‹ Manuel de pharmacie et art de formuler ... [electronic resource]Chapitre 75 sur 84 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

FORMULAIRE lODIQUE

Le nombre des formules iodées qui ont été signalées à l'attention des médecins étant très grand, nous avons pensé qu'il serait peut-être utile de jeter un coup d'œil sur ces formules, afin de chercher à apprécier leur valeur réelle. Ce travail était nécessaire pour prouver que beaucoup de formules qui sont publiées chaque année n'ont aucune valeur thérapeutique, et sont plutôt un embarras qu'un avantage pour les médecins: mais il était très difficile à faire, parce qu'il était impossible de le conduire à bonne fin sans toucher à la propriété de beaucoup de personnes. Nous aurions certainement reculé devant ces dernières considérations, si nous n'avions pas cru pouvoir tourner la difficulté et espérer atteindre notre but sans trop éveiller la susceptibilité des auteurs, et si nous n'avions pas pu appuyer nos observations sur de bonnes raisons et sur des principes pharmaceutiques que nous croyons exacts.

Des expériences cliniques devaient être le complément de ce travail, mais la longueur de ces expériences et surtout l'impossibilité de trouver quelqu'un qui voulût sacrifier assez de temps pour étudier toutes ces formules, nous fit penser qu'il était possible de connaître la vérité en suivant une route plus simple. En efl'et, si beaucoup d'agents thérapeutiques ont besoin d'études cliniques pour être appréciés, c'est, ou parce que leurs propriétés ne sont pas connues, ou parce que ces propriétés ne sont pas énergiques ;

/l56 FORMULAIRE lODlQUE.

OU parce qu'il n'est pas facile de les suivre dans 1 économie, ou bien parce qu'ils ne contiennent pas de principes spéciaux et qu'ils n'agissent que par l'ensemble de leurs principes constituants, ou encore parce que c'est souvent la nature qui fait tous les frais de la médication. Mais heureusement il n*en est pas de même pour l'iode, surtout à cette époque : son action est évidente, parfaitement connue, et l'examen des formules dans lesquelles on le fait entrer peut suffire, dans presque tous les cas, pour apprécier leur juste valeur.

De tous les agents thérapeutiques connus, c^est bien certainement l'iode qui attire le plus l'attention des praticiens, et cependant, il y a déjà quarante-trois ans qu'il a été découvert par Courtois, et trente-cinq ans que le docteur Coindet fit ses premières expériences.

D'abord prescrit à l'intérieur, sous forme de vapeurs, de poudre ou de dissolutions hydroliques ou alcooliques, l'iode fut employé ensuite à l'extérieur sous forme de pommade. Sa faible solubilité dans l'eau, la promptitude avec laquelle il se dépose lorsqu'on ajoute de l'eau aux solutions alcooliques qui ne contiennent pas d'iodure, la solubilité de beaucoup d'iodures, la facilité avec laquelle les iodures solubles et beaucoup d'iodures insolubles abandonnent de l'iode lorsqu'on les met en contact avec un acide, même très faible, etc., firent penser que les iodures pourraient bien rendre autant de services que l'iode lui-même, et ce fut alors que les iodures devinrent des agents thérapeutiques. Après les composés iodurés régulièrement constitués, vinrent les préparations pharmaceutiques formées d'iode ou d'iodures et d'agents thérapeutiques de diverses natures, puis enfin les médicaments iodés qui ne peuvent être considérés comme des combinaisons définies, comme des combinaisons dont la composition est exactement connue. Le nombre de ces

dernières préparations qui sont signalées chaque année a l'attention des praticiens, allant toujours en croissant, on dirait que le médicament iodé le plus efficace est encore à trouver et que tous les médecins et lous les pharmaciensdoivent payer leur tribut en proposant chacun une ou plusieurs formules.

