XV H
ÉMULSIONS.
On donne le nom d’émulsion à un liquide d’apparence laiteuse , préparé avec des semences Imileuscs et de l’eau.
L’émulsion est formée d’huile tenue en ptispension dans l’eau, à l’aide d’une matière muqueuse dont la nature n’est pas bien connue, et qui peut, d’ailleurs , n’ètre pas toujours la même. Si nous examinons quelle est la composition des amande, douces, qui servent le plus souvent à la préparation des émulsions, nous verrons, avec M. Boullay, que le sucre et la gomme y sont en trop petite proportion , pour qu’on puisse raisonnablement leur attribuer la division de l’huile, et, comme nous y retrouvons en abondance l’albumine végétale, il est hors de doute que c’est ce principe qui tient l’huile en suspension; dans quelques semences très-mucilagincuses , par exemple , celles de lin , on conçoit que le mucilage concourt à produire le même eiïct.
L’émulsion se sépare , quelque temps après qu’elle a été préparée. Le parenchyme des amandes , qui a été divisé pendant la trituration , et qui est resté suspendu, vient nager à la surface en même temps qu’une portion d’huile. Plus tard, le liquide passe à la fermentation et s’aigrit, et le coagulum augmente par la séparation plus complète du parenchyme et de l’huile, et , sans doute aussi, par la solidification progressive de l’albumine végétale, opérée par l’acide qui s’est produit pendant la fermentation.
Pour faire une émulsion , on se sert d’amandes mondées de leur pellicule; on l’enlève aisément , en faisant tremper pendant quelques instans les amandes dans de l’eau bouillante. Leur peau se
ramollit , et se détache , en faisant glisser les aman des entre deux doigts. On les fait tomber dans de l’eau froide pour les raffermir, après quoi on les essuie, et on les fait sécher.
La soustraction de la pellicule des amandes est nécessaire en cela, que cette pellicule contient une matière tannante qui nuirait il la blancheur de l’émulsion, en même temps qu’elle pourrait altérer sa saveur.
Les amandes étant mondées, on les pile dans un mortier de marbre , en ajoutant un peu d’eau , pour empêcher la séparation de l’huile; s’il doit entrer du sucre dans le lait d’amandes, on l’ajoute d’abord ; quand le tout est réduit en une pâte bien fine , on délaie dans l’eau , et l’on passe avec expression à travers une étamine.
Il est important de ne pas ajouter à une émulsion des liqueurs acides ou alcooliques, qui la coaguleraient; les premières, en formant avec l’albumine végétale un composé insoluble, et les secondes en s’emparant de l’eau.
On fait quelquefois de fausses émulsions, en délayant des huiles, des résines, des gommes-résines dans l’eau, à l’aide d’un mucilage ou d’un jaune d’œuf : nous y reviendrons en parlant des potions.
Emulsion simple ou lait d’amandes.
rif Amandes iucrc.
F.au
Eau rie (leurs d’oranger.
On préparé de même les émulsions de semences froides , de pignons doux, de pislaches, etc.
Une potion est un médicament liquide destine à être pris par cuillerées.
La nature des potions est extrêmement variable. On peut distinguer les juleps , les loochs et les potions proprement dites ; mais ces distinctions ne sont que conventionnelles, et il n’existe aucune limite bien tranchée entre ces diverses espèces de médicamens.
Un julep est une potion ordinairement composée de sirops et d’eaux distillées. On y fait entrer quelquefois des mucilages, des acides, mais jamais de poudres ou de substances huileuses qui puissent troubler sa transparence.
Les loochs sont des potions dont la consistance est plus épaisse que celle des sirops; leur base est presque toujours un mucilage , souvent on y fait entrer des huiles ou des médicamens plus actifs.
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§ XVÏIT