Pseudolus
2. Boissier (Rev. archéol ., 1861, p. 542) remarque que, sous l’Empire, on trouve les. expressions sallare ou cantcirc (mais non agere ) tragoccliam. Or le pantomime est nommé à Rome saltator, et Athénée et Zozime affirment que la pantomime est née sous Auguste. Selon Boissier, la pantomime est sortie naturellement de l’exécution des cantica , partagée, depuis Livius Andronicus, entre l’acteur, le joueur de flûte, et un musicien disant les paroles. Les pantomimes n’étaient qu’une série de cantica successifs sur un des thèmes mythologiques qui faisaient le fonds de la tragédie. Le chœur chanté, canticum, caractérise la pantomime romaine et la distingue de la danse des Grecs, qui n’est accompagnée que par une musique d’instruments; les gestes, d’ailleurs, étaient l’important. Saltare tragoediam, c’est jouer une pantomime, et cantate tragoediam, exécuter une tragédie chantée,, un drame lyrique composé de monologues scindés. D’après Suétone ( ap . Diom. Putsch, p. 489), ce fut par la vanité des trois artistes qui collaboraient aux pièces de théâtre que l’accord des gestes, des paroles et du chant, qui avaient fait des anciens cantica un spectacle complet, se brisa dès les premiers temps de l’Empire : chaque auteur préféra briller pour son compte, et ainsi naquirent la tragoedia saltata ou pantomime, la tragoedia cantata ou drame lyrique, enfin la musique de la flûte seule exécutée par le pythaules. La vieille tragédie périt de la dislocation des parties qui la composaient. — Il peut paraître singulier de faire naître par une sorte d’abstraction un jeu aussi simple que la pantomime; quoi qu'il en soit, le travail de Boissier mérite d’être signalé comme le modèle d’une discussion archéologique serrée et élégante. — Comp. Grysar, le Mime romain, 1854 (ail.).