‹ Manuel de pharmacie theorique et pratiqueChapitre 57 sur 93 · XXX · texte numérisé non relu

XXX

( 5oo )

filtrer, on enlève ce qu’il peut y avoir d’écume à la surface.

Le miel s’altère par l’action prolongée de la chaleur. Il se colore, et prend de l’âcreté. En conséquence, il faut le tenir sur le feu le moins possible. On y parvient en se servant de liqueurs claire-s et de miel de bonne qualité; et-, pour que la coction soit prompte, on fait évaporer rapidement.

Il serait préférable de faire les mellites à froid , ou, au moins, à une très-douce chaleur. Par ce moyen , le miel ne serait pas altéré , et l’on aurait des sirops transparens qui ne se troubleraient pas après leur préparation.

Mcllitc simple.

(Sirop de miel).

y Miel q. t

Eau s. q.

La meilleure manière de le faire est par solution à froid.

Quand on veut enlever à cc mcllitc la saveur de miel, on emploie le procédé suivant :

On prend six livres de miel, une livre et demie d’eau, et trois onces de craie en poudre; on place le tout dans une bassine, et l’on fait bouillir trois à quatre minutes; on ajoute deux onces de charbon animal, et deux blancs d’œufs dissous dans deux livres d’eau ; on fait cuire en consistance de sirop: on laisse digérer, et l’on passe à l’étamine.

( Soi )

Mellite de roses.

(Miel rosat).

Pétales de roses rouges sèches 5oo.

Décoction des calices de roses de Provins. 2000. Miel 3ooo.

On fait un sirop par coction et clarification avec l’infusum de roses dans la décoction des calices.

11 faut exprimer très-légèrement, en passant l’infusum, sans quoi l’on obtiendrait un liquide trouble, qu’il serait impossible de clarifier.

Au reste, en suivant ce procédé, il est presque impossible d’avoir du miel rosat clair. Aussi, la plupart des pharmaciens suppriment les calices de roses, qui n’ajoutent pas, d’ailleurs, beaucoup aux propriétés du sirop.

Il vaudrait mieux encore faire un infusum plus chargé, le filtrer et faire le mellite à froid, sans clarifier; car l’albumine des œufs enlève, en pure perte, une portion du tannin des roses rouges, en formant avec lui un composé insoluble.

Oximcl simple.

If Vinaigre rouge 1.

Miel blanc 2.

Faites cuire en consistance de sirop.

On prépare de même l’oximel scillitique, et l’oximel colchique , avec le vinaigre chargé , par macération , des principes médicamenteux du colchique ou de la scille.

of>

M. Etoc-Demazy a proposé , avec juste jaison, de faire les oximellites à froid (vinaigre 1 partie, miel 4 parties) , et, pour conserver les mêmes propriétés à l’oximel scillitique, il prépare un vinaigre scillitique avec double dose de squammes de scille. On a , par ce procédé, un oximellite transparent qui ne se trouble pas.

M. Boullay a fait observer qu’il faudrait, dans le procédé de M. Etoc-Demazy, se servir de vinaigre concentré par la gelée , afin que le produit ait le même degré d’acidité.

Mcllitc scillitique.

Squammes de scilie sèches ' . t-j.

Miel ;5o.

Faites une légère décoction de la scille, el ajouter le miel pour faire un sirop s. a.

il Icllile de mercuriale simple.

Suc de mercuriale Miel

Cuisez en sirop.

Mcllitc de mercuriale compose.

Suc dépuré de mercuriale

— — de bourrache. .

— — de buglosse. . .

Racine d'iris faux Acorc.

Gentiane

looo.

! ana 2ao.

Sa.

; ana p. eg.

Miel blanc Vin blanc.

I 5oo.

Faites mace'rer les racines dans le vin, pendant vingtquatre heures; passez : d’autre part , faites dissoudre le miel dans les sucs ; passez à la manche ; mélangez les liqueurs , et évaporez en consistance de sirop.

Mcllite d’acèlale de cuivre.

(Onguent égyptiac).

^ Miel 4a«-

Vinaigre

Verdet pulvérisé i Ou.

Mêlez, et faites cuire dans une bassin, de cuivre jusqu’à solution de l’acétate, coloration du miel eu pourpre, et consistance d’onguent.

1 1 est nécessaire d’opérer dans une bassine d’une grande capacité, parce que la matière se boursoufle beaucoup par le dégagement des gaz.

Le mélange a , d’abord , une couleur verte : elle disparaît bientôt, parce que le vinaigre se combine au sousytcétate de cuivre, et le dissout. En même temps , le miel se caramélise , et par ses élémens combustibles, l’hydrogène et lt; carbone , il réduit l’oxide de cuivre, d’où résulte du cuivre métallique, qui donne à la composition une couleur rouge, de l’eau et de l’acide carbonique. Celui-ci se dégage avec bouillonnement , en soulevant la masse. En même temps, il se volatilise de l’acide acétique et de l’eau, et, sans doute, d’autres produits de la

décomposition du miel et de l’acide. Il reste dans la composition du cuivre réduit, du miel caramélisé, et un peu d’acétate de cuivre, avec le résidu du vinaigre à demi altéré. M. Henry s’est assuré qu’il ne reste presque plus d’acide acétique, et de cuivre oxidé.

L’onguent égyptiac se sépare au bout de quelques jours ; les parties cuivreuses se précipitent, et sont surnagées par un sirop coloré. On mélange les deux couches au moment d’employer ce médicament , qui du reste est toujours réservé pour l’usage externe.

Page 1