III. — LA GRÈCE HOMÉRIQUE
La société grecque au temps d’Homère est une sorte de féodalité avec
1. Thucydide (2, 1) désigne ainsi la première année de la guerre du Péloponnèse : èic';
iv "Aj/yet tôte iEEvTi['/avTa Siioïv Sicwa etï) ÎEpwpiiviqç koù AIvijitîou èppou Iv ZicipTï) xa'i
IIuSo&iopou éxt [xvjv«î açjrovToç ABifjvafotç, etc. Polybe date le premier consulat de Rome par rapport à l’expédition de Xcrxès, et la prise de Rome par Brennus d’après les batailles d’Ægos-Potamos et de Lcuctres.
Ératosthène adopta l’ère de la prise de Troie (printemps de 1183). Le Marbre de Paros compte d’après l’archontat d’Àstyanax à Paros et de Diognète à Athènes (264).
2. Mais la supputation par archontes subsiste encore sous l’Empire romain.
3. Formules pratiques pour convertir en années de l’ère chrétienne une date donnée en olympiades : 1° La date est antérieure à J.-C. Soit n le nombre des ol., p le chiffre additionnel (lre, 2e.... 4' année de la ne ol.), on se servira de la formule: Date =776 — [(n — 1)4 + ( p — 1)]. Ex. : Salamine tombe ol. 75, 1 ; c’est-à-dire, en appliquant la formule, =776 — [(75 — 1) 4 + (l — 1)] = 776 — 296= 480. 2° La date est postérieure à J.-C. On résoudra la formule ( n — 1) 4 -f- p — 776.
4. Gré ce préhistorique. — Les questions d’ethnographie hellénique sont aujourd’hui encore fort obscures. (Voy. le savant mais aventureux livre de Benloew, la Grèce avant les Grecs, 1873.) Il faut distinguer au moins trois éléments, pélasgique, sémitique et aryen. D’après Curtius, Pélasges et Hellènes ne seraientpas deux races différentes, mais une même race à des degrés différents de culture. Le mot Hellènes n’est qu’une fois dans Homère {II., 2, 683) appliqué aux Myrmidons de Thessalie. Cf. Thucydide, 1, 3.
Étymologie de Pélasges : on a proposé ité).ayo? (venus d’outre -mer) ; tzLIw apyOÎ = campicola ; m-cpa pv, c’est-à-dire itExpopvET;, allusion au mythe de Deucalion; ic lia; p (oî ■kHu; tïjv pv ’épvTeç) ; ir'XaÇe-pt {errantes in terra, nomades). Pott adopte itàXai pv, en rapprochant du mot Pélasge celui de rpaïxô; (yEpaiôç). Haase admet l’étym. ieéXsioç = yÉpwv : dans Eschyle (Suppl., 250) Palaichthon est nommé le père des Pélasges. Les Athéniens et Arcadiens, qui étaient Pélasges, attestaient l’ancienneté de leur race en disant qu’ils étaient les uns contemporains du soleil, les autres plus anciens que la lune. Une explication toute différente est donnée par Ilahn (Études albanaises, ail.) et Benloew (op. cit.). Ce dernier considère les Pélasges comme les ancêtres des Albanais actuels et voit dans l’Albanais moderne une langue néo-pélasgique, qui n’est ni sémitique ni touranienne, mais originaire duCaucase (où l’on trouve des Albaniens), et parente éloignée de l’abchase. Benloew, après Hahn, a conclu à l’identité des Pélasges et desLélèges d’un vers d'Aristophane (Ois., 1139), où %l\ açyoî et itiWyoç sont rapprochés, et de la ressemblance de l’Albanais Ijeljek, cigogne, avec