Malheureusement les auteurs de ces nouvelles formules ae s'occupent pas des anciennes, ne cherchent pas k savoir pourquoi ces formules, qui, comuie les leurs, contiennent de l'iode dissimulé ou combiné autrement que dans les composés iodés à proportions définies, n'ont pas plus d'action que les iodures et sont abandonnées. Ils ne paraissent même pas comprendre qu'il est indispensable, lorsqu'on veut faire une nouvelle préparation iodée, de tenir compte de la nature des anciennes préparations, si l'on veut parvenir à composer un médicament plus efficace qu'elles. On pourrait même supposer qu'ils ne croient pas que, dès qu un ou plusieurs médicaments préparés avec de l'iode et une matière d'origine végétale ou animale, bien choisie, éprouvent, lorsqu'ils sont introduits dans notre économie, toutes les métamorphoses qui doivent précéder l'élimination de l'iode, l'on ne doit pas arriver, si ces médicaments n'ont pas plus d'action que les iodures, à un meilleur résultat, en suivant la même voie.

Si l'iode ne devait pas être éliminé, on comprendrait qu'on cherchât à composer un médicament qui permît aux médecins d'accumuler de grandes quantités d'iode dans l'organisme. Mais comme il en est autrement, et comme l'iode ne doit agir qu'en traversant assez rapidement ces organes, on devrait savoir que presque tous les médicaments iodés bien préparés peuvent être substitués sans inconvénients les uns aux autres, et qu'ils doivent avoir lous, presque sans exception, sous le rapport de l'action de

458 FORMULAIRE lODlQUE,

riode, la même efficacité. Seulement il est nécessaire de choisir, parmi ces préparations, celles qui peuvent mieux convenir à certains malades, et surveiller leur administration, de manière que l'iode éliminé soit en rapport avec les doses prescrites des médicaments iodés, si l'on ne veut pas produire la cachexie iodique.

Étudions, maintenant que nous avons exposé quelques considérations générales, les différentes préparations iodées qui sont employées en médecine.

Commençons par l'iode, les iodures et leurs préparations galéniques, puis terminons par les composés qui contiennent de l'iode dissimulé ou combiné avec des corps qui ne sont pas d'une nature basique.

Rien n'est plus simple, en effet, que l'emploi des premières préparations, leur composition est connue, leur action est évidente, et l'on sait parfaitement ce que l'on fait en les prescrivant; aussi, pour ces corps, notre tâche sera plus facile que pour les autres.

Art. I. — Be l'iode.

Nous n'avons ni a rechercher dans quel état l'iode se trouve dans la nature, ni s'il existe plutôt en combinaison avec le potassium qu'avec un autre métal, ni à discuter l'opinion des savants sur ce sujet. Nous dirons seulement que les expériences qui ont été publiées ne sont point de nature h trancher la question. Ce n'est pas la faute des auteurs, car c'est la nature de la question elle-même, puisqu'il est impossible, quelques efforts qu'on puisse faire, dans l'état actuel de la science, de prouver que, dans un soluté de plusieurs sels, tels ou tels sels y existent réellement: tout ce que l'on peut affirmer, c'est que les éléments qui peuvent les constituer sont présents. En effet, si vous abaissez la température de ce soluté, vous séparez un sel; si vous

DE l'iode. /j59 rélevez, vous en obtenez un second ; si vous modifiez la nature du dissolvant, vous en obtenez un troisième, etc. : toutes réactions dépendant de l'état du milieu, et favorisant les affinités de tels ou tels éléments.

Plusieurs moyens ont été proposés pour employer l'iode sous forme de vapeurs ; tous sont bons lorsqu'il s'agit de faire des fumigations à l'extérieur, mais tous n'ont pas la même valeur lorsqu'il est utile d'introduire de l'iode dans les organes de la respiration. Le meilleur moyen est assurément Fappareil très ingénieux qui a été proposé par M. Danger. Les avantages de cet appareil sont incontestables, ils résident dans la possibilité de doser exactement l'iode qui pénètre dans les poumons. On peut encore employer avec succès, mais sans espoir d'un dosage exact, un petit tube de verre qui contient, entre deux tampons d'arbeste, un ou deux petits fragments d'iode fondu. L'appareil ie notre confrère M. Duroy peut rendre aussi quelques services.

