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III. POMMADES PAB COMBIXA1SOXS

C’est presque toujours à chaud que sc préparent les graisses médicamenteuses qui offrent dans

leur préparation des phénomènes chimiques. Elles sont peu nombreuses ; les seules qui soient d’un usage général aujourd’hui sont la pommade exigence et la pommade citrine.

Pommade exigence.

( Onguent nitrique).

^ A x o ri iu' 8.

Acide nitrique à ja" i.

Faites liquéfier l’axonge à un feu doux; ajoutez l’acide petit à petit, et remuez, en laissant sur le feu jusqu’à ce que le mélange commence à bouillir; retirez du feu, et continuez a agiter jusqu à ce que la matière suit en grandepartie refroidie ; coulez-la dans des moules de papier.

Dans cette opération l’acide nitrique est décomposé. Son oxigène agit sur une partie du carbone et de l’hydrogène de la graisse , d’où résulte de l’eau et de l’acide curbonique qui se dégagent en même temps que le deutoxide d’azote provenant de la désuxigènation de l’acide. Le produit est de la graisse, en partie deshydrogénée et décarbonée, et, par conséquent , proportionnellement plus exigence; il reste un peu d’acide indécoinposé. Si on employait nm; plus grande quantité d’acide , comme quelques pharmacopées le prescrivent, il faudrait laver le produit pour en séparer l’excès d’acide.

MM. Bussy et 1 jteanu ont fait voir que , parmi les produits de la réaction , se trouvaient de l’acide olcique et de l’acide margarique.

Pommade cilrinc.

(Onguent citrin, graisse avec le nitrate de mercure).

If Axonge 3-

Mercure 3.

Acide nitrique à 32°

On fait dissoudre le mercure dans l'acide à une don* e chaleur; on verse celte solution dans l’axonge fonda et à demi refroidi; on agile, et l’on coule dans des moules en papier.

Dans la première partie de l’opération, qui consiste à dissoudre le métal dans l’acide nitrique, il se fait du nitrate de mercure. L’acide est, en partie, décomposé; il se dégage du deutoxide d’azote, qui est transformé en acide nitreux par sa combinaison avec l’oxigène, à mesure qu’il a le contact de l’air. L’oxigène provenant de la décomposition de l’acide nitrique fait passer le mercure à l’état d’oxide, lequel s’unit à la portion d’acide nitrique qui n’a pas été décomposée. La dissolution est presque entièrement formée de nitrate de deutoxide de mercure dissous dans un excès d’acide. Quand on vient à la verser dans la graisse, le sel est décomposé; il se transforme en sous-nitrate jaune et en acide nitrique. Celui-ci réagit sur la graisse de la même manière que nous avons déjà signalée en parlant de la préparation de la pommade oxigénée; de là. un dégagement de vapeur d’eau , d’acide carbonique et de deutoxide

d’azote. La graisse altérée reste unie au sous-nitrate mercuriel. Ce sel, d’une couleur jaune, qui était connu autrefois sous le nom de turbith nitreux, communique à la pommade la couleur qui lui est propre.

Si l’on versait la dissolution nitrique dans la graisse très-chaude , le nitrate serait presque entièrement décomposé, c’est-à-dire, réduit à l’état d’oxide, et la pommade, au lieu d’être citrinc , serait d’une couleur jaune rougeâtre.

Au bout d’un certain temps, il se fait une croûte blanche à la surface de celte pommade. M. Vogel pense qu’elle est le résultat d’un dégagement de deutoxide d’azote qui, se faisant du centre à la circonférence, soulève et divise la couche extérieure de l’onguent. M. Laudet s’est assuré que le nitrate disparaît en entier de la pommade citrine quand elle est vieille ; elle a blanchi alors dans toute sa masse. Peut-être est-ce là la véritable cause du changement qui se produit à sa surface ?

La pommade citrine devient grise quand on la divise à froid ou à chaud dans du cérat ou des •corps gras. On a attribué ce phénomène à la désoxigénation du mercure. L’explication est au moins fort douteuse.

