HUILES MÉDICINALES
On nomme huiles médicinales, l’huile qui a etc chargée, par dissolution, des principes des végétaux solubles dans cet agunt.
On emploie à la préparation des huiles médicamenteuses, les huiles lixes et les huiles volatiles. Examinons d’abord ceux de ces composés qui ont une huile fixe pour base ; nous traiterons ensuite de ceux qui sont laits avec des huiles volatiles.
Les huiles fixes agissent sur les plantes à la manière d’un dissolvant. Les principes dont elles peuvent se charger sont les résines, les huiles fixes et volatiles, et la matière colorante verte ou chlorophylle. Elles dissolvent également les principes narcotiques des solanées. Elles sont propres à se charger de la matière vésicante des cantharides et de celle du garou. On les voit même se combiner au mucilage qui modifie leurs propriétés physiques. Elles coulent alors plus difficilement, et sont moins propres à oindre la peau. L’huile d’olives est toujours employée à la préparation des huiles médicinales. On la fait agir tantôt sur des matières sèches, et tantôt sur des matières fraîches. Quand la nature des plantes ne permet pas de chauffer pour chasser l’humidité, lorsque, par exemple, elles contiennent des principes odorans fugaces, l’eau qui est restée mêlée à l’huile la dispose è rancir. Au reste, tous ces médicamens doivent être renouvelés chaque année.
On divise les huiles médicinales en simples et composées. Cette division est basée sur le nombre des ingrédiens qui entrent dans leur composition.
On les prépare par macération , digestion ou décoction.
C’est par macération que se préparent les huiles
Faites avec les fleurs odorantes. Tantôt on les emploie fraîches (les roses pâles, les roses de Provins, les pétales du lys.) Tantôt on les emploie sèches : telles sont les (leurs de mélilot, la camomille, et aussi les roses de Provins , que l’on peut également prendre fraîches. Dans tous les cas, après avoir contusé ces fleurs , et les avoir laissées en contact avec l’huile, pendant quelques jours, à la chaleur du soleil , on passe avec expression , et l’on ajoute de nouvelles fleurs souvent à deux reprises différentes. Après quoi l’on sépare l’huile de son dépôt , et on la conserve pour l’usage.
Huile rosat.
'if Roses pâles récentes i5oo.
Huile d’olives îooo.
F. s. a. en ajoutant les (leurs à trois reprises differentes.
On prépare de même les huiles de lys , de roses rouges , de mélilot , de camomille. Seulement on se sert des fleurs sèches de mélilot et de camomille.
Le lys ne cède à l’huile, ni son odeur ni sa saveur.
La camomille abandonne une matière verte colorante, et de l’huile volatile.
Les roses ronges ne colorent pas l’huile. Leur principe colorant n’est pas soluble dans ce menstrué ; il se dissout un peu d’huile volatile et de matière grasse. On a l’habitude de donner une teinte rouge à l’huile de roses , au moyen de la racine d’orcauette.
On prépare des huiles simplement odorantes, avec la tubéreuse et le jasmin, en laissant ces fleurs en coutact avec l’huile, et les renouvelant de temps en temps. On se sert d’huile d’olives. Autrefois, on employait l’huile de ben au même usage.
On traite, par digestion , dans l’huile, les matières sèches qui renferment des principes qu’une chaleur modérée ne peut dissiper; par exemple, les cantharides et le garou.
Huile do cantharides.
if Cantharides en poudre grossière. ... iah.
Huile d’olives 1000.
L’huile dissout la cantharidine ou le principe actif des cantharides; elle se charge aussi de l’huile grasse jaune, et de l’huile concrète verte.
Huile de garou.
if Ecorce scche de garou ]
Huile d’olives 2.
On prend l’écorce de garou; on la hache, et on la pile dans un mortier de fer, avec un peu d’alcool, jusqu’à ce quelle présente une niasse soyeuse, sans apparence d’écorce; on la fait digérer, avec l'huile, pendant quelques heures, et l’un passe avec expression.
Telle est la meilleure manière de préparer l’huile de garou. Elle nous est indiquée par les expériences de M. Goldefy-Dorly.
L’huile se charge du principe vésicant, matière d un beau vert foncé , de la consistance du beurre,
t}ès-fusible , et dans lequel réside l'odeur propre du garou.
M. Lartigue a donné le procédé suivant:
On prend écorce de garou cinq livres, on la concasse par petites portions, dans un mortier de marbre , avec un peu d’eau, pour n’être pas incommodé par la poudre qui s'élèverait dans l’atmospbère sans cette précaution ; on met l’écorce ainsi divisée, dans une bassine avec trois livres d’eau; on chauffe légèrement pendant une demi-heure ; on pile de nouveau l’écorce, et on la remet dans la bassine avec la liqueur aqueuse et dix livres d’huile ; on fait bouillir , en agitant jusqu’à ce que l’eau soit presque entièrement évaporée; on passe avec expression ; on laisse déposer, et l’on décante.
On prépare par coction les huiles d’hypéricum , de jusquiame, de ciguë, de morelle, de rue, de vers de terre , etc. , parce que l’on prend ces corps frais, et que les principes dont l’huile peut se charger ne se dissolvent qu’après que l’humidité s’cst dissipée. Après les avoir pilés dans un mortier de bois ou de marbre , on les fait bouillir avec le double de leur poids d’huile jusqu’à consomption de l’humidité, ce que l’on reconnaît à ce qu’un peu d’huile jetée sur des charbons ardens s’y enflamme sans pétiller. Jusqu’à ce moment, l’huile ne risque pas de brûler, parce que l’eau lui sert de bain-marie , et empêche la température de s’élever au-delà de 100 degrés; mais, quand on approche de ce point, il faut diminuer le feu , et laisser digérer, pendant quelques heures, sur un feu très -doux.