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MÉTRIQUE DES ANCIENS

La Rhythmique, dont la métrique fait partie, est la science de l’ordre des mouvements successifs dans les trois arts musicaux , la poésie, la musique et l’orchestique ; elle diffère de la symétrie, qui est la science de l’ordre des parties juxtaposées dans les trois arts plastiques, l’architecture, la statuaire et la peinture2.

Rhythme. — « Le rhythme, disait Aristoxène, est l’ordre des temps. » Le

1. Bibliographie. — Le Manuel d’IIéphestion est un extrait en 1 livre d’un autre extrait en o livres abrégé lui-même d’un extrait en II livres tiré d’un ouvrage en 48 livres rspt jjiTçiov : cela donne une idée de la manière de travailler des Byzantins, où le précis copiait le précis en l’abrégeant. Tous les autres métriciens grecs, Moschopule, Dracon, Isaac, Tzetzès, etc., sont inférieurs à Héphestion (V. Westphal, Scriptorcs metrici Graeci , 1866). Le plus important des métriciens latins est Terentianus Maurus (V. Gaisford, Script, latini rei metricae, 1837). il faut ajouter beaucoup de seboliastes, et les auteurs cités plus haut sur la musique. — La métrique moderne date de Bentley, de Metris Terentianis <T/îSiaiT|ia, 1726, qui contient encore beaucoup d’idées fausses : le De metris d’Hermann, 1799, et ses Elemenia doctrinae metricae, 1816, sont les fondements de renseignement actuel. Mais le premier travail décisif sur la métrique des lyriques grecs est celui de Bœckh, Mètres de Pindare, 1808 et 1823 (ail.). Après les ouvrages d’ensemble fort méritoires d’Apel, 1834-8, et de Leutsch, 1841, l’apparition des deux volumes de Rossbach et Westphal (2e éd., 1867-68, lrcéd., 1854-65) marqua un très grand progrès dans les études de métrique et de musique. — Le bon manuel de métrique de Christ (2" éd., 1879) contient peu de choses originales. Les 4 vol. de Schmidt, 1868-72, sont, au contraire, d’une hardiesse excessive. L. Muller a publié un travail très-détaillé, écrit dans un latin bizarre et obscur, sur la Métrique des poètes latins, sauf Plaute et Térence, 1861. La métrique des comiques latins, étudiée par Ritschl cl son école, a été l’objet d’un gros livre de Millier, 1866 (ail.), d’une lecture fort peu divertissante. On fera mieux de recourir à la dernière éd. du Traité de versification latine, par Quicherat, modèle de clarté et de science solide, qui donne l’essentiel sur les mètres de Plaute. Ajoutons que les études de métrique sont fort négligées en France, où l’on entend encore répéter les railleries de Montaigne (l 'ignorant hardi, comme disait si bien Scaliger) contre les savants qui scandent les vers de Plaute.

- — Ce qui suit est surtout emprunté à Christ, dont le livre, un peu indigeste, se prêterait d’ailleurs mal à une traduction. Je dois beaucoup au Cours de métrique professé par Wcil aux Hautes-Études, 1878-79; toutefois, je n’ai pas cru devoir reproduire celles de ses idées personnelles qui s’écartent des doctrines communément enseignées en Allemagne.

2. puô|Ao;, de pu, couler. Aristide Quintilien reconnaît le rhythme dans tous les arts. Sur le rhythme en général, voy. Benlœw, Précis d'une théorie des rhijthmes, 1862.

RHYTIIME, MÈTRE.

temps est la mesure du mouvement rhythmique. L’unité de temps est le temps simple ou point, égal à la durée de la note, de la syllabe ou de la figure de danse la plus courte1. Le temps dauble est la syllabe longue ordinaire, égale à deux brèves2.