Iode pulvérisé. V emploi de l'iode à l'intérieur sous brme de poudre est un mauvais moyen d'administrer cet igent. Les raisons sur lesquelles nous nous appuyons pour brmuler cette conclusion sont les suivantes : l'iode est trop volatil pour être prescrit sous cette forme ; sa poudre ou les )Oudres composées qui contiennent de l'iode peuvent bien ître conservées dans des flacons bouchés avec du verre, nais elles ne peuvent être, ni divisées en paquets, ni expolées à l'air, ni mises en pilules, ni être renfermées dans des iacons bouchés avec du liège, sans que le dosage des pou- Ires ou des pilules ne change ; enfin l'iode peut être localisé lans l'estomac.

Les formules qui ont été proposées pour administrer 'iode ne sont pas nombreuses, peu méritent d'être conervées.

/j60 FORMULAIRE lODiQUE.

Mellite iodé (Hannon).

Iode 10 centigrammes.

Miel de Narbonne 40 grammes.

Triturez Fiode avec un peu de sucre et ajoutez le miel. Ce n'est point un mellite, c'est un électuaire : il contient 0?%0025 diode par gramme. Contre débilité générale.

Nous n'avons pas trouvé d'autres électuaires qui contiennent de l'iode pulvérisé : nous savons qu'il en existe, et nous pensons que ces formules ne doivent point être inscrites dans les formulaires.

Pommade iodée.

Iode 1 gramme.

Axonge •

Cette pommade est peu employée.

Poudre hydragogue.

Iq^q 5 centigrammes.

CalomeV.!! 1 gramme.

Digitale pulv ^

Sucre 60

Mêlez et divisez en 16 paquets : un toutes les trois heures.

Mauvaise formule. On ne doit jamais réunir l'iode et le calomel, parce qu'il se forme, suivant les proportions de l'iode et du calomel, du bichlorure et du bi-iodure de mercure, du proto-iodure, du bichlorure et dubi-iodure de mercure.

Poudre iatraleptique iodée.

Io(je 3 centigrammes.

Lycopode

Triturez. — Trois doses semblables par jour en friction dessous la langue. On ne peut apprécier la valeur de cette formule qu'après de nombreuses expériences cliniques.

DE l'iode.

On peut dire cependant que cette manière d'employer l'iode n'est pas très agréable, et qu'il est très difficile de frictionner la langue sans qu'une partie de l'iode ne soit entraînée dans l'estomac.

Pilules iodées.

Iode ^ centigrammes.

Suc de réglisse 1,20

Rob de sureau q- s.

Pour 8 pilules. — Quatre à huit dans la journée. Formule mal dosée. L'auteur aurait dù diviser cette masse pilulaire en 10 pilules, déterminer le poids du rob de sureau, et recommander de l'employer sous forme d'extrait sec.

Pilules iodées (Helmentreit).

Iode 35 centigrammes.

Extrait de gentiane 4 grammes.

Mucilage q- s. pour 24 pilules.

Formule mal dosée. Chaque pilule contient 0,0U58333 d'iode. Dans la salivation scorbutique ou mercurielle.

Pilules iodées (Hannon).

Iode 10 centigrammes.

Mie de pain. q- s.

Pour faire 20 pilules. Une a quatre par jour, au moment du repas. L'auteur aurait mieux fait d'employer de l'iodure d'amidon.

Pilules iodées (Deschamps).

Iode 10 centig. — 20 centig. — 50 cenlig.

Sucre 1 gram. — 1 gram. — 1 gram.

Gomme arabique. 40 centig. — 40 centig. — 40 centig.

