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MODES

III- La Trompette ou Salpinge portait différents noms et affectait diverses formes1 . Les concours de trompette, à Olympie, avaient un caractère plus militaire que musical. Le géant Hérodore de Mégare pouvait souffler a la fois dans deux trompettes, et avec une telle force, qu'on ne l’écoutait qu’à distance. Il remporta dix fois le prix à Olympie.

Instruments de musique chez les Romains. —I. La Flûte servait aux cérémonies religieuses, aux funérailles, aux jeux scéniques, ün la fit d’abord en roseau, puis en lotus, enfin en métal (flûte iyrrhénienne). La plus répandue, dite flûte phrygienne 2, était en buis, avec un bout recourbé en forme de corne pour augmenter le son. Les doubles-flûtes étaient égales ou inégales : les flûtes inégales avaient l’une quatre trous et l’autre seulement trois. VHécyre de Térence était accompagnée par des flûtes égales, et le Phormion par des flûtes inégales, comme nous l'apprennent les didascalies.

II. La Trompette (tuba), instrument en corne, plus tard en laiton, long tube droit faisant entendre un son profond et rude. Venue d’Étrurie à Rome, elle servait à l’infanterie comme le clairon à la cavalerie, et donnait le signal du combat3.

III. La Corne4 5 6, instrument en volute, tordu en spirale, ressemblant au cor de chasse : elle servait aux bergers et à la guerre, annonçait le commencement et la fin des repas, et appelait autrefois les Quirites à l’assemblée.

IV. Le Clairon ( lituus ), trompette recourbée, en airain, faisant entendre un son perçant : il servait dans la cavalerie et donnait le signal du combat".

Les instruments à corde étaient les mêmes que chez les Grecs.

Modes. — Comme la langue grecque a ses dialectes, la musique a ses modes0. L’antiquité en distinguait trois principaux, 1 edorien, le phrygien et le lydien 7. Le premier mode est le plus grave; le second, vif et bruyant, naquit aux mystères de Cybèle en Phrygie. Le troisième a un accent à la fois doux et plaintif, et on l’a rapproché de la voix féminine8. Le mode, dans la musique

1. La trompette paphlagonienne était très longue, avec une ouverture en bouche de taureau; la médique avait une ouverture en jonc ; la gauloise, nommée carnyx par les Celles, petite et en métal fondu, rendait un son perçant ; la Iyrrhénienne, d’airain ou de fer, avec une ouverture en os, droite ou recourbée, était vantée pour son éclat; la trompette hellénique ou argienne était longue et d’uu son puissant; Yégyptienne, de forme arrondie^ nommée clinoûs, servait aux sacrifices : on en attribuait l’invention à Osiris.

2. A la fois flûte et clarinette, avlâ; et Tzka-^ia.'Ao;. Cf. Ovide, Fastes, 6, 657.

3. Ennius, v. 452 (Vahlen) : At tuba terribïli sonitu tarataniara dixit.

4. Bacina et non buccina, l’étymologie étant bou-i-cina (allem. Kuh-horn).

5. Acron, ad Ilor. Carm., 1, 1, 25 : « Lituus equitum est et incurvus, tuba vero peditum est et directa. » Cf. Lucain, 1, 237.

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