MÉTRIQUE DES CHŒURS
moindre longueur succédant régulièrement à des vers plus longs.. Les premières poésies lyriques, œuvres des poètes éoliens, sont d’une construction très simple : des strophes courtes et toutes semblables se suivent d’après une même mesure, chantées par un artiste seul qui s’accompagne sur la lyre1. Au contraire, la structure des poésies doriennes , destinées à être débitées par des chœurs et accompagnées de danses, est beaucoup plus savante; les poses et les mouvements du chœur venaient au secours de l’oreille pour faire saisir au spectateur le retour des mêmes rhvthmes. Ce furent d’abord de longues strophes auxquelles répondaient, mesure pour mesure, des couplets symétriques dits antistrophes ; ensuite Stésichore introduisit un troisième élément, l’épode que le chœur chantait lorsqu’il était revenu à sa place après avoir exécuté en sens inverse (dans l’antistrophe) l’évolution qu’il avait décrite en chantant la strophe.
2. Cette distinction entre les lyriques éoliens et les lyriques doriens est très importante à retenir. Horace, dont les odes devaient être récitées et non exécutées, n’a pu imiter que la composition simple et comme transparente des Éoliens. Vouloir retrouver dans les odes de Pindare, faites pour être chantées et dansées, les mètres et la disposition strophique de Sappho ou d’Horace, c’est prendre pour point de départ une grosse erreur d’histoire littéraire. La musique de Pindare, qui rendait ses odes compréhensibles à un auditoire grec, étant perdue probablement sans retour, nous ne pouvons espérer en acquérir la parfaite intelligence, dénués d’un secours nécessaire aux Grecs eux-mêmes.
o. La poésie chorale de Pindare présente la même complication que la poésie lyrique des Doriens. Toutes les strophes et antistrophes, comparées entre elles, toutes les épodes, comparées entre elles, se répondent longues par longues et brèves par brèves. La difficulté consiste à diviser les strophes en périodes, et les périodes en membres métriques ou cola. Bœckh a le premier eu l’idée de couper le vers toujours après un mot, là où il y avait hiatus ou syllabe douteuse2; ce qui l’a conduit à admettre des périodes de
1. La période de quatre cola (phrase carrée) est la plus fréquente chez les -Éoliens, et dans Horace, leur imitateur, toutes les odes se divisent en groupes de quatre vers, sauf 4, 8, où deux vers sont peut-être interpolés ou perdus. — Il y a quatre sortes de strophes dans le recueil d’IIoracc : 1° la strophe sapphique, composée de trois vers sapphiques et d’un adonique (1, 2) ; 2° la strophe asclépiade I, composée de trois asclépiades et d’un glyconique (1,5) ; o° la strophe asclépiade II, composée de deux asclépiades, un phérécraticn et un glyconique (1, 12); 4° la strophe alcaïque, composée de deux vers alcaïques, un iambique dimètre hypermètre et un vers logaédique. — La strophe sapphique et la strophe alcaïque sont logaédiques. (Christ, p. 544-551.)
2. « Le vers de Pindare, dit Bœckh est la période.» La division des côla, qui est celle