ARGENT, OR, BRONZE
L’op.. 1. Sauf les dariques perses, il ne nous est pas resté de monnaies d'or antérieures à Philippe *. Le statère2 était dénommé d’après le prince ou la ville (Alexandrins, Cyzicènes) : il pesait 2 drachmes et valait 20 drachmes d’argent.
2. Les Romains (Pline, 35, 47) ne frappèrent de monnaie d’or que vers 218, et depuis César seulement en grande quantité. L 'aureus de César avait à peu près le poids du statère de Philippe et d'Alexandre, et la grosseur du statère d’argent. Le poids de l 'aureus (1/40 de livre sous César) alla diminuant jusqu'à Constantin, qui le fixa à 1/72 de livre. En général, l’or resta pur : on ne trouve un mélange d’or et d’argent (électre) que dans quelques monnaies du Bosphore, puniques, syracusaines et gauloises5. Sous les derniers empereurs, on rencontre des pièces de plusieurs statères, et Grégoire de Tours en mentionne pesant une livre.
5. Depuis Auguste, les empereurs eurent seuls le droit de frapper la monnaie d’or et d’argent ; il n’y a que les très rares monnaies de Césarée en Cappadoce qui ne présentent pas la marque romaine.
4. Le rapport de l’or à l’argent était aussi variable dans l’antiquité qu’au] ourd’hui. D’après Hérodote [Hist., 5, 95) il était de 1 : 15; à Rome, il était anciennement de 1 : 15, et du temps de Polybe ( Hist 22, 15) de 1 : 10 4.
Le bronze5. 1. Les monnaies de bronze6 sont particulières à l’Italie. L’ancienne monnaie italique s’appelait aes grave 7 : il en reste des spécimens pesant plusieurs livres. Cette monnaie n’était pas frappée, mais fondue : elle n’était pas comptée, mais pesée. L’as, unité monétaire, représenta primitivement une masse de cuivre du poids d’une livre s. Le poids de l’as fut successivement réduit à 2 onces en 264, à l’once en 217 , à 1/2 once en 89, à 1/3 d’once sous Octave, à 1/12 d’once sous Trébonien Galle. Sous l’Empire, cette monnaie était frappée par l’Aerarium, qui dépendait du sénat. De là, le sigle S. C.
seul est d’argent. Elles se distinguent des médailles saucées, pièces de cuivre trempées dans le métal noble en fusion.
1. Pollux (9, 84) mentionne des statères de Crésus; Thucydide et Dcmosthène, des statères d’or de Phocée. On trouve aussi des monnaies d’or d’Éginc, Lampsaque, Athènes, Corinthe, surtout de Cyzique. — Sur le métal fabuleux nommé orichalque (tenant de l’or et du cuivre), voy. Rossignol, Métaux dans l’antiquité, 1863.