NATURE ET OBJET DE LA PHILOLOGIE
Place de la Philologie parmi les sciences. — L’homme apporte en naissant un besoin insatiable de connaître, dont la raison dernière lui échappe S mais auquel on l'a vu de tout temps sacrifier sa santé, son repos et même sa vie. 11 sait d’instinct que la vérité est une et qu’il n’est point de vérité particulière qui soit indigne de lui. C’est en s’élevant, par des sentiers différents, à la conquête de la vérité une et éternelle que Socrate est mort dans sa prison, Pline au Vésuve, et Otfried Millier dans Athènes.
La science humaine peut se proposer un triple objet: Dieu, la nature et l’homme. Le premier appartient à la théologie, le second à la physique, le troisième à la psychologie, dont la philologie n’est que la servante. La philologie embrasse l’étude de toutes les manifestations de l’esprit humain dans l’espace et dans le temps ; elle se distingue ainsi de la psychologie proprement dite qui étudie l’esprit au moyen de la conscience, indépendamment de l’espace et du temps, dans son essence et non dans ses œuvres.
Toute recherche qui n’aboutit pas à la connaissance de Dieu, du monde
4. Cf. Dossuct, Traité de la Concupiscence, t. VII, p. 428 (Vivès), et Mnlebranclie, Recherche de la Vérité, IV, 5, 4.