‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 304 sur 591 · LE CHŒUR TRAGIQUE · texte numérisé non relu

LE CHŒUR TRAGIQUE

soixante syllabes, hypothèse, d’ailleurs, qui n’est nullement inadmissible. Le côlon est un membre de phrase vocal, et la réunion de deux ou plusieurs de ces membres forme la période musicale. Si l’on établit la division des périodes et des cola ; avec la distribution des levés et des frappes dans chaque mesure, on obtient le dessin d’une strophe pindarique; et, comme la musique de ces phrases nous est inconnue, c’est là évidemment tout ce qu’on peut espérer atteindre1.

4. Dans la poésie dramatique, l’ordonnance strophique a cela de particulier qu’au lieu de conserver d'un bout à l’autre d’un même stasimon le meme système de strophes et d’antistrophes, on les varie après chaque couple; et les épodes ne se trouvent qu’à latin, comme conclusion du chant entier, non après chaque couple de strophes, comme dans la poésie lyrique-. Par les changements de mesure accompagnés d’une variation dans la mélodie, qui répondent à une succession de sentiments et d’émotions diverses, la poésie lyrique dramatique se sépare nettement de celle de Pindare, qui développe une seule pensée fondamentale dans un même sentiment depuis le commencement jusqu’à la fin5.

Chœur tragique4. — Le chœur d’Eschyle se composait de douze clioreutes : leur nombre fut porté à quinze par Sophocle. Les chants du chœur s’appellent stasima , s’il les récite à un endroit fixe, et parodoi , s’il les chante pendant qu’il fait son entrée. La parodos commence le plus souvent par des systèmes anapestiques, fortement rhvthmés, déclamés au son de la flûte suivant le mode de récitation appelé paracatalogue 5. Les stasima se placent dans des sortes de

des manuscrits et des vieilles éditions, est nécessairement arbitraire; il n’y a pas, dans Pindare, de rrriy^t ou vers au sens moderne, mais seulement des phrases musicales.

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