VASES D’ETRURIE
cet art sc rapproche de l’art primitif. — La fabrication des vases peints cesse environ deux siècles avant Jésus-Christ: de Wilte, d’accord avec Gerhard, pense que l’interdiction des Bacchanales à Rome dut porter un coup fatal à cette industrie, dont les produits servaient en grande partie à la célébration des mystères5.
2. Les vases fabriqués en Etrurie, à Tarquinii, sont presque tous rouges avec figures noires : ils sont en grande partie imités des vases grecs. Les vases véritablement étrusques sont en pâte noire, de formes bizarres, et rappellent, selon de Witte, certains vases mexicains et péruviens1 2. Les vases italiens sont en général d’un travail inférieur et d’un émail lerne5.
5. On peut évaluer à 60 000 le nombre des vases anciens retrouvés jusqu’à présent4 5 6. Quelques-uns sont célèbres : — I. La Pyxis de Dodwell, à Munich, du septième siècle, avec une inscription en caractères corinthiens très archaïques, sur laquelle sont représentées deux zones superposées d’animaux monstrueux, avec la chasse de Calydon3 sur le couvercle. — JI. Le fameux vase trouvé par Alexandre François près de Cbiusi, en 1815, dit Vase de François : c'est l’œuvre du potier Ergotime et du peintre Crilias. Il est aujourd’hui au musée Etrusque de Florence. C’est une amphore avec anse à volutes portant plusieurs rangées de figures et cent quinze noms des personnages représentés. Les sujets sont6 : la Chasse de Calydon et le Triomphe de Thésée, sur le col ; audessous, la Course des chars aux funérailles de Patrocle, le Combat des Centaures et des Lapithes, les Noces de Thétis et de Pélée. — IIP L’amphore panathénaïque dite Vase Burgon, au musée Britannique, avec l’inscription : « Je suis
1. On en est réduit à des hypothèses de ce genre, les anciens ne nous ayant presque rien dit de l’emploi des vases. — C’est à Caylus (1752) que la France doit la connaissance des vases peints : mais, jusqu’à Winckelmann, on voulut voir l’art étrusque partout. Puis vinrent Millin, Bœtliger, Lucien Bonaparte, qui, introduisant le mysticisme dans la céramique, pensèrent que toutes les peintures se rapportaient aux mystères d’Éleusis. Millingen, le premier, réfuta ces chimères et donna des planches vraiment exactes (Peint, inéd. de vases grecs , 1813).
2. Au musée de Rio-de-Janeiro, Wiener a trouvé sur beaucoup d’armes et de poteries ineasiques (américaines), l’ornement appelé méandre ou grecque, dont on a voulu faire un caractère propre de l’ornementation étrusque. L’idée de cet ornement serait due à l’art de faire des nattes de paille. (Acad, des inscr., févr. 1870.)
3. On doute si les G00 vases trouvés à Vulci et décrits par Gerhard dans une monographi célèbre sont l’œuvre de colons atliques, ou s’ils ont été importés directement d’Athènes. — Les vases de Nola, à peintures rouges, sont d’une remarquable élégance; l’influence de la peinture ionienne s’y fait sentir.
4. Partout où les Grecs ont passé on découvre des vases peints, surtout dans les tombeaux ; Aristophane (fragm. 33) parle d’un potier d’Athènes qui fait des peintures sur les léeythes funèbres : o; toT; vExpota i ÇwvpàçEt ’c“-’ Xr,xü9ou< ;. On a retrouvé récemment, en Atlique, des léeythes blancs très curieux. Dumont distingue deux classes dans les vases athéniens à fond blanc : les léeythes proprement attiques, à décoration souvent polychrome et à sujets funèbres, et les vases archaïques appartenant au stylo dit de Locres.
5. Les sujets que l’on rencontre le plus souvent sont, outre la chasse de Calydon, les travaux d’Hercule et des scènes de la guerre de Troie. Les sujets funèbres appartiennent en général à la décadence.
6. Voy. Mus. rhéti., 1877-78, une élude très considérable sur le vase de François par Weizsæckcr.