PRAXITÈLE
et plus tard à Byzance; le fronton du temple de Minerve Aléa, à Tégée1; l’Aphrodite Pandémos, à Élis; le Bacchus de Cnide.
2. Praxitèle, d’Athènes, fïorissait de 564 à 540. Il travailla également au Mausolée. On cite de lui : l’Aphrodite de Cnide2, toute nue, en marbre; le roi Nicodème de Bithynie proposa en vain aux Cnidiens de payer toute leur dette publique en échange de ce chef-d’œuvre. — L’Aphrodite de Cos, complètement vêtue ; un très célèbre Éros ailé en marbre pentélique, apporté à Rome par Caligula, rendu à Thespies par Claude, repris par Néron et placé dans le Portique d’Octavie, où il fut détruit par le feu sous Titus ; le Satyre de la rue des Trépieds , à Athènes, œuvre favorite de son auteur ; une statue colossale de Junon Teleia, à Platées; l’Apollon Saurocione , en bronze, dont il subsiste plusieurs bonnes copies 3 ; des statues en bronze d’flarmodios et d’Aristogiton ; deux portraits de Phryné, l’un en marbre à Thespies, l’autre en bronze doré, à Delphes ; une Matrone pleurant et une Hétaïre riant, en bronze, etc.
2 bis. On a attribué, dès l’antiquité, à Scopas ou à Praxitèle, un groupe représentant la mort des enfants de Niobé, rapporté d’Asie à Rome par Sosius. Il en existe plusieurs répétitions partielles très anciennes. En 1585, on trouva dans une vigne de la via Labicana (près de l’église de Latran à Rome) plusieurs statues de ce groupe qui furent achetées par le cardinal Ferdinand de Médicis, plus tard grand-duc de Toscane. Elles sont aujourd’hui aux Offices, à Florence : Overbeck admet que le groupe entier se composait de dix-sept figures, Niobé, la Nourrice, le Pédagogue, six fils et six filles4.
2 ter . D’après plusieurs éruclits français dont le sentiment est suivi par Frôhner (Catalogue de la sculpture antique du Louvre), la fameuse Vénus de Milo5, que l’on peut considérer comme le clief-
1. Le temple, construit d’après les plans de Scopas, est remarquable par l’association de l’ordre ionique, à l'extérieur, au dorique et au corinthien, à l’intérieur. Peu de restes.
2. Plusieurs monnaies de Cnide nous l’ont conservée. Yoy. Lucien, Imagg., 6, et Pline, 3C>, 20: Praxitelis.... Venus , quant ut vidèrent multi navigaverunt Cnidum.
3. Surtout le n° 19 du Louvre (Borghèse). Le lézard représente peut-ctre le serpent Python, auquel cas la statue serait une œuvre de genre (Cf. Mart., 14, 172).
4. Autres répétitions partielles, supérieures à celle de Florence : la deuxième fille, au musée Chiaramonti; la tête de la mère, chez le duc de Yarborough ; le lils étendu mort, à Munich.
5. Voy. la littérature relative à la Vénus dans Frôhner; cf. Ravaisson, R. D-M., 1871. Sur l’histoire de la découverte, encore obscure, voy. Aicard, 1875. Il parait que la Vénus fut trouvée par un paysan de Milo nommé Yogos, vendue au moine grec Oiconomos, puis achetée G000 francs par Marcellus, qui la donna au Louvre le 1er mars 1821. Mais est-il vrai qu’elle ait perdu ses bras dans une rixe? Aicard a prétendu le prouver, mais il résulte des communications de Vogué, d’après les papiers de notre ambassade de Constantinople [Acad. Iriser., mai 1874), que la Vénus a été retrouvée sans ses bras. Les témoignages sont d’ailleurs contradictoires, et il semble qu’une tentative de mystification a été faite quelque part.
