CATAPLASMES
Les cataplasmes sont des médicamens composé-, externes, d’une consistance de bouillie épaisse, destinés à être appliqués sur quelque partie du corps. Ils sont composés de pulpes, de poudres, de farines et de différons liquides : on y ajoute des poudres, des sels, des huiles, des ongueus, etc.
Dans quelque cas on leur a donné des noms particuliers: on appelle sinapismes ceux qui sont faits avec de la moutarde; cpicarpes , ceux que l’on destine à être appliqués sur les poignets, et suppcdancs , les cataplasmes pour la plante des pieds : ces deux dernières dénominations ne sont plus d’usage.
Il y a des cataplasmes crus; il y en a de cuits. Dans le premier cas, sont ceux faits avec la farine de moutarde ; ils perdraient par la chaleur toutes leurs propriétés : tels sont encore les cataplasmes faits avec des pulpes de plantes préparées sans feu.
Tout ce que nous avons dit , en parlant des pulpes faites à froid, est applicable à la préparation des cataplasmes préparés sans coction avec des plantes fraîches, ou des parties de plantes fraîches. Les cataplasmes de moutarde portent , comme nous l’avons dit, le nom de sinapismes.
On les obtient, en mêlant dans un mortier de la farine de moutarde récente avec du vinaigre froid ou tiède : on doit éviter de chauffer la farine, car les propriétés de la moutarde résident dans une huile volatile âcre que la chaleur dissiperait. Quelquefois on ajoute aux sinapismes des corps qui , par leur âcreté , puissent augmenter leur énergie, comme le poivre, l’ail, les cantharides ou leur teinture alcoolique. On réduit le poivre en poudre, et on le place à la surface du cataplasme ; l’ail doit être mêlé dans la substance même du cataplasme, après avoir été pulpé sans le secours de la chaleur : on mêle la teinture des cantharides à la masse, ou mieux encore, on se contente de la mélanger avec la couche superficielle.
L’huile fixe qui existe dans la semence de moutarde est naturellement douce, et n’ajoute en rien aux propriétés rubéfiantes des sinapismes; elle diminue même leur activité par sa masse, en délayant le principe actif. On pourra donc l’extraire d’abord par expression : on obtiendra une farine plus sèche, plus énergique, et que l’on ne craindra pas de voir rancir.
Les cataplasmes préparés à chaud sont plus nombreux. Quand ils sont faits avec des pulpes déplantés, elles sont plus liées, et l’eau s’en sépare plus difficilement : on se conforme , d’ailleurs , pour leur préparation à tout ce que nous avons dit en traitant des pulpes.
Les cataplasmes faits avec des farines sont d’autant meilleurs, que celles-ci conservent plus loug-
temps l’eau qu’elles ont absorbée. Il paraîtrait, d’après quelques expériences de M. Duportal , que la farine du phalaris canariensis possède cette propriété à un degré plus éminent que toutes les autres, et cette considération devrait la faire préférer. En effet, le liquide, retenu par la viscosité de la pâte , forme , à la surface de la peau , un bain continuel, et l’eüet du remède est d’autant plus eflicace , que cet état d’humidité se conserve plus long-temps, ou, en d’autres termes, que le cataplasme se dessèche moins vite.
Au reste, rien n’est plus simple que la préparation de ces sortes de médicamens : on délaie la farine dans l’eau froide de manière à former une pâle un peu claire et bien homogène, et l’on fait cuire en remuant continuellement. Par là , on facilite la combinaison de l’amidon ou du mucilage avec l’eau, en même temps que l’agitation conserve à la pâte son homogénéité, et l’empêche de briller au fond de la chaudière.
Lorsque l’on fait un cataplasme avec des plantes odorantes , il est préférable de les employer en poudre. On obtient un médicament plus aromatique, car toutes ces matières perdent moins par la dessication que par la chaleur. On donne à leur poudre la consistance requise avec un liquide approprié. H serait avantageux de se servir d’une décoction très-chargée de la plante; on réunirait, ainsi dans le cataplasme tous les principes médicamenteux qu’elle contenait. Si l’on jugeait que la chaleur fût nécessaire , on ferait digéier le vc-
liicule et la poudre à la chaleur modérée du bainmarie.
La masse plastique, qui constitue les cataplasmes, est tantôt employée seule, et tantôt elle sert d’excipient à quelque corps plus énergique. Ainsi , on y ajoute des poudres , du camphre , des sels, des huiles, des onguens, des teintures alcooliques, du savon. Toutes ces matières demandent, suivant leur nature particulière, à être incorporées aux cataplasmes d’une manière dilférente.
Les substances énergiques qui perdraient par l’action du feu une partie de leur vertu sont incorporées au cataplasme froid. Tels sont la poudre de ciguë, le safran, le camphre, l’acétate de plomb ; tantôt on mêle ces matières à la masse; d’autres fois, on se contente d’en recouvrir la surface. Cette dernière méthode mérite d’être préférée, en ce que la portion de matière engagée dans la substance même du cataplasme est à peu près inutile. Toute l’action est exercée par celle qui touche la partie malade.
Le savon , les extraits doivent être dissous dans une petite quantité d’eau.
Quand on veut incorporer des onguens, on .-les délaie d’abord dans un peu d’huile; le mélange s’en fait plus exactement , et ils restent unis plus intimement au cataplasme.
On applique les cataplasmes froids, plus souvent tièdes , quelquefois très-chauds. Quand on les destine à ramollir une partie, il est avantageux d’y
mêler un corps gras. II enduit la superficie de là peau, et le malade se trouve moins contrarié, quand on les enlève, par les effets du refroidissement causé par l’évaporation.
Cataplasme de mie de pain.
if Mie de pain %
Lait J viij.
On fait cuire la mie de pain dans la plus petite quantité' d’eau possible. On y ajoute le lait, et l’on fait cuire en consistance de pâle molle.
Cataplasme narcotique.
if Décoclum de têtes de pavots
— de feuilles de jusquiame J s'
Farines émollientes q . v.
Cataplasme de quinquina et de camphre.
if Farine d’orge J vj.
Eau fb j-
Quinquina en poudre J L
Faites cuire en consistance, et ajoulei à la masse à demirelVoidie.
Camphre en poudre 4-
Cataplasme rubéfiant.
if Orge légèrement torréfié et pulvérise. . ■ J 'v-
Vinaigre 3
( 4og )
Blancs d’œufs N° 3.
Ean * s. q.
Failes, à froid, une pâte que vous étendrez sur de la toile, et que vous saupoudrerez avec ,
Poudre de poivre — de fenouil.