II. POMMADES PAH SOLUTION
Les pommades par solution sont simplement chargées des parties aromatiques et quelquefois des parties colorantes des végétaux. Leur excipient est toujours l’axongo , auquel on ajoute sou vent un peu de cire, pour lui donner une consistance convenable.
On les prépare par macération, digestion ou < oc lion :
i° Pour préparer une pommade par macération
on pétrit les parties des végétaux avec la graisse bien lavée; au bout de deux jours, on fait fondre à une douce chaleur; on ajoute une nouvelle quantité de plantes ; après deux jours on fait liquéüer de nouveau ; on passe avec expression, et on tient la pommade fondue à la chaleur du bain-marie, pour la laisser déposer. On la gratte quand elle est refroidie , pour en séparer les fèces.
Pommade rosal.
If Axonge lavé plusieurs fois à l’eau de roses 1000.
Roses pâles avec leurs calices 3000.
On a l’habitude de colorer la pommade rosat avec la racine d’orcanette : les anciennes pharmacopées prescrivent d’employer parties égales de ros< s pâles avec leurs calices et de roses de Provins, et de faire cuire jusqu’à consomption de l’humidité. On colorait sur la fin avec la racine d’orcanette.
Pommade de concombres.
Elle se prépare par le procédé suivant, qui a été décrit par MM. Henry et Guibourt.
If Axonge
Graisse de veau •
Suc de concombres »• *t-
On fait liquéfier l’axonge et la graisse de veau à une douce chaleur ; quand le mélange est rc-
froidi , on verse dessus la moitié de leur poids de sue de concombres récemment préparé, et l’on pétrit le tout ensemble. Après vingt-quatre heures, on remplace le suc par du nouveau. Au bout de sept à huit fois, la pommade est odorante. Un sépare le liquide, et on fait fondre à une douce chaleur. Pour faciliter la précipitation d’un peu de parenchyme et d’eau que le suc a laissé, on projeté > avant de retirer du feu, un peu d’amidon en poudre ( ô ij ft> j). L’amidon se gonfle , et forme un magma qui se précipite eu entraînant avec lui les matières étrangères : on laisse reposer, et l’on coule la pommade ;
2 " On prépare par digestion les pommades de (leurs d’oranger, de jasmin et de lavande. Du reste, on opère comme il a été dit ci-dessus. C’est aussi par digestion que l’on prépare la pom made de cantharides.
Pommade de cantharides.
^7 Poudre grossière de cantharides 120.
A x onge 1 680.
Ourcuma pulvérisé 8.
Tare jaune 2.5o.
Kssenre de citrons 8.
Faites digérer les cantharides et l'axonge pendant deux heures sur un feu doux , en agitant continuellement ; passes avec expression , faites digérer avec le curcuma ; filtre/. ; sépares l'humidité ; faites fondre avec la cire jaune ; aromatise» avec l'huile essentielle de cifrons.
Telle est 1« formule du Codex.
La présence de l’eau est nuisible, 1° parce qu’elle peut, ainsi que la graisse, se charger de la canlharidine , et qu’elle s’oppose à la dissolution par le corps gras de la matière colorante du curcuraa et des deux principes huileux jaune et vert des cantharides ;
5“ C’est par coction que se font les graisses médicamenteuses suivantes :
Pommade au garou, pommade de baies de laurier , et pommade ou onguent populéum.
Onguent de laurier.
if Feuilles de laurier 5oo.
Baies de laurier
Axonge 1000.
On broie dans un morlier, avec un pilon de bois, les feuilles de laurier , en ajoutant peu à peu la graisse : on fait cuire jusqu’à ce que l'humidité soit dissipée; on ajoute, sur la fin, les baies de laurier broyées ; on laisse digérer pendant quelque temps ; on passe avec expression à travers un linge serré ; on laisse déposer, et l’on sépare les feces.
M. Jéromel a proposé la formule suivante :
Axonge IL j ■
Feuilles de laurier sèches J üj.
Concassez les feuilles de laurier, et faites digérer pendant douze heures avec l’axonge ; passez et ajoutez une livre d’huile de baies de laurier préparée par expression.
Pommade au garou.
^ Axonge 3ao.
rire 3 2
Ecorce de garou 128.
On fait tremper les liges de garou dans l’eau pour en pouvoir séparer aisément l’écorce ; on la met dans une basx sine avec la graisse el la cire, el l’on fait bouillir jusqu’à ce que l'humidité soit évaporée. On passe; on laisse déposer, el on racle la pommade pour séparer les feces. On triture pour qu’il n’y reste pas de grumeaux.
Il vaudrait mieux , suivant la méthode de M. Col defy-Dorly, hacher l’écorce de garou, et la piler dans un mortier, eu Phumectant avec de l’alcool jusqu’à ce qu’elle présente une masse soyeustysans apparence d’écorce ; on la traiterait ensuite par digestion dans le corps gras.
Onguent populcum.
Bourgeons frais de peuplier 5oo.
Faites digérer pendant vingt-quatre heures dans : Axonge fondu i5oo.
Conservez jusqu’à ce que l’on puisse se procurer les plantes suivantes :
Feuilles récentes de pavot.
— — de belladone. . .
— — de jusquiarne. . .
— — de morelie. .
Aiia
Pile?, ces plantes: mèle?-les à la graisse et aux bourgeon! de peuplier; faites cuire jusqu'à consomption de i'.’iumiditc; passe? avec expression; laisse? déposer et refroidir, et gratte? la pommade par couches pour séparer les feces.
Ce procédé, donné par le Codex, a été signalé comme vicieux depuis fort long-temps. Les bourgeons de peuplier moisissent dans la graisse , et la font rancir avant que les autres plantes ne soient suffisamment développées.
M. Henry fait chauffer les bourgeons dans la graisse pour dissiper leur eau de végétation, et il les conserve eu cet état jusqu’au moment ou il peut se procurer les plantes nécessaires pour terminer la pommade.
M. Boullay fait une première pommade avec les bourgeons, et il s’en sert comme d’excipient pour dissoudre les parties médicamenteuses des plantes narcotiques.
Il est préférable , suivant le procédé de M. Dumcsnil, de se servir des bourgeons secs; on les concasse, et on les ajoute quand l’eau des plantes a été évaporée; on laisse digérer pendant vingtquatre heures. La dessication ne fait pas perdre aux bourgeons leur principe odorant balsamique. La graisse qui se dissout prend une teinte jaunfllre.