‹ Manuel de pharmacie theorique et pratiqueChapitre 68 sur 93 · UES POMMADES · texte numérisé non relu

UES POMMADES

(Graisses médicamenteuses du Codex .

Le mot de pommade , dans son origine, n’a ete donné qu’à des médieamens de bonne odeur destinés à la toilette, et dans lesquelles on faisait souvent entrer des pommes. On l’applique maintenant à des composés de matières grasses, d’une consistance molle et chargés dedifTerens principes aromatiques et médicamenteux. Les pommades diffèrent essentiellement des onguens en ce qu’elles ne contiennent pas de matières résineuses.

On peut les diviser quant à leur nature en trois séries :

i° Les pommades par simple mélange ; elles sont formées d’un excipient graisseux mêlé à diverses matières, qui lui sont mécaniquement mélangées ;

a° Les pommades par solutions ; elles tiennent en dissolution différons principes , le plus souvent fournis par des végétaux ;

5° Les pommades par combinaisons chimiques; ce sont celles qui résultent d’une action chimique bien manifeste, entre les corps gras et les composés ordinairement de nature minérale qu’on leur adjoint.

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pilil.M A DES PAR SIMPLE MKLAAGli.

Leur rxciiiient est souvent l’axonge, auquel ou ajoute quelquefois un peu de cire pour lui donner une consistance plus ferme. On lui substitue le beurre, un mélange d’huile et de cire, une des graisses médicamenteuses et odorantes appartenant à la série suivante, et souvent un mélange de plusieurs de ces excipicns.

On y incorpore, par simple mélange, les substances médicamenteuses, et , s’il se produit des phénomènes chimiques , ce n’est qu’au bout d’un temps plus ou moins considérable; et alors le médicament altéré perd des qualités qu’on y recherche.

Le mélange des matières médicamenteuses à l’excipient graisseux se fait dans un mortier ou sur un porphvre. 11 est important que ces corps soient parfaitement divisés : aussi, a-t-on l’attention de porphyriser préalablement les substances minérales, et même de porphyriser la pommade après le mélange, dans les cas où une extrême ténuité est indispensable , par exemple, pour les pommades ophtalmiques.

Quelquefois, on fait le mélange à froid , et cette manipulation sullit quand on ne prépare qu’une petite quantité de pommade ; mais quand on opine sur de fortes proportions, il faut faire foudre le corps gras, et y incorporer les poudres quand il est en partie refroidi : on obtient, par ce procédé.

avec moins de temps et de peine, un mélangé plus exact.

Il est quelques pommades que l’on fait par de» procédés particuliers : telle est la pommade mercurielle.

Parmi les pommades par simple mélange se trouvent :

L’ofiguenl de tutliie ;

La pommade épispalique verte ;

La pommade de cyrillo ;

La pommade mercurielle ;

La pommade hydriodatée, etc.

Onguent blanc Rhazis.

Sous-cahonale cl e plomb j.

Axonge i5.

Celle pommade rancit Irès-vile. Il fanl en préparer peu ». la fois.

Onguent de tulhic.

Tilihie porphyrisée

Beurre lavé à l'eau de roses

ana ito.

Onguenl rosal 1

Pommade de Régent.

Beurre lave' a l'eau de roses.

Camphre

Oxide rouge île mercure 25.

Acétate de plomb 25.

Pommade avec l’émétique.

^ Emétique 5-

Àxonge ïb.

Pommade de Cyril lo.

Sublime corrosif 4-

Axonge 5 2.

Pommade soufrée ( pour la galle ).

^ Axonge )2o.

Soufre lavé 6o.

Sel ammoniac 4*

Alun 4*

Pommade épispaliquc .

Ifi Poudre de cantharides (;4

Onguent populéum 1680.

Cire blanche. 256.

Verdel 24.

Extrait d’opium ■>

Pommade hvdriodaléc.

Ifi Ilyilrioilalc rie potasse.

Axonge

Cette pommade est tantôt jaune et tantôt blanche.

Quand l’hydriodate de potasse est légèrement alcalin, la pommade est blanche, parce qu’il ne s’établit pas de réaction entre le sel et la graisse.

Quand le sel est parfaitement neutre, la pommade est d’un jaune clair. C’est que la graisse décompose une portion d’acide hydriodique, forme de l’eau , et met à nu de l’iode , qui colore la pommade. La couleur devient de plus en plus foncée, surtout à la surface par le contact de l’air. Cet elTet secondaire est le résultat de l’oxigénation des corps gras par l’oxigène atmosphérique, d’où résulte pour lui la propriété de décomposer plus aisément l’acide hydriodique; et ce fait est constaté par une autre expérience; c’est que les graisses rances, c’est-à-dire, qui ont absorbe l’oxigène de l’air, donnent de suite une pommade jaune avec l’hvdriodate de potasse. L’hydriodate ioduré de potasse donne un produit semblable avec la graisse récente. Ces observations sont dm > à M. Henry.

Pommade mercurielle.

(Onguent mercuriel, onguent napolitain).

^ Axonge

Triturez, dans un mortier Je fer ou de marbre, le mercure avec le tiers de la graisse. Quand on n’aperçoit plus aucun globule de mercure à la loupe, après avoir frotté un peu de pommade entre deux morceaux de papier gris , on ajoute le reste de la graisse.