Sirop ^- ^•

Pour 10 pilules. 11 est utile de les recouvrir de gélatine.

Chaque pilule contient ou i, ou 2, ou 5 centigrammes d'iode. Contre affections scrofuleuses.

FORMULAIRE lODIQUE,

Saccharure iode (Hannon).

Iode 10 centigrammes.

Sucre pulvérisé 20 grammes.

Triturez dans un mortier, de manière à obtenir un mélange parfaitement homogène, et divisez ce sucre en 20 prises, que vous conserverez dans du papier. On en prend de une à quatre prises par jour sur une tartine de beurre ou de confitures. Contre débilité générale.

Nous avons constaté que ce sucre était très facile à prendre, et que la saveur de l'iode était entièrement masquée par les confitures. Ce résultat était facile à prévoir, puisque chaque prise ne contient qu'une très petite quantité d'iode (5 milligrammes). Placé dans du papier, comme l'auteur le recommande, une partie de l'iode se combine à l'amidon du papier, lorsque ce papier contient de l'amidon, tandis que l'autre se volatilise, etc. ; c'est donc une mauvaise manière de prescrire l'iode.

Nous avons dit pourquoi nous pensons que l'iode ne doit pas être prescrit en poudre, et nous ajoutons, pour qu'on ne nous accuse pas d'être trop exclusif, qu'on peut en prescrire, à la condition cependant de ne jamais faire diviser xcs poudres en paquets, de ne prescrire à la fois qu'une petite quantité de ces préparations, et de recommander de les renfermer dans des flacons bouchés avec du verre, mais nous maintenons que le mieux est de s'abstenir d'en prescrire.

Iode en solution. — Si l'iode présente quelques inconvénients lorsqu'il est administré sous forme de poudre, il n'en présente plus lorsqu'il est en dissolution : seulement il faut choisir un dissolvant convenable. De tous les dissolvants, c'est l'eau qui doit être préférée ; elle répond à toutes les indications, car, à l'aide d'une proportion d'iodure de

DE l'iode. ^63

potassium égale ou qui ne dépasse pas le double du poids de l'iode, on peut obtenir très aisément les solutés les plus faibles comme les plus énergiques, ceux qui peuvent être administrés à l'intérieur comme ceux qui ne conviennent qu'à l'extérieur. Ces solutés sont très faciles à doser. Nous ne nous occuperons de ces formules que lorsque nous aurons passé en revue celles qui contiennent de l'iodure de potassium.

Alcoolé ou teinture d'iode (Codex).

Iode 30 grammes ou 1 partie.

Alcoolà85°centés. 360 12

Cette teinture n'est pas aussi utile qu'on le croit généralement ; elle ne doit être préférée que lorsqu'on veut profiter de l'action de l'alcool, et faut-il encore l'additionner d'une certaine proportion d'iodure de potassium, afin de pouvoir l'étendre d'eau et prévenir la précipitation de l'iode au contact des liquides aqueux.

Éthérolé ou teinture éthérée d'iode.

Iode 1 partie.

Éther 12

Formule inutile.

Eau iodée (Lugol).

Iode 50 — 75 — 100 grammes.

Sel marin 66

Eau 50 litres.

On emploie cette eau pour combattre les scrofules.

500 grammes d'eau contiennent ou 0,025, ou 0,036, ou ou 0,05 d'iode.

On ne prépare plus l'eau iodée en suivant cette formule (voyez page /i92).

Emplâtre iodé.

Iode pur 2 grammes.

464 FORMULAIRE lODIQUE.

Divisez avec un peu d'alcool, ajoutez un peu d'huile d'olive et incorporez le tout dans 32 grammes d'emplâtre simple : mélangez avec soin.

Mauvaise formule. Il se forme de Tiodure de plomb.

Injection iodée.

Teinture d'iode 50 grammes.

Eau distUlée 100

Mauvaise formule.

