gr. 50 centigr.

§ 20. — Des saponés.

Les saponés pour l'usage externe se formulent de la même manière que les liniments.

§ 21. — Des emplâtres.

Comme il n'est pas possible de formuler un emplâtre sans essayer si les substances que l'on emploie sont convenablement assorties, nous ne pouvons pas nous occuper d'en formuler quelques-uns. D'ailleurs les emplâtres sont plutôt des préparations officinales que des préparations magistrales, et les renseignements que nous avons donnés en nous occupant de ces préparations doivent suffire pour pouvoir les formuler.

§ 22. - Des collyres.

Les difficultés que nous venons de rencontrer pour formuler des médicaments avec les corps gras disparaissent en partie, lorsqu'on veut formuler des collyres; nous disons disparaissent en partie, parce que les collyres sont tantôt préparés avec de l'eau, et tantôt préparés avec des corps gras.

Notre intention étant de formuler un collyre astringent, nous choisissons l'extrait de Saturne, l'eau ordinaire et la gomme pour le rendre mucilagineux. Nous cherchons dans la table des incompatibilités et nous trouvons que l'extrait de Saturne est incompatible avec la gomme, et que l'eau ordinaire est incompatible avec l'extrait de Saturne. Mais comme nous voulons un liquide gommeux, nous conservons la gomme, et nous remplaçons le sous-acétate de plomb par du sulfate de zinc, et l'eau ordinaire par de l'eau de rose. Nous commencerons par employer 5 milligrammes de sulfate de zinc, et 5 centigrammes de gomme par gramme de

DE LA COMPOSITION DES FORMULES

collyre. Nous faisons les multiplications nécessaires et nous avons cette formule :

Sulfate de zinc 50 ccntigr.

Gomme arabique pulv 5 gr.

Eau de rose 95

Si rintroductionde ce collyre dans l'œil était suivie d'un sentiment de douleur assez intense, nous ferions la recommandation d'ajouter un peu d'eau à une partie de ce collyre et de s'accoutumer insensiblement à l'employer pur. On peut, pour commencer l'usage du sulfate de zinc , le prescrire à la dose de 2 milligrammes par gramme de collyre et augmenter insensiblement.

Les collyres secs sont trop faciles à formuler pour que nous nous en occupions. Nous allons passer aux collyres mous, k une pommade antiophthalmique. Nous choisissons l'oxyde rouge de mercure, l'oxyde de zinc, l'alun calciné, l'acétate de plomb et le sublimé corrosif. Nous opérons comme pour préparer une pommade, et nous trouvons dans la table qu'on peut employer 5 centigrammes d'oxyde de mercure, 10 centigrammes d'oxyde de zinc, 10 centigrammes d'alun calciné, 10 centigrammes d'acétate de plomb et 1 centigramme de sublimé. Nous adoptons ces proportions; nous ajoutons 6/i centigrammes de graisse benzinée; nous multiplions tous les nombres par 20, et nous avons :

Oxyde rouge de mercure 1 gr.

Oxyde de zinc 2

Alun calciné 2

Acétate de plomb cristallisé 2

Sublimé corro if 20 centigr.

Graisse benzinée 12 gr. 80 centigr.

Nous recommandons de porphyriser ces substances avec soin et d'aromatiser ce collyre avec 1 goutte d'huile volatile de rose.

10 centigrammes de ce collyre ou la quantité qu'on peut

employer en une fois, représentent 5 milligrammes d'oxyde de mercure, 1 centigramme d'oxyde de zinc, 1 centigramme d'alun calciné, 1 centigramme d'acétate de plomb, 1 milligramme de sublimé et 6/i. milligrammes de graisse.

AB.T. îiXXlTÏII. — Manière d'opérer pour vérifier le dosage des formules.

Lorsqu'on veut prescrire un médicament qui se trouve dans un formulaire, on doit toujours commencer par s'assurer si l'auteur s'est occupé de doser régulièrement sa formule. Si cette formule est bien dosée, on se contente de la copier ; dans le cas contraire, on la corrige.

Rien n'est plus facile que de savoir si une formule est bien dosée.

Prenons pour exemple les pilules suivantes :

Pilules antinévralgiques,

Valérianate de zinc 30 centig.

Extrait de jusquiaine 16 centig.

Extrait d'opium 8 centig.

Conserve de rose quantité suffisante.

Pour six pilules.

Si nous divisons les poids des substances médicamenteuses par 6, nombre des pilules à faire, nous reconnaissons que chaque pilule est composée de :

Valérianate de zinc 0 gr. 05

Extrait de jusquiame 0 02f)666

Extrait d'opium G 013333

et nous comprenons que ces pilules seraient mieux dosées si elles contenaient chacune 5 centigrammes de valérianate, 2 centigrammes d'extrait de jusquiame et 1 centigramme d'extrait d'opium; mais nous choisirons 5 centigrammes de valérianate, 25 milligrammes d'extrait de jusquiame et 15 milligrammes d'extrait d'opium, parce que ces nombres nous permettront de faire une observation importante.

VÉRIFICATION DU DOSAGE DES FOUMULES. tiM

Lorsqu'on a composé une pilule, on doit chercher combien il faut en faire faire. Deux moyens peuvent être suivis ; on peut se contenter de multiplier les poids des substances médicamenteuses par un nombre quelconque, ou chercher le nombre le plus convenable. Nous choisissons, par exemple, le nombre 5, et nous obtenons :

Valérianate 25 centig.

Extrait de jusquiame 125 milligr.

Extrait d'opium 75 mlUigr.