La Vénus de Milo rappelle, pour la pose, la Vénus de Capoue (Naples), la Victoire de Brescia et la Vénus du groupe des Époux romains en Mars et Vénus, n° 131 du Louvre. Ravaisson, qui a fait de la Vénus sa province, pense, avec Quatremère de Quincy, qu’elle figurait dans un groupe à gauche d’uu Mars ressemblant au Mars du Louvre, dit Achille Borghèse , et qu’elle le désarmait, symbolisant le triomphe de la douceur sur la lorce au sein de l’union conjugale. Le bras gauche de la Vénus était étendu horizontalement, la main retombant sur l’épaule de Mars. R. a présenté à l’Académie (8 mai 1874, lu photographie
LYS I PPE.
d’œuvre de l’art antique, présente de l’analogie avec le groupe des Niobides (la Niobé surtout) et doit être attribuée à Seopas ou à son école1. Quelques savants allemands y voient une copie d’Alcamène : d’autres, un travail de l’époque romaine, ce qui n’est pas soutenable sans parti pris.
Des fragments de bras trouvés à côté de la statue ont permis de penser qu’elle tenait une pomme (pïftov, sorte de symbole parlant) de la main droite, et qu’elle retenait sa draperie de l’autre2.
5. Léocharès, vers 570, célèbre par son groupe de Ganymède eplevé par l’aigle, dont le Vatican possède lïrlü^rcs bonne répétition en bronze. Il travailla au Mausolée.
4. Euphranor, peintre et sculpteur,-]- 550, forme le passage de l’école athénienne à la jeune école argivo-sieyonienne. 11 fixa un nouveau canon, où, par concession au goût déjà maniéré du temps, il exagéra l’élégance des proportions. Selon Pline, il avait fait un Paris fort admiré, parce qu’on reconnaissait à la fois, en le voyant, le juge des déesses, l’amant d’Hélène et le vainqueur d’Aeh'lIc.
5. Lysippe, de Sicyone, ami d’Alexandre, chef de l’école argivo-sicyonienne. 11 trouvait de la lourdeur dans Euphranor même, et poussa la recherche de l’élégance encore plus loin que lui. Les têtes de ses statues étaient très petites, et les cheveux traités avec un soin minutieux. Il prétendait n’avoir eu d’aulre maître que la nature; mais on peut le rattacher à l’école de Polyclète. C’est un maître, mais déjà de la décadence. Alexandre ne voulut pas d’autre sculpteur que Lysippe, d’autre peintre qu’Apelles, et d’autre graveur que Pyrgotèle. — Ses principales œuvres sont : une statue colossale de Jupiter à Tarente, haute de 20 mètres; une statue en bronze d’Hercule, également à
d’un groupe de marbre inédit, appartenant au prince Borgbèse et représentant Mars et Venus la Vénus est très semblable à la nôtre. Quant à la Victoire de Brescia, elle serait, selon R., une transformation de la Vénus de Milo, les ailes et le bouclier étant des additions du temps de Vespasieu. — Mon frère J. Reinach me signale à la mairie d’Argos une petite statue en marbre (lrn,15), dans la même attitude que la Vénus, un peu plus droite, et mutilée de même : le pied gauche, très bien conservé, repose sur un oiseau. — On a beaucoup parlé de la Vénus Falerone, peut-être du temps de Périclès, trouvée en 1856 à Falérie en Picénum, et acquise par le Louvre. Elle ressemble à la Vénus de Milo : le pied gauche s’appuie sur un casque, le torse est revêtu d’une légère tunique. (Geffroy, R. D-M., 1874.)
1. Si l’inscription [’A-fÿJ (?) Mrjvi^ou [ ’Avx] toyeùî &~ô Maiàv&pou l~o Iv\gvj, trouvée au
même endroit, se rapporte à notre statue, elle sex-ait du n° siècle avant Jésus-Christ, la ville d’Antioche du Méandre ayant été fondée par Antiochus Ier Soter, mort en 261.
2. A cause du travail inférieur des fragments de bras retx'ouvés près de la statue, Ravaisson suppose qu’ils appartiennent à une restauration postérieure. La Vénus aurait été mutilée de nouveau à l’époque chrétienne, et enfouie dans une cave par quelque Gi’ec soucieux d’en sauver les restes. La figure, formée de deux tronçons de marbre, était d’ailleurs moins inclinée qu’elle ne l’est dans son état actuel de restaui’ation. — Bursian (1877) croit prouvé que la Vénus de Milo tenait une pomme; mais il admet, avec Ravaisson et lsékulé, qu’il pouvait y avoir à l’origine une autre figure à côté de la Vénus. L’exécution sommaire de la draperie à gauche semble confirmer cette , apposition. — Je crois difficilement qu’une des
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