‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 329 sur 591 · MAGISTRATS DE SPARTE · texte numérisé non relu

MAGISTRATS DE SPARTE

moins : les deux Rois présidaient. Le sénat proposait les lois, exerçait, avec les épliorcs, la surveillance des mœurs, et jugeait les affaires de meurtre.

3. Les assemblées du peuple, qui se tenaient une fois par mois à la nouvelle lune, votaient sur les lois préparées par les Rois et le sénat. Elles n’avaient pas le droit d’amendement, et les fonctionnaires seuls y pouvaient prendre la parole.

Éphores, autres magistrats1. — Les éphores ou surveillants, au nombre de 5, probablement antérieurs à Lycurgue, étaient d’abord des juges au civil. Quand Théopompe eût retiré au peuple le droit de discussion dans l’assemblée, les éphores devinrent des sortes de tribuns du peuple avec un pouvoir de censure qui pouvait atteindre les Rois. Ils étaient choisis annuellement entre tous les Spartiates par des procédés mal connus. Chaque mois, les éphores recevaient le serment de fidélité des Rois, et leur prêtaient serment au nom du peuple. Tous les neuf ans, par une nuit claire et sans lune, les éphores se rendaient en un lieu déterminé pour observer le ciel, et s’ils apercevaient une étoile filante, ils déclaraient que lés Rois avaient commis quelque faute, suspendaient leur pouvoir et consultaient l’oracle de Delphes ou d’Olympie. — Les éphores pouvaient accuser les Rois et suspendre tous les fonctionnaires. Leur surveillance s’exerçait en particulier sur les jeunes gens et les mœurs ; le musicien Terpandre, de Lesbos, fut puni par eux pour avoir augmenté d'une le nombre des cordes de la cithare.

2. Les PYTiiiENS2 assistaient le Roi dans ses fonctions religieuses et interrogeaient les oracles. Les proxènes, officiers royaux, étaient chargés des affaires étrangères. Les agatiioerges, choisis annuellement au nombre de 5 parmi les chevaliers, recevaient des missions spéciales à l’étranger. Dans l’armée et la flotte commandaient les six polémarques, les stratèges, les navarques et les épistoles. Les vingt harmostes gouvernaient les districts de périèques (?). Les empelores surveillaient les marchés, les iiarmosynes la conduite des femmes, les pédonomes l’éducation des enfants, les bideoi leurs jeux. Enfin les hérauts étaient de la race de Talthybios, héraut des Atrides, et leurs fonctions se transmettaient héréditairement.

Lois pénales. — Les lois de Sparte étaient très sévères3 4 5. Les Rois jugeaient les causes concernant le droit de famille, le sénat les causes capitales; les éphores jugeaient les fonctionnaires, et, de concert avec le sénat, les Rois. La peine de mort (par strangulation) était infligée de nuit dans la prison d’Etat1; parfois, l’on précipitait les condamnés dans le gouffre du Céadas, près de la ville.

Éducation, armée. — \. Les enfants difformes étaient exposés sur le Taygètes. À sept ans, l’enfant valide passait des mains des femmes dans celles des pédonomes, qui l’incorporaient à une ila, troupe d’enfants du même âge organisée

1. Stein, les Éphores à Sparte jusqu’à Chilon, 1871 (ail.). — Le pouvoir des éphores s’accrut eu même temps que diminua celui du sénat.

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