Si nous connaissons la série des poids qui sont généralement employés par les pharmaciens , et nous devons les connaître, nous voyons que tous les pharmaciens ne pourront pas exécuter facilement cette formule, parce qu'il ne leur sera pas possible de peser 125 milligrammes d'extrait de jusquiame et 75 milligrammes d'extrait d'opium; alors nous adopterons le nombre 10, parce qu'en prescrivant 10 pilules , notre formule sera composée avec des poids de substances médicamenteuses faciles à peser.

Valériaoate de zinc 50 centig.

Extrait de jusquiame 25 centig.

Extrait d'opium. 15 centig.

Si quelques personnes répondaient à cette observation que les médecins ne doivent point entrer dans ces considérations ; qu'ils pres€rivent le nombre de pilules qu'ils croient convenable de prescrire, nous serions obligés de leur faire remarquer que les médecins ne sont pas appelés pour faire à leur fantaisie : ils doivent bien faire; or, bien faire, c'est formuler convenablement, c'est prescrire cette formule avec 2 centigrammes d'extrait de jusquiame et 1 centigramme d'extrait d'opium . Ce serait encore bien faire que de prescrire 25 milligrammes d'extrait de jusquiame et 15 milligrammes d'extrait d'opium, par pilule; mais à la condition de faire faire 10 pilules.

UlxS

AUT DE FORMULER

Potion.

Nous voulons prescrire la potion suivante, parce qu'on l'a vantée dans les cas d'accouchements qui se sont faits brusquement , et qui sont suivis de contractions et de douleurs. On l'administre par cuillerée toutes les demi-heures jusqu'à cessation des douleurs.

Pour connaître la composition d'une cuillerée, nous additionnons les substances prescrites, et nous trouvons que c'est une potion de 152 grammes. Si nous nous rappelons qu'une potion de 10 cuillerées est représentée par 150 grammes, et si nous n'avons pas oublié que 16 grammes de sirop diacode représentent 16 centigrammes d'extrait de pavot, nous avons tous les éléments pour trouver ce qu'une cuillerée de cette potion contient de substances médicamenteuses, puisque /iO centigrammes de digitale divisés par 10, donnent k centigrammes de poudre de digitale. D'après cela la cuillerée contient :

16 mUligrammes d'extrait de pavot, 4 centigrammes de digitale,

1 gramme 60 centigrammes d'eau de fleurs d'oranger,

et le reste en sirop et infusé de tilleul. Si cette composition nous convient, nous transcrivons cette potion telle qu'elle €St dans le formulaire, en prescrivant cependant 2 grammes d'infusé de moins, etc. Dans le cas contraire, nous la modifions. Nous conservons le poids de la digitale, nous pensons que nous pouvons employer 3 centigrammes d'extrait de pavot par cuillerée, et que 1 gramme d'eau de Heurs

Infusion de tilleul . . . .

Sirop diacode

Eau de fleurs d'oranger Poudre de digitale. . . .

120 grammes.

16 grammes.

40 centig.

VÉRIFICATION DU DOSAGE DES FORMULES. [ik9

d'oranger suffira : alors nous formulons cette potion ainsi :

Digitale . » 40 centig.

Eau de fleurs d'oranger 10 grammes.

Sirop diacode 30 grammes.

Tilleul 4 grammes.

Infusé 110 grammes.

Poudre composée.

Prenons la poudre camphrée antimoniée par exemple ; elle est ainsi formulée :

Camphre pulvérisé 2 grammes.

Ipécacuanha pulvérisé 1 gramme.

Soufre doré d'antimoine 1 gramme.

Sucre blanc pulvérisé 20 grammes.

Mêlez et divisez en 12 prises. A prendre une toutes les deux heures dans la pneumonie asthénique. Pour connaître la composition d'une prise, nous divisons chacun des poids des substances médicamenteuses par 12, et nous reconnaissons que chaque prise est composée de :

Camphre 0 gr. 16666

Ipécacuanha 0 08333

Soufre doré d'antimoine 0 08333

Sucre blanc 1 66666

Nous comprenons, nécessairement, que cette poudre serait mieux dosée si elle contenait :

Camphre 15 centig. ou 15 centig.

Ipécacuanha 5 id. 10 id.

Soufre doré d'antimoine.. 5 id. 10 id.

Sucre 1 gr. 2 gr.

et nous multiplierons ces nombres par 10, pour avoir 10 prises.

Camphre pulvérisé 1 gr. 50 centig. ou 1 gr. 50

Ipécacuanha pulvérisé. . . 0 50 1 Soufre doré d'antimoine. 0 50 1 Sucre pulvérisé 10 20

ART DE FOaMULEft.

Pommade.

Essayons encore une pommade, la pommade résolutive, vantée comme résolutif des tubercules.

Calomel 3 grammes.

Acétate de plomb 3 grammes.

Camphre 50 eentig.

Axonge 20 grammes.

Nous additionnons les poids des substances prescrites et nous trouvons un total de 26 grammes 50 centigrammes. Nous divisons chaque poids par 26,50 pour savoir si la pommade est dosée par gramme, et nous trouvons que l gramme de cette pommade est composé de :

Calomel 0 gr. 1132

Acétate de plomb 0 1132

Camphre - 0 188

Axonge 0 7548

Nous pensons naturellement qu'il est préférable de la composer avec :

Calomel iO eentig .

Acétate de plomb.. 10

Camphre 2

Axonge 78

et de faire préparer la quantité suivante :

Calomel 5 grammes.

Acétate de plomb 5 grammes.

Camphre 1 gramme.

Axonge 39 grammes.

Nous pourrions multiplier à Finfini ces exemples, mais nous pensons que ceux que nous avons pris au hasard dans un formulaire, suffiront pour que l'on comprenne bien la manière d'apérer.

ART. IiXXIX. — Be la prescription des substances médJeameal^^ases liquides par gotsttes.

Tous les médecins ont l'habitude de prescrire un certain nombre de médicaments liquides par gouttes , et tous les

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