‹ Manuel de pharmacie theorique et pratiqueChapitre 39 sur 93 · JI · texte numérisé non relu

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L’huile ne dissout les principes solubles que lorsqu’ils ne sont plus défendus de son action par l’eau qui les accompagnait. Cette opération terminée, on passe avec expression , on laisse déposer, on décante, et on conserve pour l’usage.

L’hypéricum ne cède à l’huile que très-peu de sa partie colorante, qui est une gomme-résine rouge. On colore l’huile artificiellement avec la racine d’orcanette.

L’huile se charge de la partie colorante verte, et du principe narcotique des solanées et de la ciguë; elle dissout l’huile volatile de la rue, et une matière verte de nature résineuse qui l’accompagne.

La formule pour toutes ces huiles est la même; celle de jusquiame nous servira d’exemple :

Huile de jusquiame.

Jusquiame récente -,

Huile d’olives j ana p. e'g.

On fait, avec la moitié de la jusquiame, une première huile médicinale , qui sert de véhicule pour traiter le reste de la plante.

Huile de vers.

Vers de terre. .

Jfuile d’olives. . .

Vin blanc. .

ana p. eg.

On lave les vers dans l’eau, puis on les fait bouillir, jusf]il à consomption de l’humidité, dans le inélanae de vin et

d’huile. Celle-ci reste chargée du mucilage. Il es! peu probable qu’elle dissolve de l’extrait vineux.

Huile de Mucilage .

^ Fénugrec concasse' *

Graine de lin ? ana 3oo.

Racine de guimauve '

Eau bouillante 5ooo.

Huile d’olives iooo.

On divise convenablement les substances mucilagineuses, on les fait dige'rer dans de l’eau , pour dissoudre le mucilage; on passe avec expression ; on mêle la liqueur à l’huile d’olives, et l’on fait cuire, en remuant continuellement , jusqu’à ce que toute l’humidité soit évaporée. Il est indispensable d’agiter pendant la cuisson; car une partie du mucilage se précipite, et s’attache au fond de la bassioe , uu il brûlerait infailliblement.

Cette huile a uno couleur safran ée et une odeur particulière ; elle les doit au fénugrec : elle est devenue plus visqueuse par la dissolution d’une certaine quantité de mucilage.

Baume tranquille .

If Feuilles récenles de stramonium. . . \

— — de morelle ... J

— — de belladone . \

. ! ana 1 aa

— — de nicoUane. .

— — de jusquiamc noire.

— — de pavot blanc. . .

Huile d’olives

3ooe.

Sommités sèches de romarin î

— — de sauge \

— — de rue |

— — d'absinthe I

— — d'hyssope I

— — de thym \ana 3a.

— — de marjolaine 1

Menthe coq I

— aquatiquo 1

Sureau 1

Hypéricum /

Le baume tranquille est une combinaison de l’huile avec les principes narcotiques et coloratis et l’huile volatile fournis par des plantes. On dissout les premiers, en faisant bouillir l’huile avec les plantes qui les renferment , en se conformant a ce que nous avons dit, en traitant des huiles préparées par coelion , on passe avec expression , et l’on verse le produit sur les plantes aromatiques. Ou laisse macérer pendant un mois , pour laisser aux essences, le temps de se dissoudre.

Le baume tranquille prend souvent une apparence Caillebotée , quelque temps après qu’il a été préparé , parce qu’une partie de la matière colorante verte des plantes se précipite; cette substance se redissout à une légère chaleur pour se précipiter de nouveau par le refroidissement.

On doit conserver le baume tranquille, il l’abri de la lumière, car, suivant l’observation de M. Save, >1 y prend une couleur jaunâtre.

Les huiles médicinales qui ont pour hase une huile volatile sont peu nombreuses. Celles que l’on emploie ordinairement sont des solutions de soufre ; on les nommait autrefois baumes de soufre.

On prend une partie de soufre en fleurs, lavé , et quatre parties d’huile volatile; on fait digérer au bain de sable , jusqu’à dissolution du soufre. Quand l’huile est refroidie, on la conserve dans des bouteilles bien bouchées.

C’est ainsi qu’on prépare les baumes de soufre anisé , térébenthiné , succiné , par la dissolution (Lu soufre , dans les huiles volatiles d’anis , de térébenthine ou de succin.

L’huile fixe sert quelquefois d’excipient pour ces dissolutions. Ce que l’on nommait simplement baume de soufre est une dissolution de soufre, dans l’huile de noix ou i’huile d’olives.

L’huile acquiert une couleur rouge , par la dissolution du soufre ; il se forme un peu d’acide hydro-sulfurique, qui communique son odeur à la composition. Les huiles essentielles dissolvent mieux le soufre que les huiles fixes ; la dissolution est plus foncée en couleur, et l’odeur hépatique est plus développée.

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