ACCENTUATION ANTIQUE
recule et s’efface devant Vêlement abstrait et logique, l'accent*.
1 . L’accentuation antique estconstituéc par le mélange de syllabes plus aiguës et plus graves, à la différence de l’accentuation moderne, constituéepar le mélange de syllabes plus forles et plus faibles1 2. Aussi les noms des accents et celui de l’accent lui-même sont-ils empruntés à la musique, dont l’accentuation est l’image3.
2. Denys donne à entendre que l’intervalle entre le grave et l’aigu était à peu près d’une quinte. Comme la voix humaine est naturellement disposée à donner peu de durée aux sons aigus, il s’en suivit que dans une voyelle longue de deux temps affectée de l’accent tonique, l’aigu ne portait que sur le premier ou sur le second temps : dans le premier cas, le second temps recevait l’accent grave, qui, réuni à l’aigu du premier temps, donnait le circonflexe : clârus. Si, au contraire, l’aigu portait sur le second temps, le premier recevait le grave, qui, avec l’aigu, donnait l’anticirconflexe : cldri 4 5. (Ce dernier se marque ordinairement comme l’aigu.) — Dans les crases, un aigu et un grave forment par leur réunion un circonflexe : vco; = voûç; un grave et un aigu font un anticirconflexe ou aigu : <5atç = £aç.
Accentuation sanscrite. — Benloewet Benfey ont démontré que l’accent sanscrit se porte sur le dernier déterminant, c’est-à-dire qu’il relève les syllabes qui modifient la notion du radical (suffixes, augment, redoublement), sans considération de la longueur du mot, de la quantité ni de la nature des finales. Les deux grands principes jumeaux de la langue, l’accent et la quantité, ne se combattent encore et ne se confondent sur aucun point. Comme la syllabe qui avait modifié le mot en dernier lieu était presque toujours la syllabe accentuée, la plupart des mots simples étaient oxytons3.
Accentuation grecque0. — L’accentuation grecque diffère selon les dia-
1. Accent us est velut anima vocis. (Diomède.) L’accent et la quantité sont opposés comme Pâme et le corps. « C’est l’accent qui marque l’action exercée sur le mot par l’intelligence de l’homme; à mesure que les langues commencent à s’accentuer, elles prennent conscience d’elles-mêmes. » (Benloew.)
c2. Pour fixer les idées, remarquons que dans Italiam l’accent est sur le premier a qui es une brève : plus tard, la quantité s’effaçant devant l’accent, la voix insistera sur cet a, sans quoi le mot français correspondant serait Itlie.
o. Musica, cujus imago prosodia. (Varron.) — Accentus dictus ab accinendo, quod sit quasi quidam cujusquc sijllabae cantus. (Diomède.) — Au lieu de papûa et àlù a (grave et aigu), Glaucus de Samos employait les termes àvei p*.évvj et iutTîxajJiivv), qui désignent la tension des cordes de la lyre.
4. Hermocrate appelle cet accent «nijjndexTo;, Aristophane de Byzance àl^Saçtla. Glaucus de Samos réservait le nom d'aigu à l’accent portant sur les brèves.
5. Le sanscrit n’a pas de circonflexe : de l'aigu ( uddlta ) la voix descend au grave {anudâtta) , en passant par le svarita, son par excellence, son moyen. — L’accentuation sanscrite est soumise à la loi de l’imagination, elle reflète la dernière impression des sens. L’accentuation allemande, au contraire, est l’expression de l’analyse, qui distingue entre la substance et l’accident. La langue latine, par ses tendances abstraites, sa loi de barytonie, la coïncidence de la longue et de l’accent dans tous les mots à pénultième longue, annonce déjà l'avènement des idiomes teutoniques, où, par la prédominance absolue du radical (par exemple dans le mot wâhnsinni gérés) les désinences deviennent muettes ou disparaissent.
G. Voy. Cbandler, Introduct. prat. à l'accent, grec, (angl.) ; Egger et Galusky, Traité d'accent, grecque; Mistelli, idem, 1875 (ail.); et la Grammaire de Kriiger (très bon chapitre).