ONGUENS.

On nomme de corps gras

onguens, des pommades composées et résineux , dans lesquelles on ne

fait pas entier de substances métalliques en combinaison.

On emploie souvent indifféremment les expressions de baumes et onguens. Cette dernière, dans sa véritable acception , devrait être réservée pour les médicamens destinés à oindre la peau. Le m<>t baume serait réservé pour les pommades résineuses destinées à être appliquées sur des parties entamées ou près de l’être.

Ordinairement, pour préparer un onguent, on fait fondre ensemble les matières grasses et les matières résineuses ; on passe à travers un linge, pour séparer les impuretés, et l’on agite, au moyen d’un bislortier, jusqifà parfait refroidissement. On obtient, par celte manipulation, des onguens moins tenaces, et dans lesquels la résine est bien divisée.

Quelquefois on fait fondre certaines matières à part. C’est lorsqu’elles se liquéfient plus difficilement que les autres. Cette pratique trouve son application dans la préparation de l’onguent basilicum et de l’onguent de styrax.

Quand il entre dans la composition d’un onguent des substances odorantes ou volatiles , on ne les ajoute qu’à la fin. C’est ce que l’on doit surtout avoir grand soin de faire pour la térébenthine, le camphre et les huiles essentielles.

Quand on devra incorporer à un onguent quelque matière pulvérisée, on la prendra très-fine.

Onguent basilicum.

(Onguent de poix et de cire).

if Poix noire. . .

Cire jaune. . .

Colophane. . .

Huile d’olives. . .

Faites liquéfier ensemble la poix et la colophane ; ajoute/, la cire et l'huile : quand le tout sera fondu , passer au-dessus d’un mortier ou d'une terrine à fond convexe; agiter avec un bislorlier jusqu'à ce que l’onguent soit simplement tiède; verser-le dans des vaisseaux convenables.

On mettait dans cct emplâtre de la poix-résine ; on lui a substitué la colophane. Elle n’a pas, comme la poix-résine, l’inconvénient de se tuméfier et de rendre la liquéfaction des matières plus difficile.

On préparait autrefois cet onguent en liquéfiant ensemble toutes les matières. M. Gay a conseillé, avec juste raison, de commencer par fondre d’abord la poix : il s’en dissout davantage. Quand on passe le produit, il reste, sur les parois de la bassine, une grande quantité d’une matière noire, qui est peu soluble dans l’huile , et qui parait être formée de résine altérée et de charbon.

Onguent de styrax composé.

'if Huile de noix 35o.

Styrax liquide ïeâ.

Colophane 'Jo.

Rosine éleini ig:

Cire jaune ig;.

Baume d’Arcæus.

'if Suif de mouton loon.

Térébenthine -5o.

Re'sine élémi 730.

Axonge 5oo.

Baume de Geneviève.

'if Huile d’oliv es 38j.

Cire jaune 6^.

Santal rouge en poudre 16.

Térébenthine 128.

Camphre 2.

Faites digérer à une douce chaleur. Le camphre ne doit être ajouté que lorsque la pommade est à moitié refroidie.

Onguent d’althœa*

^ Huile de mucilage 1000.

Cire jaune a5o.

Poix-résine 12S.

Térébenthine 1 2 v

Digestif simple .

'if Térébenthine pure 64.

Jaunes d’œufs, N° 2 ou 32.

Huile d’hype'rieum s. q.

Tour faire un onguent à moitié liquide.

Baume ncrval .

Moelle de bœuf. 128.

Huile de muscade par expression. . . . 128.

Essence de romarin. * . . ^ . 8.

— de girofles 4*

Camphre 4*

Baume du Pérou 8.

Alcool à 36° 16.

On fait liquéfier ensemble la moelle de bœuf et l’huile de muscade; on verse le mélange dans une bouteille à large ouverture ; on y ajoute les essences, le camphre en poudre, et le baume du Pérou dissous dans l’alcool : on fait fondre le tout au bain-marie; on le mélange exactement, et l’on conserve dans des vases bien bouchés.

e t e t C-tMt C IrC t t-

DES EMPLATRES.

