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DESSICATION, CONSERVATION, RENO

VELLEMENT.

Les drogues exotiques nous sont apportées dans un état qui leur permet de se conserver pendant un temps plus nu moins long. Il en est tout autrement de la plupart des médicamens simples indigènes. On ne peut les garder qu’autant qu’ils ont été privés de l’eau qu’ils contiennent. C’est en quoi consiste la dessication. Elle est toujours l’ondée sur ce principe, que l’air est rarement saturé d’humidité , et qu’il peut s’en charger d’une nouvelle quantité quand on le met en contact avec des corps qui en contiennent. Lorsque les plantes ou les parties de plantes sont peu succulentes, dans les circonstances ordinaires, l’action simple de l’air suffit pour les dessécher ; il convient de les étaler suides claies placées dans un lieu bien sec et aéré : ce n’est qu’autant que l’air est très-humide, ou que les plantes sont très-succulentes, qu’il est nécessaire de recourir à une chaleur artificielle ; alors, comme dans le cas précédent, les matières doivent être suffisamment étalées, et l’on ale soin de les retourner de temps en temps, pour que la dessication s’en lasse également. Une autre précaution est indispensable, c’est de chauffer l’étuve graduelle ment : on commence par exposer les matières a

une chaleur de 20 à 25 degrés, que l’on élève progressivement jusqu’à 4o à 45°.

Si on exposait de suite les plantes à une chaleur forte, elles subiraient dans leur eau de végétation une coction qui nécessairement altérerait leurs principes.

Quand une substance est aromatique, on doit, autant que possible, éviter de la chauffer. Ce ne serait qu’autant que l’air serait très-chargé de vapeurs qu’il faudrait avoir recours à la chaleur de l’étuve, et encore devrait-elle être très-modérée.

L’on remarque qu’après leur dessication les matières organiques sont sèches et cassantes; et, au bout de quelque temps, elles reprennent un peu de flexibilité, et deviennent plus maniables, ce qui tient à ce que le tissu végétal est hygrométrique, et s’empare d’une partie de l’humidité de l’air, de manière à se mettre dans une sorte d’équilibre avec lui.

Il n’y a rien à ajouter à ce qui précède pour la dessication des plantes entières ou des feuilles des plantes. Tout ce qui la concerne se trouve compris dans ce que nous avons dit de leur élection et de la dessication en général. ÜVous nous contenterons de citer quelques exemples. On desséchera à l’air libre les labiées, la fumeterre,le trèfle d’eau, la mercuriale, etc., toutes plantes moyennement aqueuses. La chaleur de l’étuve sera nécessaire pour l’orpin , la joubarbe, dont les sucs sont très-aboudans.

Quand les racines sont peu succulentes et peu

épaisses, on les dessèche facilement en les suspendant par paquets dans une étuve ou dans un grenier aéré, ou encore en les coupant par tronçons courts et les étalant sur des claies.

Les racines charnues sont coupées par tranches minces. On en forme des chapelets que l’on suspend dans l’étuve. Telles sont la pomme de terre et les racines de bryone et de nénuphar.

On recommande généralement de laver les racines avant de les dessécher. Cette opération a pour but d’en séparer la terre qui y est adhérente. Elle a l’inconvénient de retarder la dessication et de faciliter, par cela même , l’altération de ces racines.

11 est toujours préférable de les sécher sans les laver, et de les secouer dans un sac de toile une fois qu’elles sont bien sèches. Le frottement que les morceaux exercent les uns sur les autres, en détache toute la terre, que l’on sépare ensuite au moyen d’un crible.

11 est avantageux de conserver quelques racines dans leur état - de fraîcheur, soit qu’elles perdent , en se desséchant , les propriétés qui les caractérisent; soit qu’elles en acquièrent de nouvelles. On les tient environnées et couvertes d’un sable bien sec. On conserve, de cette manière, les racines de raifort, d’iris, d’arum. On coupe le collet du raifort afin que les feuilles ne se développent pas, ce qui ne pourrait avoir lieu qu’au détriment de la racine.