Lavement iodé.

Teinture d'iode 5 gouttes.

Gomme arabique 15 grammes.

Eau 150

Formule inutile.

Lavement iodé (Mauthner).'

Carbonate de chaux 30 centigrammes.

Teinture d'iode 6 gouttes.

Eau de 60 à 100 grammes.

Pour deux lavements. Ces lavements sont recommandés pour combattre les dyssenteries et les diarrhées des enfants.

Liniment iodé composé.

Teinture d'iode. 8 grammes.

Alcoolat de romarin 30

Ammoniaque 2

Baume tranquille 16

Mauvaise formule. L'auteur aurait dû employer de l'iodhydrate d'ammoniaque.

Liniment contre les engelures.

Teinture d'iode 4 grammes.

Laudanum de Rousseau 8

Huile d'amaude 60

Eau de chaux 60

Mauvaise formule. L'auteur devait employer de Tiodure de calcium, etc.

DE l'iode. 665

Lotion iodée (Foy).

Iode 5 à 10 centigrammes.

Alcool 3 grammes 80

Eau 500 grammes.

Four laver les plaies scroluleuses.

Potion iodée (Foy).

Teinture d'iode 10 gouttes.

Sirop de fleurs d'oranger 30 grammes.

Eau de saponaire 120

A prendre par cuillerée pour combattre les ulcères scrofuleux.

Chaque cuillerée de cette potion ne contient que 5 milligrammes d'iode.

Potion excitante iodée»

Iode 30 centigrammes.

Alcool 8 grammes.

•Eau de cannelle - . . 80

Sirop de sucre 16

Mauvaise formule.

L'auteur recommandait cette potion pour combattre la salivation mercurielle.

Potion iodée (Form. Radius).

Teinture d'iode 90 gouttes.

Quinquina jaune '. . . . 10 grammes.

Décodé 300

Deux cuillerées trois fois par jour.

Le décocté de quinquina précipite de l'iode, mais l'iode précipité se redissout promptement et se combine avec les principes constituants du décocté.

Poudre de camphre iodé (Barrère).

M. Barrère a pensé que les accidents qui ont été quelquefois remarqués à la suite de Tinhalation des vapeurs

FORMULAIRE lODlQUE.

d'iode seraient évités en faisant priser du camphre iodé aux malades.

On prépare ce camphre très aisément : on met du camphre granulé dans une tabatière, on y ajoute un petit sachet qui contient quelques petits morceaux d'iode, et l'on agite.

Le sachet iodé le plus simple et le meilleur peut être préparé comme on Ta recommandé il y a longtemps, en renfermant de l'iode entre deux couches de ouate. On recouvre un des côtés du sachet avec de la toile cirée, et l'on applique la ouate sur la partie malade. On emploie à cet effet quelques centigrammes d'iode, 10 à 20 centigrammes : on peut augmenter la dose. Contre le goitre.

Mucilage très léger de gomme adragant. . q. s.

Pour 20 trochisques. Chaque trochisque contient 50 centigrammes d'iode. Pour fumigations iodées.

On pense, à la première lecture, que ces trochisques sont dénature à rendre de grands services ; mais on ne tarde pas à trouver k ces trochisques un grand nombre d'inconvénients et à leur préférer les autres moyens.

Sachet iodé.

Trochisques iodés (Langlebert).

CharboQ de braise pulvérisé

Azotate de potasse

Iode

20 grammes.

Sirop de Bochet iodé.

Salsepareille Sassafras . .

Gaïac

Squine

Séné

1 kilogramme.

Faites deux décoctés dans quantité suffisante d'eau.

DE l'iodure de potassium. 467 Concentrez ces décoctés pour avoir 3 kilogrammes de liquide; ajoutez 5 kilogrammes de sucre et 5 kilogrammes de miel, et clarifiez avec des blancs d'œufs. Faites cuire ce sirop à 28 degrés, passez à la chausse après l'avoir laissé refroidir, et ajoutez :

Teinture d'iode du Codex 125 grammes.