Pied. — Le pied est une partie du rhythme qui fait connaître la nature du tout3, comme l’intervalle entre deux barres, dans notre notation musicale, permet de reconnaître si une mesure est à 5 temps, 6/8, etc. Le pied se compose de plusieurs syllabes dont l’une est marquée par une inflexion plus forte. Le temps fort s’appelait anciennement basis ou lliésis, parce qu’on abaisse la main et le pied en le marquant; le temps faible se nommait arsisi 5. Mais, comme en général la voix s’élève avec le temps fort et s’abaisse avec le temps faible, les grammairiens postérieurs prirent la déplorable habitude d’appeler arsis le temps fort et lliésis le temps faible 3. Les modernes se sont partagés entre ces deux systèmes3, et il en est résulté une confusion qui n’a pas légèrement servi à compliquer l’étude déjà si difficile de la métrique ancienne6.

Genres de rhythme. — D’après le rapport numérique entre les deux parties du pied (la thésis et Yarsis), Aristoxène distingue trois genres rhythmiques : 1° le genreégalou daetijlique (2 : 2) ; 2° le genre double ou iambique (2 : 1 ) ; 5° le genre sesquialtère ou péonique (5 : 2)7. Un quatrième genre d’un emploi rare est Yépitrite (4 : 3).

Mètre. — En musique, on peut toujours remplacer une noire par deux croches; dans un vers, on ne peut pas remplacer partout une longue par deux brèves. Le rhythme n’a rapport qu’à la somme des temps; le mètre dépend, en outre, de leur disposition relative8.

1. yçôvOî icçwto;, iyij[Aiïov. xaXeÏTat Stà. tô dLpepè; eïva'.. (Arist. Quilltllien.)

2. La durée du temps simple est uue more ; elle n’a rien d’absolu et dépend du mouvement ou tempo. — « Longain esse duorum temporuin, brevem unius, ctiam pueri sciunt. » (Quint., 9, 4, 5.)

5. IloC; tort piso; xoü r.cuzô; p'jQpoü Si’ o\j xbv ôXov xaxaXapS àvopev. xouxov» Si pspv) Sbo* aprt;

xat 8é<rt;. (Aristide, p. 40.)

4. Le pied est la réunion d’une lliésis et d’une arsis (en latin : positio, elevatio).

5. Isid., OrUj., 1, 16 : « Arsis et thesis, id est vocis elevatio et positio. »

6. Bculley et Hermann suivent les grammairiens latins : Itossbach et Westphal sont revenus à l’ancienne mode, et Christ à la nouvelle, sauf à écrire arsis et lliésis en grec quand il les prend au sens ancien. Cette dernière invention paraît peu heureuse, et je me conforme, dans ce qui suit, aux acceptions anciennes.

" 7.~ Y Cjï; t'éov, SîïcY&nîv, ^ptôX’.ov. — I. Au 1er genre, se rattachent les pieds suivants : le procéleusmalique simple ou pyrrhique : uu ; le double procéleusmalique : uuuu ; le dactyle ou anapeste a majori : - uu; l 'anapeste a minori ; uu - ; le spondée simple : - - ; le spondée double : — * — , où l’am's et la thésis comprennent chacune une syllabe longue de 4 mores.

II. Au 2' genre appartiennent; Yiambe : u - ; le trochée : - u ; le trib raque : uuu, elles pieds composés : l’ionique majeur: — uu, et l'ionique mineur: uu — .

III. Au 3e genre se rattachent : les péons ; - u u u (et les permutations) ; le crétique : - u - ; le bacchius : u - - ; Y antibacchius : - - u.

IV. A ces rhvthmes il faut ajouter ceux qu’Aristide appelle ptxxoi ; le dochmius : u - - u - ;

le choriambe : - uu Y antispaste : u — u, etc.

8. Quint., 9, 4, 46 ; « Rhylhmi, id c^t numeri, spatio temporum constant, metra ctiam ex ordine, ideoque alterum esse quanlilatis videtur, alterum qualitatis. »

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