Les bulbes , toutes les fois qu’on les emploie frais

( et alors on va les chercher le plus souvent au moment de s’en servir) , sont conservés dan» du sable. .SL on les dessèche, c’est toujours par le prrx éde suivant. On rejette les parties les plus extérieures dont L’aspect seul annonce un commencement de détérioration , et les parties voisines de la hampe dont l’état d’étiolement naturel n’a pas permis aux principes actifs de se produire , et l’on ne récolte que les squammes ou tuniques intermédiaires. Ou les coupe, soit transversalement, soit dans le sens de leurs fibres longitudinales, pour diviser la pellicule mince et très-dense qui recouvre leur surface, et qui s’opposerait à l’évaporation de l’humidité. On les enfile en chapelets, et on les fait sécher a l’étuve.

Les bois et les écorces se dessèchent avec la plus grande facilité. Il suffit de les laisser exposés à l’action de l’air dans un grenier bien ouvert.

Les Heurs d’un volume un peu considérable ou celles qui sont isolées sur la tige sont récoltées se parement les unes des autres. Quand, au contraire, elles sont très-petites et réunies en grand nombre sur un support commun , en corymbe , en ombelle ou en grappes, on les cueille avec leur pédoncule, et on les désigne sous le nom de sommités fleuries. On les réunit en petites bottes, à l’aide de ficelles, et ou les suspend dans un grenier; quelquefois on les enveloppe de papier, pour éviter que la lumière u’en altère les couleurs; par exemple, pour le caillelait et le millepertuis.

Les fleurs, en raison de la délicatesse de leur

tissu et de la facilité avec laquelle elles s’altèrent , doivent être desséchées promptement, en se conformant cependant à ce qui a été dit sur les moyens généraux de dessication , et en la pressant d’autant plus que leur tissu est plus aqueux et plus altérable.

On fait subir à quelques Heurs une opération préalable. On sépare le calice et les onglets des pétales des roses rouges et des oeillets. On enlève le calice de la violette. Si l’on destine des fleurs aux usages chimiques, il faut, avant de les sécher, les mettre sur une toile , et verser dessus, en manière de pluie, de l’eau bouillante qui s’écoule chargée d’une matière verte. On réitère les affusions jusqu’à ce que l’eau prenne une teinte un peu bleue. On dessèche ensuite ces fleurs avec rapidité. Ce mode de dessication est également préférable pour l’usage médical , et devrait être appliqué aux fleurs de bnglosse, de bourrache et de mauve, qui, au bout d’un certain temps, jaunissent et se décolorent. Il ne paraît pas d’ailleurs que la matière verte qui est enlevée par l’eau jouisse de grandes propriétés médicinales. Cependant, on peut, sans inconvéniens, se contenter de sécher ces fleurs sans les avoir lavées. Elles conservent fort bien leur couleur si , aussitôt qu’elles sont assez sèches pour être friables, on les enferme encore chaudes dans des vases hermétiquement fermés. L’altération qu’elles éprouvent dans les circonstances ordinaires paraît être le résultat d’une sorte de fermentation déterminée par l’humidité hygrométrique.

fi.

Les fruits peu charnus sont desséches pai !• • procédés ordinaires. On se contente de !«■ s étendudans un grenier aéré ou-au soleil. Il est plus ronvenable de placer à l’ombre ceux qui sont chargés de principes volatils, par exemple , les polacliènes des omhellifères.

Les fruits pulpeux tels que les figues, les pru lies, les cynorrbodons , ne doivent jamais être desséchés au point de devenir cassans. On les ex pose d’abord à la chaleur douce d’un four, et ensuite à celle du soleil , et on les reporte sucessivcîuent au four et au soleil, jusqu’à ce qu’ils aient acquis le degré de siccité convenable. Le but qu’on se propose dans celte manipulation est i“ de faciliter la dessication de la matière charnue, en élevant la température; de déterminer également l’évaporation dans toutes les parties. La chaleur du four agit surtout à la surface. A mesure que l’humidité s’échappe, le tissu végétal se resserre, et devient bientôt assez dense pour s’opposer a l’évaporation des sucs situés plus profondément. Pendant le temps que les fruits passent hors du Tour, l’équilibre se rétablit à peu près dans t ute I- in substance, parce que leurs parties desséchées se ramollissent de nouveau aux dépens des sucs de l’intérieur. Il est aisé de concevoir qu’en renouvelant plusieurs fois ces effets, on arrivera graduellement à la concentration convenable des surs du fruit.

