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SIROPS COMPOSÉS

Dans la préparation des sirops composés, il faut se conformer à toutes les règles que nous avons prescrites pour les sirops simples, en appliquant à chaque substance le procédé qui lui convient le mieux.

Le nombre des sirops composés dont les médecins fout usage est bien moins grand qu’autrefois. Un petit nombre seulement ont été conservés dans le nouveau Codex. Us nous serviront à faire l’application des règles générales.

Tous ces sirops composés sont faits:

i» A l’aide de la distillation ;

2° Par décoction ;

5° Par décoction et infusion.

Les sirops préparés avec le secours de la distillation sont ceux de stœchas , d’armoise et de raifort composé. La manipulation est à peu près la même pour chacun d’eux. Elle consiste à faire tremper dans l’eau les matières qui entrent dans la composition du sirop, et it distiller au bain-marie, pour retirer une certaine quantité de liqueur aromatique. On fait avec celle-ci et suffisante quantité de sucre blanc , un premier sirop par solution.

On passe le résidu de la distillation , et l’on s’en sert pour préparer un sirop par- coction à la manière ordinaire. Quand ce deuxième sirop est refroidi , on le mêle au premier.

Quelques praticiens font cuire fortement le second sirop, et le ramènent au point convenable, par l’addition du liquide distillé.

Sirop de stœchas compose.

Fleurs de stœchas.

Sommités de thym.

Sauge

Romarin. .

Semences de rue. .

— de fenouil. . .

Cannelle. .

Gingembre.

Cala mus aromaficus.

Eau

gG.

ana 2^.

ana 18.

ana 8.

4ooo.

Après deux jours de macéralion , retirez, par distillation, a5o de produit, que vous convertirez en sirop, avec une égale quantité de sucre. Avec le résidu de la distillation et 2000 de sucre, on prépare un sirop par coction et clarification, que l’on mêle au premier.

Sirop d* armoise composé .

^ Sommités fleuries d’armoise

Racine d’aunée

— - de livèche

— de fenouil

Menthe

Pouliot

Cataire

Sabine

Marjolaine

Iiyssope

Malricaire

Rue. .

Basilic.

Anis. . .

Cannelle

Faites macérer pendant trois jours dans :

Hydromel simple 9000.

Retirez h la distillation a5o de produit, que vous convertirez en sirop au moyen de ,

Sucre 5oo.

Le résidu de la distillation et 2000 de sucre servent i» préparer un sirop par coction cl clarification que i un mêle au premier.

ana 16.

ana 92.

• ana 1 1 a-

Sirop d’Erysimum compose .

^ Orge monde j

Kaisins secs ( ana G4-

Réglisse '

Bourrache

, ana 96.

Chicorée )

Faites bouillir dans :

Eau 6qoo,

jusqu’à rc'duction d’un quart; passez, et versez bouillant sur :

Erysimum frais i5oo.

Racine d’aunée 128.

Capillaire du Canada 32.

Romarin 16.

Stœchas 1G.

Anis 24-

Après vingt-quatre heures de macération, distillez, pour obtenir 25o de liqueur qui servira à préparer un sirop par solution avec :

Sucre 5oo.

On ajoute au liquide de la cucurbite , après l’avoir passé ,

Sucre i5oo.

Miel 5oo.

El l’on lait selon l’art un sirop que l’on mêle au premier.

Sirop antiscorbutique

If Feuilles récentes de cochléaria. .

— de me'nyanthe

— de cresson .

Racines fraîches de raifort. .. .

Oranges amères. . ....

Sucre

Vin blanc

> ana 5oo.

ana 2000.

On relire, par distillation , 5oo de liqueur alcoolique qui sert à pre'parer un premier sirop , par solulion , avec la moitié du sucre; on le mélange au sirop fai! par coction et clarification.

Le vin blanc fournit de l’alcool , de manière que le produit distillé est limpide , quoique très-chargé d’huile volatile. On a obserré que le chapiteau en étain de l’alambic se recouvre d’une matière noire, dont une partie est entraînée dans le récipient. C’est du sulfure d’étain et de plomb.. Les expériences de MM. Garot et Henry fils ont fait voir que ces sulfures sont le résultat de la décomposion d’un acide volatil particulier, qui compte le soufre au nombre de ses élémens (acide sulfosinapique) . qui est particulier aux crucifères, et dont les métaux déterminent aisément la décomposition.

Le sirop de salsepareille composé et le sirop de mou de veau nous serviront d’exemple pour les sirops préparés par décoction.

Sirop de salsepareille composé ou de Cuisinier.

On fail infuser la salsepareille dans l’ean pendant vingtquatre heures. Au bout de ce temps, un fait bouillir pendant une heure ; on passe avec expression ; l’un fait une deuxième et même une troisième décoction. Toutes les liqueurs sont réunies et concentrées; on y lait bouillir légèrement les (leurs, le séné et l’anis. On fail un sirop par cochon et clarification , avec le miel et le sucre.

