Thucydide
6. <xyçiov» 8‘iko.; 6v> elSôxa outî 0é[Ui7Ta;. ( Od ., 9, 215.)
7. La richesse consiste principalement, pour Homère, en terres et en bestiaux; mais les
riches possèdent aussi des objets et des métaux précieux (II., 6, 47). — Les armes sont de bronze, rarement de fer, métal encore rare du temps d’Homère. Armes défensives : -/vi) [»■£&£,-, GoSç'/jE, yiTwv -xdjuç, àmù; (bouclier formé de plusieurs peaux de bœufs superposées,
garnies extérieurement de plaques de métal). Armes offensives : sy^oç, Ztzoç, cfâ.r;a.vo't, -cô;ov, oîcrcot, a-çtvSdvYj, àîûvirj (hache, arme des Troyens). Le camp était entouré d’un fossé et protégé par des tours. — Les princes et les nobles combattent sur des chars de guerre : la cavalerie n’existe pas encore. Dans la mêlée, les combats singuliers sont fréquents.
8. Soixante ans après la guerre de Troie, les incursions de bandes illyriennes (?) mirent en mouvement les peuples du nord de la Gi'èce : les Thessalicns d’Épire envahirent la vallée du Pénée d’où ils chassèrent les Béotiens qui s'établirent autour du lac Copaîs ; les Doriens, montagnards voisins de l’Olympe, quittèrent leur pays sous la conduite de Téménos, Cresphonte et Aristodèine (1104), vainquirent Tisamène, roi des Achéens et fils d’Oreste, et s’emparèrent du Péloponnèse. Les deux fils d’Aristodème, Eurysthène et Proclès, eurent la Laconie. L’Arcadie, plateau montagneux, « la Suisse de la Grèce », fut épargnée par l'invasion dorienne : ses habitants se disaient fils des Pélasges.
9. Les Doriens subordonnent tout a l’État, les Ioniens laissent à l’individu une liberté illimitée : Athènes concilie ces deux tendances. Les Éoliens sont les indéterminés, gùcAsïî, ils n’ont pas le sentiment de leur hellénisme et empruntent volontiers à l’étranger. (Curtius.)
10. Personnage mythique, selon Muller. Hellanicus, le plus ancien auteur sur la constitution de Sparte, ne leméntionnait pas (Strabon, p. 566), et faisait remonter seslois aux anciens rois de la Doride. La légende de sa mort fait songer à un héros solaire (^ux-Fepyos, Lucifer).
11. Le chef-d’œuvre d’O. Millier, les^J)oriensx~ bien traduit en anglais par Lewis, a fait oublier le consciencieux travail de Manso, Sparte, 1800-1805 (ail.). [Millier a peut-être trop idéalisé ses Doriens, décriés depuis si injustement par Grote, Duruy, Paparrigopoulo, même Curtius.] Consulter Gilbert, Études sur l'anc. hist. de Sparte, 1872 (ail.). Des erreurs courantes sont rectifiées dans la Cité antique (6e éd.). p. 175, 418, etc. Grote a déjà
SPARTIATES, PÉRIÈQUES, HILOTES.
Population. — Elle se divisait en plusieurs classes superposées : les Spartiates, descendants des conquérants doriens ; les périèquës, descendants des anciens habitants, libres, mais obligés à de certaines redevances et au service militaire, sans voix délibérative dans les assemblées 1 ; les hilotes, esclaves publics, mis par l’État à la disposition des particuliers, qui ne pouvaient ni les affranchir ni les vendre2.
Rois, sénat, assemblée. — Les deux Rois étaient Héraclides, mais de branches différentes3. Le trône passait au fils qui naissait le premier pendant le règne de son père4 : sa mère devait être une Spartiate de sang pur. Le pouvoir royal ressemblait à celui des Rois homériques ; mais les lois l’avaient soigneusement limité. Le Roi prêtait serment, une fois par mois, d’obéir aux lois de la cité. Il accomplissait les sacrifices publics, jugeait dans les causes relatives à la famille, aux héritages, aux adoptions, surveillait les voies publiques et conduisait les armées. Il recevait une part des victimes et du butin, ainsi qu’un domaine dans la périékis.
2. Le sénat5, pouvoir indépendant et pondérateur entre les Rois et le peuple, comprenait 28 sénateurs nommés à vie par le peuple, âgés de soixante ans au
combattu les idées reçues sur le communisme des Spartiates.il a nié, contre Schômann (de Spartanis homoeis, 1855), le partage égal des terres. Ce qui est certain, c’est que le communisme était aussi inconnu à Sparte qu’à Rome, qu’il y avait des riches et des pauvres, et que les métaux précieux y étaient même plus abondants qu’ailleurs. L’amour des Spartiates pour l'argent était passé en proverbe (Arist., Polit., VIII, 6, 7). Lé fait saillant de l’histoire économique de Sparte, le remplacement de la petite propriété par la grande, a pour cause principale l’amour des plaisirs et du luxe, qui était naturel aux Spartiates, et par suite duquel ils s’endettèrent démesurément. Pendant longtemps, comme on ne pouvait aliéner son kléros, les créanciers ne saisirent que les revenus; mais, la loi d’Épitàdée, après la guerre du Péloponnèse, vint enfin régulariser une situation intolérable en autorisant l’aliénation des biens. Dès lors, la décadence de la propriété fut telle, qu’au temps d’Agis III tout le territoire de Sparte appartenait à 100 Spartiates. (Fustel, Acad. sc. mor., 6 déc. 1879.)
1. Ils habitaient d’abord la campagne (r>jv icepiowtSa), les cinq districts qü-’Eurysthène et Proclès avaient délimités dans Lacédémone, en dehors de Sparte. Avec la première classe, ils formaient les Lacédémoniens, par opposition aux hilotes.
2. Les hilotes, SaùXoi, Soüloi voO xoivoû, sont attachés à la terre. Ils servent dans
les troupes légères et sur la flotte; on peut leur donner la liberté pour des services rendus à la guerre. Les hilotes affranchis, ou néodamodes, n’entreDt pas dans la cité Spartiate, mais deviennent presque les égaux des périèquës. Les fils de Spartiates et de femmes hilotes s'appelaient motiuces; on cite parmi eux Gylippe, Lysandre, etc., qui jouissaient de tous les droits des Spartiates. Entre les néodamodes et les mothaces, on trouve (Théopompe ap. ALhén.,271 c) les épeunactes , qui avaient été admis à combler les vides faits par la guerre parmi les Spartiates. Les inférieurs , ûito^etùve; (Xén., Hell., 3, 3, 6), étaient probablement les cadets déshérités des familles ( Cité antique, p. 417). La classe aristocratique était composée d’hommes égaux entre eux, appelés opoiot, les égaux, qui avaient seuls part au gouvernement de la cité. On ignore comment cette classe était recrutée. — L’hilolisme Spartiate, dit 0. Muller, n’était pas plus dur que l’esclavage à Athènes. Ce que Plutarque raconte de la kryptie, jour où les hilotes devaient sc cacher pour ne pas être tués, est tout à fait inadmissible : selon Schômann , il s’agit d’une inspection de police accompagnée de manœuvres et de combats simulés. Cf. Millier, doriens, II, p. 41 (trad. angl.).
3. Descendants des jumeaux d’Aristodème, Eurysthène et Proclès, ils étaient nommés, d’après Agis fils d’Eurysthène et Eurypon petit-fils de Proclès, les uns Agiades ou Agides et les autres Eurypontides.