Li s emplâtres, par leur composition , se rapprochent beaucoup des onguens; ils en différent es-

sentiellement par leur consistance; ils deviennent moins fluides par la chaleur, de telle sorte, que la température du corps les ramollit sans les faire couler, et qu’ils conservent la forme qu’on b-ur a donnée.

Relativement à leur composition, on divise les emplâtres en deux classes : ceux de la première ont une composition entièrement semblable à celle des onguens, dont ils De diffèrent que par la plus forte proportion des matières solides. On les désigne sous la dénomination d’onguens solides et d’onguens emplâtres.

La deuxième série des emplâtres comprend tous ceux dont la base est un savon de plomb. 11 est beaucoup de pharmacologistes qui n’appliquent qu’à ces derniers composés la dénomination d’emplâtres.

OKGL'ESS EMPLATRES*

La manière de les préparer diffère à peine , et, souvent môme ne diffère en rien de celle mise en usage dans la fabrication des onguens.

Le plus souvent on fait fondre ensemble tontes les matières : l’emplâtre de cire , celui de blanc de baleine en sont des exemples.

Quand il entre dans la composition des emplâtres de la térébenthine , on ne l’ajoute qu’à la fin, pour ne pas dissiper par la chaleur une partie de l’huile essentielle. Le principal inconvénient qui en résulterait serait d’avoir une niasse cmplastriquc d’une consistance trop ferme.

Après avoir liquéfié lus matières grasses et résineuses , on leur incorpore souvent différentes autres substances : celles-ci doivent toujours être parfaitement disposées au mélange : ainsi, les poudres auront la plus grande finesse, les extraits seront ramollis; le mercure sera éteint; le camphre sera dissous dans un peu d’huile ; toutes ces matières devront être mêlées peu à peu. On fera tomber les poudres à travers le tissu d’un tamis très-lâche , et l’on agitera à mesure, afin de les diviser parfaitement dans la masse, et qu’elles n’y forment pas de grumeaux : leur quantité ne devra pas dépasser le huitième de la masse, sans quoi l’emplâtre n’aurait plus de liant, et il serait difficile de le malaxer.

Autrefois on ajoutait les gommes-résines aux onguens après les avoir réduites en poudre. Il faut, si l’on veut conserver ce procédé, que l’emplâtre nesoit pas trop < haud,et faire tomber les gommesrésines en poussière au moyen d’un tamis, de manière à ce qu’elles restent très-divisées , et ne se grumèlent pas. Elles donnent presque toujours à l’emplâtre un aspect désagréable et une texture peu lisse, en y formant une grande quantité de petits points colorés : aussi, est-il préférable de les ajouter après les avoir dissoutes, et avoir eon centré la solution. Le vinaigre a été proposé comme dissolvant; mais ses propriétés comme tel ne sont pas très-efficaces, et on lui a substitué avec avantage l’alcool faible. On concasse les gommesrésines, on les fait dissoudre dans l’alcool à sa" â

ââ.

la chaleur du bain-marie; on passe la dissolution avec expression au travers d’un linge, et on l’évapore en consistance d’extrait mou. C’est en cet état qu’on incorpore les gommes-résines a l’emplâtre.

Toutes les matières qui entrent dans un emplâtre étant mélaugées, on le laisse refroidir en grande partie, puis on le malaxe dans les mains mouillées , sur une table également mouillée, pour perfectionner le mélange, etlisser.le produit ; on le divise ensuite en cylindres plus ou moins gros , que Tou nomme magdaléons.

Quand un emplâtre contient beaucoup de matières solubles dans l’eau , soit extractives . soit salines , on a la précaution de le malaxer moins long-temps , et en faisant usage de la moindre quantité d’eau possible.

Emplâtre de cire.

Cirejaun'e. 3.

Suif de mouton 3.

Poix blanche i-

> Emplâtre de mucilage.

'If, Huile de mucilage ï-lo-

Résine de pin 96-

Térébenlhine 32.

Cive jaune looo.

