QUATRIÈME PÉRIODE
1. Après Alexandre, la diffusion de rilellénisme est accomplie : l’art grec se met au service du faste des princes étrangers5 et produit ses chefs-d’œuvre hors de la Grèce. Les différences entre les écoles, les dialectes de l’art, tendent à disparaître, et tout se fond dans une unité un peu vulgaire semblable à celle de la langue écrite après Alexandre4.
2. La recherche de l’effet et du colossal est le caractère dominant de l’art hellénistique , dont les sièges principaux sont Pergame et Pdiodes. A Rhodes, les artistes les plus connus sont : Cliarès, Agésandre, Polydore, Athénodore ; à Pergame, Isigone, Stratonice, Antigone.
Œuvres principales. — I. Le Colosse de Rhodes, représentant le Dieu du soleil, œuvre de Charès de Lindos, une des sept merveilles
1. Newton, découvertes à Halicarnasse (angl.). — Petersen, le Mausolée , 1866 (ail.).
2. En 540, sous Lycurgue, fut terminé le Théâtre de Bacchus commencé en 500, au pied du mur sud-est de l’Acropole, le plus beau théâtre du monde, selon Dicéarque (p. 140). Pausanias en parle fort peu. La Société archéologique y avait commencé quelques fouilles qu’elle abandonna. Mais, en 1862, Strack (auteur de la Construction des théâtres grecs , 1845) entreprit des travaux à ses frais. Il fallait creuser à vingt pieds de profondeur : après quelques jours, Strack découvrit des sièges de marbre, et la Société archéologique lui fournit alors vingt ouvriers, le roi de Prusse se chargeant des dépenses. Le magnifique théâtre, qui semble avoir subi une restauration complète du temps de Dioclétien, est aujourd’hui entièrement dégagé : des inscriptions sur les sièges réservés indiquent quels fonctionnaires devaient y prendre place (un beau moulage du siège destiné au prêtre de Bacchus est à la Sorbonne). Sur une monnaie de cuivre athénienne, on voit le théâtre avec la division en bancs, adossé au mur de Cimon; le Parthénon et les Propylées s’élèvent au-dessus.
5. Comme Alexandre, l’ami d’Apelles, les rois grecs ses successeurs vécurent dans l’intimité des artistes, artistes eux-mêmes. Attale III ciselait en airain, Antiochus Epiphane était sculpteur. Quand ils ne pouvaient pas acheter des œuvres d’art, ils les volaient : ce sont les maîtres de Verrès. En même temps que pour les princes, les artistes commencèrent à travailler pour des particuliers, à qui les révolutions faisaient parfois d’immenses fortunes. Le goût de ces parvenus donna naissance aux tableaux d’appartement, comme le luxe des bourgeois flamands aux tableaux de genre modernes.
4. La xoivtb — Dans la première carrière de l’hellénisme, rutile était sacrifié au beau ; dans l’hellénisme oriental, le beau est subordonné à l’utile (par exemple, le Phare d’Alexan¬
drie.) Cf. Paparrigopoulo, Civilisation hellénique , p. 95.