Observons que le four doit être chauffé de manière à produire la dessication sans ruirc les fruits.

Les semences, quand elles ont été récoltées a leur parfaite maturité, n’exigent ordinairement d’autre soin que d'être gardées dans un lieu sec, à l’abri île la voracité des animaux. 11 est convenable de garder dans leur coque ligneuse celles qui en sont pourvues. Ou a remarqué qu’elles s’y conservent plus long temps sans altération.

Ou pourrait sécher à l’étuve les graines mucilagineuses, au soleil les autres graines inodores ; mais on devra laisser à l’ombre celles qui sont aromatiques, ou douées d’un principe Acre et volatil.

Toutes les substances prises des animaux doivent être soumises à la dessication avec les mêmes soins que les plantes , en variant les procédés selon la nature particulière de chacune d’elles.

Les cautbarides, les cloportes sont exposés épars sur des toiles ou sur des châssis, dans un grenier ouvert où l’air circule librement.

tin sépare la peau, la tète cl les intestins des vipères. Ou les suspend ensuite, dans une étuve, pour les sécher par degrés. Le foie et le cœur étaient autrefois conservés à part, et ils étaient désignés sous le nom de bézoard animal.

loutes les substances, après avoir été convenablement desséchées, doivent être enfermées dans des vases inaccessibles à la lumière, à l’humidité et à la poussière. Des vases de verre noir ou de faïence seraient sans contredit les meilleurs, s’ils n’avaient l’inconvénient d’être d’une trop petite capacité. O n les remplace par des boîtes du bois peintes en dehors et garnies intérieur epient de pa-

pler collé avec de la colle d’amidon, à laquelle on a ajouté de l’aloës ou de l’alun , pour la garantir des insectes. 11 est d’ailleurs nécessaire de visiter souvent tous les médicamens simples, pour les préserver des avaries qu’ils peuvent contracter avec le temps et pour rejeter ceux qui se trouveraient altérés.

Quand on a à conserver des niasses assez considérables d’espèces indigènes, la manière la plus avantageuse est de les tasser fortement en balles, après qu’elles ont été bien desséchées. De cette manière, l’air et l’humidité ne peuvent pénétrer dans l’intérieur, et leur action se borne tout au plus à dénaturer la couche superficielle.

C’est par ce procédé que , dans les arts, on conserve le houblon. C’est aussi le moyen' dont se servent les herboristes en gros. Les pharmaciens se trouveront bien de l’employer, suivant le conseil que leur en a donné tout récemment M. Decourdemanche.

Quand il s’agit de conserver des animaux vivans, on y parvient en les plaçant dans les conditions qui les écartent le moins possible de leurs habitudes naturelles. On conserve les grenouilles et les écrevisses eu les mettant dans des vases avec de l’eau et de l’herbe , ou mieux encore des touffes de joncs. On recouvre le vase d’un couvercle à claire-voie ou d’un filet. On met les tortues dans un jardin , les vipères dans une boite garnie de son. Les sangsues sont placées dans de l’eau fraîche que l’on renouvelle souvent. Quelque soin que

l’un prenne, on eu perd toujours un grand nombre si l’on ne rapproche pas, autant que possible, leur habitation artificielle des marais où elles ont l’habitude de vivre. Quand l’on conserve une grande quantité de ces animaux, le mieux est de construire un petit bassin dont on garnit le fond d’argile et de mousse, et dans lequel on établit un courant d’eau à peine sensible. Si l’on est placé de manière à renouveler souvent sa provision, il suffira , avec M. Guibourt , de les mettre dans des pots avec du sable de rivière très-fin et un peu de mousse. On établit d’ailleurs un courant d’eau trèslent, en faisant arriver continuellement un petit filet d’eau au fond des pots, et laissant écouler l’excédant par un trou pratiqué à la partie supérieure.

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