Gomme ammoniaque. 3 2.

Opoponax 3 a.

Safran en poudre ><V

Emplâtre de ciguë.

Résiné de pin 960.

Poix de Bourgogne 448-

Cire jaune 64o.

Huile de ciguë 128.

Feuilles récentes de ciguë 2000.

Gomme ammoniaque 5oo.

O11 fait liquéfier les matières fusibles, et l’on ajoute la ciguë conluse; on fait cuire jusqu’à l'évaporation de leule l’eau de végétation; on passe à la presse ; on laisse refroidir, et l’on sépare les fèces. Cela fait , on liquéfie de nouveau la masse emplaslrique , et l’on y incorpore de la gomme ammoniaque dissoute dans l’alcool à 220, et évaporée en consistance d’extrait.

Le Codex prescrit de dissoudre la gomme ammoniaque dans le vinaigre scillitique, et le suc de ciguë, ce qui est un fort mauvais procédé.

M. Boullay a conseillé de faire fondre la gomme ammoniaque en larmes, et d’y incorporer l’emplâtre ordinaire de ciguë.

M. Caventou fait cuire la ciguë avec l’huile jusqu’à consomption de l’humidité, et ajoute la gomme ammoniaque avec les autres substances résineuses. Le premier procédé que nous avons indiqué, est le meilleur, parce que la gomme ammoniaque se liquéfie difficilement par la chaleur, et que , d’ailleurs , la consistance de l’emplâtre varierait avec le degré de siocité nalnrel ou le degré dé pureté de la gomme-résine.

Emplâtre agglutinait f d* André de la Croix.

Poix blanche 128.

Résine élémi 32.

Térébenthine 16.

Huile de laurier . 16.

Emplâtre de cantharides.

(Emplâtre vésicatoire).

If Poix blanche 240.

Térébenthine 80.

Cire jaune 180.

Poudre de cantharides 12a.

Les cantharides que contient cet emplâtre agissent peu : aussi , l’on est dans l’habitude de le recouvrir de mouches concassées avant de l’appliquer.

Emplâtre vésicatoire anglais .

Of Emplâtre de cire. . . .

Suif

Cantharides en poudre fine F. s. a.

DI\S BMPLATRKf PROPREMENT DITS.

Cette série d’emplâtres a pour base la combinaison du plomb avec les acides oléïqne et mar-

garique.On les divise en deux séries : la première comprend les emplâtres préparés avec l’intermède de l’eau; et la seconde, les emplâtres préparés sans elle , que l’on désigne aussi par l’épithète d'emplâtres brûlés.

Indiquons d’abord le mode de préparation des emplâtres non brûlés ; nous donnerons ensuite la théorie de leur préparation.

Toutes les huiles ne sont pas également propres à la fabrication des emplâtres. Les huiles naturellement mucilagineuses , ou celles que Ton a rendues telles artificiellement, donnent des emplâtres peu consistans. C’est là la cause de la mollesse de l’emplâtre de mucilage fait, d’après l’ancienne formule, avec l’huile de mucilage et la décoction de glayeul.

M. Henry s’est assuré que Tlniilc d’olives mérite la préférence sur toutes les autres : elle donne avec facilité un emplâtre peu coloré et d’une bonne consistance. L’huile blanche se combine assez bien, mais le produit est moins blanc. 11 se dessèche à la surface, et devient cassant.

L’huile de ricins donne un emplâtre solide , mais moins blanc. Avec la graisse de porc , l’emplâtre ne paraît pas différer beaucoup de celui que forme l’huile d’olives.

La nature de l’oxide indue puissamment aussi sur la combinaison. M. Chevreuil a fait voir que la plupart des oxides métalliques peuvent former des savons avec les corps gras; mais presque toutes ces combinaisons ne s’obtiennent bien que par dou-

blés décompositions, et doivent trouver leur place avec les savons.

