DES POTIONS
Quatre loocbs sont indiqués par le Codex de Paris; leur préparation servira d’exemple pour tous 1rs autres médicamens de ce genre» On pourra d’ailleurs leur appliquer toutes les règles dont il sera fait mention en parlant des potions.
Looch b tune,
Ifc Amandes douces N° xvj.
Amandes amères K" ij.
Surre 3 vj-
Poudre de gomme adraganle gr. xvj.
Huile d’amandes douces 3 ,v-
Eau de fleurs d’oranger 3 'i*
Eau commune 3 ,v-
On pile les amandes mondées de leur pellicule avec une parlie du sucre el un peu d’eau, pour faire une pâle bien divisée que l’on délaie avec le resle du liquide: on passe, avec expression , au travers d’une étamine; d’aulre part, on triture la gomme adraganle avec le resle du sucre, el on ajoute un peu d’émulsion pour faire un mucilage dans lequel on divise l'huile par une trituration prolongée ; on ajoute petit à petit le reste de l’émulsion. On aromatise avec l’eau de fleurs d’oranger.
Looch vert,
^ Pistaches récentes N" xiv.
Sirop de violettes
Huile d’amandes douces.
Gomme adragante
Teinture de safran
. . . gr. NX.
Eau de fleurs d’oranger. .
• • ■ 2) ij
— commune
Gomme il est souvent difficile de se procure! i< pistaches récentes , on leur substitue de. amandi douces. Le mélange de sirop de violettes et d safran suffit pour donner au looch la couleur verte
qu’il doit avoir.
Looch d’œufs.
^ Jaune d’œuf,
Huile d’amandes douces
■ • 3 i fi-
Sirop de guimauve
Eau de fleurs d’oranger
— de coquelicots
. 3 ij.
On bal, dans un mortier de marbre, l'buile d'amandes douces avec le jaune d’œuf, préalablement un peu délavé : on ajoute peu à peu les eaux distillées et le sirop.
Lcoch sans amandes.
Gomme adraganle er. X',
Huile d’amandes douces O IT-
Sucre j J'
Eau 3 "i-
Eau de (leurs d’oranger O >]•
Nous désignerons sous le nom spécial de poli os toutes celles qui ne sont ni des loochs ni des juleps. Nous les diviserons en deux séries. La première comprendra les potions qui ne contiennent que des matières solubles qui ne peuvent en lu o- 1,1er la transparence ; dans la seconde , seront h s potions dans lesquelles on fait entrer des corps q u
ne peuvent se dissoudre, et qui restent en suspension.
Nous n’avons presque rien à dire sur le mode de préparation des potions de la première série. Elles consistent, pour ainsi dire, en de simples solutions; nous li ions observer seulement que lorsqu’au nombre de leurs composans se trouvent des corps volatils, il faut avoir le soin de ne les ajouter qu’en dernier, afin d’éviter autant que possible leur déperdition. Userait cependant plus avantageux de mêler l’éther au sirop, en se fondant surcelte observation de M. Boullay, que le sucre et l’éther ont la plus grande affinité l’un pour l’autre, si bien que des cristaux retirés du sirop d’éther conservent leur odeur après être restés exposés assez longtemps à une chaleur de 4o degrés.
Les substances qui, introduites dans une potion, peuvent en troubler la transparence , sont : les résines, les gommes-résines, les huiles fixes et volatiles, le camphre, les teintures alcooliques ou éthérées, les poudres , les extraits , les électuaires. Recherchons par quels moyens on peut parvenir à diviser res corps de manière à ce qu’ils restent unis au liquide le plus de temps possible.
Quand on voudra incorporer une résine ou une gomme-résine à une potion , on commencera par la réduire en poudre très-fine par la trituration ; cela fait , on délaiera la poudre avec un jaune d’œuf; on ne mettra le liquide que lorsque la gomme-résine ou la résine sera parfaitement di-
visée. Faisons observer que toutes les fois qu’on 6e sert de jaune d’œuf pour préparer une potion , il est avantageux de commencer par y ajouter une petite quantité d’eau.
Quelquefois on substitue au jaune d’œuf une gomme réduite en mucilage ; mais la division des résines et des gommes-résines s’y fait moins bien.
Souvent dans les potions où l’on fait entrer de la gomme ammoniaque, on met en même temps de l’oximel scillique ; il faut le triturer long-temps avec la gomme-résine avant d’ajouter le jaune d’œuf, et même, quand la dose de gomme ammoniaque n’est que de quelques grains, le jaune d’œuf devient inutile.
On divise les huiles fixes à l’aide d’un jaune d’œuf ou d’un mucilage ; on préfère généralement ce dernier parce que les huiles s’y divisent parfaitement, et qu’il ne change pas la couleur du composé. Cependant , lorsque l’huile est naturellement consistante , comme celle des ricins , il faut préférer le jaune d’œuf, qui épaissit moins la potion.
Les huiles volatiles, quand elles sont en petites doses, sont mêlées au sirop , ou triturées avec du sucre; on forme ainsi un éléosaccharuin miscible à l’eau. Quand la proportion d’huile essentielle est très-forte, on la divise à l’aide d’un jaune d’œuf.
Le camphre est d’abord pulvérisé an moyen de quelques gouttes d’alcool ; on le divise ensuite A
laide d’un mucilage de gomme ou du jaune d’œuf. Quand il se trouve avec des teintures , on le triture avec elles ]>our le dissoudre, et on môle la dissolution aux sirops.
Quelques praticiens ont proposé de diviser le camphre avec la magnésie (4 parties de camphre, 1 partie de magnésie). Mais après avoir délayé le tout, on laisse déposer, et l’on décante. Ce procédé est défectueux en ce que la magnésie retient du camphre , et, si on laisse la magnésie dans la potion, elle contribue par son insolubilité à la rendre plus désagréable au malade; il faut donner la préférence à l’intermède du mucilage.
Un certain nombre de teintures alcooliques, et principalement les teintures gommo- résineuses, quand on vient à les mêler avec l’eau, abandonnent les matières qu’elles tenaient en dissolution , et celles-ci se séparent en grumeaux. Pour éviter cet inconvénient, il faut triturer ces teintures avec le sirop ou avec du sucre avant de les mêler aux potions.
Cette précaution est inutile quand l’alcool lient en dissolution des principes solubles dans l’eau ou qui se précipitent dans un grand état de division quand elles ont le contact du liquide. Mais elle est indispensable pour les teintures chargées de gommes-résines ou de matières grasses, comme la teinture d’assa-fretida , celle de castoréum, etc.
Les poudres que l’on fait entrer dans les potions doivent avoir un grand degré de ténuité. On les délaie préalablement dans le sirop pour les avoir
plus divisées ; on ajoute ensuite le reste du liquide.
On délaie les électuaires par simple trituration.
Les extraits doivent être triturés dans un mortier jusqu’à ce qu’ils soient divisés. Ce procédé est préférable à celui qui consiste dans leur dissolution à chaud ; de cette manière , ils sont infiniment moins divisés. Les parties extractives qui ont perdu leur solubilité par l’action du feu, ou les parties insolubles dans l’eau qui ne s’étaient dissoutes qu’a la faveur d’autres corps, et qui se sont séparées lors de la concentration des liqueurs, formeraient des parties grossières en suspension ; on pourrait les séparer par la filtration, mais comme dans un grand nombre de cas elles ont des vertus médicamenteuses bien prononcées, il vaut beaucoup mieux les laisser dans la potion, en ayant le soin de les atténuer le plus possible.