‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 173 sur 591 · FAUSSAIRES MODERNES · texte numérisé non relu

FAUSSAIRES MODERNES

un moment de détresse, émirent du fer monnayé pour de l’argent. Mommsen et de Wilte ont établi qu’il fallait distinguer, parmi les pièces fourrées (v. p. 98), les œuvres des faussaires, mal exécutées en général, et d’autres pièces parfaitement régulières comme types et légendes, œuvres des gouvernements. Mommsen a démontré que, sous la république, le gouvernement romain, à la suite de décisions du sénat, faisait des émissions monétaires avec tant pour cent de pièces fourrées. La première émission de ce genre eut lieu à Rome, après Trasimène1. En 84, M. Marius Gratidianus, prêteur, institua des bureaux de vérification, supprima le cours forcé des deniers fourrés émis pendant les guerres civiles, et fit donner en échange des deniers de bon aloi. Sylla le mit à mort et revint au cours forcé et aux pièces fourrées. On croit qu’ Auguste, l’an 15 avant J.-C., retira les pièces fausses : mais les 4/5 des monnaies de Claude sont fourrées. Depuis Caracalla, l’argent n’étant plus que du billon saucé sans valeur, on ne fabrique plus de pièces fourrées.

Faussaires modernes. — 1. Au seizième siècle, la fabrication des monnaies fausses prit une grande extension. Au dix-septième, Parme etPadoue produisirent une quantité de monnaies frappées avec des matrices très bien imitées des anciennes2 *; elles portent généralement l’image d’un des douze Césars. D’autres fois, on coulait de nouvelles monnaies dans les formes des anciennes, ou l’on faisait à la pointe quelques modifications à une pièce ancienne pour en faire une pièce unique5. Il existe aussi des monnaies avec des types qui ne se rencontrent que sur des pièces fausses, comme les monnaies d’Hannibal. Enfin, on appelle pièces encastées celles qui sont formées de la réunion de l’avers et du revers de deux monnaies différentes, habilement sciées en deux : les pièces qui en résultent sont évidemment uniques 4.

2. L’art de reconnaître les monnaies fausses est extrêmement difficile. Elles sont en général plus minces, mieux conservées, plus exactement circulaires que les anciennes et ne présentent pas le vernis ou patine du temps5.

1. Ce précédent resta. La doctrine de la monnaie-xiync , vainement combattue par Marius Oratidianus, triompha sous Sylla par la loi Cornélia, d’après laquelle l’effigie, et non la valeur intrinsèque du métal, distinguent la vraie monnaie de la fausse. Le numéraire n’est plus qu’un métal-monnaie à cours forcé. Après César et Auguste, qui rétablirent l’ordre, cette funeste doctrine devint celle des empereurs, qui la léguèrent aux princes du moyen Age. (Lenormaut, la Monnaie, t. III.)

2. Les falsificateurs les plus célèbres sont le Florentin Mich. Dervieux, le Lyonnais Cogornierus, le Hollandais Carteronus, Cavino et Bassiano à Padoue.

5. Par exemple, on a gravé les mots Veni, vidi, vici, sur le revers de monnaies de César.

4. De notre temps, Smyrne, Odessa, les îles grecques, beaucoup de villes italiennes, imitent avec succès les monnaies anciennes. En Allemagne, le conseiller aulique Becker d’Offenbach, au commencement de ce siècle, fabriqua plusieurs milliers de monnaies fausses, dont il a depuis publié lui-même les matrices, au nombre de 500.

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