Les oxides de plomb sont seuls employés à la préparation des emplâtres. Le minium se combine lentement et mal ; sans doute, parce que l’oxide a besoin , pour réagir sur le corps gras , d’être en partie désoxigéné, et que cette transformation ne se fait qu’avec beaucoup de lenteur à la température à laquelle on opère. M. Fremy assure qu’il se produit de l’eau et de l’acide carbonique. Si le fait est vrai, il indique une altération du corps gras, consistant en une décarbonisation , et une déshydrogénation produite par l’oxigènc, qui constitue l’oxide rouge de plomb.

Le massicot donne une masse emplastrique sans cohérence. On a dit que cela tenait à ce que le protoxide de plomb devait être présenté à l’huile à l’état d’oxide naissant. Cependant, ré*cemment préparé par précipitation de l’acétate au moyen d’un alcali, il ne donne qu’une masse peu solide ( Henry ).

La litharge est, de tous les oxides de plomb, le plus convenable pour la préparation des emplâtres. Cependant il n’est pas indifférent de prendre telle ou telle litharge du commerce. La litharge anglaise donne un emplâtre qui a la blancheur, la consistance et le liant que l’on recherche. La litharge de Hambourg donne un emplâtre grenu et dépourvu du liant et de la consistance du précédent (Henry).

Le choix des corps gras et de l’oxide étant fait .

ou liquéfie les premiers, s’ils sont solides; on y mélange l’oxide, puis on ajoute un peu d’eau. On chauffe de manière à entretenir la matière bouillante en l’agitant continuellement jusqu’à ce qu’elle ait acquis une consistance convenable, ce que l’on reconnaît en en malaxant une petite parcelle dans de l’eau froide : elle ne doit pas s’attacher aux doigts. On s’aperçoit que ce moment approche, à ce qu’il s’élève de la masse, tandis qu’on l’agite, des bulles légères qui sont enlevées par le courant d’air chaud : elles sont formées d’air retenu captif au milieu d’une pellicule très-mince d’emplâtre.

Pendant tout le temps que dure la cuisson de l’emplâtre, on ajoute de l’eau chaude de temps en temps, de manière à ce qu’elle serve de bain-marie, et que la température ne puisse pas s’élever audessus de cent degrés.

Examinons les phénomènes qui se manifestent pendant l’opération , et cherchons à en déterminer la cause.

Le mélange, de rougeâtre qu’il est d’abord, change successivement de couleur, et il est incolore après la cuisson. Au commencement de l’action du feu, il se manifeste une effervescence qui boursouffle la matière. Bientôt elle s’appaise , mais l’emplâtre n’en occupe pas moins un volume considérable pendant tout le cours de l’opération, à cause de la vapenr d’eau qui le soulève en se. dégageant. Ces circonstances nécessitent l’emploi d’une bassine dont la capacité soit bien plus

grande que ne semble le demander |e volume primitif des composans.

Au moment oh l’on chauffe le mélange d’huile et d’oxide , il s’établit une réaction, dont le premier effet est le dégagement de l’acide carbonique de la lilharge. Les élémens des corps gras ( oleine et stéarine) réagissent les uns sur les autres, et se transforment en acides oléïque ftt margarique, et en principe doux. Les acides se combinent a l’oxide de plomb, et le principe doux reste dans l’eau ; il est rejeté avec elle. Pendant ces réactions, suivant M. Chevreuil, la plus grande partie du carbone et de l’hydrogène des corps gras, en proportions très-rapprochées de celles où ils sont dans l’hydrogène percarboné , retient une partie d’oxigène pour constituer les acides margarique et oléïque, tandis que le reste de l’hydrogene et du carbone, avec une portion d’oxigène , forme le principe doux , en fixant une ccitaine quantité des élémens de l’eau. 11 est de fait qu’il y a de l’eau iixée dans l’opération, car la somme des poids de la graisse saponifiée et du principe doux est pics forte que le poids de la graisse employée ; ce qui prouve que, par suite des réactions, une portion d’eau, ou du moins défies élémens, sont eu tics dans les nouvelles combinaisons.

