‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 152 sur 591 · VASES GRECS · texte numérisé non relu

VASES GRECS

Vases peints 1. — 1. L’ancienne division en vases étrusques (fond rouge, dessins noirs ou blancs) et vases grecs (fond noir et dessins rouges) doit être aujourd’hui abandonnée. A très peu d'exceptions près, tous les vases sont grecs. Les premiers vases peints sont d'origine phénicienne2; on les fabriqua ensuite dans l’Archipel, à Corinthe, à Athènes, et plus tard seulement en Toscane, où ils furent introduits par l'immigration corinthienne*. Les plus anciens étaient faits de terre sans couverte ni peintures; on voit ensuite paraître des ornements* zones, chevrons, cercles concentriques, etc. (vases de Santorin et de Milo) ; puis des figures d’animaux naturels ou fantastiques (vases du style asiatique ou oriental, appelés, à tort, phéniciens, corinthiens ou égyptiens). Les vases à fond rouge, jaune ou blanc, avec figures noires, sont les plus anciens : la fabrication en est surtout active vers 450, mais on en trouve encore du temps d’Alexandre. Les vases à figures rouges sur fond noir, fabriqués à Athènes dès l’époque des guerres Médiques, datent surtout de l’époque classique et sont d’une beauté supérieure4. Les peintures diminuent de grandeur en augmentant de finesse, et n’occupent souvent que le col du vase. L’art de la décadence employa le blanc à profusion et y mêla le rouge foncé, le bleu, le jaune, le vert, surtout l’or. Par la multiplicité des figures et des ornements,

les libations annuelles sur le tombeau : ce sont des hydries , des urnes , des fioles, des lécylhes, où l’on enferme aussi les cendres.

Pour la peinture sur vases, on faisait usage d’une couleur brune foncée (oxyde de fer) appliquée entre la première et la seconde cuisson ; cette couleur, moins concentrée, paraît avoir donné le vernis jaune-rougeâtre qui recouvre le vase en dehors des figures. Les couleurs brillantes étaient appliquées postérieurement. (Lenormant, Introd. à l'étude des vases peints, 1845.)

1. Sam. Birch, Hist. de l'ancienne poterie, 2 vol. 1858, angl. (excellent manuel). — Élite des monuments céramographiques, par Lenormant et de Witte. — Catal. des vases de Munich, par Otto Jahn, 1851 (ail.) (a fait époque). — Dumont, Inscr. céramiques de Grèce, 1873- — De Witte, Éludes sur les vases peints, 1865, en particulier sur la coll. Campana (très bon résumé). — Gerhard, Rapport sur les découvertes de Vulci (ail.) (un vrai chefd’œuvre [Letronne] ; Dumont, Vases peints de la Grèce propre [Journ. des sav., 1874). La Technique est très mal connue : voy., dans de Witte, le résumé des travaux de Luynes et Deville.

2. Voy., plus haut, la note sur les vases trouvés à Ilissarlik. Les dessins des anciens vases seraient copiés sur des tapisseries orientales (Aristote, Mirai. Ausc., 99).

o. De Witte admet des fabriques locales en Grande-Grèce, en Sicile et en Étrurie. Jahn voit presque partout des exportations directes de la Grèce.

4. « La peinture sur vases est ce qui nous représente le mieux, dans les arts du dessin, tout un côté du génie grec, ce qu’il a de surprise et de fantaisie, son penchant pour le bizarre et même pour le grotesque. Les peintures sur vases, c’est un monument du goût qui, dans un autre ordre, faisait applaudir les Oiseaux et les Nuées. Aussi nous est-elle très utile pour l’intelligence de l’ancienne comédie et du drame satyrique, pour comprendre ce qui nous en reste, pour deviner ce que nous avons perdu. Beaucoup de ces peintuies lont songerau trait et à la manière de Callot.» (Perrot.) — Elles étaient exécutées par des artistes de second ordre, mais d’après des dessins de maîtres. David avait pour elles une admiration sans bornes.

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