I. — LA MUSIQUE
La musique est née de la douleur, dont elle est l’expression la plus naturelle. Les plus anciennes mélodies de l’Orient et de la Grèce furent des lamentations. L’homme, pour chanter, n’avait pas besoin d’imiter les oiseaux : il lui suffisait de souffrir, c’est-àdire de vivre. Sa première parole fut un cri, et sa première plainte fut un chant.
1. Les questions relatives à la musique grecque sont parmi les
1. Bibliographie. — Histoires générales cle la musique , parForkel, Ambros, Fétis (peu de valeur), Burney, Chappell. — Sur la musique ancienne, le livre capital est Musique et métrique, de Rossbach et Westphal, 2e éd., 1867 (ail.), que Gevaërt a suivi d’assez près dans sa belle Hist. de la musique ancienne, 1875. — Voy. encore Bellermann, Gammes et musique anciennes, 1847 (ail.) ; Fortlage, dans YEncyclop. d’Erscl t Gruber, t. LXXXI ; Otf. Millier, Littér. gr., trad. Hillebrand, et les appèndices ; Bœckh, La, mètres de Pindare, 1825; Burette, Mérn. de l’Acad. des inscr., 1746. — Vincent (t. XVI des Extraits et notices des mss) s’est attaché à montrer dans le plain-chant les restes de la musique grecque. Bourgault-Ducoudray en signale aussi dans les chants populaires grecs (1877 ; cf. ’ l’art, de Lévêque, Journ. des Savants, 1879). Voy. aussi Ruelle, Rapport sur l'ancienne musique grecque, d’après les manuscrits de Madrid, de l’Escurial et de Tolède; il a donné un fragment de Bacchius et trois lettres de Psellus (cf. R. C., XVIII, 162). — Tzctzes, Restes de la musique grecque dans la mus. de l’Église grecque, 1874 (ail.).
Théoriciens anciens. — Meibom en a publié sept (Aristoxène, Euclide, Nicomaque, Alypius, Gaudentius, Bacchius, Aristide Quintilien), en 1666. Vincent (op. cit.) a éditéBacchius le Vieux et Pachvmère; Willis, les Harmoniques de Ptolémée, avec le commentaire de Porphyre, et les Harmoniques de Manuel Bryenne. — Aristoxène de Tarente dit 6 (xouo-t xôç, réagit contre la corruption qui s’introduisait dans la musique à son époque ( Èlém . harmoniques, en 5 liv., éd. Marquard, avec trad. ail. et commentaires, 1868; excellente trad. française par Ruelle, 1871 ; des fragm. des Élém. de rhythmique, publiés d’abord par Morelli, 1785, l’ont été de nouveau par Bartels, 1854). — Euclide, mathématicien d’Alexandrie sous Ptolémée Lagus, a laissé l 'Introduction harmonique et la xaxaxo^ xavôvo; (contestée). — Plutarque a écrit un dialogue sur la musique (éd. spéciale par Volkmann, 1856), qui est encore très obscur pour nous. — Aristide Quintilien (100 ap. J.-C.) est l’auteur d’une Encyclopédie musicale (éd. par Westphal, 1861) en 5 livres, pleine de considérations pythagoriciennes sur l’influence et la nature de la musique. Tous ces auteurs (pythagoriciens ou péripatéticiens) ne traitent en détail que la partie mathématique de la musique, qui nous intéresse le moins. — Claude Ptolémée (160 ap. J.-C.) a écrit 5 livres d 'Harmoniques, commentés par Porphyre, Nicéph. Grégoras et Barlaam. — Alypius d’Alexandrie (n° ou ine siècle) est l’auteur de Pou-