La préparation de cette pommade demande beaucoup de temps. On a cherché à l’abréger, et il a été proposé successivement pour y parvenir un grand nombre de méthodes : les uns, observant que l’extinction du mercure se fait plus rapidement dans un vase à large surlace , et partant de l’idée hypothétique que le mercure est à l’état d’oxide dans la pommade mercurielle, ont proposé de triturer le mercure avec de vieil onguent napolitain , ou de la graisse rance, ou de la graisse oxigenée ou de l’oxide de mercure. Nonobstant l’idée que l’on peut sc faire de l’état du mercure dans la pommade mercurielle , tous ces moyens de hâter sa préparation doivent être bannis , parce que le moindre des inconvéniens qui peut en résulter est de donner un médicament déjà rance au moment oii il vient d’être préparé.

L’huile d’amandes douces a été recommandée par M. Dumesnil, l’huile d’œuf par M. Planche ,

Mercure.

l’agitation avectle l’eau dans un flacon par M. Dufi 11)0.

L’on n’est pas d’accord sur l’état du mercure dans l’onguent napolitain : les uns croient qu’il est oxidé. Un plus grand nombre pense qu’il v est a l’état métallique. M. Wahren a principalement défendu la première opinion , M.Vogelet M. lioullay la seconde.

Voici sur quelle base s’est appuyé M. W ahren ,

i° De l’onguent mercuriel ayant été mêle a de la potasse liquide jusqu’à saponification , et le savon ayant été dissous dans l’eau froide , il est resté une poudre sans éclat métallique ;

2° De l’onguent préparé avec du mercure et de la graisse oxigénée s’est comporté de même;

5° Du mercure éteint dans la térébenthine fut traité par l’alcool. Il laissa un résidu non métallique ;

4° Du mercure a été séparé par l’eau du mercure gommeux de Plenck : il était noir grisâtre et sans éclat métallique ;

5° En chauffant les trois premières préparations dans un tube à la chaleur de l’eau bouillante, il se précipite plus ou moins promptement du mercure métallique. C’est que dans ce cas l’oxide est réduit; car, en préparant de la pommade avec de l’oxide de mercure, préparé par agitation dans l’air, il est également presque réduit par la fusion;

6" De l’onguent mercuriel recouvert d’une feuille d’or ne l’a pas blanchie.

D’après MM. Vogel et flou May, en traitant l’onguent mercuriel par l’alcool, on dissout toute la

graisse, et le mercure reste à l’état métallique. Ce même effet est produit .î froid par l’éther sulfurique. Il reste seulement un peu d’oxide gris qui équivaut au plus à la cinquantième partie du mercure.

L’onguent mercuriel étant traité par l’acide sulfurique , étendu de trois parties d’eau à une douce chaleur, le mercure reparaît à l’état métallique , et le liquide ne contient pas de mercure.

L’acide muriatique ne donne pas de mercure doux avec l’onguent napolitain.

L’acide acétique laisse le mercure métallique , et il ne se fait pas d’acétate.

L’onguent préparé avec la graisse et de l’oxide noir de mercure ne donne pas de mercure métallique.

Le mercure gommeux, traité par l’eau, donne du mercure métallique.

Enfin , de ce qu’une feuille d’or n’est pas blanchie pas la pommade mercurielle, il n’en faut pas conclure que le métal y est oxidé ; car une pièce d’or appliquée sur un amalgame mou d’étain ne blanchit pas.

En comparant entre elles ces différentes expériences, on voit que tout tend h faire voir le mercure à l’état métallique dans la pommade mercurielle. L’erreur de M. Wahren provient de ce qu’il a considéré comme de l’oxide la poudre obtenue dans ses essais. Elle a l’aspect que présente le mercure provenant de la décomposition de son oxide par l’eau oxigénée. On peut s’assurer aisé-

ment par les moyens ordinaires qu’elle ne contient pas d’oxigène.

Puisque le mercure n’est que divisé dans la pommade mercurielle, il est évident que c’est dans 1< s circonstances physiques que doivent être recherchés les moyens de hâter l’extinction de ce métal. Un vase très-évasé et à fond peu convexe aura cet avantage de permettre aux globules de métal de rester séparés à mesure qu’ils auront été formés, sans que leur propre poids puisse les réunir, ce qui aurait immanquablement lieu dans un vase à parois très-inclinées.

Le mélange sera surtout facilité par les corps qui, ayant une viscosité moyenne, permettront au mercure de s’interposer entre leurs particules, en même temps qu’ils s’opposeront à la réunion des globules séparés. 11 serait possible que ce fut la la véritable cause des bons elTets produits par l’huile d’œufs.

Onguent gris.

if Onguent napolitain a5o.

Axonge ;5o.

Mêlez.

Pommade mercurielle au beurre de cacao.

L’ancienne formule de cette pommade prrscrit j de ramollir le beurre de cacao avec le quart de son poids d’huile de Ben , et de triturer avec le mercure dans un mortier échauffé , jusqu’à extinc- r tion du mercure. Il est très-long, très-difficile, 1 pour ne pas dire impossible, d’éteindre le mercure r

par ce moyen. On a proposé d’y substituer celui-ci, savoir : de mélanger de la pommade mercurielle avec du beurre de cacao ; mais le produit conserve une odeur de graisse désagréable. L'emploi de l’buile d’œufs , conseillé par M. Planche, est trèsavantageux. On triture une once de mercure avec vingt gouttes d’huile d’œufs pendant un quartd’heure dans un mortier de marbre. D’autre part , on échaudé un mortier de porcelaine, et l’on y met une once de beurre de cacao. Quand il est liquéfié, on ajoute le mercure, et on triture pendant une demi-heure, à une température telle que le mélange conserve une certaine liquidité. On laisse refroidir graduellement, en continuant la trituration. Si quelques globules de mercure reparaissaient par suite du refroidissement, on nettoierait le pilon , et on le chaufferait de nouveau de manière à ramollir le beurre de. cacao, sans le liquéfier. Après quelques minutes d’une nouvelle agitation, le mercure disparaîtrait.

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