LA GRÈCE HOMÉRIQUE
des vestiges du régime patriarcal, qui paraissent avec plus de netteté dans Y Odyssée que dans Y Iliade1.
Gouvernement, lois2. — 1. Les rois régnent par droit divin3. Chef militaire, comme l’indique son nom, le roi préside aux sacrifices et rend la justice 4. Agamcmnon sacrifie lui-même avant la première bataille3. Pour son entretien, le roi reçoit un territoire particulier, dit téménos 6, des dons volontaires7, et il touche des frais de justice s. A la guerre, il a droit à la meilleure part du butin; aux festins, il occupe la place d’honneur, et sa part est la plus forte9. Le roi porte le sceptre, orné de clous d’or, et semble pouvoir disposer de ses Etats, car Àgamemnon10 promet à Achille sept villes comme dot d’Iphigénie.
2. Entre le peuple11 et le roi, Homère nous montre une sorte d’aristocratie 12 formant le conseil du roi et dont les membres peuvent, comme le roi, assembler le peuple13. Celui-ci paye les contributions et fait le service militaire. Le roi peut demander un ou plusieurs guerriers à une famille, où les fils tirent
Lélège. JQrtile de Lesbos ( ap . Denys, 1, 28) dit que les Pélasges ont été appelés Pelargoi à cause de leur vie errante. On pourrait assimiler de même aux Lélèges les Cicones de Thrace ( Ciconia ), et tenir compte des légendes sur les combats entre les grues du Strymon (Lélèges) et les pygmées (Myrmi dons -Hellènes). L’Albanais moderne explique beaucoup de noms de lieux grecs et italiques ( anda , idée de mouvement; lyc, idée de clarté, etc.), ainsi que des formes grammaticales grecques, comme le parf. 1er en x«. (auxiliaire kam, avoir), qui ont arrêté tous les linguistes. Il me semble impossible qu’il n’y ait pas une grande part de vérité dans ces ingénieuses spéculations, ainsi que dans le rapprochement essayé par Blau (1863), d’après Bachofen, entre les Albanais-Lélèges et les Lyciens, peuple gynécocrale comme les Étrusques et les Ibères. Les Étrusques-Tyrrhéniens sont très probablement parents des Pélasges-Lélèges ; l’Albanie méridionale s’appelle aujourd’hui encore TWxsvia (Toscane).
Eissner [Ane. Pélasges, 1825, ail.) dit que les Pélasges furent nègres ou du moins abyssins. Des opinions analogues ont été soutenues par Reinisch, Bleek, etc. Donaldson ( Yarro nianus) pense que les Pélasges sont les sombres Asiatiques (nAoç, noir), etc.
Influences orientales. — E. Roth ( Ihst ■ de la phil. occidentale, 1846, ail.) et Braun ( Hist . de l’art, 1836-8, ail.) ont exagéré au delà de toute mesure l’influence de l’Asie et de l’Égypte, que Bœckh, Millier, Schomann, Zeller, Welcker, Gerhard, etc. ont l’éduit le plus possible. Cette réaction paraît avoir été trop loin.
1. Ilelbig, Mœurs de l'âge homérique, 1839 (ail.). Nagelsbach, Théol. d'Homère, 1840 (ail.); Gladstone, Homère et son temps , 1858 (angl.), beaucoup d’esprit, mais encore plus de fantaisie) ;Friedreich, Archéologie d' Homère, 1851 (ail.). Yoy. la bibliographie homérique dans Nicolaï, Litt. greçque, 2* éd., 1873.
2. Pour les antiquités privées, Friedreich ( op . cit.) est un très bon guide.
3. eçteç, £to yevée; (paTi.Xe'ig). L’étymologie de paai Xeû; est pa (palvw) et 1 ionien Xet» = Xaéî (paciXti; = qui conduit le peuple, allem. Herzog). Kuhn dérive paTiXeù; depaivw et Xeu =Xà«;, par allusion à la vieille coutume celtique et germanique de faire monter les rois sur une pierre au moment de l’élection. Rien n’est moins prouvé. (Cf. Curtius, Étym. gr., p. 338.)
4. Arist., Polit., 3, 10, 7 : âixaaitoXoi, flejAKTTOiwXoi paiiXeî;. (Il-, 1, 238; 1,4i3.)