Quand on fait servir le suif à la préparation de l’emplâtre simple, il sc fait, en outre des acides oléïque cl margarique, de l’acide stéarique ; ce dernier acide diffère peu de l’acide maigaiique, et l’on peut sans incoavéuions attacher une faible

importance aux changeinens qui en résultent dans les phénomènes.

Que, si l’on ajoute de l’eau au mélange, pendant la fabrication de l’emplâtre , c’est pour que la chaleur ne dépasse pas cent degrés, et que l’emplâtre ne puisse briller. 11 faut, comme nous l’avons dit, remettre de l’eau de temps en temps pour remplacer celle qui s’évapore. Si, toute l’eau étant vaporisée, on voulait en ajouter de nouvelle , on devrait préalablement laisser refroidir l’emplâtre; sa température s’étant élevée au-dessus de cent degrés, au moment où l’eau serait en contact avec lui , (die serait instantanément réduite en vapeurs : celle-ci, en se dégageant avec violence enlèverait la matière et la projèterait au dehors , non sans danger pour l’opérateur.

Lorsque l’on a préparé de l’emplâtre simple par ce procédé, on le malaxe pour en séparer l’eau, et par suite le principe doux , et l’on s’en sert comme de base dans la préparation de presque tous les emplâtres. On faisait autrefois de nouvelles combinaisons pour chaque sorte d’emplâtre en particulier. Mais, comine la nature du produit est la même, il convient mieux de se servir toujours d’emplâtre simple. On se conforme d’ailleurs, pour l’addition des autres substances, aux règles que nous avons données, en traitant des emplâtres de la première série.

Emplâtre simple.

If, Lilbarge 1

Axonge aoa p. ég.

Huiles d’olives J

Eau commune s q.

Emplâtre diapalmc.

Ifi Emplâtre simple 3ooo.

' Sulfate de zinc 128.

On liquéfié l’emplâtre ; on ajoute le sulfate de zinc dissous dans un peu d'eau ; on laisse sur un fen modère en agitant continuellement jusqu’à ce que toute l'eau soit évaporée. Si l’on chauffait plus long-temps, l’emplâtre deviendrait grisâtre.

Le sulfate de zinc blanchit la composition, soit parce que ce sel interposé divise la matière, soit plutôt parce qu’il se forme par double décomposition un savon de zinc et du sulfate de plomb.

Le mot diapalmc vient de ce que l’on préparait autrefois cet emplâtre , en se servant au lieu d’eau d’une décoction des régimes du palmier. Lémcry conseillait de se servir d’une spatule faite avec la tige de cet arbre. Reuss et Plcnck y faisaient entrer de l’huile de palme.

Emplâtre diachylon gomnié.

y Extrait simple

1 fi 00.

Cire jaune J

Térébenthine > ana 96.

Poix blanche ;

Gomme ammoniaque N

Bdellium I

ana 52.

Galbanum I

Sagapénum '

On dissout les gommes-résines dans l’alcool â 2a0 et l’on rapproche en cunsislance d’extrait.

Emplâtre simple agglutinatif.

^ j Emplâtre simple 0.

Poix blanche i-

Emplâtre de Nuremberg .

Oxide de plomb rouge 3oo.

Huile d’olives 3oo.

Eau s. q.

Faites un emplâtre , ajoutez :

Cire jaune 5oo.

Camphre 24.

Emplâtre de savon.

Oxide de plomb rouge 5oo.

Carbonate de plomb 25o.

Emplâtre simple 2000.

Cire blanche «6.

Savon blanc ia5.

La combinaison du minium et du carbonate de plomb, avec l’huile se fait fort mal. 11 vaudrait mieux se servir d’emplâtre simple.

Emplâtre mercuriel.

Emplâtre simple 1230.

Cire jaune

Résiné de pin.

Gomme ammoniaque •.

Bdellium I

Encens ana 20.

Myrrhe. J

Mercure 3 80.

Eteint dans :

Térébenthine (4.

Styrax liquide 192.

Huile essentielle de lavande 8.

