‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 272 sur 591 · DANSES GRECQUES · texte numérisé non relu

DANSES GRECQUES

Danse est une discussion sur la moralité de cet art, que plusieurs écoles de philosophes proscrivaient.

2. La danse et le chant étaient si étroitement unis chez les Grecs, que choreucin et chanter sont synonymes. Selon Athénée (I, p. 150), la danse est l’imitation de ce que dit la voix. C’est à la danse que la métrique grecque a emprunté son vocabulaire (pied, arsis, thésis).

5. Les Grecs réunissaient sous le nom cUorchestique l’art de la danse et celui de la pantomime. Plutarque emploie l’expression : danser avec les mains , et Xénophon ( Banq ., 2, 16) dit que, dans la danse, aucune partie du corps n’est oisive. En général, le danseur ou la danseuse chantaient et dansaient, tandis qu’une autre personne les accompagnait sur un instrument1. Ce que nous appelons danses tournantes eût blessé le goût délicat des Grecs, comme la valse choquait lord Byron2.

Danses grecques. — 1. A l’origine, toutes les danses étaient religieuses3, et Platon n’en admettait pas d’autres4 5. Sauf les danses bacchiques, les danses religieuses étaient généralement graves et consistaient en mouvements lents autour de l’autel.

2. Dans le culte d’Apollon à Délos, chaque sacrifice était accompagné de danses et de chants. Une de ces danses en chœur s’appelait la grue 3 et représentait les détours du labyrinthe de Crète. De cette danse dérive peut-être Ylujporchème dorien, danse mimique et lyrique très vive exécutée autour de l’autel d’Apollon, avec des accompagnements de chant et de musique dus à Thalétas (gymnopédies) .

5. Les danses militaires étaient surtout en honneur chez les Doriens. L’invention de la pyrrhique était attribuée aux Dioscurcs, à Bacchus ou à Mercure. D’après Aristote, Achille l’introduisit le premier aux funérailles de Patrocle. Cette danse était certainement dorienne, et Thalétas en avait composé la musique. Athénée appelle la pyrrhique de Sparte une préparation à la guerre 6. A Athènes, aux grandes et aux petites Panathénées, des éphèbes dits pyrrhi-

1. Athénée décrit ainsi la danse appelée anthema (danse des fleurs), que la danseuse exécutait avec une mimique facile à comprendre, en chantant ce double couplet : Iloü p.01 xà

; ro'O 1*01 w ta ; zcô u.01 xà xaXà aéitva ; Ta£t xà pôia, xaî'i xà ta, xa£'t fixa Xà aiXtva.

2. Les Grecs aimaient, dans les danses d’ensemble, le mouvement harmonieux de belles formes; Y eurythmie, accord des mouvements avec le rhythme, leur plaisait à tel point, qu’ils appliquaient ce terme à la beauté dans les arts plastiques.

3. On trouve la danse, comme art profane, dès le temps d’Homère. Ulysse admire des danseuses rapides à la cour d’Alcinoüs [Ocl., 8, 263).

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