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REPAS COMMUNS

militairement. Plusieurs ilae formaient une agéla ou boûa. Jusqu’à douze ans, l’enfant portait un chiton, le même en été et en hiver, et à partir de cet âge, un manteau court ou tribon. Les lits étaient en roseaux de l’Eurotas. Tous les quinze jours, on inspectait les jeunes gens, et l’obésité était punie comme un vice. Les exercices les plus violents, les luttes, la gymnastique, la danse militaire dite pyrrhique , le jeu de balle, étaient communs aux jeunes gens et aux jeunes filles. L’instruction était fort élémentaire : toutefois Isocrale exagère1 quand il dit que les Spartiates n’apprenaient même pas à lire.

2. Sparte est un camp, et le mot qui signifie garnison, phroura , désigne l’ensemble des hommes valides en état de porter les armes. Les forces militaires étaient partagées en G mores sous 6 polémarques : chaque polémarque commandait à 4 lochagoi , 8 pentécostères , 16 énomoiarques. La cavalerie était médiocre et mal composée : les riches fournissaient les chevaux. Les liois avaient pour garde une élite de 500 cavaliers, choisis parmi toute la jeunesse de Sparte et commandés par deux hippagrètes : après leur temps de service, ils étaient employés comme agathoerges 2 3 4.

5. Syssities5. — Il est avéré que les Spartiates prenaient leurs repas en commun1 : mais c’est là une institution militaire, et non communiste, comme on l’a voulu. Les enfants et les femmes n’v assistaient pas8; un seul repas par jour (celui du soir) réunissait les hommes, les autres se faisaient en famille; enfin chacun fournissait sa quote part6, sans que la communauté eût à supporter de frais. L’homme n’était donc pas nourri par l’État, ce qui exclut toute idée de communisme, et le repas en commun se conciliait parfaitement avec la propriété privée7.

4. Beulé 8 avivement combattu, après Otfr. Müller, l’opinion qui refuse aux Spartiates toute culture artistique et intellectuelle. La poésie lyrique et la musique guerrière étaient fort en honneur chez eux, et Lycurgue apporta de Samos à Sparte le recueil des poèmes d’Homère9.

1. Panath ., 209. Ce rhéteur connaît fort mal la rivale d’Athènes, qu’il calomnie.

2. Stein, l'Armée Spartiate, 1863 (ail.); Müller, Doriens, t. II, p. 242.

3. Je résume en quelques lignes un travail de Fustel communiqué à VAcad. des sciences morales, nov. et déc. 1879. Cf. Cité antique, 7a éd., p. 180.

4. ffjff'rtTi*, çi-î-lxta. Cet usage est un souvenir de la vie des camps, dont la vie civile à Sparte était l’image, quelque chose comme le mess de nos officiers, institué par Lycurgue dans la double pensée d’accoutumer à la discipline et d’imposer la tempérance. On sait que ces repas commençaient par le célèbre brouet noir; mais il faut ajouter que ce brouet ne faisait pas tout le repas. En dehors de la nourriture fixée par les règlements, il y avait un second service composé selon les moyens de chacun. (Xén., Resp. Lacaed., 5.) — Il ne faut pas confondre les syssities avec les repas religieux qui réunissaient les Spartiates à certaines fêtes, et qui se retrouvent dans toutes les villes grecques.

5. On appelait autrefois ces repas àvîçcTa, parce que les hommes seuls y prenaient part.

6. Par suite, les pauvres étaient exclus. (Arist., Polit., 2, 6, 21.)

7. Voy. surtout Plut., Lyc., 12, 24; Apoph. lacon., c. 4; Xén., R. Lac., 5; Arist.. Polit., 2,6, 7; Athén., 4, 16 sqq.Cf. Bielchowsky, Syssities, analysé par Caillemer, R. C., IX, 275.

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