100 grammes de ce sirop contiennent 1 gramme de teinture d'iode.

On l'emploie pour combattre le goitre, les affections scrofuleuses, les maladies vénériennes désespérées et la goutte.

On ne peut pas dire que ce sirop contient de la teinture d'iode, puisque l'iode de la teinture se combine à l'amidon que ce sirop contient, et se transforme aussi en composés calciques.

Si cette formule était susceptible d'être adoptée, il faudrait la modifier de manière que 20 grammes de sirop représentassent les composés de 2 centigrammes d'iode au lieu des composés de 0,01538 d'iode.

Art. II. — Be l'iodure de potassium.

De tous les iodures, c'est celui de potassium qui est le plus employé. Ses propriétés sont-elles plus grandes et plus efficaces que les propriétés des autres iodures solubles? Non certainement, car on aurait pu choisir l'iodure de sodium, mais la facilité avec laquelle on peut le préparer et le conserver lui ont fait donner la préférence. C'est d'ailleurs un excellent agent thérapeutique.

Parmi les procédés qui ont été proposés pour préparer cet iodure, les deux suivants nous paraissent mériter la préférence.

On dissout de l'iode dans un soluté de potasse, jusqu'à ce que la dissolution commence à se décolorer, on l'évaporé

468 FORMULAIRE lODlQUE.

jusqu'à consistance sirupeuse; on y ajoute, d après le conseil de M. Freundt, un peu de charbon pulvérisé, et l'on continue l'évaporation jusqu'à siccité. On chauffe le résidu à une température rouge, dans un creuset couvert pour décomposer l'iodate qui prend naissance pendant la dissolution de l'iode dans la potasse caustique. Après la calcination, on dissout le sel dans de l'eau ou dans de l'alcool à 95 degrés centésimaux, on filtre, on fait évaporer, on laisse cristalliser, etc.

On peut encore, comme l'a proposé M. Baup, préparer riodure de potassium en décomposant Tiodure de fer avec du carbonate de potasse. On opère à chaud, on lave le carbonate de fer avec de l'eau chaude, on fait évaporer, etc.

Les formules qui ont été publiées pour employer l'iodure de potassium sont nombreuses. Nous les diviserons en formules iodurées, c'est-à-dire en formules qui contiennent de l'iodure de potassium seulement, et en formules iodoiodurées ou iodurées iodées, c'est-à-dire en formules qui renferment de l'iode et de l'iodure de potassium.

Bain d'iodure de potassium (Dorvault).

lodure de potassium. 50 à 200 grammes.

Eau distillée q. s.

Dissolvez et versez ce soluté dans la baignoire.

Le prix élevé de l'iodure de potassium sera toujours un obstacle à l'emploi de cet agent sous forme de bains, et on lui préférera les bains iodo-iodurés.

Baume pour les engelures.

Camphre 3 grammes.

Teinture de benjoin 13

lodure de potassium 1^

Acétate de plomb liquide 30

Alcool ramené à 54" avec de l'eau de rose. 120

Savon animal 30

Mauvaise formule.

DE l/lODURE DE POTASSIUM.

Biscuits d'iodure de potassium (Dorvault).

ïodure de potassium 10 grammes.

Pâte à biscuits q. s.

Pour 100 biscuits de 10 grammes chacun, 1 à 10 par jour ; ils contiennent 10 centigrammes d'iodure.

On dissout l'iodure dans 10 grammes d'eau, on mêie le soluté à la pâte, on étend la masse à l'aide d'un rouleau, on la découpe à l'aide d'un emporte-pièce, et on la fait cuire au four.

Bols contre le goitre (Righini).

Charbon animal purifié 20 grammes.

Gomme arabique 10

ïodure de potassium 5

Cannelle de Ceylan 1

Sirop d'écorce d'orange amère q. s.

