‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 207 sur 591 · VU. — DIALECTES ITALIQUES · texte numérisé non relu

VU. — DIALECTES ITALIQUES

1. Il y en a trois principaux, l'ombrien* (tables Eugubines), Yosque (langue du Samnium et delà Campanie 5 ; tables d’Agnone et de Bantia, pierre d’Abella) et le latin. Ce sont d’ailleurs les seuls dont nous ayons quelque connaissance précise. La langue messapique ou iapyge, parlée dans le midi de l’Italie et la Sicile, est lettre close pour nous 4 : quant à l 'étrusque, dont il nous reste plus d’un millier d’inscriptions, on peut croire qu’il contient quatre sortes d’éléments superposés, italo-grecs, pélasgiques et finnois5 : mais le manque d’inscriptions bilingues est un très grand obstacle au déchiffrement6.

2. Le latin est plus proche parent du grec et du celte que les autres langues indo-européennes; les formes aryennes primitives y sont parfois mieux conservées qu’en grec. Ainsi anguis a gardé l’a initial du sanscrit ahis, que le grec a perdu : e^iç. (Cf. encore canis , scr. çvan , /.ôuv ; caput , scr. capâla-s, *£<paXr. ;

1. Fabretti, Glossaire et inscr. italiques, 1867 ; Mommsen, Dialectes de l'Italie inférieure, 1850 (ail.). — Kirchhoff et Aufrecht, Monum. de la langue ombrienne, 1849 (ail.). — Garrucci, Essai sur le falisque, dans les Ann. de l'inst. arch. de Rome, 1860. — Corssen, les Étrusques, 1875-76, et la critique par Deeke, 1877 (ail.). — Bréal, Tables Eugubines, 1875. — Enderis, Langue osque, 1871 (ail.). — Tsviêtaief, Recueil des inscr. osques avec phonétique et morphologie, 1877 (russe). — Bruppacher, Phonétique osque, 1869 (ail.). — Corssen, Contributions (Beitraege) aux langues italiques. En général, voy. Donaldson, Varronianus (angl.), 5' éd., 1860, tableau d’ensemble très aventureux. Deuxcolleet. de textes archaïques ont été données par Egger, 1844, et Wordsworlh (excellent), 1874 (angl.).

2. L’ombrien est un latin très contracté, qui ressemble déjà au roman. Bréal rapproche subocau (subinvocavit) des parfaits calabrais amau, passau. Par la suppression de Vu final de la 2e déclinaison, il arrive que le t etl’s se contractent en z, comme en ancien français : pihaz =pialus. (Savelsberg, Phonétique ombrienne, 1872 (ail.). Cf. Bréal, R. C.,XV, 400.) Le volsque (2 inscr.), le sabellique (langue des Marses, ombrien oscisé), sont des dialectes de l'ombrien. Il faut distinguer le vieil ombrien du nouveau, où tous les s sont transformés en r. L’ombrien change n en m à la fin des mots : numem.

5. Beaucoup d’inscriptions de Pompéi sont en osque : ç’a été la langue du Midi après l’iapyge. L’osque est plus archaïque que le latin, et, au point de vue de la conservation des consonnes finales, la plus archaïque peut-être des langues aryennes.

4. Certains génitifs y rappellent les formes sanscrites. (Voy. Mommsen, qui distingue, en Italie, trois familles irréductibles, l’étrusque les langues italiotes et l’iapyge.) Maury (Journ. des Sav., 1878) appelle l'attention sur les Notes messapiques de Simone, collection de textes épigraphiques pouvant servir à reconstruire cette langue.

5. Le fonds des Étrusques est pélasge : mais les Rasénas, nom sacré des Étrusques, sont un peuple conquérant (finnois?), venu des Alpes rbétiques où Denys dit qu’on parlait étrusque. Les Anciens se sont contentés' de dire (Denys, 1, 507; Aulu-Gelle, 11,7) que l'étrusque ne ressemble à aucune autre langue. La mythologie est en grande partie grecque : Aplu = 'AuôXku'j, Tina = Zf,va (?), etc. (Voy. Otfr. Müller, les Étrusques, revus par Deeke, 1876 ) On a constaté de grandes analogies entre l’art étrusque et l’art lycien.

6. L’ouvrage de Corssen, les Étrusques (le 2* vol. contient la collection des textes avec des traductions arbitraires), a trompé toutes les espérances que le grand nom de Corssen faisait concevoir. Il concluait que « l’étrusque est une langue purement italique, intimement parente du latin, de l’ombrien et de l’osque. » Corssen explique par le latin l’inscript. du cippe de Pérouse, où il voit une collection de vingt inscript, votives. Voici un

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