11 est préférable de traiter la salsepareille à froid ou tout au plus par infusion , afin de ne pas dissoudre, sans aucun profil pour la qualité du sirop , l’amidon, qui abonde danscette racine. Enemployant l’infusion, la Liqueur contient encore de l’amidon, mais en petite quantité.

On ajoute souvent du sublimé corrosif au sirop de salsepareille composé. Les expériences de MM. Iloullay et Henry ont fait voir que cette addition n’est [tas rationnelle. Elle devrait être faite tout au plus au moment de l’administration du sirop. Le deu locblorure de mercure ne larde pas à passera l’état de protochlorure. Celui-ci , très-divisé , ne se précipite que lentement , en entraînant

Salsepareille. - Fl eurs de bourrache.

— «le roses pâles.

1 ooo.

Sëné.

Anis.

Miel.

Sucre

ana iooo.

avec lui de la matière végétale. Avec le temps fun mois environ), le protochlorure est lui-même rédmt, et il se fait du mercure métallique. Toutes les substances qui composent le sirop, prises séparément, se comportent de la même manière. Avec la bourrache, la réduction est plus prompte. Le sucre pur n’agit que très-lentement.

Sirop de mou de veau composé.

Mou de veau.

Dalles. .

Jujubes

Raisins secs

Racines de re'glisse

— de consoude

j ans 3a.

Feuilles de pulmonaire.. . .

Sucre

Quand on prépare les sirops composés par décoction et infusion , les procédés peuvent être ramenés aux trois suivans :

i° On fait bouillir une partie des substances, et l’on fait infuser les autres; ou mêle les deux colaturcs, et l’on prépare un sirop que l’on clarifie. C’est ainsi que le Codex prescrit de préparer le sirop des cinq racines apéritives.

Sirop des cinq racines.

'if, Racines d’àche .

— de fenouil. fins ibo

Racine» de persil.

— d'asperge

— de petit houx

Sucre

On fait infuser les racines aromatiques , et bouillir celles d'asperges et de petit houx. Sur la fin de la décoction, on ajoute le résidu de l’infusion, que l’on fait bouillir quelques inslans; on réunit les deux liqueurs, et on prépare, au moyen du sucre , un sirop par coclion et clarification.

Ce procédé est mauvais en ce qu’il entraîne la perte d’une grande partie des principes des racines des ombelliferes.

Celles de petit houx ne doivent pas bouillir, car elles sont amylacées.

M. Iloullay a conseillé avec raison de se servir de la distillation. De cinq livres d’espèces distillées , on retire deux livres de produit distillé. On fait un sirop, par coclion, très-cuit, auquel on ajoute le produit de la distillation.

2° On verse le sirop préparé avec un décoctum sur des substances aromatiques concassées et renfermées dans un nouet. On laisse infuser quelque temps ; puis, on retire le nouet.

Sirop de pommes composé.

1^4 Scné 2 5 o.

Semence: de fenouil 3a.

Girofles 4-

Suc dépuré de pommes de reinelte. . .

ana iGo.

3ooo.

— de bourrache.

— de buglosse.

Sucre. . . .

: ana i5uu

Après avoir fait un premier sirop avec le sucre , et un léger décoctum de fenouil , de séné , de girolles, dans le suc de pommes de reinette, on le verse bouillant sur six parties de girofles , et autant de fenouil, renfermés dans un nouet. On laisse infuser pendant six heures.

En mêlant à ce sirop un infusum de safran, d’ellébore blanc , et de carbonate de potasse , et achevant de concentrer, on a le sirop de pommes elléboré.

5° Le troisième procédé consiste dansJa réunion des deux précédons. Après avoir traité séparément par décoction et par infusion , les ingrédiens du sirop, suivant leur nature, on en fait un sirop que l’on verse sur les substances aromatiques renfermées dans un nouet.

Sirop de chicorée composé.

If Racine de chicorée 19:.

Feuilles de chicorée 288.

Fumeterre

Scolopendre ) aIU ^

Alkékengc 6^.

Sucre 25oo.

On fail un sirop par décoclion, que l'on mcle à un infusum préparé avec :

Ilhubarbe. .

Sanlal cilrin Cannelle. .

lf|2.

ana iG.

On évapore en consisiance de sirop, et l’un verse sur : Cannelle

Santal cilrin

concassés et renfermés dans un noue!. On laisse infuser pendant six lieures.

On nomme nullités les sirops dont le condiment est le miel.

On peut appliquer à leur préparation ce que nous avons dit pour les sirops. Nous ferons observer toutefois qu’ils sont infiniment moins sujets à candir. Cependant, on leur donne le même degré de cuite qu’aux sirops.

Le miel se clarifie de lui-même par l’ébullition ; aussi, est-il presque toujours inutile d’employer l’intermède de l’albumine. O11 ne s’en sert qu’au* tant que les liqueurs sont très-cil argées. 11 faut également avoir le soin de n’enlever que les premières écumes; sans celte précaution , on finirait par séparer la majeure partie du miel. Au moment de

WW-M-MK-W M W( C-

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