FUMIGATIONS
Ce sont des expansions de vapeurs ou de ga i. On en distingue trois sortes; les premières sont destinées à produire un effet médicamenteux sur telle
Ou telle partie du corps; d’autres sont destinées à masquer seulement quelque odeur désagréable ; les dernières détruisent les principes délétères qui peuvent être contenus dans l’air atmosphérique.
Les fumigations médicamenteuses sont formées par des gaz ou des vapeurs. Tantôt on les dirige sur quelques parties du corps, tantôt on expose tout le qorps à leur action. Il est bon d’observer que lorsqu’il y aurait du danger à les respirer, la tète du malade ne doit pas rester exposée à leur influence.
Les matières les plus employées pour fumigations médicamenteuses sont, l’eau seule, l’eau chargée de principes aromatiques , des alcools, des acides, des résines ou des substances animales brûlées, l’acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré, etc.
Les fumigations destinées à masquer la mauvaise odeur sont produites par la combustion du sucre , des résines, du café, du succin , des baies de genièvre, etc. Les vapeurs qui résultent de la décomposition de ces substances se répandent dans l’atmosphère, et masquent, par leur odeur, plus forte, l’odeur plus faible qui s’y trouvait répandue. En même temps elles le chargent de nouveaux principes qui altèrent sa pureté, bien loin de le rendre plus propre à être respiré. #
Les fumigations anti-sceptiques ou destinées à détruire les miasmes putrides sont toujours des gaz ou des vapeurs. Telles sont les fumigations de
Smith et de Guylon-Morveau. Elles ont une action désorganisalrice qui se porte sur les émanations animales, change leur nature chimique, et leur Ote par cela même toute faculté délétère.
Fumigations de Smilh.
'if Acide sulfurique à 66“ 2.
Eau distillée 1 .
Nitrate de potasse 2.
On verse l’acide sur l’eau. Quand le mélange est refruidi, on le met , dans une terrine de terre , sur la cendre chaude , et on y verse le sel par parties, à de longs intervalles. De cette manière, il est entièrement décomposé.
L’acide sulfurique s’empare de la potasse, et chasse l’acide nitrique, qui se répand dans l’atmosphère, et détruit les matières animales qui y sont contenues.
Fumigations de Guyton-Morveau.
If. Chlorure de sodium 56.
Peroxide de manganèse 8.
Eau
A ,.:a. | ana 3a.
On peut également les faire avec le péroxide de manganèse et l’acide muriatique. Elles consistent en un dégagement de chlore.
L’opération se fait dans une petite terrine de terre que l’on place sur des cendres chaudes. On
se sert aussi à cet effet d’appareils particuliers : ce sont des flacons en verre très-épais, dont le bord supérieur a été usé pour le polir. Après y avoir introduit les matières propres à produire le chlore, on les ferme au moyen d’une plaque de verre poli qui vient s’ajuster sur l’ouverture du flacon, et s’y trouve comprimée à l’aide d’une vis. Par ce moyen, on peut à volonté permettre au gaz de se répandre, ou s’opposer à son passage.
La théorie de ces fumigations est celle de la production du chlore. L’acide sulfurique décompose le sel marin d’où résulte du sulfate de soude et de l’acide hydrochlorique. Celui-ci, en réagissant sur l’oxide de manganèse, forme de l’eau par la combinaison de son hydrogène avec l’oxigène qui constitue le péroxide, du protoxide de manganèse qui s’unit à l’acide muriatique, et du chlore qui provient de la déshydrogénation de l’acide hydrochlorique. Telle est l’action principale qui sc produit; mais elle paraît se compliquer de deux autres modes de décomposition. Ainsi, l’acide sulfurique, en contact avec le peroxide de manganèse, dégage de l’oxigène. Ce gaz s’unit au sodium, et met en liberté le chlore, qui était préalablement combiné au métal; cette dernière réaction est nécessairement facilitée par la présence de l’acide sulfurique, qui tend à s’unir à la soude. 11 est possible également que l’eau étant décomposée, son oxigène ramène le péroxide de manganèse à l’ctat de protoxide, tandis que son oxigène oxide le sodium, d’où résulterait de l’eau, du protoxide de
manganèse , de la soude et du chlore. Les deux bases salifiables se combinent à mesure aux acides.
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