Pour 30 bols.

Un le matin et un le soir. Il faut laisser diviser et fondre chaque bol dans la bouche.

Indiquer la manière de prendre ces bols, c'est dire : Ne les prescrivez pas.

Un bol représentée, 16666 d'iodure, 0,66666 de charbon, 0,03333 de cannelle.

Bougies d'iodure de potassium (Dorvault).

Gélatine 2 parties.

Gomme 2

Sucre . , 1

Eau de rose 4

Faites fondre au bain-marie et ajoutez :

ïodure de potassium 1 partie.

Plongez dans ce mélange des cylindres de caoutchouc 3u de gutta-percha.

On les conseille dans les blennorrhagies chroniques. On 3eut encore préparer des bougies médicamenteuses avec les iodures de plomb, de fer, de mercure, etc.

^70 FORMULAIRE lODIQUE.

M. Dorvault a encore proposé la formule suivante :

Cire blanche... 16 grammes.

Axonge

lodure de potassium 10

Eau ^

Chlorhydrate de morphine 20 centigrammes.

Faites fondre la cire et l'axonge au bain-marie, dissolvez

l'iodure et mêlez. Dans les blennorrhagies chroniques, les

engorgements, les ulcérations de l'urètre, etc. Ces bougies

sont peu usitées.

Collyre d'iodure de potassium (Dorvault).

lodure de potassium 1 gramme.

Eau distillée de laitue 99

Pour baigner les yeux dans les cas d'engorgements des paupières, pour dissiper les bourrelets muqueux ou sanguins de la cornée. On peut y ajouter un peu d'extrait d'opium.

Eau iodurée pour boisson.

lodure de potassium ^ grammes.

Eau lûOO

Une cuillerée k café trois fois par jour. Tous les quatre jours on augmente d'une cuillerée a café jusqu'à la prise d'une cuillerée et demie a bouche. Alors on suspend pendant huit jours, et Ton reprend.

Une cuillerée a café de cette eau ne contient que 2 centigrammes d'iodure (voyez Potions, page /t81).

Eau gazeuse iodurée (Mialhe).

lodure de potassium 50 centigrammes.

Bicarbonate de soude 2 grammes.

Acide citrique 2 grammes 50 centigr.

Eau pour une demi-bouteille. On dissout les sels, on ajoute l'acide, etc.

Cette eau gazeuse peut rendre quelques services; mais

DE l'iodure de potassium. UH on aimera mieux prescrire, par économie, une solution, une potion ou un sirop.

Emplâtre d'iodurede potassium.

ïodure de potassium. 5 grammes.

Broyez-le avec de l'alcool, puis incorporez-le dans UO grammes d'emplâtre simple. Malaxez. On ne doit pas préparer d'emplâtre d'iodurede potassium avec des emplâtres de plomb; mais on peut employer l'emplâtre de cire.

Emplâtre d'iodiire de potassium (Ph. de Londres).

lodure de potassium. 30 grammes.

OUban purifié 180

Cire ..24

Huile 8

On fait fondre l'oliban et la cire, on ajoute l'iodure trituré avec l'huile; on retire du feu, on agite continuellement et on étend sur de la toile. On l'emploie pour résoudre les tumeurs.

Cet emplâtre est mal formulé^ si les doses indiquées dans les formules que nous avons lues représentent réellement le poids des substances prescrites par l'auteur de cet emplâtre.

Gargarisme ioduré (Cullerier).

lodure de potassium 1 gramme.

Sirop de milres 30

Eau d'orge 119

Une cuillerée contient 10 centigrammes d'iodure.

Lavement avec Viodure de potassium (Dorvault).

lodure de potassium 1 gramme.

Lotion avec Viodure de potassium,

lodure de potassium 5 grammes.

Eau distillée 95

Pour laver les engorgements syphilitiques, le goitre et

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