‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 284 sur 591 · HEXAMÈTRE · texte numérisé non relu

HEXAMÈTRE

Dans les 611 hexamètres du premier livre de Y Iliade, il y a 120 vers dactyliques purs1. Ennius en offre 5 exemples.

o. Un hexamètre avec un spondée au premier pied est dit hexamètre sapphique ou "colique.

4. Des hexamètres spondaïques purs se trouvent dans Homère et Ennius; ils sont d'un effet très désagréable2 * 4. Virgile n’en a qu’un seul ( Énéide , 7,654).

5. Drobisch5 a étudié l’hexamètre latin d’Ennius à Claudien et en a dressé la statistique. Le spondée domine dans l’ensemble du vers, surtout chez les vieux poètes. Dans Virgile comme dans Ovide, le premier pied, et lui seul, contient plus de dactyles que de spondées; mais, dans Virgile, la proportion est de 60 : 40; dans Ovide elle atteint 84:16, c’est-à-dire 5:1. Aucun autre poète ne fournit même le rapport 2:1. Au quatrième pied, la prépondérance du spondée est la plus faible dans Ovide, mais le dactyle au quatrième pied ne domine chez aucun poète latin. En somme, on trouve que, chez Virgile, dansles quatre premiers pieds, les spondées l’emportent sur les dactyles dans la proportion 56 : 43 ; chez Ovide, les dactyles l’emportent dans la proportion 54,8 : 54,2. Cette prépondérance du dactyle ne se rencontre que dans un seul autre poète, l’imitateur métrique d’Ovide, Valérius Flaccus. L’hexamètre sautillant d’Ovide forme un contraste complet avec le lourd hexamètre de Catulle. L’égalité entre les spondées et les dactyles se rencontre chez Stace, qui se rapproche ainsi, par sa facture, d’Ovide plus que de Virgile4 7.

Césure de /’ hexamètre* . — La césure (toutî) répond à un besoin de l’esprit, ou de l’oreille, qui veut retrouver l’unité dans la variété. Un hexamètre où chaque mot forme un pied a quelque chose d’essoufflé et d’incohérent0.

1. La coupe principale de l’hexamètre se trouve soit après la thésis du troisième pied (césure penlhémimère ou masculine)1 , soit après la première syllabe brève du troisième pied (césure jearà xp'.Tov r dite trochaïque ou féminine )8. Chez les classiques grecs, ces deux césures alternent. Chez les Latins, la penthémimère domine : chez les Grecs, depuis Nonnus, la césure trochaïque se rencontre presque exclusivement.

2. Outre la césure «au troisième pied, on trouve souvent une autre césure au quatrième, soit immédiatement après la quatrième thésis (césure hephthémi-

1. Virgile ne les emploie plus que pour produire des effets de rapidité : « At fùgit interca, fugit irreparabile tempus. » (Georg.,ô, 281.)

2. vy)<tô; T’Alyivijî vauTtxXurti t’ EüSoia. ( Hymne à Apoll. Dél., 51.) — « Cives Romani tune facli suut Campani. » (Enn., 174.)

5. Essai statistique sur les formes de l'hexamètre latin, 1866 (ail.).

4. D. Nisard, qui n’a point compté de syllabes, disait il y a 40 ans que Stace, cet admirateur passionné de Virgile, est un Ovidien. IN’est-il pas permis déjuger excellente une statistique dont les résultats confirment, loin de les contredire, les intuitions du sens littéraire le plus exquis ?

5. On dit à tort, dans les classes, qu’un vers a deux ou trois césures : le mot césure signifie coupe, et tout vers ne peut en avoir qu’une. — Dans le premier sens, les césures sont les endroits du vers où la fin des mots ne s’accorde pas avec la fin des pieds.

6. « Sparsis hastis longis campus splcndet et horret. » (Ennius.)

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