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MAAT EL DE PHILOLOGIE

METRIQUE DES COMIQUES.

Métrique des comiques latins1. — La véritable difficulté des vers de Plaute consiste moins dans sa métrique que dans sa prosodie, qui est très incertaine et admet beaucoup de crases, de syncopes, d’ecthlipses, etc. Un fait essentiel, et qui a été mis en lumière par Müller, c’est que dans tous les mots iambiques la phonétique du temps de Plaute lui permet d’abréger la dernière syllabe. Cette licence a laissé des traces dans les quantités bene , male"2, à côté de longe , probe. En outre, tous les pieds du vers admettent toutes les substitutions. L’influence de l’accent et de Y ictus a été très à tort exagérée : on peut dire seulement que si l’accent et Y ictus ne créent par de syllabes longues, ils conservent la quantité de celles sur lesquelles ils se trouvent placés et affaiblissent celle des syllabes voisines5.

On trouve dans Piaule beaucoup de voyelles brèves malgré la présence dedeux consonnes : ces voyelles, u, e, i , sont dites irrationnelles 4.

Hiatus.— Onsaitque Ritschl (voy.p. 139) a voulu presque partout supprimer l’hiatus dans Plaute, en intercalant un d final. Ceux qui repoussent ces solutions d’une critique trop sommaire admettent l’hiatus dans deux circonstances : 1° lorsqu’il se produit une pause du sens ou un changement d’interlocuteurs; 2° dans les fortes pauses métriques, surtout à la césure penthémimère du sénaire5 .

Riiythmes. — lisse rattachent à cinq espèces principales, le trochaïque, l’iambique, le crétique, le bacchiaque, l’anapestique. Dans les diverbia, l’iambique sénaire et le septénaire dominent, sous les deux formes catalcctique et acatalectique. — Westphal admet, contre Ritschl, que Plaute emploie l’anapeste précédé d’un dactyle (d’où un procéleusma tique), association qui ne se trouve presque jamais dans la métrique grecque.

Quant à la succession si compliquée des riiythmes lyriques dans les cantica de Plaute, elle ôtait sans doute déterminée par la musique qui les accompagnait, et, par suite, elle reste un mystère pour nous6.

1. Outre Millier, op. cit., voy. Quicherat, et Benoist, Préf. à la trad. de Plaute, p. v; Conrardt, Composition métrique des comédies de Térence, 1877 (ail.). Les plaisanteries d’Horace sur les Plautini numeri n’ont aucune portée, carBücheler remarque justement qu’Horace était beaucoup trop ignorant du latin archaïque pour pouvoir porter un jugement sérieux sur ses mètres de Tlaute. Cela est bien plus vrai encore de Montaigne.

2. On trouve dans une inscription l’hexamètre suivant : « Est equos perpulccr , sed lu vehi non potes illoc. »

3. Benoist, l.c. Voy. la préface de Wagner àl ’Aulularia, 1866 (angl.).

4. Venustatis, potest, iste. Cela ne se produit jamais quand l’accent tombe sur la voyelle suivie de deux consonnes ; dans talentum, Philippus, l’accent était primitivement sur l’antépénultième. La muette suivie d’une liquide ne fait jamais position.

5. Wagner ajoute : devant un mot crétique à la fin d’une ligne (alternae arbores , Trinummus, 539, Ritschl lit alternas, ancienne forme du nominatif pluriel dont il n'y a pas un seul exemple authentique).

6. Voy. pourtant Studemund, deCanticis Plautinis, qui veut expliquer cette succession par le degré de parenté naturelle des rhylhmes (trochaïque et crétique, iambique et bacchiaque).

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