La pharmacopée batave et M. Delondre conseillent de faire fondre d’un côté la cire et l’emplâtre, de mettre les gommes-résines avec la térébenthine , et de les liquéfier à une chaleur

douce. La solution se fait, dit-on, avec la pins

grande facilité ; on la passe avec expression , et on la mêle à l’emplâtre. Ce procédé, répété à la pharmacie centrale , n’a pas eu le succès que l’on pouvait en attendre.

Le mot diachylon signifie avec mucilage. 11 a été donné à cet emplâtre parce qu’on le faisait autre-

( 4oi )

fuis avec l’huile de mucilage et une décoction de racines de glayeul.

Emplâtre résolutif.

If, Emplâre de savon \

— de eiaué

, > an.i p. eg.

Diacliylon gnmme I

Mercuriel /

EMPLATRES PRÉPARÉS SANS l’iNTERMÈDB DK l’eAC.

Un seul est employé : c’est l’onguent de la mère. II a été inventé par la mère Thècle , religieuse à l’IIôtel-Dicu de Paris.

On le prépare en faisant chauffer des corps gras dans une grande bassine de cuivre. Quand ils fument, ce qui annonce un commencement d’altération , on y fait tomber de la litharge à l’aide d’un tamis. Il s’opère une tuméfaction et un bouillonnement considérable dus principalement au dégagement de l’acide carbonique de la litharge. On continue à chauffer jusqu’à ce que la matière ait acquis nue couleur brune foncée : on ajoute alors de la cire jaune et de la poix noire; on les fait fondre; on laisse refroidir l’emplâtre en partie, et on le coule dans des moules.

Les observations intéressantes de MM. Bussy et Lecanu ont singulièrement éclairé les phénomènes qui se produisent pendant la préparation de l’onguent de la mère. Ces chimistes ont vu que, lors-

que l’on chauffe un corps gras composé d’oléine 1 1 de stéarine, il éprouve la même transformation que par l’action des alcalis , de sorte que le chauffage des corps gras, dans l’onguent de la mère, doit les transformer en acides olélque et margarique. 11 s’en suit que la combinaison arec l’oxide de plomb doit s’effectuer plus aisément , puisque deux causes concourent en même temps à la formation de I’oléo-margarate métallique. Mais, en même temps que ce se! se produit, les corps gras sont altérés, et donnent tous les produits ordinaires de cette décomposition : les graisses déjà roussies par la chaleur deviennent grises au moment du mélange de l’oxide; ensuite, elles se charbonnent, et dégagent de la vapeur d’eau, de l’acide carbonique, de l’acide acétique, de l’huile empyreumatique , du gaz hydrogène carboné, de l’oxide de carbone, et sans doute de l’acide oléique et de l’acide margarique : cette décomposition provient de l’action du feu sur les matières grasses , et aussi de celle qu’il exerce sur les premiers produits de leur décomposition ; savoir, les acides gras et le principe doux.

Si l’on ajoutait l’oxidc de plomb trop tôt, il serait revivifié par les élémens combustibles des graisses, et la combinaison serait imparfaite.

il faut se servir d’une grande bassine, pour que la matière , qui se tuméfie beaucoup , ne passe pas pan-dessus les bords.

La préparation de l’onguent de la mère doit

( 4oô )

être faite pendant le jour; si l’on approchait un corps enflammé de la bassine, les vapeurs et les gaz inflammables , se trouvant en contact avec l’air à une température élevée, prendraient feu, et ilse communiquerait à toute la masse.

Une partie de l’acide acétique , provenant de la réaction du feu sur les corps gras , se combine avec l’oxide de plomb. C’est à la présence de l’acétate qui en résulte que l’on attribue la formation d’une couche blanche à la surface de l’onguent , peu de temps après sa préparation; on l’évite ensuivant exactement le procédé que nous avons décrit. Si l’on mettait la poix noire en même .temps que les autres substances, l’emplâtre blanchirait.

Onguent de la Mère.

If Huile d’olives 5oo.

Axonse \

Beurre (

c -r / ana 25o.

Uitliargc /

Cire jaune 180.

Poix noire

*-«- t-C M M OT t Ht

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